Le vendredi 20 août 2010

QuébecPolitique

Les avions d’attaque

Canada ]

Par RRQ

Quand on respecte l’esprit de la langue française, qui a horreur des imprécisions et de l’ambigüité, on ne dit ni «strike fighter», ni «collateral damage». On dit «avion d’attaque» et «assassinats». Ça aide les gens à comprendre.

Dans le journal Le Soleil paraissait le 17 juillet 2010 un article de Paul-Robert Raymond sur les chasseurs F-35 que s’apprête à acheter le gouvernement du Canada, au cout total prévu de 16 milliards de dollars, sous prétexte que ces avions sont nécessaires entre autres pour défendre l’intégrité territoriale du Canada. Stephen Harper veut nous faire croire que le Canada pourrait employer la force pour repousser des envahisseurs dans l’Arctique. Bien entendu, il omet de nous dire que le principal adversaire du Canada à cet endroit n’est pas la Russie, mais bien les États-Unis, qui considèrent que la zone maritime de l’archipel arctique ne fait pas partie des eaux territoriales canadiennes.

Sans doute pour s’être beaucoup imprégné de l’univers très anglicisé de la défense, Paul-Robert Raymond a choisi d’appeler le F-35 un «Joint Strike Fighter», terme dont le sens ne saute pas aux yeux. Même pour une personne dont l’anglais est la langue maternelle, ce terme n’est pas aussi clair que son équivalent français, «avion d’attaque interarmées», qui aide les gens à comprendre la raison d’être de l’achat, c’est-à-dire « attaquer ».

Attaquer est une spécialité des puissances occidentales, qui invoquent leur supériorité morale pour répandre prétendument la liberté et la démocratie par les armes. Il leur faut être bien équipées pour attaquer des paysans en Afghanistan, attaquer des manifestants pacifiques au sommet du G-20, attaquer des organisations humanitaires au large de la Palestine et peut-être aussi, un jour prochain, attaquer de mauvais clients de l’Empire étasunien en Iran ou en Corée du Nord, en invoquant systématiquement des mensonges.

La plupart des gens ont subi un lavage de cerveau en règle orchestré par les grands médias (où oeuvre une armée de journalistes serviles ou dénués de tout sens critique) et par les organes étatiques et paraétatiques de désinformation. Le public gobe sans trop se questionner les décisions militaristes de son gouvernement. Le gouvernement fédéral compte prendre plus de trois milliards de dollars dans les poches des contribuables québécois pour acheter des machines à tuer, mais même le Bloc Québécois ne trouve rien d’autre à dire, au sujet de cet achat, que de demander la juste part des contrats pour le Québec. Il ne remet aucunement en question les motifs des dépenses effrénées pour la sécurité.

Le monde est rempli de terroristes et d’autres personnes malintentionnés, nous dit le gouvernement. Pour le prouver, la GRC écrivait des communiqués, brulait des granges et posait des bombes au nom du FLQ, au début des années 1970. Aujourd’hui, la police infiltre des provocateurs dans les manifestations, comme elle l’a fait à Montebello en 2007 et probablement aussi à Toronto, lors du sommet du G20. Il n’est pas exclu que ce soit également la police qui ait commis les attentats récents à Ottawa et à Trois-Rivières dans le but de préparer l’opinion publique à la répression massive de Toronto qui a fait faire des affaires d’or aux marchands d’armes.

Le comportement de la police d’Ottawa au sujet de l’attentat contre la Banque Royale est des plus suspects. En outre, l’incapacité des autorités policières à mettre le grappin sur le groupe Résistance internationaliste, au Québec, est également des plus suspects quand on sait que ce groupe ou cet individu aurait envoyé son communiqué par courriel à La Presse, après l’attentat de Trois-Rivières. Avec le réseau Echelon d’interception des communications électroniques, les autorités policières disposent de moyens énormes leur permettant de retracer pratiquement quiconque, même lorsqu’un petit rusé pense avoir réussi à brouiller les pistes dans le cyberespace.

Les attentats du 11 septembre 2001 constituent évidemment le premier et le pire des mensonges sécuritaires du XXIe siècle. Beaucoup de gens n’ont pas pris le temps de s’intéresser à ces attentats au-delà des déclarations officielles et des reportages superficiels. Ils croient encore qu’un ermite barbu dans sa caverne, agent de la CIA dirigeant une organisation inventée de toutes pièces par la CIA, a orchestré ces attentats. Mais cette explication est on ne peut plus fausse. Pour s’en convaincre, on n’a qu’à consulter, par exemple, le site Web (en anglais) où 1225 architectes et ingénieurs se déclarent publiquement d’avis que les trois tours du World Trade Center ne se sont pas écroulées à cause du choc des avions ayant percuté deux d’entre elles, mais ont été démolies autrement, probablement au moyen d’explosifs disposés à l’intérieur.

