Le samedi 8 novembre 2008

PolitiqueQuébec

Élections précipitées 2008 – Jean Charest, Premier ministre démissionnaire

Oui nous pouvons! Nous pouvons élire un gouvernement souverainiste!

Campagne électorale québécoise 2008 ]

Par Luc Archambault

Jean Charest n’est que le John McCain de cette campagne électorale précipitée, il incarne justement la stabilité d’une culture économique qui par la crise qu’elle a provoquée, doit faire place au politique, à l’ascendant du politique sur la culture économique.

Les Républicains états-uniens s’opposaient à la Monarchie britannique autocratique de droit divin. «  Nous, le Peuple… Nous, le Peuple libre », disaient-ils, « Nous, le peuple », nous sommes les fondateurs d’un État républicain différent de la monarchie britannique. Un État concret, s’incarnant dans la lettre concrète d’une Constitution en vigueur depuis 1789, approuvée par le peuple souverain et démocratique. Une Constitution jamais contestée comme ici au Québec, fondait un État dont le 13e amendement à la Constitution abolira l’esclavage le 6 décembre 18651. Oui, ils le pouvaient. Et ils l’ont fait.

± 142 ans et 11 mois plus tard, le démocrate Barack Obama est élu premier Président noir des États-Unis. Cet État aura manifestement et de manière évidente définitivement tourné le dos à une logique de la prospérité économique fondée sur l’exploitation des esclaves noirs, propriétés des marchands et producteurs agricoles et industriels états-uniens. Cette culture économique de l’esclavage qui, pour d’aucuns, devait rendre caduque toute autre culture de la prospérité financière des États-Unis, fait de manière fracassante long feu au moment où une autre culture de l’organisation financière du laisser-aller, de la déréglementation, du marché capable de s’autoréguler, démontre sa faillite et son caractère sophistique et démagogique.

La Charrette devant les bœufs ?

L’attraction de la liberté VS La propulsion opportuniste de la triple démission

Au même moment, un Premier ministre du Québec, s’empresse de démissionner sous prétexte qu’il lui faut assurer la stabilité du gouvernement pour faire face à la crise. Sous prétextes qu’il peut obtenir un gouvernement majoritaire. Ce même gouvernement qui démissionne plutôt que d’agir, se trouve à être de plus, un gouvernement ouvertement en faveur de la culture économique qui a provoqué la crise à force de laisser faire démissionnaire face à la rapacité d’un capitalisme sauvage qu’il voudrait maintenant civiliser et encadrer au mépris de sa propre culture économico-politique.

Ce même gouvernement de M. Charest ose encore dire que l’économie n’est qu’économique. Qu’il ne saurait être question d’autre chose, alors même la cause de la crise est bel et bien une affaire de culture économique prônant la démission et l’évacuation du politique. Il ose nous dire qu’il faut encore plus de démissions pour résoudre la crise. Il faut de la stabilité. Alors même qu’on se trouve dans la trajectoire d’un piano qui nous tombe dessus du cinquième étage, parce que l’on a laissé des déménageurs au noir palanquer sans permis ni surveillance un piano volé, il faudrait être dans la stabilité et ne pas bouger. Vraiment ?

Jean Charest nous dit que la prochaine élection ne devra porter que sur un seul enjeu, la crise économique. Sous-entendant que la Constitution du Canada, imposée d’autorité et jamais soumises nommément à l’approbation du peuple démocratique et souverain du Québec qui ne l’approuve pas et la conteste par la voix de grands partis politiques et par son Assemblée nationale, sous-entendant que ce Canada légalisé par la Souveraine d’un Empire autocratique de droit divin et par la seule décision des ses juges de Cour, de Cour suprême, n’aurait rien à voir dans les décisions politiques que doit prendre ou ne pas prendre le peuple démocratique et souverain du Québec à l’égard de ce qui supposément sous l’effet d’une crise de la culture économique qui a trop longtemps prévalu, devrait s’absoudre encore dans la démission et le ravalement. L’économie à elle seule doit prendre toute la place nous dit-il. L’économie n’est pas un fait culturel et politique nous dit-il, elle s’imposerait à nous en dehors de nous, et tout ce que nous avons à faire c’est de démissionner au lieu d’agir, c’est de ne pas bouger en élisant à nouveau un même gouvernement démissionnaire.

