Le mercredi 29 février 2012

EnvironnementQuébec

Old Harry: Corridor Resources se voit refuser l’extension de son permis

La coalition Saint-Laurent se réjouit que la priorité soit donnée à l’environnement

Ameriquebec

L’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers a refusé à Corridor Resources une seconde extension qu’elle réclamait pour la durée de son permis d’exploration au site de Old Harry, dans le golfe du Saint-Laurent.

La coalition Saint-Laurent salue favorablement la décision de l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers (l’Office) rendue hier par voie de communiqué. L’Office a refusé à Corridor Resources une seconde extension qu’elle réclamait pour la durée de son permis d’exploration au site de Old Harry, dans le golfe du Saint-Laurent. L’Office annonce du même coup que l’évaluation environnementale stratégique (ÉES) doit d’abord être complétée d’ici le début de 2013 et ses conclusions doivent être connues avant de procéder à une évaluation environnementale et à des consultations publiques sur le projet de forage de Corridor Resources.

La coalition Saint-Laurent estime cette décision juste. « La compagnie Corridor Resources avait déjà obtenu un sursis de deux ans en novembre dernier, et voici qu’elle redemandait maintenant un nouveau sursis d’une durée illimitée. Cette façon de jouer avec l’avenir du golfe est tout à fait indécente. C’est plutôt le golfe du Saint-Laurent lui-même qui devrait bénéficier d’un sursis, alors que la menace d’un forage pétrolier est toujours présente », affirme Danielle Giroux, porte-parole de la coalition Saint-Laurent.

De plus, la coalition Saint-Laurent réclamait depuis longtemps que l’ÉES sur la partie terre-neuvienne du golfe soit réalisée avant toute évaluation environnementale du projet de forage à Old Harry. Il est logique que les grands enjeux liés à l’exploration pétrolière dans la partie terre-neuvienne du golfe soient examinés avant de se pencher sur un projet de forage précis. La décision de l’Office vient confirmer cette séquence de consultations.

Rappelons que la compagnie Corridor Resources détient un permis d’exploration sur la partie terre-neuvienne du gisement potentiel de Old Harry et qu’elle doit absolument débuter son forage avant le 15 janvier 2015 sous peine de perdre son permis exclusif. Toutefois, la compagnie n’a toujours pas obtenu l’autorisation gouvernementale pour procéder au forage. Il faudra d’abord procéder à l’ÉES dans la partie terre-neuvienne du golfe, puis à une évaluation environnementale du projet de forage lui-même avec une consultation publique dans les cinq provinces bordant le golfe.

Ces évaluations environnementales auront lieu en réponse aux importantes préoccupations exprimées par de nombreuses communautés du golfe, des associations de pêcheurs, des nations autochtones et des groupes environnementaux. Ces évaluations environnementales risquent de se prolonger jusqu’en 2014, ce qui fait craindre à Corridor Resources de ne pouvoir débuter son forage avant la date butoir du 15 janvier 2015. C’est pour gagner du temps et éviter de perdre son permis que Corridor Resources a demandé un sursis à l’Office, ce qui lui a été refusé hier.

« Cette décision pourrait à terme enlever l’épée de Damoclès qui pèse sur l’ensemble du golfe avec le projet de Corridor Resources. Si ce permis tombe, le contexte sera favorable à l’instauration d’un véritable moratoire sur tout le golfe, permettant une évaluation en profondeur du golfe et des risques reliés à tout projet d’exploration ou d’exploitation d’hydrocarbures », explique Christian Simard, directeur général de Nature Québec

« Au-delà des intérêts privés de Corridor Resources et des traitements de faveur que la compagnie réclamait, il est impératif que la priorité soit donnée aux écosystèmes du golfe et aux communautés côtières si dépendantes de la santé du golfe », mentionne Sylvain Archambault, biologiste à la SNAP Québec.

« Le golfe du Saint-Laurent est un écosystème unique et fragile qui mérite d’être adéquatement protégé avec une vision globale et unifiée. Étant sept fois plus petit que le golfe du Mexique, un incident pétrolier aurait des conséquences catastrophiques pour les centaines de communautés côtières des cinq provinces qui dépendent de la santé du golfe pour leur survie. Seule une gestion intégrée de l’ensemble du golfe, au-delà des découpages administratifs, peut fournir la vision qui fait cruellement défaut ces jours-ci », explique Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David-Suzuki.

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Cet article de 616 a été rédigé par AmériQuébec il y a 7 ans et 4 mois, le mercredi 29 février 2012.

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