Le vendredi 11 décembre 2009

QuébecEnvironnement

Non à l’expansion du nucléaire au Québec et à l’acquisition de Pointe Lepreau

Par respect pour les générations futures, sortons le Québec du nucléaire

Par MSQN

Pourquoi offrir aux Québécois d’aujourd’hui et des générations à venir ce cadeau empoisonné d’une industrie incapable d’assumer par elle-même le fardeau financier de ses opérations? Ce sont les payeurs de taxes qui au Québec assumeront la responsabilité des déboires financiers du soutien à la filière nucléaire.

Le Mouvement Vert Mauricie tient à aviser la population du Québec que son gouvernement doit refuser d’inclure la centrale nucléaire de Pointe Lepreau dans son projet d’achat d’Énergie Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement Charest n’a pas la légitimité requise pour autoriser, sans consulter la population québécoise, l’acquisition par l’État québécois, de la centrale nucléaire de Pointe Lepreau.

Moratoire sur les nouvelles centrales nucléaires depuis 1979

L’appropriation de Pointe Lepreau ferait entrer de manière non équivoque le Québec dans le club des « nucléomanes » canadiens. Cela va à l’encontre des politiques traditionnelles du Québec à l’égard de la filière nucléaire depuis que René Lévesque a décrété en 1979 un moratoire sur son expansion et que Robert Bourassa a établi en 1989 une politique affirmant que jamais le Québec n’acceptera de procéder à la gestion permanente des déchets radioactifs sur son territoire ou en bordure de ses frontières.

Jusqu’à ce jour, la politique du gouvernement du Québec a constamment réitéré que l’aventure nucléaire québécoise se terminerait avec la fin de vie utile de la centrale nucléaire Gentilly-2 prévue pour 2013.

Obligation de gérer des milliers de tonnes de déchets radioactifs et construction d’une nouvelle centrale

Pour les Québécois, devenir des promoteurs consentants de la filière nucléaire canadienne aura des conséquences environnementales, économiques, sociales et intergénérationnelles considérables. En contrepartie, le Québec devra rendre accessible le territoire québécois à la gestion permanente de tous les déchets nucléaires produits par les sites nucléaires canadiens et héritera des engagements à ce jour convenus entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et Team CANDU. Rappelons que parmi ces ententes, Énergie Nouveau-Brunswick s’est engagée à construire un deuxième réacteur nucléaire.

L’acquisition de Pointe Lepreau impliquerait également que le Québec devienne le propriétaire « légal » de tout ce que contient ce site nucléaire, y compris ses milliers de tonnes de déchets radioactifs de toutes catégories. Personne au monde ne sait que faire de ces déchets et au fil des ans, les coûts relatifs à leur gestion permanente ne cessent de croître dans des proportions gigantesques. Au Canada, l’évaluation « officielle » des coûts de gestion permanente des déchets de combustible irradié est passée en quelques décennies de quelques centaines de millions de dollars à plus de 24 milliards.

Problèmes reliés à la centrale de Pointe Lepreau

Le vieillissement prématuré de la centrale nucléaire CANDU de Pointe Lepreau et la catastrophe financière dans laquelle son projet de réfection a précipité la société d’État New Brunswick Power Authority devraient également inciter les élus québécois à plus de vigilance et à refuser cette transaction. Une réfection de réacteur nucléaire effectuée dans de si mauvaises conditions compromet sérieusement la qualité des travaux en cours à Pointe Lepreau. Considérant que la moyenne de vie reconnue aux centrales nucléaires canadiennes rénovées de Pickering A ne dépasse pas sept ans, il serait prudent que le gouvernement du Québec exige qu’Hydro-Québec retire Pointe Lepreau de son projet d’acquisition.

Pourquoi les Québécois devraient-ils devenir partie prenante d’une industrie moribonde? Une industrie qui fait de nouveau la preuve de son incapacité à résoudre les problèmes liés au manque de maîtrise de sa technologie, de son inaptitude à fournir une planification financière réaliste de ses projets, de son non-respect chronique des échéanciers établis et de son manque criant de main-d’œuvre qualifiée.

Pourquoi offrir aux Québécois d’aujourd’hui et des générations à venir ce cadeau empoisonné d’une industrie incapable d’assumer par elle-même le fardeau financier de ses opérations ? En dernière analyse, ce sont les payeurs de taxes qui au Québec assumeront l’entière responsabilité des déboires financiers du soutien à la filière nucléaire.

En 2002, malgré l’avis de la Commission des entreprises publiques selon laquelle les véritables coûts de réfection de la centrale de Pointe Lepreau pourraient surpasser de beaucoup l’estimé officiel de 845 millions de dollars, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a décidé de procéder à la réfection de sa centrale. Résultats de l’opération: un fiasco technologique et financier qui met en péril l’indépendance énergétique des Néo-Brunswickois et leur capacité à assurer l’approvisionnement en énergie électrique de leurs clients, ainsi que leur capacité à planifier une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Une province qui dans un état de panique à la vue d’une prévision à la hausse de ses coûts à 2,5 milliards de dollars pour la seule réfection de sa centrale nucléaire doit ouvrir la porte de son poulailler aux renards d’Hydro-Québec. Et cette dernière évaluation, en tenant compte de la petite histoire de l’industrie nucléaire au Canada et à l’étranger, pourrait bien subir d’autres augmentations, sans garantie que le réacteur sera en mesure de remplir les conditions requises autorisant son opération.

Déclassement des centrales CANDU

Plutôt que de s’entêter à poursuivre dans la voie du nucléaire, le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait, tout comme le gouvernement du Québec d’ailleurs, décréter le déclassement de leur nucléaire respectifs et utiliser les 875 millions de dollars que chacun a déjà provisionnés à cet effet. Les efforts conjugués des sociétés d’État que sont Énergie Nouveau Brunswick et Hydro-Québec seraient en mesure de mettre au point l’expertise requise au déclassement des centrales nucléaires canadiennes et étrangères.

Procéder immédiatement à la sécurisation complète de nos sites nucléaires selon les exigences reconnues à l’échelle internationale et à l’élaboration des modalités de suivi radiologique des travaux requis créera beaucoup d’emplois pour des décennies et mettra nos populations à l’abri des risques d’accidents technologiques, naturels ou de malveillance humaine (terrorisme et militaire) inhérents à l’exploitation des centrales nucléaires.

Selon le journal Le Monde, un marché évalué à mille milliards de dollars devra être consacré au déclassement des infrastructures nucléaires civiles et militaires À nous de conquérir ces marchés !

Par respect pour les générations futures, sortons le Québec, le Nouveau-Brunswick et le Canada du nucléaire.

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  1. 1 Oikos Blogue | Fermer Gentilly 2 ? Le 19 janvier 2010 à 7h09

    […] dans son projet d’achat des actifs d’Énergie Nouveau-Brunswick. Ça va à l’encontre des politiques traditionnelles du Québec à l’égard de la filière nucléaire depuis que René Lévesque a décrété en 1979 un moratoire sur son expansion et que Robert […]

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Michel Fugère, Mouvement Vert Mauricie

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Profil: Le Mouvement Sortons le Québec du Nucléaire présente un défi pour chaque québécois et québécoise, peu importe leur allégeance politique. Nous nous devons de manifester ouvertement notre désaccord avec les…

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Cet article de 943 a été rédigé par Mouvement Sortons le Québec du Nucléaire il y a 10 ans et 5 mois, le vendredi 11 décembre 2009.

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