Le lundi 22 octobre 2012

EnvironnementÉconomie

Fracking vieux mononcle

Par Sylvain

Ainsi, les Suédois sont capables, mais les Québécois comme Jacques Brassard ne le seraient pas? Au Québec, comme en Suède, on a des fermes, des forêts ou encore des laiteries qui génèrent des déchets et résidus biologiques qui peuvent être transformés en biogaz. Pas de temps à perdre et de risque à prendre avec le gaz de schiste.

Je viens de lire l’article «Les verts au pouvoir1 » du vieux mononcle Jacques Brassard. Son article, en plus de faire du bashing  gratuit envers le mouvement écologiste, est rempli de faussetés. Et non, je ne fais pas du bashing  lorsque j’écris que Jacques Brassard est un vieux mononcle. En lisant son article, on croirait lire Elvis Gratton!

Brassard, en plus de s’en prendre aux «Verts» comme le personnage Elvis Gratton le ferait, fait la promotion du gaz de schiste sans savoir totalement de quoi il parle. Il écrit:

Il y a des milliers de puits aux États-Unis qui produisent du gaz de schiste à partir d’une technologie mise au point depuis des décennies, la fracturation hydraulique, et cela sans dommages environnementaux majeurs.

Dans un article de Bloomberg2 datant de la mi-août, on peut lire ceci concernant la fracturation aux États-unis:

Pennsylvania officials require that companies disclose chemicals within 60 days after fracking. New York has a moratorium on the practice until its environmental impact can be determined. Vermont has banned it outright. Texas began mandating disclosure of fracking chemicals this year, after officials determined that operators were voluntarily reporting about half their fracked wells to FracFocus, according to the Texas Railroad Commission, which regulates oil and gas wells.

Ainsi, l’État de New York a un moratoire sur la fracturation hydraulique, la Pennsylvanie, qui est sur ses gardes, exige des entreprises qu’elles publient la liste des produits chimiques utilisés lors de la fracturation (et c’est difficile d’avoir la coopération totale des entreprises) et le Vermont3 l’a tout simplement bannie.

Well well well, ça ne va pas aussi bien que le laisse croire Jacques Brassard. Si ça allait si bien que ça au États-Unis, il n’y aurait pas de moratoire dans l’État de New York. On parle d’une «technologie mise au point depuis des décennies» pourtant. Peut-être qu’elle ne le sera jamais au point cette technologie.

Brassard écrit aussi :

La Grande Peur des bien-pensants écolos, soit la contamination de la nappe phréatique, n’est d’aucune façon une réalité dans les États américains on(sic) l’on exploite ce type de gaz. Sinon, ça se saurait!

«Sinon, ça se saurait!». Ouf! En deux, trois clics, je viens de trouver ceci, et pas sur le site de «bien-pensants écolos», comme écrit Brassard, mais dans le Business Insider, dans un article4 de la fin septembre de cette année:

EPA’s analysis of samples taken from the Agency’s deep monitoring wells in the aquifer indicates detection of synthetic chemicals, like glycols and alcohols consistent with gas production and hydraulic fracturing fluids, benzene concentrations well above Safe Drinking Water Act standards and high methane levels.

C”est loin d’être aussi joli aux États-Unis comme le laisse entendre Jacques Brassard. En fait, c’est quoi cette attitude «ticouniste» de toujours vouloir se comparer aux États-Unis ou au reste du Canada, de penser que parce que les Amaricains et les Canayens le font, c’est correct? Le Québec a beau être en Amérique du Nord, mais ce n’est pas une raison de faire comme si le reste du monde n’existait pas.

En Suède, par exemple

En Suède, par exemple, même s’il y a un potentiel pour du gaz de schiste, le territoire n’y est pas multi-fracturé. Shell a tenté son coup, mais les citoyens ont fait fuir l’entreprise. Et bien sûr, le gouvernement n’a pas offert pour des pinottes le territoire aux gazières.

Il est possible de se passer du gaz de schiste en faisant la promotion des énergies vertes. En fait, en 2009, on rapportait qu’il y avait en Suède plus ou moins 6500 entreprises dans le milieu des techniques en énergies renouvelables.

La Suède ne perd pas son temps avec la fracturation hydraulique car il y a beaucoup plus à gagner, économiquement et environnementalement, à choisir les énergies vertes. Avec ses milliers d’entreprises «vertes», la Suède peut même exporter son savoir-faire et sa technologie, donc s’enrichir.

Par exemple, SymbioCity5, qui est un concept 100% suédois, fait, entre autres choses, la promotion du biogaz. Plutôt que de creuser son sous-sol et de prendre le risque de souiller ses nappes phréatiques, la Suède préfère produire du biogaz, au-dessus de ses nappes phréatiques.

Donc, les Suédois sont capables, mais les Québécois comme Jacques Brassard ne le seraient pas? Au Québec, comme en Suède, on défèque, on urine, on a des fermes, des forêts ou encore des laiteries qui génèrent des déchets et résidus biologiques qui peuvent être transformés en biogaz.