Comme si, les règles qui régulent ou pas le déploiement d’un capitalisme sauvage qu’on a encouragé par la démission, échappaient au politique. Comme si la crise justement n’était pas provoquée par une culture de la démission, une culture du marché Souverain, au-dessus de la volonté du peuple démocratique et souverain. Une culture théorique du désengagement de l’État dont M. Charest est le chantre. Comme si un tel démissionnaire pouvait être à même de réparer les erreurs de la culture qui a provoqué ces errements et qui de manière prévisible, malgré les avertissements lancés, a provoqué la crise. Comme si la cause de la crise pouvait être en même temps la même cause de la résolution de la crise. Comme si, les mêmes personnes ayant provoqué la crise pouvaient être les mieux placées pour faire face. Comme s’il leur suffisait de démissionner et renier ce qu’ils professaient avant, pour produire une autre culture qui serait son contraire, la réglementation, la rigueur, la surveillance, l’action.

La démagogie peut à la rigueur emporter l’adhésion des masses, pourvu qu’un minimum de rigueur soit de mise. Ici, toute rigueur est exclue. Alors qu’on prône la stabilité, tout nous indique qu’il faut bouger, qu’il faut rompre avec la licence d’une culture économique dévoyée. Tout nous indique, qu’il faut changer d’équipe, puisque celle qui est au pouvoir, celle qui désire plus de pouvoir encore, celle qui prétend pouvoir être majoritaire, est justement l’équipe d’une stabilité de la démission du politique qui se réitère dans aucune espèce de changement, qui se stabilise dans l’exclusion du politique sous prétexte de crise économique justement causée par la démission du politique.

La politique concrète – L’économie abstraite

Les sophistes parviennent un temps à nous faire prendre la proie pour l’ombre, l’effet pour la cause, l’abstrait pour du concret. L’économie serait concrète, tient donc ! Accessoirement bien sûr, la Constitution serait symétriquement abstraite. La crise économique qu’il faut abattre serait l’ombre que la lumière d’une culture de la démission politique aurait projetée sur la proie économique. Pour faire de l’ombre sur cette lumière vacillante dont M. Charest était le porte-flambeau, et qui se trouve à être justement la cause de la crise, il faudrait croire ce chasseur qui nous dit de viser l’ombre de la crise et non pas les rapaces dont nous sommes victimes. Il faudrait tirer sur l’ombre et non domestiquer les rapaces.

Les chasseurs de têtes ont tout faux. Jean Charest n’est que le John McCain de cette campagne électorale précipitée, il incarne justement la stabilité d’une culture économique qui par la crise qu’elle a provoquée, doit faire place au politique, à l’ascendant du politique sur la culture économique. Tout le contraire de ce que professent Jean Charest et John McCain.

Jean Charest, le prosélyte en chef de la triple démission

Premier ministre élu pour mettre en place la culture de la démission du politique face à une culture économique prônant le capitalisme sauvage dérèglementé. Premier ministre démissionnaire qui refuse de gouverner. Premier ministre démissionnaire qui propose au peuple démocratique et souverain du Québec de démissionner. Qui lui propose de renier notre opposition à un Canada abuseur qui s’impose d’autorité par une Constitution qui n’a jamais été nommément soumise à l’approbation du peuple souverain du Québec, une Constitution qui est rejetée par ce peuple, qui est rejetée par l’Assemblée nationale.

Oui nous pouvons!

La concrète action politique doit intervenir pour réguler les calculs de l’abstraction économique d’un capitalisme de la déréglementation, de la démission, et qui est le credo politique de la culture économique du Premier ministre démissionnaire. Démissionnaire au cube. Il a fait la promotion d’une culture économique de la démission, du laisser-faire. Il se trouve donc à ne trouver que la démission pour faire face à ce à quoi son prosélytisme nous a condamnés. À savoir, la crise.

