Le samedi 22 mars 2008

Politique

Et les coupables dans le dossier Chuck Cadman, eux?

Canada ]

Par RRQ

Ce qui est ahurissant au Canada et au Québec, c’est qu’aucun politicien important ne semble jamais coupable de rien. Lorsque des scandales potentiels éclatent, certains se font éclabousser, mais jamais ils n’en paient les conséquences. Dès les lendemains, encore et toujours, ils se font servir du « honorable » et du « très honorable »!

Ce qui est ahurissant au Canada et au Québec, c’est qu’aucun politicien important ne semble jamais coupable de rien. Lorsque des scandales potentiels éclatent, certains se font éclabousser, mais jamais ils n’en paient les conséquences. Dès les lendemains, encore et toujours, ils se font servir du « honorable » et du « très honorable »!

Parions que c’est ce qui arrivera encore une fois dans le dossier « Chuck Cadman ». Rappelons que le député indépendant se serait fait offrir par le Parti conservateur une police d’assurance d’un million en 2005 contre son vote; Cadman tenait le sort du gouvernement minoritaire de Paul Martin entre ses mains et les conservateurs le voulaient avec eux. Il faut aussi savoir que le Cadman en question vivait alors ses derniers jours, atteints qu’il était d’un cancer. Depuis quelques semaines, les preuves à l’effet que la haute direction du Parti conservateur – Stephen Harper lui-même – était impliquée dans cette histoire sordide ont afflué. Les proches de Cadman ont juré – un temps – que tout cela était vrai. Mais depuis, l’épouse de Cadman, Dona, dit avoir vu dans les yeux de Harper qu’il n’était au courant de rien, même si le journaliste Tom Zytaruk a un enregistrement dans lequel on entend Harper dire qu’il savait que son parti avait offert de dédommager Cadman en 2005, s’il votait avec les conservateurs.

Cette histoire se terminera vraisemblablement devant les tribunaux. Harper menace de poursuivre Stéphane Dion pour diffamation, et les deux hommes payeront leurs avocats avec l’argent du public. Édifiant! Mais ces deux zigotos s’en tireront blanc comme neige, ou peu s’en faut, c’est écrit dans le ciel.

C’est un peu la même chose qui s’est produit avec les commandites. Les Québécois ont assisté à un spectacle à grand déploiement durant lequel des petits et des gros bandits ont défilé devant le commissaire Gomery. Qui a payé pour les pots cassés? Le menu fretin bien évidemment! Les vrais responsables, eux, sont toujours considérés aujourd’hui comme « honorables », voire « très honorables ». Le système a bien protégé ses plus illustres artisans, c’est le moins que l’on puisse dire.

Les commandites, ce n’est tellement pas grave que Jean Charest a cru bon nommer John Parisella, dirigeant de la firme BCP qui a trempé dans les commandites jusqu’au cou, à titre de conseiller spécial du premier ministre. Après tout, il n’a rien fait de grave ce pauvre Parisella. Il a seulement participé à une entreprise de détournement de fonds publics…

Et ce n’est pas d’hier qu’il en va ainsi. En 1960, après que les libéraux de Jean Lesage eurent pris le pouvoir, ils mirent sur pied une commission d’enquête pour faire la lumière sur le patronage de l’Union nationale. Il est ici question de la Commission Salvas. À l’issue de celle-ci, que de petits patroneux sans envergure furent accusés. Les ministres qui étaient parvenus à s’enrichir indûment grâce à la politique ou qui s’étaient acheté de riches demeures, ne furent eux jamais inquiétés. Comme Brian Mulroney et Jean Charest dont on ne sait pas trop comment ils s’y prirent pour se payer de riches résidences.

