Par Julien Gaudreau
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Le Parti Québécois ne devrait pas prendre le pouvoir s’il ne pense pas être ne mesure de faire l’indépendance à l’intérieur de son mandat. Ou alors, le Parti Québécois n’est qu’un parti indépendantiste d’occasion, indépendantiste d’épouvantail.
Choisir de diriger un gouvernement provincial, c’est affirmer que l’indépendance n’est qu’une porte de sortie d’une situation toujours potentiellement perfectible. [...]
Le Parti Québécois ne devrait pas prendre le pouvoir s’il ne pense pas être ne mesure de faire l’indépendance à l’intérieur de son mandat. Ou alors, le Parti Québécois n’est qu’un parti indépendantiste d’occasion, indépendantiste d’épouvantail.
Choisir de diriger un gouvernement provincial, c’est affirmer que l’indépendance n’est qu’une porte de sortie d’une situation toujours potentiellement perfectible. Un véritable parti indépendantiste devrait affirmer haut et fort que le système politique canadien est sans issue pour la nation québécoise, et que la seule option envisageable est l’indépendance du Québec avant toutes les autres sphères de la gouvernance nationale.
Le Parti québécois me semble être la symbiose malsaine de deux factions idéologiques, c’est-à-dire les nationalistes réformistes et les indépendantistes jusqu’au-boutistes. La complexité de la situation s’explique par le fait que les deux visions viscéralement irréconciliables se trouvent au cœur de presque tous les militants du Parti québécois.
Il n’est pas possible de conjuguer une vision sociale même cohérente et moderne à un but tel que l’indépendance du Québec. On ne peut réformer un système de domination qu’en éliminant l’influence du dominateur, pas en gérant mieux les maigres pouvoirs concédés. À quoi bon l’indépendance si le Parti québécois est un bon gouvernement ? En faisant le choix de cette dualité, on démontre notre hésitation face au projet que l’on propose.
On montre, encore et toujours, qu’il est encore possible d’espérer mieux en évitant le recours au courage et la détermination qui sont l’essence de toutes les grandes avancées. On ne peut espérer vaincre un adversaire aussi déterminé que le nôtre en évitant constamment d’y faire face. Le Parti québécois est actuellement en mode défensif. Il souhaite prouver que l’indépendance n’est pas mauvaise pour l’économie, n’est pas antidémocratique, n’est pas anglophobe.
Pour définir ce qu’est l’indépendance, on se contente maladroitement de tourner autour de lieux communs, qui relèvent plus d’une extension des principes de la social-démocratie, supposés inhérents au peuple québécois, que des motifs réels de la décolonisation politique. Le résultat de l’indépendance ne sera pas directement une amélioration du système d’éducation ou de santé. Si c’est le cas, alors se sera indirectement.
Le nom même du Parti prête à confusion, on le sent relié à l’intérêt général des Québécois plutôt que pour l’indépendance à strictement parler et cela fausse les pistes. Pire, le fait que le Parti Québécois ait pris plusieurs fois le pouvoir sans réellement espérer faire l’indépendance du Québec le prête à des attaques sur sa gouvernance, qui sont alors reliées à l’indépendance du Québec. Psychose idéologique, les démonstrations de l’incohérence du système provincial pour la nation québécoise deviennent des attaques directes à l’idée de notre libération collective.
Le système ne marche pas plus pour les péquistes que pour les libéraux, les premiers étant impuissants à défendre les leurs, alors que les autres n’essaient même pas. Évidemment, d’un point de vue strictement logistique, cette dichotomie mine les efforts du Parti sur le terrain. Est-ce qu’on développe des mesures environnementales, d’éducation et d’économie quand on souhaite que notre mandat soit consacré à une révolution politique ?
Actuellement oui, puisque le Parti Québécois est le parti des Québécois, de tous les Québécois sur tous les sujets. De même, n’importe qui pour peu qu’il considère avoir les plus hauts intérêts des Québécois à cœur, peut adhérer au Parti Québécois pour une cause particulière en reléguant l’indépendance à une ligne de parti de second rang.
Il est facile de comprendre qu’un ministre de la Santé en viendra à voir son ministère comme le centre des priorités de l’état, en reléguant l’indépendance à une belle théorie d’avenir, dans le long, très long terme. Alors, le bon gouvernement ou l’indépendance ?
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Cet article a été rédigé par Julien Gaudreau il y a 1 an et 7 mois, le Vendredi 12 janvier 2007. La dernière modification a été effectuée le Lundi 24 mars 2008.
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