Le dimanche 7 avril 2013

QuébecPolitique

Gouvernance souverainiste: les provincialistes et la droite gagnants

Qu'est-ce que la gouvernance souverainiste?

Par Sylvain

La gouvernance souverainiste du Parti québécois est officiellement en marche depuis la semaine dernière avec la nomination de Gilles Duceppe à la Commission nationale sur l’emploi et la main-d’oeuvre. Plusieurs attendaient cette gouvernance puisqu’on en entend parler depuis le dernier congrès du Parti québécois d’avril 2011.

Le Devoir rapportait voilà quelques jours que pour «donner corps à sa “gouvernance souverainiste”, le gouvernement Marois entend mettre sur pied des commissions nationales d’examen à chaque fois qu’une décision d’Ottawa le justifiera.1 »

Dans le programme du Parti québécois adopté lors du congrès national d’avril 20112, on peut lire que la gouvernance souverainiste :

gouvernance souverainiste

Depuis le congrès national du Parti québécois, soit depuis avril 2011, plusieurs indépendantistes ont vu la gouvernance souverainiste comme étant de l’autonomisme. Le Parti québécois dit vouloir faire du Québec un pays souverain, mais en même temps, dans le cadre de la gouvernance souverainiste, le PQ n’a pas mis de côté «l’adoption de modifications constitutionnelles».  Pourquoi modifier une constitution que l’on n’a même pas signée si on veut faire un pays?

Pour Claude Morisette, au Parti québécois, la gouvernance souverainiste c’est de pousser à

leurs limites les pouvoirs de la Constitution de 1982, que les Québécoises et Québécois n’ont toujours pas acceptée et qui nous « encarcane ». Nous les amènerons à comprendre que ces limites ne sont pas acceptables et bloquent notre développement, notre avenir collectif. La seule alternative deviendra la souveraineté3.

Qui veut-on convaincre? Pour les indépendantiste, c’est déjà clair, la seule alternative est et sera non pas seulement l’autonomie ou la souveraineté, mais l’indépendance du Québec. C’est en gros ce que répète et explique Jean-Martin Aussant, chef d’Option nationale, pratiquement quotidiennement depuis plus d’un an.

En ce sens, la gouvernance souverainiste ne viserait donc pas les indépendantistes, mais davantage les caquistes, les libéraux, les solidaires, les provincialistes, les fédéralistes, les mous, etc. Mais dans «gouvernance» il y a «gouverner», et cela signifie que lorsqu’un gouvernement gouverne, il doit prendre des décisions qui pourront déplaire à gauche, à droite, en haut et en bas.

La gouvernance souverainiste, comme plusieurs l’expliquent depuis longtemps, serait vaine puisqu’elle ne réussira pas à rassembler une majorité pour faire du Québec un pays. On ne fait pas un pays parce que le Canada est trop à droite ou encore on ne reste pas dans le Canada parce que le Québec est trop à gauche. On fait un pays pour s’occuper de nos propres affaires, pour être indépendants, comme des adultes. Bref, la gouvernance souverainiste se fera toujours engluer par le débat gauche-droite.

Après une semaine de gouvernance souverainiste …

Après une semaine de gouvernance souverainiste, on peut déjà entrevoir son échec, c’est-à-dire que le Parti québécois ne réussira pas à rassembler les Québécois. Déjà, les partis d’opposition ont tous critiqué vertement la gouvernance souverainiste, mais, en plus, des gens de la gauche se sentent déjà abandonnés. Puis à droite, on se réjouit même de la gouvernance souverainiste qui fait du PQ l’idiot utile. Voici ce qu’a écrit Éric Duhaime vendredi dernier:

Eric Duhaime - Gouvernance souverainiste

Donc, clairement, le début de la gouvernance souverainiste fait plaisir à Éric Duhaime. Le PQ vient de se mettre à dos, en quelque sorte, la gauche provincialiste, ceux-là même que la gouvernance souverainiste devait convaincre. En effet, Hans Marotte est un militant pour la défense des chômeurs et dit ne plus croire à la possibilité de faire du Québec un pays. Il a toutefois déjà été un ardent militant pour l’indépendance du Québec. N’est-il pas justement le genre de Québécois que le PQ veut convaincre avec sa gouvernance souverainiste?

M. Marotte, au début du mois de mars, expliquait à l’émission Tout le monde en parle que c’était urgent de se battre pour les chômeurs et que le Québec ne pourra pas rapatrier le régime d’assurance emploi. Donc, si le PQ voulait convaincre des fédéralistes de gauche de voter pour lui, c’est raté big time.

Vos commentaires sont les bienvenus!

Illustration d’article: Hans Marotte,  Mouvement Action-Chômage4 \ Capture d’écran de l’émission Tout le monde en parle à Radio-Canada du 3 mars 2013

  1. Gouvernance souverainiste – Le PQ mise sur des commissions d’examen… et le français []
  2. Agir en toute liberté : programme du Parti québécois []
  3. Parlons souveraineté et Gouvernance souverainiste []
  4. Mouvement Action-Chômage []

2 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Robert Gélinas Le 8 avril 2013 à 7h43

    Le PQ de Mme Marois ne réussira sûrement pas seul à convaincre les souverainistes de voter une seconde fois stratégique…elle a prouvé depuis que nous lui avons fait confiance qu’elle est comme les autres, sans paroles et pas fiable comme répétait le chef de la CAQ, un autre parti au service de l’empire Desmarais or, il ne reste qu’Option Nationale et Québec Solidaire qui n’ont pas déçu le peuple et auxquels nous devrions accorder notre confiance sans se fier aux sondages payés par l’empire… Les médias traditionnels n’en feront assurément pas la promotion et si nous voulons un vrai changement, nous devrons défier ces médias et défier tous les sondages qui ne servent qu’à diriger et contrôler un peuple de moutons qui ont comme fierté d’être du bord des gagnants…Pour terminer, n’oubliez pas les méfaits du PLQ aux prochaines élections, n’oubliez pas que nos richesses furent transférés à l’empire Desmarais, n’oubliez pas les affilations douteuses de Couillard, le nouveau sauveur avec Porter…la devise ” Je me souviens” est importante en temps électoral…

  2. 2 André Bissonnette Le 8 avril 2013 à 11h53

    Cher Robert, quand les oppositions se déchaînent,de concert avec les médias (surtout Gesca) c’est signe que ça les emmerde joliment. Ton commentaire est très négatif. Ça n’aide pas à la cohésion nécessaire pour gagner. Penser que QS ou ON prendront le pouvoir un jour, c’est carrémemt rêver en trois dimensions. Si, et je dis bien si, jamais la chose devait se produire, il serait déjà trop tard (immigration oblige).Si le PQ ne te satisfait pas, pourquoi ne pas joindre ses rangs et travailler à le changer de l’intérieur. Des critiques constructives n’ont jamais nui à personne.

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Cet article de 638 a été rédigé par Sylvain il y a 7 ans et 8 mois, le dimanche 7 avril 2013.

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