Le mercredi 16 novembre 2011

QuébecPolitique

Les autochtones ne se feront pas tuer pour le Canada anglais

L'antidote au racisme est la vérité et la justice, non le racisme en envers

L'indépendance du QuébecLes peuples autochtones ]

Par Jean-Jacques Nantel

Au Québec, la stratégie des autochtones, qui se savent faibles, est de menacer et de jouer aux victimes pour maximiser leurs gains économiques.

Parce qu’ils ont compris que le Canada anglais divisait pour régner en les utilisant pour affaiblir le Québec, les autochtones ont adopté une stratégie remarquablement intelligente pour faire avancer leur cause à chaque fois qu’il est question de l’indépendance du Québec. Ne tenant aucun compte du fait qu’ils ont perdu leurs terres et leur liberté à la même date que leurs anciens alliés québécois et pour la même raison, à savoir l’invasion britannique de 1760, ils se sont alliés au Canada anglais pour nous arracher le plus de concessions possible dans le but de créer des précédents dont ils pourront ensuite se servir contre les autres provinces.

Pour eux, rien ne serait plus catastrophique que de voir le peuple québécois abandonner son projet de souveraineté, comme il donne présentement l’impression de vouloir le faire, car cela leur enlèverait leur principal outil de négociation et de progrès. Dans la situation actuelle, tout les favorise : l’appui moral de la communauté internationale, l’aide active du Canada anglais de même que la culpabilité d’importation des indépendantistes québécois dont les chefs ne cessent de reculer lorsqu’ils négocient avec eux pour préparer une souveraineté que, d’autre part, ils ont peur de réaliser.

L’antidote au racisme est la vérité et la justice, non le racisme en envers

Comment expliquer que les Québécois, qui n’ont jamais brutalisé les autochtones au milieu desquels ils ont toujours vécu, se sentent coupables de racisme à leur égard alors que les Iroquois par exemple conservent une parfaite bonne conscience en dépit des nombreux génocides dont ils se sont jadis rendus coupables (ex : les Hurons, les Petuns, les Neutres, les Outaouais en 1648-1653)? La solution à cette énigme est toute simple : c’est parce que, contrairement aux Iroquois, les Québécois de souche ont la peau blanche!

Ce curieux racisme en sens inverse, qui n’a rien à voir avec une culpabilité véritable, suit la mode idéologique voulant que les Occidentaux soient tous d’anciens bourreaux et les non-Occidentaux, d’éternelles victimes. Baignant dans l’atmosphère culturelle créée à la suite de l’épisode nazi, les Québécois ont fini par intérioriser l’idée que le racisme à rebours était non seulement acceptable, mais admirable et recommandable. Aussi se sentent-ils obligés de payer aux non-Blancs des réparations pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.

Si nos contemporains voulaient vraiment en finir avec le racisme, ils se contenteraient de la simple vérité et rendraient justice à tous les peuples en fonction de leurs actions passées et présentes. Dans le cas des Amérindiens, ils rejetteraient par exemple la théorie des “bons sauvages” qui vivaient naguère en harmonie avec leur milieu puisque nous savons aujourd’hui de science certaine que leur arrivée en Amérique a coïncidé avec l’extinction de multiples espèces animales. Notons à leur décharge que le processus de destruction environnementale dont il est ici question est tout à fait universel puisque, selon les biologistes, l’introduction d’une espèce étrangère est, après la destruction des habitats, la principale cause de disparition des espèces.

La pure vérité est que, loin d’être des environnementalistes naturels, les aborigènes précolombiens avaient une civilisation trop primitive pour pouvoir comprendre les lois de l’écologie. Comme tous nos ancêtres primitifs, ils avaient la tête pleine de conceptions magiques ou aberrantes qui les empêchaient de réaliser les véritables conséquences de leurs gestes. C’est uniquement parce qu’ils n’en avaient pas les moyens qu’ils n’ont pas détruit les écosystèmes d’Amérique du Nord aussi méthodiquement que les Occidentaux l’ont fait. On s’en rend compte de nos jours quand on entend les Inuit se réjouir du fait que le réchauffement planétaire va leur permettre de faire des sous en exploitant des gisements miniers aujourd’hui enfouis sous des masses de glace.

