Le jeudi 3 février 2011

QuébecPolitique

Éducation au Québec: danger!

Un malaise sournois...

Réforme scolaire ]

Par Mouvement Québec Renouveau

La France, pour plus de 70 Millions d’habitants, compte 22 commissions scolaires qui gèrent également les universités. Le Québec, pour moins de 8 Millions d’habitants, compte pas moins de 72 Commissions scolaires et 16 Directions régionales. Il y a là un non sens phénoménal.

Culture et éducation sont, disait le sage, les moteurs d’une société. Jules Ferry rendit en France l’instruction obligatoire et gratuite en 1882. La révolution tranquille a voulu instaurer au Québec un système d’éducation laïc, égalitaire et accessible à tous. De ces nobles idées ont été issues de nombreuses personnalités savantes dans de très nombreux domaines et spécialités. Elles ont ouvert les portes à chacun vers l’évolution de l’individu pour parvenir à une évolution collective.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces valeurs humaines qui consistaient à vouloir faire de chacun d’entre nous un être instruit, parfaitement capable de s’élever dans la société par son savoir et de pouvoir sereinement aborder tous les sujets possibles et inimaginables d’une manière objective et critique ?

L’éducation, au Québec, est sournoisement en train de devenir une énorme machine aux rouages complexes et ingérables. Composée de milliers de fonctionnaires censés être tous plus compétents les uns que les autres, elle nous coûte des milliards de dollars chaque année pour finalement progressivement se transformer en une vaste machine à fabriquer des pauvres. L’Allemagne, avec 89 Millions d’habitants, dirige un système scolaire très performant avec seulement 16 Directions scolaires. La France, pour plus de 70 Millions d’habitants, en compte 22 qui gèrent également les universités. Le Québec, pour moins de 8 Millions d’habitants, compte pas moins de 72 Commissions scolaires et 16 Directions régionales. Il y a là un non sens phénoménal. Corriger la situation permettrait de dégager des fonds considérables à redistribuer aux écoles.

Il est très urgent de remettre en cause l’existence des Commissions scolaires beaucoup trop nombreuses afin de dégager des économies considérables en centralisant les systèmes informatiques au Ministère de l’Éducation, en supprimant un des deux bulletins de notes, en renvoyant la collecte de la taxe scolaire sur l’avis d’imposition municipal, en confiant la gestion du transport scolaire aux municipalités. Les économies non négligeables profiteront aux écoles, leur fournissant de vrais moyens d’action.

L’enseignant, qui devrait être le pilier central, la clé de voûte de ce système éducatif, est devenu au fil du temps un véritable soldat du feu sur qui tout le monde tire de toutes parts. Surprotégé par des conventions collectives musclées censées réglementer ses conditions de travail, pressé par des directions qui ne lui apportent que très peu ou pas de soutien dans sa mission, accusé des pires maux par nombre de parents trop soucieux de fournir une carapace à leur « petit roi », l’enseignant devient une simple marchandise à produire des ignorants. Mais ça n’est pas là sa mission ni sa vocation. D’où la lassitude que l’on peut constater un peu partout chez beaucoup de nos éducateurs. Un enseignant tire sa fierté du succès de ses élèves. Quoi de plus gratifiant pour un prof que de s’apercevoir que l’élève dépasse le maître ?! La formation des maitres doit être revue afin de leur permettre de devenir avant tout des pédagogues adéquatement formés dans leur art.

Très loin du respect qui était accordé autrefois à l’institutrice de la petite maison dans la prairie par l’ensemble de la communauté, l’enseignant n’a, dans notre société, plus la valeur de transmetteur de savoir et d’éducateur qui lui était accordée par le passé. Notre société doit apprendre à respecter et à faire respecter les maîtres.

Quand le journal de Montréal annonce que 50% des jeunes québécois, dans la région de Montréal, quittent l’école sans un diplôme d’études secondaires en poche, je crois qu’il y a lieu de se questionner urgemment sur le devenir de cette jeunesse oubliée par les technocrates du Ministère de l’Éducation qui semblent préoccupés par bien d’autres intérêts que par l’inquiétant recul du savoir de nos jeunes concitoyens. Nous sommes en droit de nous demander à qui profite le crime?

