Le dimanche 21 mars 2010

AmériquePolitique

Barack Obama et la réforme du système de santé

Droit civique plus mandat présidentiel

États-Unis d'Amérique ]

Par Jean-Roch Lapointe

Barack Obama ne se cache pas à la Maison Blanche et il ne fuit pas ses responsabilités. Il parcourt le pays et le monde, et il n’a surtout pas oublié l’agenda pour lequel le peuple l’a élu démocratiquement aux suffrages universels.

Le Président des États-Unis, Barack Obama, est un politicien heureusement très différent des autres. Il est un politicien de la nouvelle génération, et il est déterminé a amener son peuple vers les nouvelles réalités du 21ième siècle. Contrairement à nos politiciens mésadaptés et déconnectés, Barack Obama ne ferme pas le parlement ou ne se sauve pas à l’étranger quand la nation crie au secours.

Barack Obama ne se cache pas à la Maison Blanche et il ne fuit pas ses responsabilités. Il parcourt le pays et le monde, et il n’a surtout pas oublié l’agenda pour lequel le peuple l’a élu démocratiquement aux suffrages universels.

Les réalités du 21ième siècle sont si criantes et si menaçantes que nous mourrons tous prématurément sur notre petite planète, si elle continue à être gérée dans le statut quo, l’abnégation, l’indifférence, l’ignorance ou l’incompétence.

Pour le Président Barack Obama, il s’est engagé à réformer le système de santé durant sa campagne électorale et comme Président il persiste et veut signer, car la santé c’est d’abord un droit civique et ensuite un mandat présidentiel.Jusqu’à maintenant, il a respecté les règles de la Chambre des Représentants qui a adopté un Projet de Réforme et celles du Sénat qui a aussi adopté un Projet de Réforme. Et pour un concensus des deux chambres sur un projet final du Congrès, il a été plus que patient, et le temps des discussions et des concencus est plus que dépassé.

C’est le temps d’un projet de loi signé par le Président et qui ne demande que la mise en place pour faire des ajustements et des améliorations à l’usage. C’est incroyable, son prédécesseur, George Walker Bush, a eu plus de facilité a obtenir un projet d’invasion militaire, sans raison, d’un autre pays, l’Irak, et William Jefferson Clinton plus de facilité à dérèglementer les institutions financières pour contribuer à la pire crise financière depuis 1929. Ce sont pourtant eux qui ont mis le pays dans le pétrin, ce n’est pas le Président Obama qui, lui, a hérité des gaffes de ses prédécesseurs, et qui est au prise avec le pire mandat présidentiel depuis près d’un demi-siècle.

Les jeux politiques, les jeux de pouvoir, le corporatisme, le lobbyisme, les sondages, la désinformation n’ont surtout pas leur place quand un Président a été dûment élu pour défendre un droit civique.

Les citoyens ne choisissent pas s’ils naîtront malades comme ils ne choisissent pas la couleur qu’aura leur peau à leur naissance. Les citoyens ne choisissent pas quand ils deviendront malades. Et la maladie quand elle frappe, elle ne choisit pas si la victime est dans un moment propice pour la subir, elle ne choisit pas si le pays est en croissance économique ou en récession, s’il est endetté ou non.

Les Pro-Vie  qui sont en même temps des Pro-Guerre ou pour le droit constitutionnel du Port des armes à feu sans régulation, tombent dans la démagogie de l’avortement généralisé sans planification familiale ou de l’euthanasie aveugle sans choix de mourir dans la dignité.

Les Corporations privées, autant les assureurs que l’industrie pharmaceutique, voient dans les soins de santé une vache à lait pour l’accroissement des profits et leur ré-investissement dans les poches privées plutôt que dans l’avancement de l’entreprise par la recherche, l’évolution et la qualité des soins, leur accessibilité à des prix abordables, enfin un meilleur service à la clientèle.

Toutes les autres corporations, celles-la même qui ont provoqué la crise financière et ont recu de l’État, via les taxes et les impôts payés par les citoyens, des milliards en bouée de sauvetage, sont ressussitées et replongées dans les mêmes bêtises; elles ne veulent surtout pas que l’État régularise un droit civique qu’est celui d’avoir accès à des soins de santé de qualité, à des prix abordables, et selon le libre choix.

Ces corporations font de la désinformation auprès de la population en criant à la dette gigantesque, aux dépenses abusives, à l’état contrôlant. Pourtant elles n’ont pas crié de cette façon quand l’État les a sauvées de leur propre folie qui a mis dans la misère leurs concitoyens moins fortunés qu’elles, de cette folie qui a fait acheter aux citoyens des maisons sur-évaluées qu’ils ne pouvaient pas se permettre.

