Le mardi 30 mai 2006

PolitiqueQuébec

Démocratie participative au Québec: solution réaliste?

Par Marie-Claude

La participation directe du citoyen se limite souvent à des formes consultatives (consultations publiques, sondages, comités de quartier, tables de concertation), ou de contre-pouvoir (grève, manifestation). La démocratie participative propose une responsabilisation et un retour direct du pouvoir entre les mains du peuple, système qui pourrait lutter contre l’apathie politique qui nous ronge.

En s’attardant sur les défis à venir, le type de relation entre l’état et les citoyens doit être réformé si l’on veux s’affranchir d’une vision paternaliste qui encadre, dirige, réfléchit et nous arrive avec des choix prédigérés limités. Les solutions aux défis de demain nous concernent tous : le départ des babyboomers, la pénurie de main d’œuvre, l’explosion de la dette du Québec, le taux de suicide, la dénatalité, les coûts du système de santé, les ressources naturelles comme l’eau, la forêt ou les mines, les réformes par-dessus réformes dans l’éducation, les « Walt-Mart-jobs », l’individualisme croissant, l’entrée du privé dans toutes les sphères de la société…

Notre système démocratique d’aujourd’hui se base sur la délégation de notre pouvoir à des gens élus. Structures hiérarchisées, où les décisions sont prises dans de hautes sphères, trop souvent déconnectées du terrain ou influencées par de puissants lobbys. La participation directe du citoyen se limite souvent à des formes consultatives (consultations publiques, sondages, comités de quartier, tables de concertation), ou de contre-pouvoir (grève, manifestation). La démocratie participative propose une responsabilisation et un retour direct du pouvoir entre les mains du peuple, système qui pourrait lutter contre l’apathie politique qui nous ronge.

À l’opposé, telle une marmite au feu qui commence à bouillir par la base, la démocratie participative s’enracine dans un fonctionnement du bas vers le haut. La participation la plus large possible de collectivités ou d’individus apportant différents points de vues aux délibérations et prises de décision est prônée. Sa base est locale et permet d’exécuter l’exercice de la citoyenneté active dans toutes sortes de contextes (régional, national, international…) Elle facilite la concertation et le développement de consensus lors de prises de décisions. Ce processus permet de développer une vision à long terme dans le cadre d’un projet de société. Les projets reflètent donc la volonté citoyenne, plutôt que l’agenda électoraliste de politiciens. La démocratie participative, tout en responsabilisant le citoyen, permet aussi de lutter contre la corruption, la centralisation des pouvoirs et le gaspillage de ressources.

L’exemple classique de ce qui précède est le budget participatif de Porto Alegre, au Brésil. Depuis 1989, les élues et élus ainsi que les citoyennes et les citoyens de cette ville dressent ensemble les priorités d’investissement pour l’année à venir (santé, transports, espaces verts…). Les besoins prioritaires sont déterminés en comités de quartier lors d’échanges, de débats et de discussions entre groupes et/ou individus. C’est lors des assemblées décisionnelles réunissant l’ensemble des représentants de quartiers de la ville que la liste de priorités annuelle est votée, ainsi que les budgets accordés. Cet exemple fut repris dans 250 villes (principalement européennes) à travers le monde.

La société québécoise jouit d’un immense potentiel pour l’application de ce nouveau type de gouvernance. Notre culture progressiste et sociale-démocrate bouillonne de groupes populaires, de syndicats et d’associations dont les membres sont imprégnés d’une soif de justice sociale. Ces gens veulent aussi une meilleure répartition de la richesse et du pouvoir, en plus d’être pétris d’une notion d’écologie et de développement durable.

