Le samedi 4 septembre 2010

Environnement

16 Août 2010 : Un séisme de magnitude 6.2 et le volcanisme sous-marin aux îles Fidji

Par Raymond Matabosch

Dans cette zone de l’Océan Pacifique Sud, l’activité sismique est principalement liée au rapprochement des plaques Indo-Australienne et Pacifique. C’est une zone de déformation étendue qui peut atteindre jusqu’à 1000 kilomètres de largeur et qui s’exprime par deux zones de subductions actives.

Un séisme sous marin, de Magnitude du Moment 6.2 a frappé, le 16 Août 2010, à 19 h 35 Temps Universel, le 17 Août 2010 à 07 h 35 Heure Locale, l’archipel de Lau Méridional.

Son épicentre, se localise, latitude 20.76° Sud et longitude 178.76° Ouest, à 10 kilomètres au Sud de l’île d’Ono i Lau, à 370 kilomètres à l’Ouest de Tofoa-Koloua, à 371 kilomètres à l’Ouest de Nuku’alofa, Tonga, à 414 kilomètres au Sud-Est de Suva, Fidji, et à 1890 kilomètres au Nord-Nord-Ouest d’Auckland, Nouvelle Zélande.

Son hypocentre est estimé à 611 kilomètres de profondeur pour le C.S.E.M., – le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen -, et à 594.8 kilomètres +/- 7.4 kilomètres pour l’U.S.G.S., – L’ United States Geological Survey , littéralement l’Institut d’études géologique des États-Unis -.

Iles Fidji

Il a été précédé par quatre secousses de magnitude comprise entre 4.4 et 4.9, l’une le 14 Août 2010, Magnitude 4.7, hypocentre 506 Kilomètres de profondeur ; deux le 15 Août, 4.9 de magnitude, hypocentre 590 Kilomètres de profondeur pour la première, 4.4 de magnitude, hypocentre 548 kilomètres de profondeur ; et le 16 Août, magnitude 4.5, hypocentre 316 kilomètres de profondeur.

Les Îles Fidji

Les Fidji, – ou Viti -, situées à l’est du Vanuatu, à l’ouest des Tonga et au sud des Tuvalu, sont un groupe d’îles Océaniennes dans l’Océan Pacifique Sud et forment un État souverain depuis 1970, la République des îles Fidji, Matanitu ko Viti et Matanitu Tu-Vaka-i-koya ko Viti, en fidjien, Fiji et Republic of the Fiji Islands, en anglais.

L’archipel comprend, officiellement dénombrées, 322 îles mais il y en aurait près de 800, dont 80 habitées, et s’étend entre 15.47° et 21.4° de latitude Sud, et entre 180° et 176° de longitude Est. Ces îles ont une superficie totale de 18 270 kilomètres carrés et une population 828 000 habitants en 2007. Les grandes îles sont volcaniques avec des lambeaux calcaires et gréseux, les petites sont d’origine volcaniques et ou calcaires, et coralliennes.

Une multitude de récifs essaimés gênent la navigation. Les deux îles les plus importantes sont Viti Levu, une superficie de 11 760 kilomètres carrés, Vanua Levu 6.492 kilomètres carrés. Viennent, ensuite, Kandavu, – ou Kadavu, -, 560 kilomètres carrés et Taviuni, – ou Taveuni -, 560 kilomètres carrés. Viti Levu accueille la capitale Suva et presque 75% de la population y réside.

Archipel Lau

Les autres îles sont des îlots et de atolls répartis entre les archipels de Viti Levu, de Vanua Levu, de Lomaiviti, de Yasawa, de Mamanuca I Ra, de Mamanuca i Cake, de de Kadavu, de Viti-i-loma, de Lau Septentrional, de Lau Central, de Lau Méridional, de Moala et de Rotuma.

La cime de Viti-Levu atteint, au Tomanivi, 1324 mètres et celle de Vanua Levu 7.50 mètres. Au îles Fidji, les volcans y sont légions, telle l’île Taveuni où il s’y dénombre 250 édifices volcaniques. Elle fut le témoin, au cours des siècles passés, de près de 58 éruptions, dont la dernière, avec coulée de lave, est datée de la moitié du XVI° Siècle.

Les archipels Lau

Les îles Lau, également appelées le Groupe de Lau, les archipels de Lau, le Groupe de l’Est, ou les archipels de l’Est, sont situées dans l’Océan Pacifique Sud, à l’est de la Mer de Koro, entre 16.43° et 21.2° de latitude Sud et 178.15° et 180.17° de longitude Ouest.