Cette folie a fait perdre d’innombrables emplois, a fait perdre d’innombrables assurances-santé aux citoyens, sans parler des 30 millions et plus de citoyens qui n’en n’ont déjà pas, de ceux qui n’y sont plus ou pas éligibles car les coûts des frais de soins de santé ont atteint les quotas arbitrairement établis par les assureurs ou qu’ils ont des maladies ou conditions pré- existentes. La santé est aussi une bonne vache à lait de l’industrie pharmaceutique si l’État ne régularise pas.

Les nouveaux défis de la santé du 21ième siècle sont si variés et si grands qu’ils ne pourront être résolus par la mondialisation des mêmes solutions, par la mondialisation d’une science unique. L’humanité aura besoin plutôt de l’imagination, du jugement, du savoir-faire, de la persévérance et de la diversité que seuls des peuples différents peuvent apporter.

C’est un leurre et une fausseté de dire que la prolifération des maladies ou que les coûts de la santé sont dus au viellissement de la population. La maladie peut en tout temps frapper un individu peu importe son âge. L’épidémiologie mondiale a montré en général que le nouveau virus Influenza A H1N1 (2009) touchait les jeunes. Nous avons eu énormément de chance que ce virus H1N1 soit apparenté à une catégorie de virus oû l’expérience est grande dans le domaine de la vaccination et des anti-viraux. Par contre, le virus de l’immunodéficience acquise ou VIH, bien qu’il soit là depuis des années, touche et tue encore, et surtout des jeunes, car l’expérience est limitée avec ce dernier et les progrès sont lents. La Malaria ou Paludisme fait encore beaucoup de ravages dans les pays en voie de développement et chez les voyageurs qui y séjournent, en général des jeunes.

Les éclopés des accidents de la route ou des guerres sont des jeunes. Si la médecine a évolué dans le domaine des maladies cardio-vasculaires, elle a peu évolué dans le domaine du cancer. Et le cancer est sournois, il ne fait pas de distinction d’âge, et les chances de succès de son traitement ne sont pas garanties.

Le cancer est en lui-même une maladie très déshumanisante ainsi que les conséquences traumatisantes de sa chirurgie, des effets secondaires affreux de la chimiothérapie et de la radiothérapie. J’ai une profonde admiration pour ceux ou celles qui luttent dans la dignité contre ce terrible ennemi et qui peut-être auront un jour la générosité de m’apprendre; car ça n’arrive pas toujours qu’aux autres.

Et le cancer ne cesse d’augmenter. Il attaque ceux ou celles qui avaient pourtant de bonnes habitudes alimentaires, ou qui ne fumaient pas. D’où vient-il? De l’air pollué que nous respirons, des aliments empoisonnés que nous avalons à notre insu et à grand frais, ou des irradiations invisibles des armes ou des centrales nucléaires? Comment sont traités les fruits et légumes entre la production et la table?

Et que dire des changements climatiques, d’une planète en péril, car elle ne pourra plus nous offrir les conditions de vie dont nous avons besoin pour y survivre. Et entre temps, comment allons nous affronter toutes les catastrophes qui menacent la vie et la santé? Il y a eu le tragique tremblement de terre d’Haïti, le puissant tremblement de terre du Chili qui a peut-être déstabilisé l’axe de la terre. Le Sud se refroidit et le Nord se réchauffe. Les saisons marquées par des variations climatiques disparaissent au détriment de la flore et de la faune dont nous dépendons.

Comment des êtres humains peuvent-ils se permettre de la mesquinerie, de la politicaillerie, du lobbyisme, se gonfler le torse de suffisance et de pseudo-pouvoir en refusant à leurs semblables l’accès à des soins de santé, un accès à prix abordable, et selon leurs choix?

Comment peuvent-ils prétendre que cet accès est un privilège et non un droit civique, car personne, ni aucune famille ne peut prétendre qu’un jour où l’autre la victime ne sera pas elle ou lui? Et quand en plus d’être frappé par la tragédie, vous devez vous inquiéter et lutter pour vos besoins quotidiens; c’est une condition que personne ne souhaite, ni pour soi-même ou pour son semblable. Et pourtant notre santé d’aujourd’hui n’est pas garante de celle que nous aurons demain.

Et la vie d’un être humain n’a pas de prix et ne se calcule pas en sous ou en dollars. Comment se fait-il que des gouvernements ou des corporations prennent en otage le budget des malades pour faire des affaires, s’enrichir, outre-payer des dirigeants, créer des postes lucratifs à des amis, courtiser des organisations syndicales, assurer leurs semblables en cas de maladies et les dé-assurer ou les extorquer s’ils deviennent malades?

Comment ne pas reconnaître que le cerveau, l’organe le plus noble de l’être humain, ne puisse pas lui aussi devenir malade? Nous traversons une époque où le cerveau travaille plus que les bras. Il est normal qu’il soit plus à risque de devenir malade. Et une maladie du cerveau qui conduit au suicide, à la dépression grave, à l’épuisement professionnel, qui sont de plus en plus répandues, est une menace pour le bien-être individuel et le fonctionnement normal de notre société.

