Le jeudi 10 février 2011

SociétéQuébec

La loi 101 sur les dents

L'indépendance du QuébecCanadaL'état de la langue française ]

Par Renart Léveillé

Je dois bien être le 101e (minimum) à pondre un texte en réaction à la sortie de Maxime Bernier, qui ridiculise la portée ancienne, actuelle et future de la loi 101 sur la sauvegarde et la pérennité de la langue française au Québec. Qu’à cela ne tienne, je vais ajouter ma brique au rempart qui continue de se bâtir entre les amants du je-m’en-foutisme et les gens capables de perspective dans ce monde linguistiquement chambranlant, pour ne pas dire bancal.

Article rédigé par Renart Léveillé dont l’orignal est disponible ici.

Je dois bien être le 101ème (minimum) à pondre un texte en réaction à la sortie de Maxime Bernier, qui ridiculise la portée ancienne, actuelle et future de la loi 101 sur la sauvegarde et la pérennité de la langue française au Québec. Qu’à cela ne tienne, je vais ajouter ma brique au rempart qui continue de se bâtir entre les amants du je-m’en-foutisme et les gens capables de perspective dans ce monde linguistiquement chambranlant, pour ne pas dire bancal. Et, même si la tentation est forte, je vais m’abstenir de ridiculiser en retour ce charmant monsieur…

Dans les derniers jours, j’ai discuté à la suite d’un billet paru sur Anarcho-pragmatisme : « J’appuie totalement Maxime Bernier… » Tout comme l’auteur du blogue, je pense que l’abolition de la loi 101 ne pourrait logiquement se faire qu’à la suite de l’accession du Québec à la souveraineté. Si un jour le peuple a assez de courage pour faire le grand saut, nul doute qu’il prendra grand soin de sa destinée linguistique sans avoir besoin de la législation actuelle. Mais pour l’instant, on remarque plus une tendance à glorifier la mondialisation anglicisante, le franglais et autres discours d’ouverture qui balayent sous le tapis la précarité du français, pour ne nommer que cette langue-là, et pour ne pas réexpliquer encore et encore le contexte nord-américain dans lequel nous baignons.

Un commentateur a soulevé un point qui ne semble pas avoir été soulevé ailleurs (enfin pas depuis la sortie de Colonel Jos Louis), soit les conséquences démographiques de l’adoption de la loi 101, donc le départ de beaucoup d’anglophones du Québec. Ce que j’en comprends, c’est que ce fait illustre en même temps une supposée dérive étatique et est un argumentaire se basant sur une victimisation à sens unique des anglophones, ce qui élude comme par magie ce qui a mené à ce mouvement de défense du fait français. Et il doit bien y avoir un fond de ce réflexe chez Maxime Bernier et les autres de sa trempe, à différents degrés, malgré un discours soi-disant pragmatique basé sur la sacro-sainte liberté de choix.

Ce que je crois, c’est que la dynamique linguistique au Québec devrait et aurait dû toujours être arrimée à l’idée de respect. Mais l’Histoire nous a démontré que le respect de la majorité linguistique francophone (dans une perspective provinciale) n’était pas de mise à l’époque, autant individuellement que collectivement du côté de la communauté anglophone. Cette communauté qui avait en plus le quasi monopole des pouvoirs économiques. Avec la loi 101, les francophones se sont « payés » du respect qu’ils n’auraient pu obtenir autrement. Si des anglophones sont partis parce que ce respect leur faisait trop mal, bon débarras! De toute façon, il y a pratiquement toujours des conséquences à un changement, il faut vivre avec. Et imposer le respect, ce n’est pas non plus comme imposer l’insupportable.

Du commentateur désigné plus haut, je retiens quand même ces propos, qui me semblent bien sages pour quelqu’un qui est contre cette loi :

Si vous êtes en désaccord avec la loi 101, svp, ne jetez pas le blâme sur la formation politique ayant fait passer cette loi. […] les élus ne sont qu’une interface entre le peuple et ses moyens publics. Les élus d’un peuple sont à l’image dudit peuple … et de sa volonté.

Et ce qui est clair, c’est que la volonté de préserver cet acquis est encore très forte. Mais il faut rester vigilant, on tente de salir ce respect par tous les moyens, surtout par la rhétorique. À ceux qui rétorqueront que le respect ne peut pas être décrété par une loi, je ferai remarquer que nous étions précédemment « tenus en respect » par le pouvoir monétaire, qui est tout comme une loi, mais en plus arbitraire.

Source de la photo: Flickr (tudor)

3 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Paul Gutman Le 10 février 2011 à 10h41

    La mondialisation a certains avantages, mais c’est sûr que les désavantages sont aussi nombreux, surtout au niveau linguistique. À l’instant même, c’est encore la culture anglo-américaine qui règne plus ou moins partout sur la Terre, ce qui donne la fausse impression que la modernité n’existe qu’en anglais tandis que toutes les autres langues sont archaïques et peu utiles. C’est peu flattant, ça!

    Quant à l’adoption du franglais, ceci ne rend aucun service au peuple québécois. Ce n’est qu’un signe de vanité chez certains membres d’une petite élite qui aimerait que le français du Québec s’aligne au français de France. C’est une tendance à éviter, car le Québec a une personnalité bien à lui, et il a le droit à sa propre langue avec ses propres accents et ses propres expressions.

  2. 2 MadameMorticia Le 22 février 2011 à 0h37

    La loi 101 est bon pour moi personellement. Car il aurai moins de gens ici au Quebec qui parle, comprend, et ecrive l’anglais de facon propre et professionel; ma valeur sur le marche de travail augmenterai.

    Qui d’autre est ce que vous aller appeller quand c’est le temps de faire communication avec les Etats Unis? Ontario ou le restant de Canada? L’Europe?

    Je suis fortement POUR la loi 101, je veux que la loi 101 soit encore plus restrictif pour discourager les gens d’apprendre l’anglais. Je suis POUR l’idee que l’access a instruction dans la langue anglais soit decouragee!

    Si j’etait la seule anglophone ici au Quebec, je serai contant. Mais non – je trouve meme que j’ai de la difficulte d’etre servi en francais n’importe ou.

    Etrange, non?

  3. 3 Renart Léveillé Le 24 février 2011 à 13h04

    À écrire aussi mal en français, est-ce que ça augmente ou diminue votre valeur MadameMortica?

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Cet article de 640 a été rédigé par Renart Léveillé il y a 9 ans et 6 mois, le jeudi 10 février 2011.

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