Si l’affect de nos élites n’avait pas été systématiquement déformé par l’idéologie de la rectitude politique, personne n’aurait l’idée d’idéaliser les cultures précolombiennes et tous se rendraient compte de leur nature extrêmement brutale. Nous avons en effet des preuves nombreuses et irréfutables que, dans les trois Amérique, le massacre de populations civiles, les sacrifices humains, l’esclavage, la torture et le meurtre des prisonniers étaient des pratiques répandues. Le mot scalp, entre autres, est d’origine amérindienne. Quant au vol des territoires des peuples vaincus, dont les autochtones disent avoir été victimes, on peut dire qu’il s’agissait alors de la loi du continent que chaque tribu s’empressait d’appliquer à chaque fois qu’un hasard lui en fournissait l’occasion. La seule excuse des autochtones – si on peut appeler cela une excuse – est que la plupart de nos ancêtres primitifs se sont probablement livrés à ces mêmes pratiques.

Quand on considère les faits sans racisme aucun – c’est-à-dire ni dans un sens ni dans l’autre – on se rend compte que les Amérindiens ont des droits historiques indubitables sur l’ensemble du territoire américain, mais qu’il s’agit de droits de nature verticale et qu’en aucun cas, ils ne peuvent revendiquer un droit horizontal d’apartheid qui leur permettrait d’exclure les non-autochtones d’un territoire quelconque. Comme ils occupent 100% du territoire des trois Amérique et que leurs populations sont inextricablement mêlées à celles des autres peuples du continent, ils forment une minorité qui est certes très spéciale, mais une minorité quand même.

Maintenant que l’histoire a passé et que tous les habitants de l’Amérique y ont acquis des droits, les négociateurs des traités modernes cherchent, sans trop s’en rendre compte, à organiser la superposition harmonieuse de deux civilisations sur un même territoire; les autochtones obtenant des droits de chasse et de pêche sur des terres où les Occidentaux exploitent les ressources minières et hydroélectriques.

Cette élégante solution, qui a l’avantage d’être juste pour tout le monde, pourrait être appliquée à l’échelle du continent et même au-delà. Dans un tel scénario, le territoire des trois Amérique serait divisé entre les différentes tribus amérindiennes dont les réseaux de frontières viendraient se superposer à ceux séparant les pays occidentaux. Une telle organisation aurait de nombreux avantages. Par exemple, elle rendrait possible la création du vaste pays circumpolaire dont rêvent les Inuit sans qu’il soit nécessaire de voler des territoires à quiconque. Pour ce faire, il suffirait que, dans chacune des “provinces” danoise, québécoise, canadienne, américaine et russe de ce pays inuit, des ententes de cohabitation semblables à la Convention de la Baie James soient signées avec les États occidentaux correspondants.

Des peuples dépendants

Tous les raffinements démocratiques qui sont actuellement proposés pour assurer la survie des cultures
amérindiennes sont certes créatifs et intellectuellement plaisants, mais ils ont peu de chances d’atteindre leur but, surtout à long terme.

A la base, l’actuel réveil autochtone, qui est mondial, a été provoqué par la croissance désordonnée d’un monde industriel en manque de matières premières. Au Québec, la ruée des économies développées vers les territoires les moins bien exploités s’exprime présentement dans le Plan Nord et dans le fait qu’on accueille annuellement dans le pays presque autant d’immigrants qu’il y a d’autochtones. A l’échelle planétaire, l’homogénéisation culturelle que cette ruée suscite est si rapide que l’UNESCO estime que 90% des langues du monde pourraient disparaître au cours du 21ème siècle.

Dans le contexte actuel, les aborigènes du Nord québécois sont à la fois trop nombreux et pas assez. Ils sont trop nombreux parce que leurs territoires ancestraux ne peuvent pas nourrir à la manière traditionnelle une population en pleine explosion démographique. Ils ne le sont pas assez dans le sens que leur population de quelques milliers d’âmes est trop petite pour produire tous les médecins, les ingénieurs et les autres spécialistes dont a besoin une économie développée. Coincés par ces réalités démographiques et économiques, les Crees et les Inuit sont de plus en plus dépendants du savoir, du travail et des subventions des populations non autochtones. En bref, ils sont devenus des peuples de consommateurs qui vivent des activités de production du reste de la population. (Notons que les payeurs de taxes du Sud subissent toujours un choc quand ils visitent un village cree québécois et qu’ils se rendent compte de la stupéfiante richesse de ses habitants.)