Si je ne donnais pas mon appui à la Réforme de la Santé proposée par le Président Barack Obama, je serais un vulgaire hypocrite et je n’oserais plus affronter mes semblables et mes concitoyens des États-Unis. Si je ne donnais pas mon appui inconditionnel au Président Obama, ce serait de cautionner ceux ou celles dans ma Province ou dans mon Pays qui ont commandé 55 millions de doses de vaccins anti-H1N1 pour 30 millions de population ou 11 millions de doses pour 7 millions de population.

Ce serait cautionner ceux ou celles qui se servent du budget de la santé pour investir dans la brique et le béton, dans la bureaucratie excessive, alors que la source du mal est la pénurie et l’essoufflement des forces vives qui s’occupent directement et généreusement des malades. Ce serait de cautionner ceux ou celles qui pensent que tout irait beaucoup mieux dans nos salles d’urgence s’il n’y avait pas de malades, pas d’infirmières et pas de médecins. Ce serait cautionner ceux ou celles qui pensent que la médecine, ce n’est qu’une science que l’on retrouve dans les livres ou sur Internet, alors que la médecine est de nos jours beaucoup plus un art; et l’art est beaucoup plus difficile à acquérir que la science : Quand vous consultez une infirmière ou un médecin, vous recherchez en elle ou en lui son expérience, son art, car il est rare que vos problèmes soient comme dans les livres.

Si je n’appuyais pas le Président Obama, ce serait de cautionner ceux ou celles qui disent qu’il faut augmenter les subventions aux Universités et en dégeler les frais, alors que le décrochage scolaire survient au secondaire et même au primaire. Ce serait de cautionner en éducation comme en santé, les réformateurs bureaucratiques, décrochés de la réalité de tous les jours, qui ignorent les vrais intéressés : les professeurs qui enseignent et les étudiants qui étudient.

Chez nous, nous sommes énormément décus et nous ne croyons plus à nos politiciens. Le Gouvernement Bouchard a tout détruit en santé et en éducation par son obsession du déficit zéro, sans mandat du peuple. Il a procédé à des fusions de ville sans mandat du peuple.

Le Gouvernement Charest nous a promis une Réforme de la santé en 2003 et une réingénérie de l’État; il est encore là en 2010 et rien de ce qu’il a promis n’a été fait. Le Gouvernement Charest s’est beaucoup plus tourné vers les droits religieux, qui briment les droits de la majorité et conduisent à l’assimilation de la majorité par la minorité, que vers les droits de toute une nation à l’éducation, la santé, à son recouvrement territorial et patrimonial, à son auto-détermination.

Harper nous a promis de faire disparaître les vestiges de la monarchie britannique; il les a au contraire amplifiés. Sans mandat du peuple, il a renversé la signature du Canada envers le protocole de Kyoto, il n’a pas compris entre la mal-administration et le bien-fondé du registre des armes à feu. Harper a modifié la mission de paix de nos soldats en Afghanistan en mission de guerre, pour nous dire après que la mission était vouée à l’échec.

Imaginez, nous affrontons les crises les plus sévères de l’histoire avec des incompétents aux commandes, et sans alternative de les chasser du pouvoir et de les remplacer.

J’appuie avec vigueur la Réforme du Système de Santé du Président Obama, car il m’apparaît être le seul chef d’État en action pour nous aider à confronter les réalités du 21ième siècle.

Le Président Obama avait promis cette Réforme dans son agenda de campagne électorale et il a été élu aux suffrages universels. Donc, le mandat du peuple, il l’a. Le Président Obama remplit exactement l’agenda pour lequel il a été élu: la santé, l’éducation, la recherche, qui ne sont pas des privilèges, mais des droits et les fondations d’une nation.

Le Président Obama ne se cache pas : il parcourt le pays pour expliquer et ré-expliquer les bases de sa Réforme du système de santé: contrôler les coûts qui sont déviés vers d’autres objectifs que pour les soins de santé, rendre les soins accessibles à tous, rendre les soins de santé à des prix abordables pour tous, laisser le libre choix entre patient et médecin, éviter tout monopole en maintenant un juste équilibre entre le public et le privé.

Le Président Obama, qui est aux prises avec de la politicaillerie et de la désinformation, a parfaitement raison: le temps de la discussion et de la recherche de concensus est plus que dépassé. C’est le temps de rendre le projet sous forme de loi signée par le Président. Le droit sur le concensus. Et dans une réforme, il y aura toujours des points à parfaire. C’est l’action qui guidera l’amélioration du projet.

Et sur cette petite planète, le Président Barack Obama est un modèle de politicien que nous désirons voir émerger nous-mêmes parmi les nouvelles générations pour notre propre destinée et surtout celle de nos jeunes.

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Cet article de 1,914 a été rédigé par Jean-Roch Lapointe il y a 10 ans et 7 mois, le dimanche 21 mars 2010.

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