Le mercredi 17 mars 2010

PolitiqueÉconomieQuébec

Histoire autour du moteur-roue d’Hydro-Québec

Le moteur roue entrait probablement en conflit avec les objectifs Canadiens reliés à l’industrie de l’automobile canadienne

Par Jean-Pierre Plourde

Je pense qu’on vient peut-être de faire une autre démonstration que le Canada est infiltré dans nos organisations d’état et qu’il peut en influencer les projets. Des projets avec Charest, il n’y en a beaucoup pour les étrangers et très peu pour nos travailleurs.

La question est anodine, mais je suis allé très loin pour chercher une réponse. Je la crois intéressante surtout au sujet du rapatriement de 1982.

Une personne nommée Valérie sur Facebook m’a posé la question suivante: “Pourquoi l’abandon du moteur roue de l’Hydro-Québec?”

Quelques personnes seulement connaissent la vrai réponse, ce n’est pas mon cas, mais je vais te donner ma version déduite de l’analyse tirée de mes graphiques. Cette analyse va nous mettre dans le contexte et nous permettre tous les deux de déduire des choses probablement très près de la vérité, à toi de juger. Pour les graphique, voir Vivre Libre ou disparaître.

Voici donc le préambule qui va entraîner mon analyse, suivi de ma conclusion. Pour te mettre dans le contexte de ma réponse je dois te donner un petit cours d’histoire rapide et facile à comprendre.

L’empire Britannique a libéré la plupart de ses colonies, l’Inde et plusieurs autres pays en font partie.

Le référendum de 1980 fut perdu par 59% de non. Si le résultat avait été l’inverse, 59 % de oui, l’Angleterre n’aurait pas eu besoin de l’accord du Canada pour libérer le Québec de ses chaînes et Québec serait un pays depuis ce temps. Peu de Québécois, encore aujourd’hui, sont conscients de cela. Pierre-Elliott Trudeau y a vu immédiatement l’effondrement de son gouvernement devant les revendications du Québec advenant un autre oui gagnant celui-la. Sa domination sur nous lui aurait échappé.

Trudeau s’est donc donné le mandat de briser à tout prix ce lien avec l’Angleterre. Il organisa, sans notre accord, le rapatriement de la constitution unilatéralement, ce qui fut fait en 1982.

Comme ce rapatriement fut unilatéral, le Canada craignait l’intervention de l’Angleterre après un référendum québécois gagnant en 1995. C’est pourquoi Trudeau avait délégué Daniel Gagnier, un autre président de l’Alcan, à Londre, en Angleterre la veille du référendum pour intercéder auprès du gouvernement Britannique en cas d’intervention Canadienne au Québec.

M. Gagnier était devenu, jusqu’à tout récemment, le chef de cabinet de Jean Charest et les négociations cachées sur l’achat d’Énergie Nouveau-Brunswick furent, je crois, sous son mandat. Cet achat transfère au Québécois la responsabilité d’une autre centrale nucléaire dont on n’a nul besoin. Il y a la une continuation de la pensée Canadienne à notre égard, on exporte d’abord l’économie, on s’occupera d’exproprier le peuple après.

Pour aider à comprendre, souviens-toi du graphique no. 2 de mon texte Vivre libre et disparaître, l’Angleterre serait représentée en ajoutant un troisième échelon de trois élites à l’extérieur des deux premiers cercles.
On aura donc un graphique comme suit, le cercle du centre, le plus petit, étant le territoire Québécois, le second, celui du Canada et le troisième l’expression de la propriété Britannique sur l’ensemble Canada-Québec.
Si ce contexte avait été expliqué aux Québécois en 1980 et en 1995, les résultats auraient pu être très différents.

Les phénomènes du rapatriement unilatéral de la constitution de 1982, du Lac Meech, de la nuit des longs couteaux sous René Lévesque, et de notre expropriation par le traité de l’approche commune sont la suite de l’application de cette pensée canadienne envers nous, les Québécois.

Comme on l’a vu, le Canada se donne les moyens de décider ce qu’il veut du Québec. Par sa constitution rapatriée, il s’est donné tous les outils pour asservir le Québec, il lui restait l’Hydro-Québec et la Caisse de dépôt, et ce sera réglé bientôt.

Cela étant dit, revenons au moteur roue.

Le Canada peut unilatéralement réserver des activités à une province plutôt qu’une autre et favoriser un groupe linguistique plutôt qu’un autre. Un pays, c’est d’abord une culture et la nôtre, c’est le pire ennemi du Canada.

