Le dimanche 7 décembre 2008

QuébecPolitique

Que doivent faire les indépendantistes le 8 décembre?

Il faut absolument voter en bloc pour le Parti Québécois!

Campagne électorale québécoise 2008 ]

Par RRQ

Les indépendantistes doivent comprendre que l’urgence actuelle est d’empêcher le retors personnage qu’est Jean Charest de mettre une troisième fois les mains sur les commandes de l’État québécois de façon à poursuivre progressivement son démantèlement.

À chaque année qui passe, il est toujours plus évident que le Québec français se trouve dans une position difficile et inconfortable. Nul besoin d’être un devin pour percevoir qu’il évolue lentement mais sûrement vers un blocage démocratique qui saura contenter ceux d’outre Outaouais, mais très certainement pas les amoureux du fait français, eux qui constatent que la langue de Molière subit maints reculs au cœur même de l’Amérique française. Dans de telles circonstances, les indépendantistes n’ont d’autre choix que de faire bloc lundi prochain en votant pour le Parti Québécois. Si nous devions persister dans nos divisions fratricides, nous ferions le jeu des fédéralistes qui apprécient seulement le Québec français lorsqu’il est petit, à sa place et docile.

Lors du référendum de 1995, il a été clairement démontré qu’environ 61% des francophones du Québec (ce qui n’implique pas seulement les Québécois de souche, bien évidemment) ont voté Oui. Malgré tout, ils ont perdu l’affrontement avec le camp d’en face. Ils ont perdu à cause des turpitudes commises par les tricheurs fédéraux, certes. Mais ils ont surtout perdu parce que leur poids démographique n’était plus suffisant pour leur offrir une victoire après qu’ils eurent voté à plus de 60% en faveur de la séparation du Québec. En grands démocrates qu’ils sont, les indépendantistes ont accepté pacifiquement le verdict, même s’il était injuste.

Quelque 15 ans plus tard, la situation ne s’est aucunement améliorée. Les derniers sondages qui ont été menés afin de prendre le pouls de l’électorat québécois en cette campagne électorale dont l’échéance viendra le 8 décembre prochain laissent présager que les libéraux voguent vers un troisième mandat, et cette fois, il serait majoritaire. Est-ce le Québec français qui s’apprête à reporter ainsi Jean Charest au pouvoir, lui dont les différents gouvernements n’ont constitué rien d’autre qu’une véritable calamité pour le fait français au Québec? Pas vraiment. En fait, le Québec français est profondément divisé entre le Parti Québécois et le Parti libéral du Québec. Mais à cause du contexte démographique québécois, les libéraux peuvent quand même espérer une victoire confortable.

Tout cela démontre bien que la seule façon de renverser cette tendance néfaste est que le Québec français vote très majoritairement pour le Parti Québécois. Si le vote communautaire en bloc est acceptable pour les anglophones et les allophones, pourquoi ne serait-il pas acceptable pour les francophones?

Les francophones, grands démocrates dans l’âme, n’ont de toute façon plus le choix de faire front commun contre les forces de l’adversité. Le contexte sociétal qui s’impose inexorablement à eux est de plus en plus pernicieux. Il affiche clairement que le Québec français peut de moins en moins décider de son avenir, enfin cela étant s’il demeure divisé pendant que ceux d’en face sont infailliblement unis afin d’empêcher ce même Québec français de décider librement de son avenir. Et il faut bien comprendre que si le Québec français ne peut décider de son avenir, d’autres le font à sa place. Et les décisions que ceux-ci prennent ne sont aucunement rassurantes et enthousiasmantes.

Pour le saisir, il n’y a qu’à se rappeler que les libéraux de Jean Charest ont sabré dans les programmes de francisation des immigrants, qu’ils ont instauré l’enseignement de l’anglais en première année du primaire, qu’ils ont haussé les seuils d’immigration tout en tentant de dissimuler les études annonçant une accélération du déclin du français à Montréal, et ce, tout en se proposant de remodeler prochainement la carte électorale du Québec de façon à donner plus de pouvoir à Montréal (où les francophones de langue maternelle viennent de passer sous la barre des 50%) au détriment des régions. Ni plus ni moins, c’est un avenir funeste que Jean Charest prépare au Québec français.