Elle sont limitées, au nord, par l’île de Naitaba, à l’est par l’Argo, les Récifs de Reid et l’île de Vatoa, ou Île de Tortue, au sud, par l’ile d’Ono-i-Lau et, à l’Ouest, par les îles de la Mer de Koro. Elles forment un chapelet d’une centaine îles, d’îlots et d’atolls dont trente, environ, sont habitées. Les archipels de Lau, – Lau Septentrional, Lau Central et Lau Méridional, couvrent une superficie de 487 kilomètres carrés, et, au plus récent recensement, en 2007, il s’y dénombrait une population de 10 683 habitants.

Alors que la plupart des îles des archipels de Lau Septentrional et Central, sont des îles d’origine volcanique, celles de l’archipel de Lau Méridional sont, pour la plupart, dans le cluster de Yagasa, des îles basses, d’origine carbonatée, et les autres, – telles Voatoa, Vanua-Balavu, Ono-I-Lau, Moala ou Lakéba -, sont des îles volcaniques, aux édifices érodés, devenues des atolls entourés de récifs coralliens.

Ono i Lau

Ono-i-Lau, – aussi dénommée île Doi -, est une île volcanique, altitude maximale de 113 mètres, cerclée par des récifs coralliens, de 7,9 kilomètres carrés de superficie. Quatre villages, Nukuni, Matokanai, Doii et Lovoni, la compose.

Île d'Ono i Lau

Localisée 20.80° de latitude Sud et 178,75° Longitude Ouest, elle est l’une des îles les plus méridionales des archipels de Lau. Elle se situe à 90 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Vatoa, l’île la plus proche.

Sismicité et aléas sismiques dans l’archipel de Lau méridional

Dans cette zone de l’Océan Pacifique Sud, l’activité sismique est principalement liée au rapprochement des plaques Indo-Australienne et Pacifique. C’est une zone de déformation étendue qui peut atteindre jusqu’à 1000 kilomètres de largeur et qui s’exprime par deux zones de subductions actives, à vergences opposées, à l’Est, la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et, à l’Ouest, la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée-Salomon-Vanuatu, et une fosse fossile, au Nord, la fosse Vitiaz.

Dans la partie Est de la région, la plaque Pacifique s’enfonce sous l’arc des Tonga- Kermadec. La vitesse de convergence à la fosse varie de 6-7 centimètres par an au Sud à 24 centimètres par an au Nord. Dans la partie Ouest, c’est, à l’inverse, la plaque Indo-Australienne qui plonge sous les archipels du Vanuatu, des Salomon et de Papouasie-Nouvelle-Guinée le long des fosses du Vanuatu, de San Cristobal, – ou Sud Salomon -, et de Nouvelle-Bretagne. La vitesse relative de convergence à cette frontière varie de 9 à 16 centimètres par an. Dans la partie Nord, la fosse de Vitiaz est inactive depuis le Miocène supérieur, et, jusque vers 5.330 ± 0,005 Millions d’années avant J.C., la lithosphère Pacifique crétacée passait, le long de cette fosse, sous la plaque Australie.

Fosses dans le Pacifique

Entre ces trois fosses, tout en s’éloignant très rapidement l’une de l’autre, se recouvrant en partie, la zone de liaison est marquée par un système complexe d’axes d’ouverture et de relais transformants. Des bassins océaniques, du Sud au Nord, constituent une zone tampon entre les deux grandes plaques Indo-Australienne et Pacifique: le fossé du Havre en arrière de l’arc des Kermadec, le bassin de Lau en arrière de l’arc des Tonga, le bassin Nord-Fidjien et les fossés du Vanuatu en arrière de l’arc du Vanuatu, le bassin de Woodlark enfin le bassin de Manus en arrière de l’arc de Nouvelle- Bretagne. Ils génèrent de nouvelles plaque tectoniques, les plaques Nouvelles Hébrides, Récif Balmoral, Récif Conway, Futtune, Tonga, Niuafo’ou et Lau, qui sont toutes sièges d’une orogenèse en cours matérialisée par les rides de Lau, de Tonga, de Colville et de Valu Fa.

Mouvements dans le temps

Le mouvement décrochant est notamment souligné par la faille transformante Nord-Fidjienne qui s’étend depuis la terminaison nord de la fosse des Tonga jusqu’à l’axe d’accrétion central du bassin Nord-Fidjien. De plus, elle longe le bord Nord la plate-forme fidjienne. En fait, tout est résultante de l’ouverture océanique consécutive du bassin Nord Fidjien qui a débuté, il y a environ 12 Millions d’années et qui continue à se développer le long de plusieurs axes d’accrétion contrastés. L’accrétion dans le bassin de Lau est plus récente et plus localisée.