L’automobile, vous le savez est une chasse gardée de l’Ontario. Les milliers d’emplois à hauts salaires de ce secteurs y sont concentrés. Les tentatives d’implantations d’usines de fabrication chez nous ont toutes échouées, Hyunday de Bromont et l’usine GM de Ste-Thérèse sont fermées, et il a fallu des efforts d’interventions massifs de Québec et des concessions énormes pour conserver la seule usine de camion au Québec, Paccar de Sainte-Thérèse.

C’est  M. Pierre Couture, un chercheur qui était  en charge de ce projet pour une filiale de l’Hydro-Québec appelée TM4.

Lors d’une entrevue le 21 septembre 2006 à l’émission de Maisonneuve à l’écoute, M. Claude Dumas, président de TM4 fut évasif, laissant ainsi transparaître une intervention possiblement extérieure en faveur de l’abandon du projet.

La construction de moteur roue au Québec aurait sans doute représenté du point de vue du Canada l’opportunité pour le Québec de devenir un « moteur » économique important dans l’avenir de l’industrie de l’automobile au Canada, pouvant éventuellement mettre en danger l’avenir de l’industrie automobile conventionnelle concentrée en Ontario.

Cela peut expliquer également pourquoi la construction et l’exploitation des éoliennes ont été confiées à des entreprises indépendantes d’Hydro-Québec et en partie ontariennes.

C’est une stratégie de réduction systématique de favoriser l’usage de nos cerveaux. Comme dans le sport d’ailleurs.

Depuis l’arrivé de M. Charest, il y a une importante réduction des subventions à la culture et à la recherche au Québec. Le Canada, je vous en ai fait la démonstration dans mon préambule, a la capacité d’interférer dans tous les secteurs d’activités du Québec afin d’y retirer pour lui les avantages ou pour empêcher de mettre en danger sa domination sur les activités économiques exploitées par sa majorité. C’est une continuation démontrée dans le livre de Normand Lester sur l’attitude de ce pays envers nous.

Je vous rappelle que dans les années 60 sous René Lévesque, Hydro-Québec a dû emprunter les premiers milliards à NewYork pour construire la Manic. Le Canada avait systématiquement refusé de financer nos projets et aujourd’hui il est en train de s’en emparer en nous obligeant à transférer une partie de nos actifs vers le Nouveau-Brunswick. De cette façon, advenant un nouveau projet de référendum, le Canada pourra déclarer l’énergie électrique du Québec comme étant un bien Canadien et non plus Québécois afin de contrer tout projet du genre. Il se donnera ainsi le prétexte et le droit d’intervenir militairement, c’est ce que l’on appelle de la stratégie militaire.

Le moteur roue entrait probablement en conflit avec les objectifs Canadiens reliés à l’industrie de l’automobile canadienne.

Je pense qu’on vient peut-être de faire une autre démonstration que le Canada est infiltré dans nos organisations d’état et qu’il peut en influencer les projets. Des projets avec Charest, il n’y en a beaucoup pour les étrangers et très peu pour nos travailleurs.

C’est un long détour, mais je crois sincèrement qu’il y a de cela dans cet abandon.

Si tes amis devaient lire un seul livre cette année, j’aimerais que ce soit  le tome 1 du Livre noir du Canada anglaisde Normand Lester. Avec à peine 300 pages, ça se lit comme un roman à histoires vraies et multiples, extrêmement bien documenté. Tu peux ouvrir le bouquin n’importe où, et, à quelques pages près, tu es dans le bain et accroché. Pas besoin de t’inviter à lire les autres tomes, tu en sentiras le besoin par toi-même. La plupart des bibliothèques ont ces 3 tomes. La situation du Québec d’aujourd’hui est la suite de ces événements.


6 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 jcpomerleau Le 17 mars 2010 à 10h39

    Autre suggestion de livre pour comprendre la vandal-isation de l’Hydro Québec:

    http://mcn21.org/le-livre-mcn21/

    En lien avec le scandale de la Central au gaz de Bécancour:

    http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2010/03/20100316-172715.html

    JCPomerleau

  2. 2 Jean Rousseau Le 17 mars 2010 à 15h07

    Selon moi, le moteur-roue ainsi que l’avion arrow (avro), ont été abandonnés à cause de pressions des Etats-Unis. Le 20 février 1959, John George Diefenbaker, le premier ministre du Canada de l’époque, annonça à la Chambre des Communes l’annulation du projet Arrow. Il fit ensuite détruire tous les prototypes et les données. Plus tard, il acheta une soixantaine d’avion CF-101 Voodo de conception américaine.

