Le samedi 4 septembre 2010

QuébecÉconomie

Shell doit prendre ses responsabilités

« Shell : non, ce n'est pas fini! »

Par Parti Québécois

Le 19 août, dans Le Devoir, trois députés signaient un texte d’opinion pour faire réclamer du gouvernement qu’il fasse respecter à Shell ses responsabilités économiques, sociales, énergétiques et environnementales.

Il n’est pas question que Shell s’en tire aussi facilement. Non, ce n’est pas fini! Nous ne baisserons pas les bras devant ce mastodonte. Shell a des responsabilités économiques, sociales, énergétiques et environnementales. Il n’est pas vrai qu’une entreprise majeure de raffinage au Québec, comme Shell, peut fermer ou transiter en terminal sans respecter le milieu où elle a pris racine et fait des affaires pendant 75 ans.

Sur un échiquier mondial, une multinationale est en droit de développer un plan stratégique international et de placer ses billes là où elle le désire. Ce qu’elle doit savoir, par contre, c’est que les terres d’accueil ont des lois, des valeurs et des cultures qui leur sont propres. Tout au bout de la chaîne de production, il y a des êtres humains qui ont des familles, qui ont été efficaces et ont servi de leur mieux afin de permettre la rentabilité et la pérennité de cette multinationale. Un sentiment d’appartenance et de fierté s’instaure naturellement et fait ainsi la solidité de l’entreprise sur cette terre d’accueil.

Au Québec, à l’instar de ces travailleurs et de leur famille, il y a aussi des questions incontournables touchant les impacts du démantèlement de Shell ainsi que son avenir énergétique.

La part du gouvernement

Malgré le comportement de Shell, le gouvernement du Québec a sa part de responsabilités. C’est au gouvernement du Québec de faire respecter les lois au Québec. C’est lui qui délivre les permis. C’est lui qui doit avoir une vision et un plan d’avenir.

Bien des ministres du gouvernement ont fait les manchettes concernant la situation de Shell, mais personne n’a été rassuré. Clément Gignac a baissé les bras. Nathalie Normandeau a baissé les bras. Il a été bien difficile pour le gouvernement de Jean Charest d’intervenir, car pour lui, c’était du domaine de l’entreprise privée. La nonchalance du gouvernement suscite de nombreuses interrogations.

Les activités de la raffinerie Shell génèrent des retombées économiques de 240 millions de dollars. A-t-on les moyens actuellement de se priver de cet apport, de ces travailleurs haut salariés et de ces retombées sur la consommation au Québec? Si une autre pétrolière fermait à cause de l’effet domino, a-t-on les moyens économiques d’y faire face? Autant de questions pertinentes à poser à un gouvernement qui fait prétendument de l’économie et de l’indépendance énergétique ses priorités.

Sécurité

Le certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement pour opérer une raffinerie n’est pas le même que celui pour opérer un terminal. Est-ce que le gouvernement a l’intention d’autoriser la décontamination d’une seule partie du site? Est-ce que le gouvernement peut encore dire qu’il prend le virage vert lorsqu’il y aura davantage de bateaux dans le fleuve transportant des hydrocarbures?

Qu’en est-il du nombre de bateaux dans le fleuve si l’effet domino se répand également à Suncor? Que fera le gouvernement s’il y a un déversement dans notre fleuve Saint-Laurent? Que répond le gouvernement aux citoyens inquiets de la fréquence de ce type de catastrophe dans les eaux et de la capacité d’entreposage des produits raffinés?

Le gouvernement peut-il nous démontrer, hors de tout doute, que la sécurité énergétique du Québec est assurée sans l’apport de Shell? Le gouvernement peut-il nous assurer que la fermeture de Shell n’aura pas d’impact sur Suncor (Petro-Canada)? Le gouvernement a-t-il un plan de transition permettant de passer de la pétrochimie à l’énergie propre?

À quel point le départ de Shell rend-il le Québec dépendant des pétrolières d’ailleurs dans le monde? Est-ce que le Québec est prêt à ne plus faire de raffinage sur son territoire et ainsi laisser ce marché aux autres?

Des questions qui doivent trouver leurs réponses rapidement afin de voir clair dans ce dossier.

Attendre pour le permis

En attendant, la ministre Nathalie Normandeau ne doit pas délivrer de permis à Shell tant qu’un plan acceptable de transition de la pétrochimie à l’énergie propre ne sera pas présenté aux Québécoises et aux Québécois. Pour ce faire, une demande de mandat d’initiative sera transmise aux membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles afin d’entendre en commission parlementaire les dirigeants de Shell Canada, de Suncor (Petro-Canada), des experts, des organismes et des citoyens concernant la sécurité des approvisionnements en produits pétroliers.

De plus, nous demandons à nouveau que le gouvernement du Québec et la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, convoquent une commission parlementaire sur l’indépendance énergétique du Québec où des experts, des citoyens, des entreprises et des organismes pourront venir s’exprimer et alimenter ce débat prioritaire pour le Québec.

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Sylvain Gaudreault, Nicole Léger et Scott McKay, députés du PQ

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