Au point de vue géographique, cette dépendance s’est traduite par une sédentarisation croissante des aborigènes du Nord dans des villages côtiers et par une occupation et une exploitation du centre du Québec par des populations venues du Sud. Ces deux mouvements démographiques, il convient de le mentionner, répondent à une tendance géopolitique millénaire qui, partout sur la planète, amène les Humains a d’abord s’éparpiller sur un territoire neuf pour en exploiter les ressources avant de graduellement redescendre du centre du continent vers les côtes.

Au point de vue social, l’abandon graduel par les autochtones de l’arrière-pays et de leur ancien mode de vie nomade se traduit par une explosion des problèmes liés à l’obésité, au diabète, à l’alcoolisme, à la dépendance aux drogues et à tous les autres problèmes qui, depuis les débuts de l’histoire, ont affecté les peuples de rentiers. Même s’ils sont tout à fait normaux et inévitables, ces problèmes de décadence inquiètent énormément leurs chefs et augurent mal de l’avenir de ces peuples.

Il ne nous manque que le courage

Aleksandr Soljenitsyne a un jour déclaré que ce qui caractérisait l’Occident moderne était la perte du courage. Cette remarque s’applique parfaitement aux chefs politiques québécois, notamment quand ils doivent affronter les revendications de tribus comme celles des Mohawks ou des Crees. Parce qu’on leur a fait croire que leur peau blanche en faisait automatiquement des coupables, nos chefs ont presque tous adopté la stratégie la plus veule possible quand ils négocient avec les autochtones; soit celle qui consiste à toujours reculer, céder et payer. Cette lâcheté a le grave défaut de rassurer leurs interlocuteurs sur la justesse de leur cause; ce qui les amène à se croire tout permis et à proférer régulièrement des menaces à l’égard du reste de la population. Il y a vraiment de quoi avoir peur puisqu’ils sont plusieurs milliers et que nous ne sommes QUE huit millions…

En pratique, il existe pourtant d’autres tactiques de négociation; par exemple celle qui consiste à défendre le bien, le vrai et le juste en se montrant généreux dans tous les cas où cela est raisonnable, mais sans jamais accepter de reculer sur les principes fondamentaux de la démocratie. Ainsi, quand il s’agit du projet d’indépendance du Québec, nos politiciens devraient toujours insister lourdement sur le fait que les aborigènes ont participé aux référendums passés et qu’ils sont soumis, au même titre que tous les autres Québécois, à la règle de la majorité. Quand il est question de l’intégrité du territoire québécois, nos négociateurs devraient constamment répéter que l’apartheid réclamé par les Crees et les Inuit est aussi immoral et condamnable au Québec qu’il l’était en Afrique du Sud et qu’au demeurant, ils ont engagé leur honneur en signant à de nombreuses reprises des ententes et des traités de cohabitation tout à fait explicites avec le Québec.

Loin d’être contre-productive comme le prétendent les naïfs, une telle tactique de négociation aurait l’immense avantage de mettre le droit et la morale de notre côté et d’empêcher les affrontements que la veulerie de nos négociateurs finira un jour par provoquer et ce, que l’indépendance du Québec se réalise ou pas.

Les autochtones ne se feront pas tuer pour le Canada anglais

Si l’état d’esprit actuel des autochtones rend inévitable que certains têtes brulées finiront par s’attaquer à des barrages ou à des lignes à haute tension, il est certain que la majorité n’a pas du tout l’intention de se sacrifier pour les beaux yeux des Canadiens anglais. Habitués comme ils le sont à voir surgir des forêts nos chasseurs, nos prospecteurs et nos travailleurs qui y circulent en camions, en tout-terrain, en motoneiges ou en hélicoptères, la plupart se rendent parfaitement compte que, si la situation devait dégénérer au point d’aboutir à un conflit ouvert, ils se retrouveraient dans le pire contexte militaire possible puisqu’en plus de n’avoir ni le nombre ni la technologie, ils resteraient fortement dépendants de leurs ennemis pour leur approvisionnement.

