Le mercredi 9 décembre 2009

QuébecEnvironnement

Le Québec isolé au Sommet de Copenhague

La non-souveraineté du Québec risque d'avoir un prix fort élevé

CanadaL'indépendance du Québec ]

Par Parti Québécois

Le Sommet de Copenhague sur le changement climatique s’est ouvert lundi, au Danemark. Pour marquer le coup d’envoi de cette négociation internationale dont le dénouement est crucial pour l’avenir de la planète, Louise Beaudoin signait un texte ce matin-là dans le quotidien La Presse. Rappelons que le Parti Québécois dénonce le manque de courage du gouvernement libéral et adhère à l’objectif international, ambitieux, de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Depuis quelques jours, de grandes manoeuvres internationales ont cours en vue de la prochaine conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui s’ouvre aujourd’hui, obligeant même le premier ministre Harper, d’abord réticent, à annoncer sa présence à Copenhague.

Cependant, force est de constater que le Canada n’arrivera pas uni à Copenhague et que le gouvernement Charest s’y retrouvera isolé, malgré tous les efforts de marketing qu’il déploiera en se « pavanant » avec quelques vedettes du monde.

Le Québec, province comme une autre, devra se contenter d’une place de figurant au sein de la délégation canadienne. Car, comme l’a souvent répété à la Chambre des communes le ministre Jim Prentice, le Canada ne s’exprimera que d’une seule voix, incluant celle du Québec. Or le Canada, contrairement au Québec, n’est pas favorable à l’adoption d’un nouveau traité contraignant et ambitieux en matière de lutte contre les changements climatiques, enjeu de la conférence.

Le Canada a choisi son camp: ne pas s’engager à respecter le protocole de Kyoto. Ottawa n’adhère pas au consensus scientifique international sur le réchauffement du climat et refuse de se donner une cible audacieuse de réduction de gaz à effet de serre (GES).

En fait, le gouvernement conservateur appuie sans réserve la position de l’Alberta et le point de vue de l’industrie pétrolière canadienne, particulièrement celui des exploitants des sables bitumineux. C’est donc sans surprise qu’on a appris que le premier ministre albertain, Ed Stelmach, prenait à partie le plan de réduction de GES présenté par le Québec qui, pourtant, est insuffisant parce qu’en deçà des recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Comme l’ont déjà noté plusieurs commentateurs, la position irresponsable du Canada dans ce dossier pourrait coûter très cher à nos entreprises exportatrices qui seraient obligées de payer des droits de douane majorés, imposés notamment par l’Union européenne, en guise de représailles, si le Canada ne fait pas beaucoup mieux que le mince 3% déjà annoncé. Pire, cette décision, à terme, brisera l’essor de l’ensemble de la filière environnementale qui représenterait pour nous un véritable pactole.

En tant qu’État provincial, le Québec ne peut pas négocier directement avec les 192 membres des Nations unies et soutenir la conclusion d’un traité contraignant. D’ailleurs, aucun grand pays, même pas la France, n’a désiré nouer une alliance privilégiée avec le Québec dans le cadre de la conférence. Le premier ministre Charest en est donc réduit, pour agiter le drapeau québécois à Copenhague, à organiser un événement parallèle, la Conférence des leaders, avec l’Australie du Sud et quelques autres régions du monde.

Depuis longtemps les Québécois sont engagés dans la protection de l’environnement. Le gouvernement du Québec est un des premiers à avoir mis sur pied un ministère de l’Environnement en 1979, sous le Parti québécois. Aujourd’hui, les Québécois ne peuvent qu’assister en spectateurs attentifs aux négociations sur les changements climatiques qui auront un impact direct sur notre économie et notre environnement.

Le Québec mérite mieux. Il doit pouvoir s’exprimer directement sur la scène internationale. Les négociations sur les changements climatiques démontrent clairement qu’Ottawa n’agit que selon ses intérêts, ou plutôt ceux de l’Alberta, qui ne sont pas ceux des Québécois.

La non-souveraineté du Québec a donc un prix, et ce prix risque d’être fort élevé si la communauté internationale intensifie la lutte contre les changements climatiques. Le Québec doit sortir le plus rapidement possible de cette fâcheuse position et pour ce faire, il n’y a qu’une vraie solution, l’accès à sa pleine indépendance.

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Louise Beaudoin

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Profil: Le mouvement du Parti Québécois promeut la souveraineté, le progrès social et la promotion du français au Québec.

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Cet article de 568 a été rédigé par Parti Québécois il y a 10 ans et 10 mois, le mercredi 9 décembre 2009.

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