Tout ce qui nous a été raconté par les autorités et les médias à la solde de la ploutocratie, pour imputer les attentats du 11 septembre 2001 à Al-Qaïda, est faux. Depuis la cause de la destruction des tours jusqu’à l’avion de ligne qui vole en rase-motte à 800 km/h pour heurter le Pentagone, en passant par les appels téléphoniques faits depuis les avions avec des cellulaires, tout cela n’est qu’un grossier montage. Et, à moins que les journalistes aient presque tous un quotient intellectuel largement inférieur à la moyenne, il est certain que la plupart d’entre eux se sont comportés, dans cette affaire, ou bien en complices de leurs maitres et des censeurs impériaux, ou bien en dangereux incompétents. Le pire est d’entendre des journalistes encore aujourd’hui nous rebattre servilement les oreilles avec la propagande antiterroriste de l’Empire et de sa succursale d’Ottawa, alors que, de toute évidence, Washington et Ottawa nous mentent effrontément depuis longtemps.

Dans les médias, on peut lire de jolies descriptions des nouveaux joujoux militaires comme les F-35, mais personne ne rappelle au public que, chaque fois que l’Empire étasunien est intervenu militairement, seul ou avec ses valets, depuis la Seconde Guerre mondiale, il l’a fait en mentant au peuple. Ce fut le cas notamment à Hiroshima et à Nagasaki, en Corée, au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. Des millions et des millions de morts et de blessés. Des montagnes de souffrance alors que la sécurité des États-Unis et de ses alliés n’était aucunement menacée. En 1945, les Japonais essayaient de se rendre. En 1950, le Nord de la Corée n’a pas envahi le Sud; c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Il n’y a pas eu d’attaque nord-vietnamienne dans le golfe du Tonkin. Saddam Hussein n’avait pas d’armes de destruction massive.

Dans les priorités des stratèges du Pentagone, le sort des femmes en Afghanistan passe très loin derrière la nécessité d’encercler militairement la Chine et de garantir l’approvisionnement en pétrole de la machine de guerre étasunienne. Pourquoi tous ces mensonges? Parce qu’ils signifient d’énormes profits pour les marchands d’armes et quelques miettes pour les simples citoyens qui, devant la menace du chômage, acceptent de travailler dans les usines d’armement ou d’envoyer leurs enfants se faire tuer à la guerre.

Les photos ci-dessus représentent les souffrances infligées aux civils de Bagdad, en mars 2003, au début de l’opération «Shock and Awe» (choc et frayeur), qui consistait en une série de raids aériens effectués par les États-Unis et le Royaume-Uni, avec des chasseurs et des bombardiers furtifs dernier cri. Les raids devaient permettre des «frappes chirurgicales». Mais en réalité, beaucoup de bombes et de missiles sont tombés sur des bâtiments civils. Les futurs avions d’attaque F-35 des Forces canadiennes serviront un jour ou l’autre à semer une terreur semblable quelque part dans le monde. L’Empire et ses valets se sont arrogé le droit de disposer comme ils l’entendent de la vie des gens.

Il faut absolument voir le documentaire «Why We Fight», d’Eugene Jarecki. On peut se le procurer sur DVD avec sous-titres français. Ce film contient des extraits du discours de fin de mandat du président Dwight Eisenhower, en 1961, où il invente l’expression «complexe militaro-industriel». Si, si, vous avez bien lu: un président étasunien et général ayant combattu les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale a inventé cette expression, qui ne désigne ni une machination communiste, ni une invention des adeptes de la «théorie du complot», mais une réalité actuelle dont on parle trop peu.

La soif insatiable de profit du complexe militaro-industriel, son emprise sur le pouvoir politique et ses ramifications économiques tentaculaires expliquent que l’on fasse le choix d’acheter des engins de mort comme les F-35 plutôt que d’investir dans l’éducation, la santé, le développement culturel et l’assainissement de l’environnement. On nous fait miroiter des retombées économiques, mais le résultat net est une richesse éhontée pour une petite minorité et la destruction pour le reste de l’humanité.

La soif de profit du complexe militaro-industriel explique aussi que l’on ait dépensé un milliard de dollars en vue de réprimer des manifestations pacifiques à Toronto, après avoir monté de toutes pièces un spectacle télévisuel de saccage de vitrines et d’incendie d’autopatrouille pour justifier cette répression et pour entretenir dans l’esprit de la population et de certains décideurs aveugles l’idée que l’Occident est assiégé et doit constamment livrer une guerre préventive aux ennemis insaisissables et multiformes qui le menacent supposément.

Ce n’est pas pour rien que j’aime la langue française. Elle n’est pas seulement pour moi un objet de fierté. Quand on respecte l’esprit de la langue française, qui a horreur des imprécisions et de l’ambigüité, on ne dit ni «strike fighter», ni «collateral damage». On dit «avion d’attaque» et «assassinats». Ça aide les gens à comprendre.

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Bernard Desgagné

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Cet article de 1,496 a été rédigé par Réseau de Résistance du Québécois il y a 10 ans et 3 mois, le vendredi 20 août 2010.

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