Le Québec a voulu quitter le système éducatif religieux d’antan géré par les évêques de l’Église catholique et ce fût une bonne chose. Cependant on a quitté un cheval borgne pour en retrouver un aveugle. Cette éducation destructrice imposée par le pouvoir néo libéral se contente d’apprendre à nos enfants à devenir de bons petits robots parfaitement capables d’exécuter les ordres et de dire oui à tout. Sous les dictats de l’Église catholique, au moins, on sortait de l’école primaire en sachant lire, écrire et compter. Ce qui n’est même plus toujours le cas de nos jours à la fin du secondaire.

Malgré cela, nos chers Directeurs de Commissions scolaires et leurs adjoints reçoivent chaque année de confortables bonis pour les remercier d’avoir contribué à faire d’un tiers de nos enfants des décrocheurs. À grands coups de millions, on rémunère des commissaires dont l’utilité et (pire !) la performance sont totalement absentes.

Les responsables de l’encadrement dans les écoles croulent sous la paperasse et sont devenus gestionnaires à cent mille lieux de leur fonction originale qui devrait être d’encadrer le projet éducatif et de contrôler et soutenir la pédagogie des enseignants. Certains agissent même comme de véritables dictateurs, imposant une main de fer à leurs élèves pour les repousser davantage et les éloigner toujours plus de leur scolarité déjà défaillante. D’autres encore ont jeté l’éponge et laissent tout faire à nos chérubins pour ne se consacrer qu’à leur carrière. Fort heureusement, une majorité d’entre eux croient encore qu’il est utile de se battre et d’accomplir son devoir.

Il serait temps de remettre de l’ordre en regardant ce qui se passe ailleurs autour de nous et en sauvant tout ce qu’il y a de bon dans ce système qui a su par le passé former et qui forme encore les élites de notre société. D’autres systèmes éducatifs dans le monde sont des modèles sur lesquels nous pourrions nous appuyer pour parfaire l’éducation de nos jeunes et construire un vrai système non plus éducatif mais instructif qui nous permettra de nous élever collectivement dans l’avenir.

Le Mouvement Québec Renouveau, très inquiet de la désuétude de la formation générale dispensée dans nos écoles, s’est penché très sérieusement sur ces questions épineuses et fait des propositions concrètes dans son projet de société pour le Québec de demain.

Convaincu de l’utilité d’une société évoluée et évoluant, nous proposons :

  • De remettre l’enseignant au cœur du système éducatif. Il faut permettre à ces hommes et à ces femmes formidables et passionnés de transmettre leur savoir, de faire leur travail et leur apporter tout le soutien nécessaire pour cela en commençant par une formation solide et adéquate;
  • De remettre l’élève à sa place en cessant de le considérer comme le client roi d’une entreprise à son service mais plutôt en le considérant comme un acteur de la société à faire évoluer par le savoir. Lui apprendre les interdits dès la maternelle lui permettra de s’insérer plus tard dans la société, au sein de laquelle il sera confronté chaque jour à des interdictions;
  • D’impliquer les parents démissionnaires dans le projet éducatif de leur enfant;
  • De réinstaurer la discipline dans les classes, adopter un code de vie national applicable dans toutes les écoles, partout de la même manière, en chargeant un conseil de discipline de sanctionner les fautes graves et les manquements répétitifs;
  • De sortir la drogue de nos écoles en adoptant un programme national efficace et performant mis à la disposition des Directions avec obligation d’intervention des corps de police municipaux;
  • De soulager les Directions d’école du fardeau administratif trop pesant en confiant les tâches d’administration à des gestionnaires et ainsi remettre le Directeur d’école au cœur du système pédagogique dont il est en principe le leader pédagogique par excellence et indexer son salaire sur ses résultats;
  • De cesser de niveler par le bas en créant des classes selon le niveau de chaque élève et son rythme d’apprentissage. Il est anormal et incongru de freiner les élèves forts par la difficulté des plus faibles, comme il est anormal que les moins bons se sentent dépassés par les meilleurs qu’eux, ce qui nuit à la motivation et à la persévérance. La création de classes spécialisées doit être mise en place avec une structure pédagogique adaptée pour les élèves en difficultés et menacés par le décrochage. Ces classes comprendraient moins d’élèves avec 2 enseignants par matière afin d’apporter le soutien pédagogique nécessaire aux jeunes en leur apportant également du soutien psychologique quand c’est nécessaire;
  • De supprimer le cours d’étique et de culture religieuse pour le remplacer par un cours de culture générale en éducation sexuelle, en saines habitudes de vie, en instruction civique, en conscientisation personnelle et collective de la vie, de la place et du rôle de chaque individu dans la société;
  • De renforcer l’apprentissage du français par des méthodes ludiques, c’est impératif dès la première année du primaire. La lecture obligatoire doit être réintroduite pour permettre l’élargissement du vocabulaire et de la bonne orthographe;
  • D’assurer la formation de départ et continue des enseignants tout au long de leur carrière en pédagogie. Ça nous semble indispensable pour leur permettre de détecter chez chaque élève ses voies personnelles de motivation pour les faire croître;
  • De créer un « Conseil supérieur » de l’instruction publique, composé de spécialistes réellement formés en pédagogie et en psychologie de l’enfant qui serait chargé de l’étude et de la mise en place des programmes scolaires dans chaque matière;
  • D’engager des pédagogues en qualité d’inspecteurs académiques afin d’assurer une évaluation régulière des méthodes et techniques pédagogiques des enseignants afin de rendre sa place au Directeur d’école qui ne peut pas être juge et parti quand il est chargé d’évaluer les enseignants. Le Directeur d’école doit impérativement être le leader de l’équipe pédagogique de son école.

