Le jeudi 13 novembre 2008

QuébecPolitique

Le Québécois invite tout le monde à respirer par le nez

Affaire Jean-Claude Saint-André

Campagne électorale québécoise 2008 ]

Par RRQ

Le Québécois croit que le fait de défendre le droit de Jean-Claude St-André de porter les couleurs du Parti Québécois en tant que candidat ne doit surtout pas se transformer en mouvement de sabotage contre le PQ.

La direction de l’organisation du Québécois déplore ce qui s’est produit le 9 novembre dans la circonscription de L’Assomption. Il est attristant de voir des indépendantistes sincères en venir aux coups avec des représentants du Parti Québécois, aussi mièvres soient-ils lorsque vient le temps de militer en faveur de la libération du Québec. Dans de telles circonstances, nous ne pouvons qu’inviter tout le monde à faire preuve de modération et à réfléchir en fonction de l’avenir du projet indépendantiste.

Bien sûr, Le Québécois considère que la direction actuelle du Parti Québécois a manqué cruellement de jugement en imposant le candidat Scott Mckay dans la circonscription de L’Assomption, et ce, en rejetant « pour des raisons politiques et administratives » le bulletin de Jean-Claude St-André. Le fait d’imposer la candidature d’un individu qui, jusqu’à tout récemment, affirmait défendre des positions politiques « qui n’étaient ni de droite, ni de gauche, ni fédéralistes, ni souverainistes » au détriment de la candidature d’un indépendantiste convaincu de longue date n’est très certainement pas un bon message à envoyer dans la population en général et aux indépendantistes en particulier.

Cela apparaissant d’autant plus vrai quand on considère que le Parti Québécois a sciemment fait le choix de ne pas miser sur la souveraineté dans la présente campagne électorale. En agissant comme elle le fait dans ce cas-ci, la direction du PQ donne plus que jamais l’impression de ne pas être intéressée à reprendre prochainement le combat souverainiste, ce qui nous apparaît déplorable.

Nous déplorons également que la direction du Parti Québécois en soit réduite à engager des firmes de sécurité afin de « brasser » ses propres militants, parmi lesquels l’on retrouve les indépendantistes les plus motivés. Nous sommes bien prêts à admettre, à l’instar de ce qu’a dit Pauline Marois au sujet de cette affaire, que la culture du consensus a ses limites et qu’il faille, un moment donné, imposer des positions, mais cela ne devrait jamais se faire en violation des règles de base de la démocratie et en intimidant les militants.

À notre point de vue, il aurait été préférable que le PQ accepte la candidature de Jean-Claude St-André et que les militants choisissent qui, de ce dernier ou Scott Mckay, était le mieux habilité à les représenter durant la présente campagne électorale. La direction du PQ aurait dû jouer selon les règles de la démocratie et en travaillant d’arrache-pied pour espérer faire gagner son candidat Mckay, ce qui aurait évité l’éclatement de cette crise qui ne nous honore aucunement, nous, les indépendantistes.

La direction du PQ devra également faire preuve de beaucoup plus de transparence lorsque des situations similaires se présenteront à l’avenir. Cette direction ne peut pas repousser des candidatures en affirmant laconiquement qu’elles ne sont pas conformes « pour des raisons politiques et administratives ». Elle devra toujours expliquer clairement les raisons ayant conduit à une telle décision, en donnant tous les détails nécessaires à la compréhension d’un tel contexte. D’ailleurs, dans le cas de St-André, Le Québécois demande que la direction du PQ précise par écrit quelles sont exactement les éléments administratifs et politiques non conformes que l’on retrouve dans son bulletin de mise en candidature.

De plus, nous déplorons le fait que la direction du PQ reproche à M. St-André de ne pas respecter les orientations du parti alors que les orientations du dernier congrès (juin 2005) ont été jetées aux rebuts par l’establishment du PQ sans qu’un congrès ne soit appelé, ce qui est en contravention avec les statuts et règlements du PQ. Si on reproche à un candidat de ne pas respecter la façon de faire au PQ, encore faudrait-il que le parti respecte ses propres statuts et règlements.

Par ailleurs, puisque le parti s’est doté d’un mécanisme à l’effet qu’une candidature puisse être rejetée en raison d’une « faute grave », il faudrait que la direction précise quelles sont ces « fautes graves » passibles d’un rejet de candidature. Sinon, c’est le règne de l’arbitraire et la dictature de l’establishment.

Si nous ne sommes par impressionnés par l’attitude de la direction du PQ dans ce dossier, nous n’endossons pas davantage la stratégie retenue par l’équipe de Jean-Claude St-André. D’une part, il nous apparaît inacceptable que leurs militants aient bloqué l’entrée de la salle où se tenait l’investiture de Scott Mckay, dans L’Assomption. Une telle manœuvre ne pouvait que déboucher sur des gestes disgracieux. Ce qu’il advint effectivement.

Aux yeux de l’ensemble du peuple québécois, la famille souverainiste – et peu importe que certains disent que le PQ n’est plus souverainiste, le fait est que les Québécois, eux, croient en majorité qu’il l’est toujours – est ainsi apparue plus divisée que jamais. La présente campagne péquiste a beau ne pas faire place au projet souverainiste, il n’en demeure pas moins que nous devons, nous les indépendantistes, construire en fonction de l’avenir. Et ce n’est pas en nous bousculant qu’on parviendra à redonner confiance à une imposante majorité de Québécois dans le projet que nous leur proposons.

Le Québécois ne peut pas davantage endosser les propos des porte-parole du Comité de solidarité pour Jean-Claude St-André lorsqu’ils disent être prêts à torpiller la campagne de Pauline Marois en guise de représailles. Aux yeux de la direction du Québécois, Pauline Marois n’est très certainement pas la plus grande indépendantiste qu’il nous ait été donnée de voir, c’est le moins que l’on puisse dire, mais il n’en demeure pas moins qu’une campagne orchestrée au sein même de la famille souverainiste et qui militerait en faveur de la défaite du PQ et donc d’une victoire libérale ne serait en rien profitable au peuple québécois. Comprenons-nous bien : Jean Charest s’est révélé être une calamité pour le Québec français. Le faire tomber est un objectif que nous devons poursuivre coûte que coûte.

Le Québécois croit donc que le fait de défendre le droit de Jean-Claude St-André de porter les couleurs du PQ en tant que candidat ne doit surtout pas se transformer en mouvement de sabotage contre le PQ, aussi timoré soit-il dans le dossier national.

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  1. 1 ouhgo Le 14 novembre 2008 à 13h34

    Respirer plus de la narine St-André que de la narine Marois, peut-on lire…

    La diffamation Marois ira-t-elle jusqu’au niveau qui a détruit Boisclair? Quand accepterons-nous le chef?

    “orientations du dernier congrès (juin 2005) ont été jetées aux rebuts par l’establishment du PQ sans qu’un congrès ne soit appelé, ce qui est en contravention avec les statuts et règlements du PQ.” Ceci est de la désinformation à la Pierre Cloutier. Ce qui s’est passé à Saint-Hyacinthe n’a jamais été démontré contraire aux statuts et règlements.

    Dans un organisme “démocratique”, quand nos idées sont battues, il faut se RALLIER !… ou QUITTER…

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