Le samedi 5 mars 2011

QuébecPolitique

Enseignement intensif de l’anglais en 6ème année: hourra!

Nous pourrons, et rapidement SVP, sauver l’anglais au Québec

L'état de la langue française ]

Par RRQ

Des Pauline Marois qui baragouinent l’anglais une fois qu’elles sont devenues adultes, on n’en veut plus ici, c’tu assez clair!?! Grâce au génial Jean Charest, lui qui a déjà implanté l’enseignement de l’anglais en 1ère année du primaire, nous sommes sur la bonne voie pour voir le Québec devenir enfin anglais.

Il était temps qu’un gouvernement québécois ait enfin le courage de s’attaquer au drame qui frappe le Québec, petite province qui ne sait pas maîtriser suffisamment l’anglais pour être fière d’elle lorsqu’elle s’adresse au grand monde anglo-saxon. Des Pauline Marois qui baragouinent l’anglais une fois qu’elles sont devenues adultes, on n’en veut plus ici, c’tu assez clair!?! Grâce au génial Jean Charest, lui qui a déjà implanté l’enseignement de l’anglais en 1ère année du primaire, nous sommes sur la bonne voie pour voir le Québec devenir enfin anglais. C’est rassurant de constater qu’on ne sera bientôt plus isolés du monde à cause de la satanée langue française que nous parlons et qui nous a été imposée, à notre corps défendant, par ces Français d’outre-mer.

Lorsque j’ai écouté le discours inaugural de Charest, je n’ai pu retenir mes larmes…de crocodile. J’étais hyper ému de l’entendre nous dire qu’il était enfin décidé à sauver l’anglais au Québec, une langue qui peine tant à tirer son épingle du jeu à l’échelle mondiale. J’ai crié hourra!, et très haut et fort, dérangeant même mes voisins de l’autre côté de la rue ce faisant, lorsqu’il a annoncé qu’il forcera l’enseignement intensif de l’anglais en 6ème année. Il était plus que temps! Enfin un pas dans la bonne direction, diantre!

Mais en tant que citoyen complètement libre, je vais me permettre quand même de critiquer le programme assimilationniste…heu, linguistique je veux dire… des libéraux. C’est que je trouve qu’ils ne vont pas encore assez loin. Globalement, leur plan manque de courage: enseignement intensif de l’anglais en 6ème année, coupures dans les programmes de francisation des immigrants, initiation à l’anglais en 1ère année, ce n’est pas assez. Il faut faire plus. Beaucoup plus. Je sais, je sais, je suis très ambitieux. Mais c’est l’ambition qui fait grandir les peuples! L’ambition et l’anglais, devrais-je plutôt dire.

Voyez-vous –et vous serez très certainement d’accord avec moi-, je trouve relativement inefficace de faire débuter l’enseignement de l’anglais en 1ère année du primaire, comme l’ont imposé les libéraux depuis qu’ils sont au pouvoir. En 1ère année, les écoliers québécois maîtrisent déjà trop leur langue nationale…heu maternelle je veux dire… pour bien maîtriser l’anglais lorsqu’ils seront devenus adultes. La compétition que livre le français à l’anglais au cours des 5 ou 6 premières années de la vie des petits Québécois est un combat complètement déloyal qui avantage bien évidemment le patois qu’est ici devenue la langue de Molière au détriment du grand parler shakespearien. Il faut remédier à cela et au plus vite. Si nous ne le faisons pas collectivement, tout comme Lucien Bouchard l’a dit à une autre époque, je ne pourrai plus me contempler dans le miroir…

Dès aujourd’hui, à la seconde où je vous parle, il faut avoir le courage de nous demander, en toute lucidité, quand doit-on débuter l’enseignement de l’anglais? À la maternelle? Au CPE? Non, c’est déjà trop tard. Il est temps d’avoir le courage de nos ambitions et de proposer des mesures fortes qui changeront enfin le monde et qui assureront un avenir à l’anglais en Amérique.