Au début des années 1970, le crime organisé était si profondément implanté au Québec que le gouvernement Bourassa n’eut d’autre choix que de mettre sur pied la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO). Durant les audiences, le bon peuple apprit que la mafia montréalaise finançait le PLQ et que le personnel politique de Pierre Laporte avait entretenu des liens avec Iorio et Dasti, deux illustres mafiosi. Coupable tout ce beau monde politique? Bien sûr que non! On cria à la calomnie et on s’insurgea qu’on salisse ainsi la mémoire du défunt ministre exécuté par le FLQ. Point final! On pouvait donc tourner la page.

Peu après le référendum de 1995, les rumeurs les plus folles circulaient. Il semblait déjà évident à l’époque que le camp du Non avait triché pour s’assurer de la victoire. Le directeur général des élections confia au juge Bernard Grenier la mission de faire la lumière sur le « love-in » frauduleux du 27 octobre 1995. Il ne trouva rien, parce qu’il ne chercha pas vraiment, c’est l’évidence même. Le Québec n’apprit pas la leçon, ce qui fait qu’il accepta que Jean Charest demande à ce même juge ami des libéraux d’enquêter sur Option Canada en 2006. Tout comme en 1996, Grenier ne trouva encore une fois à peu près rien. Personne n’était coupable de rien. Que des blâmes sans conséquence de ci, de là!

Fin des années 1990, le Canada et le Québec apprennent avec stupeur que le régime communiste chinois pourrait effectuer de l’espionnage ici, chez nous. Li-Ka Shing, un pote de Jean Chrétien qui dirigeait la CITIC (Mulroney et André Desmarais siègent d’ailleurs sur le conseil d’administration de cette structure liée à l’État chinois), est visé par le Service canadien de renseignement de sécurité. Un rapport est produit : le rapport Sidewinder. Parce que les agents ont osé pointer du doigt certaines personnes, ce document n’a pas seulement été tabletté, il a été carrément détruit. Personne n’est donc coupable!

Brian Mulroney et Jean Charest ont jadis accepté de l’argent du marchand d’armes Karlheinz Schreiber? Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient, on ne peut donc pas leur en garder rigueur. En plus, le Parti conservateur a détruit tous les documents de nature à prouver que Charest eut pu accepter de l’argent sale lors de la course à la chefferie de 1993. Alors, dormez bien cher concitoyens, aucun scandale ne pointe à l’horizon!

En janvier 2008, on apprenait que l’Office québécois de la langue française dissimulait – voire inventait – des études sur la situation réelle du français au Québec. Pas grave ça non plus. Personne n’était coupable, nul besoin donc de s’énerver en durcissant la Loi 101. Ce qui ne l’est pas davantage : que les ministres de la Culture Line Beauchamp et Christine St-Pierre se soient appuyées sur ces études-bidon pour justifier les politiques gouvernementales. Dans un pays normal, elles auraient dû démissionner sur le champ. Mais au Québec, vous n’y pensez pas!

Non, décidément, les politiciens ne sont jamais coupables de rien ici. Encore heureux que Lord Conrad Black ait été jugé aux Etats-Unis pour les crimes économiques qu’il a commis. Au pays de l’oncle Sam, on ne niaise pas longtemps avec de tels criminels. Ils vont en prison, point à la ligne. Comme est agréable, n’est-ce pas, l’idée que Black fréquente désormais des criminels de droit commun et qu’il doit en plus partager leur douche. Ça doit lui faire changement du temps où il payait de somptueux partys à sa femme à même l’argent de la compagnie!

P.B.

2 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 lumenlumen Le 25 mars 2008 à 10h57

    Oups j’ai oublié un détail… Sur mon blogue, j’ai même été attaqué personnellement par un chien de garde de Gesca..Patrick Lagacé….il défendait le corporatisme de Gesca- Desmarais…je suis censuré sur son blogue… c’est ca les politiques de Gesca

  2. 2 lumenlumen Le 25 mars 2008 à 12h04

    rectification
    je suis bloqué sur tous les blogues de Gesca…Ca existe encore la liberté d’expression????

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Cet article de 1,096 a été rédigé par Réseau de Résistance du Québécois il y a 11 ans et 8 mois, le samedi 22 mars 2008.

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