Le jeudi 19 novembre 2009

PolitiqueQuébec

Le poids du nombre

Le français est le ciment du Québec, il faut colmater les brèches!

L'état de la langue française ]

Par Parti Québécois

Depuis que la Cour suprême a invalidé la loi 104, Jean Charest et son gouvernement ont clairement démontré, malgré toutes leurs belles paroles, que la protection et la promotion de la langue française ne sont pas aussi importantes qu’elles devraient l’être. Pourtant, la loi 104 avait été adoptée à l’unanimité en 2002 par les députés de l’Assemblée nationale du Québec…

Entre 2002 et 2009, le nombre d’immigrants reçus par année est passé de 37 500 à 47 000. Dans un très proche avenir, le Québec a pour objectif d’accueillir 55 000 nouveaux arrivants. Proportionnellement à la population totale du Québec, c’est trois fois plus que la France et deux fois plus que les États-Unis. Il y aura donc, en 2010, 17 500 nouveaux arrivants de plus qu’en 2002 à accueillir et à intégrer à la culture francophone québécoise dont un quart parle seulement le français. Dans le contexte actuel, que je résume à grands traits dans les lignes qui suivent, l’intégration de ces nouveaux arrivants représente un défi majeur.

Il faut d’abord rappeler que 83% de tous les immigrants élisent domicile dans le grand Montréal et que 90% des immigrants allophones s’établissent sur l’île de Montréal. Ensuite, comme je l’ai démontré dans une lettre parue dans La Presse et dans Le Devoir le 1er octobre dernier, il faut aussi noter l’exode massif des francophones de l’île dont le solde migratoire est déficitaire de 200 000 individus depuis 1986. J’ai aussi fait état du fait qu’un allophone sur deux vit dans la culture anglophone.

Un article de The Gazette du 11 avril 2007 confirme d’ailleurs les chiffres suivants: il y a sur l’île de Montréal 410 000 anglophones, 320 000 allophones anglicisés, 945 000 francophones et 320 000 allophones dont on croit qu’une bonne partie vit dans la culture francophone. Somme toute, il y a 730 000 personnes qui vivent en anglais sur l’île de Montréal pour 945 000 francophones. Même en additionnant aux francophones tous les allophones francisés, il n’y a pas deux individus de culture francophone pour un individu de culture anglophone sur l’île de Montréal. Le poids du nombre semble trop lourd à porter pour les francophones et les allophones francisés si l’on souhaite une intégration réussie dont le succès repose, nous le savons, sur un environnement d’immersion réelle.

Quel avenir ce portrait actuel de la langue à Montréal nous laisse-t-il entrevoir? Chaque année, il y a 13 000 étudiants dans les cégeps anglophones qui transfèrent du secteur des écoles secondaires francophones. Les études de Charles Castonguay nous montrent que tout le progrès de la francisation des allophones au cours du passage à l’école primaire et secondaire est annulé par ce passage au cégep anglophone. Le transfert linguistique précoce vers le français serait donc temporaire pour beaucoup d’allophones puisqu’un deuxième transfert s’effectue vers l’anglais au cégep.

Avec l’ajout, dans la seule région de Montréal de plus d’un demi-million de nouveaux Québécois nous arrivant de l’étranger au cours des 10 prochaines années, légiférer en matière de langue d’enseignement dans le cas des écoles passerelles ou au niveau collégial s’impose comme un strict minimum si l’on veut sauvegarder le fait français à Montréal. Et légiférer ne représente qu’une parmi les nombreuses avenues que nous devrons emprunter.

À la lumière de la situation actuelle et à venir, peut-on targuer de « paranoïaques de la langue » ou de « radicaux péquistes » celles et ceux qui considèrent nécessaire d’agir promptement et significativement sur la question linguistique? Allons-nous toujours trop loin pour ceux qui ne veulent aller nulle part?