Action de voterCitons quelques exemples à différents niveaux. Le concept de budget participatif pourrait être facilement adaptable aux réalités québécoises. Porto Alegre est une ville de la même grosseur que Montréal. Déjà, le parti municipal Projet Montréal est basé sur une réforme de la démocratie municipale par le pouvoir citoyen. De même, le nouveau parti provincial Québec Solidaire a déjà intégré ce type de démocratie dans ses statuts et l’applique lors de ses réunions. Au Venezuela, le gouvernement d’Hugo Chávez s’applique depuis 1998 à redonner au peuple sa propre voix. L’élection d’une assemblée constituante a permis une nouvelle constitution se nourrissant des revendications populaires. « Ce n’est plus seulement l’état qui doit être démocratique, mais aussi la société. » 1

Nous aurons donc, en tant que citoyennes et citoyens, à assumer nos responsabilités et à sortir d’une inertie dans laquelle nous sommes confortablement installés pour commencer à réfléchir vers où nous voulons diriger ce bateau qu’est la société québécoise sur cette mer mondiale où les inégalités ne font que s’agrandir.


[1] Constitution de la république bolivarienne du Vénézuela, « Exposé des motifs », Caracas, 15 décembre 1999.

Mots clés: Politique, Québec,

4 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 jp lahaie Le 26 octobre 2009 à 9h41

    Très bon article! C’est effectivement un premier pas vers une véritable démocratie. Il faut mettre fin à la mascarade de fausse démocratie qui consiste à voter 1 fois par 4 ans et laisser les politiciens faire ce qu’ils veulent sous prétexte qu’ils ont la légitimité grâce à notre vote. Le système électoral actuel est une erreur grave à la véritable démocratie.

  2. 2 clovis simard Le 29 octobre 2011 à 6h30

    Blog(fermaton.over-blog.com).No-9. THÉORÈME DÉMOCRATIQUE.- LE MONDE NOUVEAU ??

  3. 3 clovis simard Le 29 octobre 2011 à 6h30

    Blog(fermaton.over-blog.com).No-9. THÉORÈME DÉMOCRATIQUE.- LE MONDE NOUVEAU ??

  4. 4 Stefan Nitoslawski Le 6 novembre 2012 à 11h49

    Un bel exemple du potentiel de la démocratie participative était la commission Bouchard-Taylor ou au-delà de 4,000 personnes se sont exprimé et influencé le rapport et le gouvernement et plus de 1.5 million de Québécois on suivit le déroulement à la télévision.

Ajoutez un commentaire

Il est suggéré de s'enregistrer. Si c'est déjà fait, connectez-vous pour écrire avec votre compte.

Merci de vérifier votre orthographe avant de publier votre commentaire.

Annoncez ici

Abonnement au site

Pour recevoir quotidiennement les nouvelles d'AmériQuébec, abonnez-vous au flux RSS
ou inscrivez votre courriel ci-dessous!

À propos de l'auteur de cet article

Site Internet de l’auteur

Articles rédigés: 7 articles

Afficher le profil complet

Fiche de l'article

Cet article de 680 a été rédigé par Marie-Claude il y a 14 ans et 4 mois, le mardi 30 mai 2006.

Il y a 4 commentaires suite à cet article. Vous pouvez aussi suivre le fil des commentaires.

Cet article est catégorisé sous Québec, Politique.

Les mots clés associés à celui-ci sont .

Autres articles publiés à pareille date

Voici la liste des articles qui ont été publiés à pareille date lors des années précédentes.

2013: Julius Richard Petri : bactériologiste Le moteur de recherche Google nous a habitué à plusieurs surprises depuis quelques années. Il est toujours agréable de tomber [...]

2012: Grève étudiante: inquiétudes aux Nations Unies face à la situation au Québec Le Québec fait parler de lui à l'étranger grâce au gouvernement Charest, mais pas de façon très  positive. En effet, [...]

2011: L’insondable profondeur du vide Six semaines après un congrès où Pauline Marois a vu son leadership plébiscité par 93,08 % des membres, le PQ [...]

2011: Référendum sur la souveraineté: le Bloc interpelle le NPD «Alors que l'Assemblée nationale du Québec a dénoncé à l'unanimité la volte-face du chef du NPD, Jack Layton, concernant la [...]

2010: Sleep Country et Dormez-vous, des prédateurs et des partitionnistes La Coalition « Québec français (( Participent à la Coalition « Québec français » le mouvement Impératif français, la FTQ, [...]

Sondage

Aucun sondage actuellement.

Archives des sondages