  • Oui, nous aussi nous pouvons! Nous pouvons lors de ces élections provoquées prématurément par un Premier ministre démissionnaire, faire quelque chose pour policer de façon concrète les calculs occultes et abstraits d’un capitalisme de la spéculation. Cela en élisant une Première ministre du Parti Québécois qui a depuis longtemps tourné le dos au capitalisme dérèglementé. Une Première ministre qui croit que le politique est la seule manière concrète de réguler la culture abstraite d’une économie laissée à elle-même.
  • Oui, nous aussi, nous pouvons! Nous pouvons, à l’instar du peuple souverain des États-Unis, tourner le dos à la stabilité de la crise du capitalisme sauvage. Nous pouvons le faire parce que nous voulons bouger, nous voulons changer les choses et non encourager leur stabilité.
  • Oui, nous aussi, nous pouvons! Nous pouvons profiter de l’occasion prématurée donnée par un Premier ministre démissionnaire pour porter au pouvoir une culture de l’action et de la régulation, en lieu et place d’une culture économique de la démission et du laisser-faire démissionnaire.
  • Oui, nous aussi, nous pouvons! Nous pouvons profiter de ces élections pour ne pas démissionner devant l’unilatéralisme stationnaire et stable d’un Canada qui s’impose d’autorité sans que sa Constitution soit approuvée démocratiquement par le peuple souverain du Québec. Un État du Canada du statut quo, un Canada bloqué, un Canada de l’enfermement, un Canada des menaces de représailles économiques, culturelles et politiques.
  • Oui, nous aussi, nous pouvons! Nous pouvons prendre en main notre destin et le soustraire à la triple démission du Premier ministre calculateur et démissionnaire qui refuse de gouverner en tout partenariat et qui pense pouvoir se parer de l’autorité d’une culture économique de la démission, qui pense avoir les coudées franches dans un Canada imposé d’autorité, un Canada du déséquilibre fiscal, un Canada de la duplication de nos impôts et de nos structures politiques et économiques, un Canada de la division de nos ressources et de nos énergies, un Canada unilatéral toujours majoritaire, toujours capable de s’ingérer dans nos affaires, toujours dispensaire alors que ce qu’ils dispensent s’abreuve à notre propre richesse.
  • Oui, nous aussi, nous pouvons! Nous pouvons mettre fin à la tutelle, à l’unilatéralisme, pour être maîtres chez nous, libres que nous sommes de « choisir notre destin », sans chantage, sans malversations commanditaires millionnaires au mépris de nos propres lois référendaires, sans menaces de représailles économiques, culturelles et politiques. Nous, le peuple. Nous, le peuple démocratique du Québec. Nous, le peuple souverain du Québec, nous pouvons mettre fin aux menaces esclavagistes qui ont trop longtemps pesé sur nous, comme sur le peuple noir états-unien. Lui, ce peuple, pouvait compter sur une Constitution du choix libre et souverain, et, même s’il a mis 219 ans pour de façon éclatante, montrer au monde qu’il était parvenu à faire de cette Constitution une réalité concrète, nous aussi nous pouvons nous donner à nous-mêmes une Constitution qui émane de nous et qui est approuvée par nous. Nous le pouvons en élisant un gouvernement souverainiste du Parti québécois. Nous le pouvons. Oui, nous le pouvons maintenant.
  • Oui, nous pouvons! Nous aussi nous pouvons tourner le dos à une logique économique de la démission de l’État. Nous pouvons tourner la page d’une culture économique de l’exploitation spéculatrice pour une culture économique du développement économique durable.
  • Oui, nous pouvons! Nous pouvons nous aussi nous donner un État dont nous approuverons nommément la Constitution. Cela, parce que nous croyons aux pouvoirs de régulation économique, culturel et politique que procure une Constitution d’un État nommément validé et légitimé par le peuple démocratique et souverain. Si nos voisins états-uniens le peuvent, nous aussi nous le pouvons.
  1. Wikipédia []

3 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Abdul-Rahim Le 8 novembre 2008 à 11h12

    Vous semblez tenir que les États-Unis ont fait une décision très progressive avec l’élection de M. Obama, rien pourraient être plus loin de la vérité. M. Obama est un commanditaire de la capitalisme sauvage.

    Mais en fait vous av’z raison que les libéraux ont laissé l’économie dans les mains de leurs amis capitalistes.

  2. 2 Luc Archambault Le 8 novembre 2008 à 16h51

    Vous avez tout à fait raison de noter que j’ai tenu pour vérité, ce qui m’apparait bien être aussi et comme vous, bel et bien un leurre.

    J’ai ici exposé autre chose en m’en tenant à ce qui est tenu pour être un progrès pour l’humanité. Ce qui n’est pas entièrement faux. Le leurre se déconstruira de lui-même à l’usage, s’il est bien ce qu’on croit qu’il est.

    Luc A.

  3. 3 G. Gravel Le 18 octobre 2010 à 22h13

    votre projet de loi 15 est un affront à la langue française tout ce que vous faites c’est de détruire notre langue et le Québec mais ce n’est pas une surprise venant des libéraux

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Cet article de 1,808 a été rédigé par Luc Archambault il y a 10 ans et 11 mois, le samedi 8 novembre 2008.

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