Alors moi, je dis qu’on doit débuter l’initiation à l’anglais au Québec dès le stade fœtal, et pas une minute plus tard. C’est évidemment tout un défi que je propose, j’en suis bien conscient. Mais si le Québec a su construire les grands barrages de la Manic et de la Baie-James, pour mieux concéder le vissage des moulins à vent au privé 40 ans plus tard, il saura comment initier un fœtus à l’anglais. C’est l’évidence même !

Je nous donne un horizon de 5 ans. Pour y parvenir, on doit dès maintenant développer la technologie nécessaire. Heureusement pour nous, sauveurs des langues en péril, les libéraux sont déjà en contact serré avec toutes les firmes d’ingénierie dignes de ce nom au Québec ; ces ingénieurs-donateurs sauront inventer la technologie nécessaire à la réalisation de mon plan qui constituera un grand service pour l’humanité, j’en demeure profondément convaincu. Après tout, quand vient le temps de flouer… heu de favoriser je veux dire… le Québec, on peut toujours compter sur l’efficacité des ingénieurs du Québec! En partenariat avec les médecins très attachés qu’ils sont à leurs intérêts corporatistes, nous serons entre bonnes mains et nous pourrons voir apparaître très rapidement les outils nécessaires à une initiation si précoce à l’anglais.

D’ailleurs, j’ai déjà ma petite idée sur le sujet que je me propose de soumettre dès maintenant. Pour atteindre l’objectif que je fixe ici, je ne vois rien d’autre que de petits hauts parleurs qui devront obligatoirement – mesure d’État SVP- être insérés dans les orifices intimes des mamans-truies du Québec comme les appelait si gentiment Mordecai Richler. Ces hauts parleurs seront connectés à un petit iPod qu’on collera à l’envers dans le nombril des mères avec de la colle-chirurgicale-100%-indécollable.

C’est que l’État doit demeurer entièrement responsable de la programmation du iPod; la colle et le fait de placer l’appareil à l’envers empêcheront toute manipulation dudit objet nous permettant d’initier efficacement les Québécois à l’anglais de la part de parents qui pourraient être encore sensibles à la propagande des nationaleux du Québec. Les parents ne pourront que recharger la pile de l’appareil. De grandes coupoles entièrement sous le contrôle de l’État se chargeront d’implanter à distance le contenu dans le iPod, et ce, sans que les parents puissent y faire quelque chose. Si le iPod est détruit, une alarme sonnera au poste de police le plus près. Les limiers de l’État se chargeront de faire entendre raison à ces parents qui travailleraient contre la survie d’une langue aussi vulnérable que l’anglais.

Et parlons-en de ce contenu, quel sera-t-il? On parle ici tout simplement de la grande musique américaine que l’État fera entendre aux fœtus du Québec tout le long de la grossesse. Grâce à cette mesure, nos fœtus ne seront enfin plus lésés. Eux aussi, ils pourront jouir des magnifiques voix de Justin Bieber et de Rhianna. Et on peut compter sur les conservateurs pour régler le cas des droits d’auteur; le recours à une si belle musique pourrait se faire tout à fait gratuitement. Que c’est beau le progrès, pas vrai!?

Bien sûr, les foutus nationaleux maugréeront contre nos intelligentes mesures destinées à faire enfin grandir le Québec. Il nous faudra bien jeter un peu de lest pour les contenter et les faire taire, je le concède. Heureusement pour nous, ils sont devenus bien peu gourmands avec le temps. Ils se contentent de presque rien ; tout comme leurs chefs d’ailleurs. À preuve, le fait que Pauline Marois est d’accord avec le génial plan libéral consistant à enseigner massivement l’anglais à la 6e année du primaire. Elle aussi comprend que le Québec doit parler anglais s’il aspire à des lendemains qui chantent.