Ce n’est pas vrai que la société québécoise peut accepter que demain elle sera composée d’adultes incultes pour satisfaire le pouvoir néo libéral, lui qui a tout intérêt à priver le peuple du savoir universel pour mieux le mettre à la solde des grandes entreprises capitalistes qui tiendront les citoyens en otage et en état de survie. Au rythme où le décrochage progresse, c’est le danger imminent qui nous guette.

Comme nous, vous êtes de ceux qui souhaitez des changements majeurs dans le système éducatif. Vous souhaitez donner un maximum de chance à nos descendants de pouvoir construire après vous une société évoluée. Alors vous devez rejoindre le Mouvement Québec Renouveau et, tous ensemble, nous parviendrons à influencer le présent qui sera garant d’un avenir meilleur.

Patrick Herbelin, 18 janvier 2010
Mouvement Québec Renouveau (Le forum de discussion)

3 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Fred Le 4 février 2011 à 13h36

    Je n’ai pas tout lu, car beaucoup trop long. Cependant, il faut faire attention quand l’on compare la France avec le Québec. C’est souvent une question de grandeur de territoire. Par contre, je suis d’accord sur le fait que cela fait dur actuellement, cela pourrait beaucoup plus être optimisé!

  2. 2 Jean Rousseau Le 4 février 2011 à 15h23

    LA CAUSE PRIMORDIALE : L’ESPRIT PARTISAN PRIMAIRE

    En psychologie, on oriente la réflexion vers ce qu’il y a de plus fondamental à l’égard d’un phénomène, même si seulement le petit nombre parvient à atteindre les fosses abyssales. J’ai eu la chance d’oeuvrer pour le ministère de l’emploi et bien que j’ai été suffisamment motivé pour élaborer un projet pendant mes loisirs, on m’a fait clairement savoir que je ne cadrais pas. Et c’était vrai; sauf exemption, l’employé recherché là doit être compétent certes, mais pas au point de vouloir proposer des réformes verticales. De continuer dans la même veine, (même si celle-ci se trouve innefficace), cela ne posera pas de problème toutefois. Donc, nous sommes en face d’un mode de fonctionnement de type religieux qui ne se remet guère en question sur l’essentiel, parce que c’est la survie du cadre qui est privilégiée au lieu de l’avenir des jeunes. Le philosophe Foucault disait en ce sens que l’on assistait chez toute organisation, à une perversion de ses buts pour les faire correspondre à ceux égoïstes de privilégiés. Pas besoin d’avoir fait sa médecine pour s’apercevoir maintenant que notre société se trouve malade de cette affection.

    Après avoir investit tout ce temps, (sans obtenir quoi que se soit en retour), afin de faire prendre conscience, j’en suis rendu à penser qu’il faudrait profiter de la présence d’un président d’envergure aux States pour négocier notre annexion. À moins qu’il ressorte un autre Mulroney d’ici peu…

    Jean Rousseau, B. Ps
    conseiller

  3. 3 Jean Paul Tellier Le 4 février 2011 à 19h09

    En complément de lecture

    Les Commissions Scolaires (CS) du Québec.
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2010/03/15/les-carottes-ne-sont-pas-cuites-3187.qc#comment-25718

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