Le biogaz, c’est faire d’une pierre deux coups:  récupérer des déchets tout en produisant de l’énergie. Il me semble qu’avant de fracturer toute la vallée du Saint-Laurent, il serait plus intelligent de commencer par développer tout le potentiel de biogaz au Québec. Avec l’hydro-électricité, le Québec n’a pas besoin du gaz de schiste puisque qu’il peut facilement combler ses besoins en énergie autrement. Malheureusement, peut-être que le lobby du pétrole et du gaz met des bâtons dans les roues aux personnes qui voudraient développer la filière du biogaz au Québec? Mystère!

Heureusement, les vieux mononcles comme Brassard se feront tous rattraper par le temps et iront produire du biogaz en se décomposant. Les Verts se feront un devoir d’aller récurer ce gaz… sans fracturation hydraulique, évidemment!

  1. Article de Jacques Brassard: Les verts au pouvoir []
  2. Fracking Hazards Obscured in Failure to Disclose Wells []
  3. Vermont first state to ban fracking []
  4. Fracking Hazards Obscured in Failure to Disclose Wells []
  5. SymbioCity []

6 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 romane Le 22 octobre 2012 à 18h05

    M. Brassard voit miroiter ”la création de richesse” comme une cuillère. POUÉSSON !
    Les 600 puits fermés, en attente, abandonnés ou orphelins au Québec ont de quoi horrifier!
    Martine Ouellet; enfin une vrai ministre qui ne ”joueras” pas un ”rôle”.

    http://www.aqlpa.com/actualites/communiques/332-600-puits-un-an-plus-tard-laqlpa-attend-toujours.html

  2. 2 noemie fortin Le 23 octobre 2012 à 15h25

    Je trouve enfantin que vous vous sentiez obligé d’insulter M. Brassard pour donner votre point de vue.
    Le traiter de “vieux mononcle” parce qu’il ne pense pas comme vous, démontre à quel point votre argumentation n’est pas solide. Je rêve du jour où chacun pourra donner son opinion sans se faire insulter par un idiot.

  3. 3 Sylvain R. Le 23 octobre 2012 à 15h37

    Bonjour Noemie Fortin,

    Dans un premier temps, merci de conclure votre commentaire par une insulte. Dans l’article de Brassard, la ministre Martine Ouellet est traitée indirectement d’ “écoloradicale”, “enverdeurs”, “environnementeurs” pour quelle raison si ce n’est que parce que Martine Ouellet ne pense pas comme lui?

    M. Brassard fait croire que la technologie est au point en écrivant “nous pourrions connaître un développement économique utile et avantageux en permettant, dans des conditions sécuritaires (ce qui est tout à fait possible dans l’état technologique actuel), l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste.”

    C’est tout à fait faux. La technologie n’est pas encore au point. La technologie pour produire du biogaz, elle, est au point. S’il n’était pas “vieux mononcle”, il s’en intéresserait, et aurait plutôt écrit, par exemple, “nous pourrions connaître un développement économique utile et avantageux en permettant, dans des conditions sécuritaires (ce qui est tout à fait possible dans l’état technologique actuel), la production de biogaz”.

  4. 4 noemie fortin Le 23 octobre 2012 à 18h13

    Peut-être avez-vous raison partiellement mais vos idées seraient plus intéressantes si vous aviez le courage de signer vos écrits au lieu de les faire anonymement

  5. 5 Sylvain R. Le 23 octobre 2012 à 18h45

    Lisez ici: http://international.maabjerg-bioenergy.dk/about-maabjerg-bioenergy/

    Au Danemark, plutôt que de fracturer les terres des agriculteurs, on ramasse le fumiers pour en faire du biogaz.

    Concernant le gaz de schiste, il n’y a pas de fracturation au Danemark pour le moment, et il n’y a pas qu’au Québec qu’il y a des “bloqueux” comme semble le laisser entendre Lucien Bouchard:

    “Currently in Denmark there is no fracking happening, but Total Energy (from france) has the permits to drill test wells in northern Denmark, and have planned to start drilling in November. Resistance to fracking has started slowly but is growing by the day as people learn about what a bad idea it is, and there is much talk about it in the national and local media in the area where the drilling is permitted. We are currently putting our efforts into stopping the test drilling on the local level, as there are still some final permits left to be approved, and then pushing for a national ban once we have stopped the test drilling project in its tracks.”
    http://www.skifergasnejtak.dk/da/international/

    Les bloqueux sont ceux qui n’amènent pas de solutions. Le biogaz est une solution payante environnementalement et économiquement parlant, et à long terme.

  6. 6 romane Le 24 octobre 2012 à 10h12

    La biométhanisation : solution d’avenir? C’est le pari de Rivière-du-Loup
    http://lvaquotidien.typepad.com/lvanouvelles/2012/10/23-1.html

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Cet article de 855 a été rédigé par Sylvain il y a 6 ans et 9 mois, le lundi 22 octobre 2012.

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