Et Pauline, c’est la cheuf des nationaleux – enfin, tant et aussi longtemps que le rentier d’Ottawa ne parviendra pas à s’imposer au PQ. Ce qui nous permet d’espérer qu’en voyant bien que la petite madame est elle aussi contente, qu’elle aime le plan que l’on propose, les nationaleux s’écraseront rapidement et tourneront leur attention vers autre chose.

Mais pour vraiment éviter de réveiller les nationaleux qui dorment au gaz depuis un bout, rassurés qu’ils sont par la présence du Bloc Québécois à Ottawa, parti dirigé par le grand rentier du fédéral, nous devons quand même prendre quelques précautions. Je propose donc que les fœtus soient aussi initiés à la chanson québécoise. Mais ne vous inquiétez pas, vous tous qui espérez enfin entendre le Québec parler anglais, cela ne ralentira en rien l’atteinte de nos objectifs ; malgré ces précautions, nous pourrons, et rapidement SVP, sauver l’anglais au Québec.

Voyez-vous, le contexte joue carrément en notre faveur. Comme on le sait tous, et nul ne fait rien pour changer cette situation, les quotas de chansons françaises diffusées sur les ondes des radios ne sont aucunement respectés au Québec. Imaginez ce qu’il en sera dans le cas des ondes intra-utérines ! Il sera bien trop compliqué de contrôler les utérus des mamans-truies du Québec (toujours selon la formule du grand écrivain Richler qui mérite ô combien sa rue!) pour y imposer des quotas de chansons françaises. On pourra donc faire jouer une chanson québécoise contre 100 chansons américaines. Nous avons toute la liberté d’agir en cachette et enfin à notre guise. Nul ne pourra nous empêcher d’imposer comme bon nous semble la langue anglaise aux fœtus du Québec.

Lorsque les nationaleux poseront des questions quant à la présence ou non du français dans les utérus du Québec, il sera très facile de les tromper, comme on le fait déjà en prétendant que Montréal est toujours majoritairement française et que le français se porte bien au Québec… On leur dira tout simplement que la chanson québécoise y est bien présente.

Heureusement pour nous, bien des artistes d’ici chantent maintenant en anglais! On n’aura donc même pas besoin de leur mentir ! Sylvain Cossette, Cœur-de-pirate-Armistice, Luce Dufault, Simple Plan…ou Arcade Fire, ils chantent tous en anglais et sont considérés comme des artistes québécois! Voilà donc la chanson québécoise – tout en anglais ahahahahaha! – que nous ferons jouer dans les bédaines des Québécoises ! On pourrait aussi confier la gestion de la programmation à Daniel Gélinas, le chef d’orchestre du Festival d’été de Québec. Lui, imposer l’anglais aux Québécois, en utilisant leur argent pour le faire, il sait comment s’y prendre! C’est un maître en la matière! Bref, dans tous les cas, on est gagnants ! Nul besoin de nous inquiéter, donc. Nous sommes en bonne voie d’atteindre nos objectifs les plus ambitieux.

Avec mon plan, je demeure convaincu qu’on pourra enfin donner un avantage à l’anglais sur le français au Québec, dernière langue qui en mène si large dans nos médias, dans nos foyers, dans les rues de Montréal et sur Internet. Mais je dois tout de même concéder que je ne crois pas que l’initiation de l’anglais au stade fœtal sera suffisant.

Mais ne capotez pas tout de suite; j’ai pensé à tout! Voilà pourquoi je peux aussi proposer qu’on repousse l’enseignement du français, langue seconde…heu, maternelle je veux dire… au secondaire. Et pourquoi pas au collégial? Ou à l’universitaire? Non, ce n’est pas encore assez…Alors pourquoi ne pas réserver l’enseignement du français aux cours du soir qu’on donnerait dans des écoles privées linguistiques ? Après tout, si les nationaleux du Québec sont si attachés au français, ils pourront enfin le prouver en payant pour l’apprendre!