En dépit de leur pouvoir de nuisance, leurs terroristes se rendraient vite compte de la difficulté et du danger de concrétiser la menace, souvent proférée, de “faire sauter les barrages”. Le pays est en effet si vaste que chaque attentat nécessiterait de longs déplacements; ce qui faciliterait énormément le repérage, la poursuite et l’arrestation des agresseurs à cause du bruit et des traces laissées par leurs motoneiges, de la signature infrarouge de leurs feux de camps, etc. Isolés au milieu d’une nature immense et luttant à armes inégales, il est probable que les terroristes eux-mêmes deviendraient vite des terrorisés. En fait, dans une guerre de coups fourrés contre le reste de la population, les biens, les campements et les villages autochtones seraient totalement indéfendables et ce, même avec l’aide d’une armée bien équipée. Il est en effet impossible d’occuper militairement un désert.

A toutes ces difficultés viendraient s’ajouter la saisie de leurs avoirs financiers, l’arrêt du paiement de leurs redevances, le blocage des routes dont ils dépendent pour leur approvisionnement et la confiscation de beaucoup de leurs véhicules et de leurs armes. En un mot, le conflit qu’ils auraient eux-mêmes déclenché aurait causé la fin du merveilleux âge d’or qu’ils sont présentement en train de vivre. Pire : comme les routes et les lignes électriques construites au cours des dernières décennies relient toutes le Grand Nord au Québec, et non aux autres provinces, ils seraient par la suite obligés de vivre pendant des siècles au milieu d’une population hostile dont ils auraient stupidement menacé la vie et le gagne-pain.

L’exemple de la crise d’Oka de 1991 montre que ce dernier élément est le plus susceptible de calmer leurs ardeurs belliqueuses. Au plaisir qu’ont eu quelques warriors de faire la nique aux Québécois pendant quelques semaines a en effet succédé vingt années de désagréments pour l’ensemble des Mohawks qui doivent affronter quotidiennement la sourde hostilité que cette émeute a fait naître dans le reste de la population. Anxieux de faire oublier ce traumatisme, les chefs mohawks ont, depuis cette date, systématiquement étouffé dans l’œuf toutes les autres affaires du genre.

Si, malgré leur faiblesse, les autochtones parlent régulièrement de recourir à la violence, c’est parce qu’ils savent que leur arme de négociation la plus efficace est la menace d’aller jouer aux martyrs devant les caméras du monde entier. Pour les autochtones québécois, le fait de pouvoir s’appuyer sur l’opinion internationale, sur le fédéral et sur la Cour suprême pour soutirer régulièrement de nouvelles concessions au Québec est beaucoup trop avantageux pour qu’ils acceptent de changer quoi que ce soit à la situation actuelle. Les souverainistes québécois se leurrent donc quand ils croient qu’à force de générosité et d’à-plat-ventrisme, ils parviendront un jour à convaincre certaines tribus d’appuyer leur projet.

Dans ce domaine, la meilleure tactique à employer serait encore de mettre le Canada anglais sur la défensive en payant les frais d’avocats des tribus amérindiennes de l’extérieur du Québec pour obliger les tribunaux à leur accorder les mêmes privilèges que ceux que nous reconnaissons aux nôtres. Parions que le Canada anglais ne trouverait pas cela très drôle…

Nos leaders peuvent trembler tant qu’ils veulent; une chose est certaine: tôt ou tard, l’histoire va nous obliger à faire face aux problèmes que leur timidité les empêche de régler, que ce soit ceux de la souveraineté, de l’immigration excessive ou des droits et privilèges des minorités. Dans nos relations avec les autochtones, la lâcheté ne fonctionnera pas toujours.

Jean-Jacques Nantel

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Cet article de 2,521 a été rédigé par Jean-Jacques Nantel il y a 9 ans et 0 mois, le mercredi 16 novembre 2011.

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