Face à la clique libérale, il y a Pauline Marois, la chef du Parti Québécois. Cette dernière est loin d’être parfaite. Elle dirige un parti timoré sur la question de l’indépendance. Mais elle est la seule des chefs des grands partis qui se propose de durcir un tant soit peu la Loi 101. Sous un gouvernement péquiste, la situation du français ne serait peut-être pas drastiquement renversée, mais il est très possible d’espérer que le déclin serait – en partie du moins – freiné. On gagnerait ainsi un peu de temps pour entrevoir l’avenir du Québec français d’un œil plus positif. Par ailleurs, s’il est fort possible que Pauline Marois, en tant que première ministre, n’accélérerait pas la marche du Québec vers son indépendance, il est à tout le moins clair qu’elle n’imaginerait pas – comme ses vis-à-vis le font – des stratagèmes en coulisses destinés à empêcher que l’indépendance ne se réalise un jour.

Malgré le fait que le Parti Québécois nous déçoive fort régulièrement, il demeure évident pour nous que ce parti demeure encore la meilleure carte que les indépendantistes se doivent de jouer le 8 décembre. Ce parti demeure la seule option électorale présentement pour tous ceux qui désirent assurer un avenir digne de ce nom au Québec français. Pour toutes ces raisons, et parce que Jean Charest a amplement démontré qu’il est un adversaire d’un Québec français fier, prospère et solidaire, nous invitons les indépendantistes à faire bloc derrière Pauline Marois le 8 décembre prochain. Les indépendantistes doivent comprendre que l’urgence actuelle est d’empêcher le retors personnage qu’est Jean Charest de mettre une troisième fois les mains sur les commandes de l’État québécois de façon à poursuivre progressivement son démantèlement.

Si les indépendantistes s’unissent dans cette mission de la plus haute importance, il est encore possible d’espérer barrer le chemin aux libéraux, et plonger ainsi le Québec français dans un contexte où il lui sera possible de progresser enfin vers la liberté. Mais si nos divisions persistent, il nous faudra contempler pendant encore 4 ou 5 ans le saccage du Québec français perpétré par des libéraux aux intentions perverses, malhonnêtes mais surtout liberticides.

En somme, le problème est simple : sommes-nous, oui ou non, décidés à monter aux barricades pour sauver l’avenir du Québec français? C’est cela que nous devons décider le 8 décembre.

5 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Mathieu Demers Le 7 décembre 2008 à 4h41

    Tu t’en fais pour rien. Marois, Charest, c’est du pareil au même. Deux étatistes.

    En quoi Marois va faire avancer le projet souverainiste ? En rien. Pire, les lois qu’elle adopterait pour alourdir l’État vont la rendre toujours plus impopulaire.

  2. 2 Jean-Roch Villemaire Le 7 décembre 2008 à 7h30

    Sauver l’avenir du Québec français en bilinguisant systématiquement tous les enfants québécois ?

  3. 3 JC Le 7 décembre 2008 à 20h54

    Hahaha! Quelle bonne blague! Sacré comiques les gens gens du Réseau de Patrik Bourgeois! Votons PQ et faisons avancer le projet de l’indépendance comme ils le font depuis maintes années et en la mettant de côté lors de camapgne électorale parce que c’est un “boulet”! Hahaha! Est bonne!

  4. 4 Patrick Daoust Le 7 décembre 2008 à 23h26

    La demande de voter massivement pour le PQ sur une base linguistique comme le font les anglophones pour le PLQ est une idée profondément rétrograde. L’auteur nous demande une plus grande polarisation linguistique dans la politique québécoise….. belle évolution sociale ça!

    Le PQ a toujours voulu piégé les souverainistes, ils se croient la seule voix légitime de la nation québécoise et tiennent mordicus à notre mode de scrutin désuet pour maintenir le boulet sur son électorat.

    Autre point, avec un autre mode de scrutin, bien des anglophones délaisseraient gaiement le PLQ.

  5. 5 GD Le 10 décembre 2008 à 22h23

    J’suis en d’accord avec Patrick, je connais beaucoup des anglophones qui n’aime rien les positions de le PLQ, mais avec le mode de scrutin c’est difficile pour les voter d’une autre parti. Mais, moi j’ai voté pour le parti vert malgré tout. Charest n’a jamais rien pour moi. Si on voudrait un Québec progressif la réforme électorale est très importante. J’espère que vous pardonnez mon français, j’suis un nouveau québécois. 🙂

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Cet article de 993 a été rédigé par Réseau de Résistance du Québécois il y a 11 ans et 3 mois, le dimanche 7 décembre 2008.

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