Les liens entre subduction et accrétion océanique d’arrière-arc sont partout évidents dans la région, et tout particulièrement dans le bassin de Lau. Cependant, on relève une multiplication anormale des axes d’accrétion actifs à la jonction entre les deux bassins. Cette situation géodynamique, tectonique, magmatique et géochimique complexe, voire anormale, de même que l’anomalie positive de la topographie et du géoïde, la présence d’un fort flux de chaleur, d’une lithosphère océanique mince et de faibles vitesses mantelliques témoignent tous d’une convection intense dans le manteau supérieur sous l’ensemble de la frontière, et d’une influence de type point chaud étendu dans la partie septentrionale.

Pour mieux comprendre cet imbroglio géologique, le bassin Nord-Fidjien étant bordé, au Nord par la fosse du Vitiaz, il faut en convenir que cette fosse, actuellement inactive, était la zone de frontière convergente entre les plaques Pacifique et Indo-Australienné, de l’Eocène supérieur, – 41.3 à 37.0 Millions d’Années -, au Miocène supérieur, – 11,06 à 5,33 Millions d’années -, avant le développement du bassin Nord-Fidjien. L’arc du Vitiaz, maintenant dispersé, incluait l’arc ancien des Salomon et du Vanuatu, et se raccordait, au Sud-Est, à la plate-forme fidjienne et à l’arc ancien de Lau-Tonga. La collision, au Miocène supérieur, entre le plateau, d’Ontong-Java porté par la plaque Pacifique et l’arc du Vitiaz a eu pour conséquence de bloquer la subduction de la plaque Pacifique sous l’arc du Vitiaz, d’en inverser localement le sens depuis la Papouasie Nouvelle Guinée jusqu’au Nord des Îles Fidji, et de provoquer la naissance de la zone de subduction du Vanuatu-Sud Salomon-Archipel Santa Cruz et Banks. L’arc du Vanuatu a, lors, dérivé vers l’Ouest en ouvrant, dans son sillage, le Bassin Nord-Fidjien. Parallèlement, la dérive, vers l’Est, de la partie Sud-Est de l’arc, au niveau des Îles Fidji-Ride de Lau, a entraîné la formation du Bassin de Lau depuis le Pliocène, – 5,32 à 1,81 Millions d’Années -.

Les taux d’ouverture des Bassins d’arrière-arc étant très rapides, atteignant une dizaine de centimètres par an, la sismicité y est, de fait, importante et complexe.

La Ride de Lau

La Ride de Lau, siège actif, du Miocène moyen au Pliocène supérieur, d’un volcanisme d’arc insulaire, se trouve à environ 260 kilomètres à l’Ouest de la Ride de Tonga, les deux Rides étant parallèles. Elle a été longtemps considérée comme un « arc insulaire morts », car son activité volcanique semblait avoir été transférée, après un changement, au Miocène supérieur, dans la configuration expansion des fonds océaniques dans le Pacifique, à la région de Tonga-Kermadec. En conséquence de ce changement, le Plateau de Fidji s’étaitt détaché de la plaque lithosphérique Pacifique principale et les îles Fidji et son archipel de Lau, de type continental, ont, lors, étaient considérés comme ayant évolué, depuis, dans le cadre strict d’un arc fossile.

Il est vrai que son volcanisme est en sommeil depuis des millénaires et que ses îles subissent une érosion effrénée, les plus petites d’entre elles se transformant en atolls ceinturés de corails. Mais depuis la formation de la fosse du Havre qui partage le Bassin de Lau, – à l’Ouest les arcs insulaires de Lau et de Colville, à l’Est ceux du Tonga et de Kermadec -, le volcanisme sous-marin a repris vigueur dans la région de l’archipel de Lau Méridional et à donné naissance à une ride transverse reliant les arcs volcaniques de Lau et du Tonga.

Arc sous-marin de Lau

Les séismes y sont de type « foyers profonds », entre 300 et 700 kilomètres de profondeur dans le plan de Bénioff, et réactivent, en permanence, ce volcanisme sous-marin dont les cônes se situent, pour la plupart d’entre eux, à -2000 mètres.

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Profil: Raymond Matabosch, né à Villeneuve la Rivière, Pyrénées Orientales, le 04 Octobre 1947, est un sismo-volcanologue, poète, écrivain, historien et traducteur français. « Il est né le 4 octobre 1947,…

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Cet article de 1,803 a été rédigé par Raymond Matabosch il y a 8 ans et 10 mois, le samedi 4 septembre 2010.

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