    De demeurer près des américains comporte des désavantages, comme on a pû le constater, lorsqu’ils nous ont floués d’un millard lors de la crise du bois d’oeuvre. Ils ne semblent pas tolérer qui que ce soit en mesure de leur faire de l’ombre. Si tous les canadiens pouvaient oeuvrer ensemble sur des projets collectifs variés, tout en s’unissant avec d’autres peuples en croissance, on pourrait tirer l’épingle du jeu. Il manque que la maturité qui nous permmettrait de saisir cela.

  3. 3 E.Bombardier Le 17 mars 2010 à 15h19

    Patrick Bourgeois y’aime ca en maudit crier lui! Un autre Québécois histérique qui a pas encore compris que capoter ca rend tout plus difficile. Mais hey, les Québécois y’aiment tu ca le compliqué !!

  4. 4 Jean Rousseau Le 17 mars 2010 à 15h25

    “GO HOME GRINGO” *commentaire corrigé
    Selon moi, le moteur roue ainsi que l’avion Arrow (Avro), ont été abandonnés à cause de pressions des Etats-Unis. Le 20 février 1959, John George Diefenbaker, le premier ministre du Canada de l’époque, annonça à la Chambre des Communes l’annulation du projet Arrow. Il fit ensuite détruire tous les prototypes et les données. Plus tard, il acheta une soixantaine d’avion CF-101 Voodoo de conception américaine.

    De demeurer près des américains comporte des désavantages, comme on a pu le constater, lorsqu’ils nous ont floués d’un milliard lors de la crise du bois d’œuvre. Ils ne semblent pas tolérer qui que ce soit en mesure de leur faire de l’ombre. Si tous les canadiens pouvaient œuvrer ensemble sur des projets collectifs variés, tout en s’unissant avec d’autres peuples en croissance, on pourrait tirer l’épingle du jeu. Il manque que la maturité qui nous permettrait de saisir cela

  5. 5 Jean-Pierre Plourde Le 17 mars 2010 à 15h37

    Bonjour M. Rousseau,

    Merci de me permettre de vous appeler par votre nom.

    Je ne crois pas que le moteur roue soit du même ordre que le projet arrow.

    Dans le cas de l’arrow, les dépenses encourues sont énorme et le marché limité. Le moteur roue quand à lui n’a pas de problème de marché et il suit les règles de la compétition à l’international.

    Un avion de chasse canadien par contre entrait en compétition avec ceux fabriqués par les Américains.

    Dans les avions de chasse, le Canada n’a pas les mêmes besoins et la même capacité de financement que les Américains.

    Il devenait sage à mon avis d’agir de la sorte. Imaginez les dépenses en recherche et développement seulement pour suivre les Américains sur les avions furtif par exemple, une énorme duplication de dépenses.

    Le moteur-roue par contre répond à un besoin international. Tout pays à le droit d’innover et le Canada n’a jamais cessé sa guerre contre nous.

    Je suis persuadé que mon scénario est le bon.

    En passant.

    Le Canada négocie présentement le traité de l’OMC, Organisation mondial du Commerce.

    Dans cette entente cachée aux citoyens les américains pourront soumissionner sur tout nos projets Québécois, qu’ils soient municipaux, scolaires, gouvernemental ou autres.

    Les amis du pouvoir à Québec vont se payer la traite à
    même les travailleurs Québécois.

    Ça va avoir une incidence majeur sur l’emploi et nous retirer des droits sur nos territoires.

    Les Américains vont bientôt pouvoir imposer au Québec le partage de l’énergie électrique tout en étant en mesure d’en définir les prix, dans on objectif de stratégie militaire.

    C’est par là que le Canada et Charest nous dirige.

    Le PQ et le Bloc ne voient rien à redire la dedans, c’est renversant.

    C’est une autre histoire qui fait partie des stratégies Canadiennes d’asservissement du Québec.

    On ne l’aura pas facile autant pour nos travailleurs que pour les citoyens, débordés par les hausses de tarifs, d’impôts et de frais divers.

    C’est à suivre, je vous reviens avec un autre billet sur ce sujet très bientôt.

    Jean-Pierre Plourde.

  6. 6 Jean-Pierre Plourde Le 20 mai 2011 à 22h04

    Un nouveau ping sur l’article « Histoire autour du moteur-roue d’Hydro-Québec »
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2010/03/17/histoire-autour-du-moteur-roue-dhydro-quebec-3199.qc

    Site Web : TrensQuébec: un monorail révolutionnaire basé sur le moteur-roue – Amériquébec

    Adresse : http://www.ameriquebec.net/actualites/2011/05/19/trensquebec-un-monorail-revolutionnaire-base-sur-le-moteur-roue-6209.qc

    Extrait du ping :
    […] écrit plusieurs textes passionnés sur des sujets comme le moteur roue, le/les monorail(s), les éoliennes, l’automobile, même le chauffage au bois et bien […]

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