Une fois qu’elle ne sera plus subventionnée par l’État, la langue socialiste du Québec pourra enfin prouver si elle mérite de survivre. On le saura en comptant le nombre d’inscriptions aux cours du soir. Si elles ne sont pas suffisamment nombreuses, on décrétera tout simplement que l’anglais est désormais la seule langue officielle du Québec, ce qui réglera enfin le problème une fois pour toutes. C’est l’humanité qui s’en portera que mieux!

Maintenant, je dois vous quitter prestement. Je me précipite dès maintenant au bureau de Jean Charest. Homme de pouvoir et intéressé à sauver les langues en péril qu’il est, je suis certain qu’il sera intéressé par mon plan. Au pire, s’il dit non, on pourra toujours se réconforter en se disant qu’il ne lui reste vraisemblablement plus que quelques années à passer à la tête du gouvernement du Québec. Lorsqu’il ne sera plus premier ministre, il sera alors temps de proposer ce plan au Parti Québécois, parti tout aussi ambitieux dans le domaine linguistique que le Parti libéral et qui risque de se montrer encore plus ouvert aux grandes idées que je présente ici. Le PQ a si peur du monde anglais qu’il n’aura d’autre choix que de m’emboîter le pas, c’est écrit dans le ciel.

Ensemble, moi et le PQ, nous pourrons enfin sauver la langue anglaise!

P-S: Pour les idiots qui n’ont jamais compris qu’Elvis Gratton n’était pas un projet de propagande fédéraliste imaginé par Pierre Falardeau, je tiens à préciser que tout ce texte n’est que pure ironie. On n’est jamais trop prudents…

Ajoutez un commentaire

Il est suggéré de s'enregistrer. Si c'est déjà fait, connectez-vous pour écrire avec votre compte.

Merci de vérifier votre orthographe avant de publier votre commentaire.

Annoncez ici

Abonnement au site

Pour recevoir quotidiennement les nouvelles d'AmériQuébec, abonnez-vous au flux RSS
ou inscrivez votre courriel ci-dessous!

À propos de l'auteur de cet article


Patrick Bourgeois

Site Internet de l’auteur

Articles rédigés: 151 articles

Profil: Le RRQ est une organisation de résistance qui considère l’indépendance du Québec comme nécessaire à la survie et au développement de la nation québécoise. Il tire son inspiration de toutes…

Afficher le profil complet

Québec Web Express

Fiche de l'article

Cet article de 2,048 a été rédigé par Réseau de Résistance du Québécois il y a 8 ans et 4 mois, le samedi 5 mars 2011.

L'article n'a aucun commentaire. Soyez le premier à vous prononcer sur ce sujet. Vous pouvez aussi suivre le fil des commentaires.

Cet article est catégorisé sous Politique, L'état de la langue française, Québec.

Les mots clés associés à celui-ci sont , , , , , , , .

Autres articles publiés à pareille date

Voici la liste des articles qui ont été publiés à pareille date lors des années précédentes.

2012: Le candidat caquiste vedette Denis Leftakis peut et DOIT faire mieux Depuis plusieurs mois, François Legault nous disait qu'il allait annoncer incessamment des candidats vedettes d'une qualité redoutable. C'est finalement la [...]

2011: Coquetel de la Table de concertation de la capitale nationale Pour la première fois de son histoire, le Conseil de la souveraineté de la capitale nationale organise, sous la présidence d'honneur [...]

2010: Le budget conservateur démontre que le fédéralisme n’est pas rentable pour le Québec « En présentant un budget aussi vide, le gouvernement conservateur nous offre une autre illustration que le fédéralisme n’est tout [...]

2010: Le cadeau de Pierre Elliott Trudeau au Québec Nous le savions depuis longtemps, Pierre Trudeau a toujours défendu l’idée que les Québécois étaient des « pleutres », qu’ils [...]

2010: Retour sur la propagande canadienne lors des Jeux Olympiques Les jeux sont finis. La marée rouge aussi. Un étalage orgiaque qui a surpris même les Européens. Eux qui croyaient [...]

Sondage

Aucun sondage actuellement.

Archives des sondages