Le vendredi 5 février 2010

EnvironnementQuébec

Production d’isotopes radioactifs à Gentilly 2?

Des technologies beaucoup plus porteuses d’avenir offrent de nos jours le service de la production d’isotopes à des fins médicales

Par MSQN

Mais où le maire de Bécancour a-t-il donc la tête? Qui l’informe? Est-il inapte à comprendre que le déclassement de la centrale Gentilly 2 est en mesure de mettre fin immédiatement à l’insécurité vécue par les citoyens?

Le maire Richard de Bécancour devient le preux chevalier d’un projet de production d’isotopes médicaux à Gentilly-2, sans avoir pris la peine de faire une recherche fouillée sur la pertinence d’amener dans son milieu une entreprise qui a un passé pour le moins trouble. En effet, la société d’état Énergie Atomique Canada Limitée (EACL) opère le fameux réacteur nucléaire NRU de Chalk River en Ontario, productrice des isotopes radioactifs que le maire Richard souhaite « accueillir » dans sa paroisse.

En 2008-2009, les dirigeants d’EACL ont permis le fonctionnement de leur NRU en non-conformité de son permis d’opération. Ils opéraient le réacteur d’une manière à mettre sérieusement en danger la sécurité des citoyens résidants dans le bassin versant de la rivière des Outaouais. Deux pompes de sûreté devaient, selon les exigences de la Commission Canadienne de Sûreté Nucléaire (CCSN), depuis deux ans, être disponibles en cas de panne du réacteur. L’événement était assez sérieux pour que la présidente Linda Keen de la CCSN ordonne l’arrêt immédiat des opérations du réacteur par EACL. Elle s’est dite « horrifiée » par le comportement d’EACL. Résistant à la pression politique du gouvernement fédéral, elle a d’ailleurs dû subir une rétrogradation pour avoir maintenu et défendu sa décision. Quelques mois plus tard elle offrait sa démission au sein de la CCSN.

Le NRU a donc été remis en marche et, suite à des problèmes techniques, il a émis dans l’environnement des trillions de becquerels de tritium radioactifs sous forme liquide dans la rivière des Outaouais ainsi que dans l’air sous forme gazeuse. Les principales communautés de l’Ontario et du Québec avoisinantes du site de Chalk River ont été avisées dans des délais « inacceptables » de ces événements.

Sous la direction d’ÉACL, tout le site de Chalk River est fortement contaminé… On y a même enterré « vivant » un vieux réacteur accidenté par mesure d’urgence…

Voilà ce dont sont capables les experts du nucléaire canadien! On s’en passerait bien! On pourrait aussi se passer de ces maires qui luttent pour munir notre région de telles entreprises.

Par la simple lecture des découpures de presse sur les événements qui ont entouré la fermeture du NRU Monsieur Richard aurait eu toutes ces informations … et bien d’autres. Il aurait dû tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de faire miroiter aux yeux de la population un projet aussi malvenu. Une telle attitude chez lui semble coutume…

Rappelons-nous son support à l’éventuel retraitement des déchets radioactifs afin de les voir servir à nouveau de carburant pour les réacteurs nucléaires. Cette opération est excessivement dangereuse et complique encore plus la gestion permanente des déchets de combustibles irradiés sans en réduire vraiment le volume comme tente de nous le faire croire l’industrie.

Il est également celui qui fait la promotion de la reconstruction de G-2 afin de conserver des jobs à Gentilly, véritable « garderie pour ingénieurs en manque d’imagination »… et pas à sept dollars par jour !

Mais où le maire Richard a-t-il donc la tête? Qui l’informe? Qu’il nous nomme la firme d’ingénieurs extravagants qui le conseillent de la sorte. Après tout, ce sont les citoyens qui en dernière analyse paient ces consultations.

Le maire Richard est-il inapte à comprendre que le déclassement de la centrale G-2 est en mesure de mettre fin immédiatement à l’insécurité vécue par les citoyens? Que la valeur de leurs propriétés et entreprises serait « bonifiée » par une telle décision ? Que les activités de déclassement créeraient des emplois nombreux pour des décennies et ce dans un contexte à solutionner un problème et non à l’aggraver.

Vite! Trouvons au maire Richard un comité de recherche qui pourra l’aviser avant qu’il ne rencontre à nouveau ses « ingénieurs » en mal de génie…Des technologies beaucoup plus porteuses d’avenir offrent de nos jours le service de la production d’isotopes à des fins médicales. Les cyclotrons et les accélérateurs de particules sont économiquement et socialement des alternatives viables aux réacteurs nucléaires pour la production d’isotopes.

Une technologie à la NRU fait partie d’une époque révolue et l’alternative proposée par ÉACL, les réacteurs Mapple, a été une tentative « avortée » après 8 ans de recherche et des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars.

Les citoyens de Bécancour devraient faire un beau cadeau « démocratique » au reste du Québec et entamer dès maintenant des procédures pour « harnacher » leur maire.

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  1. 1 Jean Paul Tellier Le 8 février 2010 à 20h13

    L’université de Sherbrooke dépanneur pour isotopes recherchés.

    Reportage émission Enquête de Radio-canada

    http://medias-wm.radio-canada.ca/diffusion/2010/medianet/CBFT/Enquete201002042048.wmv

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Jean-François Veilleux, étudiant en enseignement de la philosophie et de l'histoire du Québec à l'UQTR

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Cet article de 726 a été rédigé par Mouvement Sortons le Québec du Nucléaire il y a 9 ans et 5 mois, le vendredi 5 février 2010.

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