Le mardi 5 octobre 2010

QuébecPolitique

Lancement du livre « Gilles Duceppe, Entretiens avec Gilles Toupin »

« Gilles Duceppe a fait preuve d'une très grande générosité »

CanadaL'indépendance du Québec ]

Par Bloc Québécois

Gilles Duceppe s’est littéralement laissé emporter par la conversation. À mesure que les entrevues progressaient, on sentait grandir son enthousiasme, sa passion d’expliquer les choses avec clarté et précision.

« L’idée d’un livre d’entretiens est d’abord apparue dans le cadre des 20 ans du Bloc Québécois et de ma première élection comme député. Je me suis vite rendu compte de l’intérêt de jeter un regard approfondi sur ces 20 dernières années. À mon avis, ce regard sur le passé nous éclaire beaucoup sur l’avenir. Parmi les choses qui m’ont particulièrement frappé, il y a le durcissement très réel du Canada face aux aspirations du Québec. Les Canadiens ont complètement fermé la porte à tout changement. Or, les Québécoises et les Québécois forment une nation différente, et cette différence va en s’accentuant, le fossé entre le Canada et le Québec s’élargissant sans cesse », a lancé le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, à l’occasion du lancement officiel du livre Gilles Duceppe, entretiens avec Gilles Toupin, qui a eu lieu le mardi 5 octobre à Montréal.

Le Québec, une nation différente

« Prenons l’exemple de la langue : quand on demande aux Canadiens si le gouvernement fédéral devrait respecter la loi 101 au Québec, les trois quarts s’y opposent, tandis que 90 % des Québécoises et des Québécois y sont favorables. Et avec la Cour suprême qui sert d’instrument pour affaiblir la loi 101, il s’agit là d’une question explosive. Les conservateurs et les libéraux, en s’opposant à l’application de la loi 101, ne font que refléter l’opinion de la majorité canadienne », a-t-il affirmé.

« Il y a aussi la question de l’énergie, avec ce Canada en train de se transformer en État pétrolier, ce qui va complètement à l’encontre des intérêts stratégiques du Québec. Michael Ignatieff qui veut financer des lignes de transport électriques et les conservateurs qui, eux, veulent en plus financer des centrales nucléaires. On voit venir le gouvernement fédéral avec ses gros sabots dans le champ de l’énergie et de l’électricité, une des dernières chasses gardées du Québec », a souligné Gilles Duceppe.

« Il y a la politique étrangère canadienne, de plus en plus éloignée des valeurs du Québec, avec deux chefs de parti – Michael Ignatieff et Stephen Harper – qui nous auraient entraînés dans la guerre en Irak s’ils avaient pu. Il y a cette volonté de réduire le poids politique du Québec et de le dépouiller de ses pouvoirs en matière de valeurs mobilières. Si on rajoute en plus le dogmatisme de ce gouvernement conservateur inspiré de la droite républicaine… », a déclaré le chef du Bloc Québécois.

« Il ne s’agit pas d’un accident électoral : les conservateurs ne sont pas un corps étranger du Canada, ils en sont une émanation contemporaine. En 2008, les Canadiens ont donné une majorité à Stephen Harper et c’est le Québec, par l’entremise du Bloc Québécois, qui leur a barré la route. Bref, il y a un contexte et toute une série de questions qui ont le potentiel d’embraser le climat politique, qui montrent que dans le cadre canadien, le Québec est perdant et que ça n’ira pas en s’améliorant », a-t-il ajouté.

« Dans l’Histoire, il y a des décennies qui ne valent pas une journée, alors qu’il y a des heures qui valent plusieurs décennies : c’est ce que j’appelle l’accélération de l’Histoire. Le Québec se retrouve dans une telle situation où le statu quo, c’est l’affaiblissement assuré de la nation québécoise. Or, le statu quo n’est plus tenable pour le Québec : il faut qu’il y ait du changement. Mais le changement ne peut pas venir du fédéralisme : ce ne serait plus du tout crédible. Les Canadiens ont complètement fermé la porte et ils ont jeté les clés! » a indiqué Gilles Duceppe.

« Actuellement, nous avons un gouvernement à Québec qui est fédéraliste et qui se refuse à affronter Ottawa pour faire valoir nos intérêts et nos valeurs, parce qu’il sait qu’il va se faire dire “non” par le Canada. Mais le Québec n’a pas à se définir par rapport à ce que le Canada veut ou ne veut pas. Nous devons avancer. Nous devons continuer à travailler ensemble autour des questions névralgiques pour l’avenir du Québec et aller de l’avant. Nous ne devons pas reculer sur les enjeux les plus fondamentaux pour notre nation. Aujourd’hui, l’option du changement n’est plus portée que par le projet souverainiste », a-t-il ajouté.

« Avec un gouvernement souverainiste à Québec, un gouvernement du Parti Québécois dirigé par Pauline Marois, la situation sera complètement différente. Bien des Québécoises et des Québécois voudraient que le Québec s’entende avec le Canada, mais il suffit d’écouter les Canadiens pour comprendre que la seule façon d’y arriver, c’est de faire la souveraineté d’abord. Ensuite, on pourra s’entendre, d’égal à égal, de pays à pays », a soutenu Gilles Duceppe.

« Que l’on parle du fond des choses et les Québécois verront bien que le seul avenir digne de ce nom pour le Québec, c’est la souveraineté. Et dès lors que, collectivement, nous avons la conviction que le fédéralisme est un cul-de-sac pour la nation québécoise, nous n’avons d’autre choix que de faire en sorte que notre projet se réalise. Nous n’avons d’autre choix que de nous dire : “Continuons!” Pour ma part, j’ai bien l’intention de continuer et de contribuer à cette accélération de l’Histoire », a-t-il assuré.

Des entretiens francs et généreux

« Je tiens à remercier Gilles Toupin pour le travail qu’il a accompli. Il faut dire que ce livre n’aurait pas été possible sans le respect et la confiance que j’avais et que j’ai toujours pour lui. Pour arriver à ce livre, nous avons discuté pendant des heures et des heures. Il a su, il me semble, organiser ces heures d’entretiens en un tout qui se tient et ce n’était pas une mince tâche. Alors, bravo Gilles! » a poursuivi le chef du Bloc Québécois.

« Gilles Duceppe s’est littéralement laissé emporter par la conversation. À mesure que les entrevues progressaient, on sentait grandir son enthousiasme, sa passion d’expliquer les choses avec clarté et précision. Il a fait preuve d’une très grande générosité. Dans ce livre, nous avons la chance de lire Gilles Duceppe le penseur, Gilles Duceppe le politicien qui nous parle en toute franchise de ses idéaux politiques », a enchaîné Gilles Toupin, qui a fait carrière comme journaliste au quotidien La Presse avant de prendre sa retraite en 2009.

« Au fil des entretiens avec Gilles Duceppe, j’ai réalisé que la souveraineté était nécessaire non seulement parce que le peuple québécois voulait s’affirmer en tant que nation et avoir la pleine maîtrise de ses moyens de gouvernance, mais également parce qu’elle améliorerait les conditions de vie des Québécoises et des Québécois », a conclu Gilles Toupin.

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