Par Marie-Claude
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La participation directe du citoyen se limite souvent à des formes consultatives (consultations publiques, sondages, comités de quartier, tables de concertation), ou de contre-pouvoir (grève, manifestation). La démocratie participative propose une responsabilisation et un retour direct du pouvoir entre les mains du peuple, système qui pourrait lutter contre l’apathie politique qui nous ronge.
En s’attardant sur les défis à venir, le type de relation entre l’état et les citoyens doit être réformé si l’on veux s’affranchir d’une vision paternaliste qui encadre, dirige, réfléchit et nous arrive avec des choix prédigérés limités. Les solutions aux défis de demain nous concernent tous : le départ des babyboomers, la pénurie de main d’œuvre, l’explosion de la dette du Québec, le taux de suicide, la dénatalité, les coûts du système de santé, les ressources naturelles comme l’eau, la forêt ou les mines, les réformes par-dessus réformes dans l’éducation, les « Walt-Mart-jobs », l’individualisme croissant, l’entrée du privé dans toutes les sphères de la société…
Notre système démocratique d’aujourd’hui se base sur la délégation de notre pouvoir à des gens élus. Structures hiérarchisées, où les décisions sont prises dans de hautes sphères, trop souvent déconnectées du terrain ou influencées par de puissants lobbys. La participation directe du citoyen se limite souvent à des formes consultatives (consultations publiques, sondages, comités de quartier, tables de concertation), ou de contre-pouvoir (grève, manifestation). La démocratie participative propose une responsabilisation et un retour direct du pouvoir entre les mains du peuple, système qui pourrait lutter contre l’apathie politique qui nous ronge.
À l’opposé, telle une marmite au feu qui commence à bouillir par la base, la démocratie participative s’enracine dans un fonctionnement du bas vers le haut. La participation la plus large possible de collectivités ou d’individus apportant différents points de vues aux délibérations et prises de décision est prônée. Sa base est locale et permet d’exécuter l’exercice de la citoyenneté active dans toutes sortes de contextes (régional, national, international…) Elle facilite la concertation et le développement de consensus lors de prises de décisions. Ce processus permet de développer une vision à long terme dans le cadre d’un projet de société. Les projets reflètent donc la volonté citoyenne, plutôt que l’agenda électoraliste de politiciens. La démocratie participative, tout en responsabilisant le citoyen, permet aussi de lutter contre la corruption, la centralisation des pouvoirs et le gaspillage de ressources.
L’exemple classique de ce qui précède est le budget participatif de Porto Alegre, au Brésil. Depuis 1989, les élues et élus ainsi que les citoyennes et les citoyens de cette ville dressent ensemble les priorités d’investissement pour l’année à venir (santé, transports, espaces verts…). Les besoins prioritaires sont déterminés en comités de quartier lors d’échanges, de débats et de discussions entre groupes et/ou individus. C’est lors des assemblées décisionnelles réunissant l’ensemble des représentants de quartiers de la ville que la liste de priorités annuelle est votée, ainsi que les budgets accordés. Cet exemple fut repris dans 250 villes (principalement européennes) à travers le monde.
La société québécoise jouit d’un immense potentiel pour l’application de ce nouveau type de gouvernance. Notre culture progressiste et sociale-démocrate bouillonne de groupes populaires, de syndicats et d’associations dont les membres sont imprégnés d’une soif de justice sociale. Ces gens veulent aussi une meilleure répartition de la richesse et du pouvoir, en plus d’être pétris d’une notion d’écologie et de développement durable.
Citons quelques exemples à différents niveaux. Le concept de budget participatif pourrait être facilement adaptable aux réalités québécoises. Porto Alegre est une ville de la même grosseur que Montréal. Déjà, le parti municipal Projet Montréal est basé sur une réforme de la démocratie municipale par le pouvoir citoyen. De même, le nouveau parti provincial Québec Solidaire a déjà intégré ce type de démocratie dans ses statuts et l’applique lors de ses réunions. Au Venezuela, le gouvernement d’Hugo Chávez s’applique depuis 1998 à redonner au peuple sa propre voix. L’élection d’une assemblée constituante a permis une nouvelle constitution se nourrissant des revendications populaires. « Ce n’est plus seulement l’état qui doit être démocratique, mais aussi la société. » 1
Nous aurons donc, en tant que citoyennes et citoyens, à assumer nos responsabilités et à sortir d’une inertie dans laquelle nous sommes confortablement installés pour commencer à réfléchir vers où nous voulons diriger ce bateau qu’est la société québécoise sur cette mer mondiale où les inégalités ne font que s’agrandir.
[1] Constitution de la république bolivarienne du Vénézuela, « Exposé des motifs », Caracas, 15 décembre 1999.

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Provenance: Québec
Articles rédigés: 7 articles
Cet article a été rédigé par Marie-Claude il y a 2 ans et 5 mois, le Mardi 30 mai 2006. La dernière modification a été effectuée le Jeudi 20 mars 2008.
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