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  1. 1 Marcel Sylvain Tremblay Le 20 novembre 2009 à 18h14

    Ils sont nombreux, lea anglais, dans Montréal et autour, parce qu’ils se considèrent une nation alors qu’ils ne sont en fait qu’une communauté d’immigrants et leurs descendants. Ils ont des médias d’envergure municipale, régionale, provinciale et même inter-provinciale et nationale. Les immigrants et descendants d’autres origines linguistiques ont-ils celà? Peut-être pour certains, mais ça reste quand même communautaire, ça ne s’adresse pas à toute la population, ce sont des réseaux, pas une entreprise d’acculturation systématique comme il se passe avec la langue anglaise.
    Serait-il possible de soumettre les médias anglophones qui transgressent leurs limites communautaires à la Charte de la langue française? Il y a sûrement quelque chose à faire de ce côté-là, car ça regarde autant le visage francophone du Québec que l’affichage.
    Pour le monde du travail et de l’éducation, il faut continuer à resserrer la vis à la langue anglaise, sans pitié et sans peur, surtout.
    La langue officielle du Québec, c’est le français, pas l’anglais; les anglophones doivent se plier à ces contraintes. Autrement dit, il faut qu’il deviennent francophones, rien de moins, comme les autres de même origine linguistique l’ont fait avant eux, par respect et continuité avec la langue du peuple déjà présent ici lors du passage du type de colonie, de française à anglaise, et par après. Ceux qui sont devenus francophones, déjà, on ne les appelle plus des anglophones; on peut les appeler des anglais, ou américains, irlandais, écossais, par extension, avec leurs descendants, mais dans le sens de leur pays d’origine, plus de leur langue d’usage actuel, qui est le français, comme nous. désormais; c’est une familiarité bien connue, pas du tout négative. Nous apprécions ceux qui s’intègrent à nous, et ils le remarquent.
    Il est difficile d’intégrer des immigrants au français lorsqu’on n’a pas un contrôle direct, suffisant, adéquat, sur la langue anglaise qui s’infiltre et se répand de toutes parts. C’est bien beau d’instaurer des programmes façades d’intégration pour faire accoire qu’on les intègre, mais s’ils s’éduquent en anglais, travaillent en anglais et s’informent en anglais, ça ne sert absolument à rien. Ils ne deviendront jamais des francophones, et vont continuer à entrer dans les statistiques des anglophones. Une grosse communuauté!
    Moi, m. Curzi, je pense que, pour qu’il y ait plus de francophones sur l’île de Montréal et autour, il faut que les anglophones deviennent des francophones, et celà, ça ne peut se faire qu’en agissant sur les médias anglophones qui ont une fonction autre que communautaire, sur le monde du travsil encore anglophone, de même que sur l’éducation. Il faut faire tout ce qu’on peut, dans les limites du possible, rien de moins, avant d’être plus souverain ou indépendant, où là on pourra compléter la tâche avec les nouveaux moyens qu’on se donnera, en plus de ceux qu’on récupérera.

  2. 2 lerousseau Le 2 décembre 2009 à 1h18

    je viens de lire l’aticle “le poids du nombre” dans lequel on nous fait part entre autre du fait préoccupant des immigrants allophones choisissant de faire leur cégep en anglais même après leurs études premières en français. Se peut-il que ce phénomène repose au fond sur un réflexe de survie pour eux? Les anglais, il faut bien bien le reconnaître, se sont débrouilleés le mieux en affaires jusqu’à maintenant et à ce titre, il ne faut pas s’étonner que ces immigrants recherchent à s’attribuer leur langue, goûts, principes… pour s’assurer une existence meilleure.
    Le besoin de survivre est fondamental comme on nous disait jadis que l’arbre de la connaissance du bien et du mal se trouvait au centre du paradis terrestre. Les anglais l’ont compris mieux que nous et y ont investis tout ce qu’ils pouvaient.
    Leur stratégie d’éducation première (d’hier à aujourd’hui), c’est de permettre à leur clientèle de décrocher les postes de pouvoir.
    Les francophones semblent déconnectés de cette préoccupation -la survie et ses stratégies-, comme si un cléger bienveillant les avaient maintenus dans un état d’inconscience pour mieux les dominer. Ils sont aussi moins solidaires les uns envers les autres que les anglais, les juifs et les arables pour ne nommer que ceux là. Et qui sait, c’est peut-être suite à cette observation qu’Hitler avait proclamé suite à son invasion de la France: “c’est une race en voie d’extinction” (en parlant de nos ancêtres). Il nous faut acquérir de la maturité et passer des rêves à la réalité. Nul espoir s’obtiendra sans la solidatité qui nous fait gravement défaut.

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