Le mercredi 3 mars 2010

PolitiqueSociétéQuébec

Les crises répétées d’un peuple exigent de grandes transitions

Ce n’est plus l’économie qui fait la richesse d’un peuple, mais sa langue, sa culture et son patrimoine historique

Par Jean-Roch Lapointe

Nous devons travailler sur ce qui nous unit, plutôt que de nous déchirer sur nos diversions. Nous devons comprendre que d’avoir un pays ne règle pas tous les problèmes, mais il est une base structurelle essentielle à des réformes majeures et à une transition obligée.

Tout comme l’a souvent répété le Président Barack Obama, il est inutile de résoudre à court terme les grandes crises si nous ne modifions pas les comportements et les structures qui les ont provoquées!

C’est justement durant les crises que nous devons opérer les grandes transitions, car sitôt passées, nous en oublions les causes et les récidives sont plus sévères.

Mais dans une société basée sur la justice sociale et les chances égales pour tous, la priorité des gouvernements doit être orientée vers le bien-être de ses concitoyens.

Et à chaque fois, les experts ont tendance à chercher des solutions sans analyser les causes, et à penser que la solution repose sur l’augmentation des taxes, des impôts, des tarifications, et l’émergence de nouvelles tarifications pour les plus démunis qui n’ont rien eu à voir avec ces crises.

Nous savons tous que l’approche-citoyen ne pourra jamais combler les milliards qui ont disparu comme par enchantement des coffres de l’État. Seul la Réforme de l’État et des Sociétés d’États, essentielles comme Hydro-Québec, une Réforme culturelle dans la gestion des finances publiques, peuvent recouvrer des milliards. Nous devrions nous attendre à la vente d’actifs oû l’État doit être un régulateur plutôt qu’un propriétaire-monopole, comme la Société des Alcools du Québec, Loto-Québec, et bien d’autres.

Nous savons tous que les coûts du système de santé n’est pas dû au vieillissement de la population, car si l’éducation coûte plus chère au début de la vie, c’est vrai pour la santé à la fin de la vie.

Nous savons tous que les coûts de la santé sont devenus insoutenables; nous payons plus pour moins. Car personne ne veut s’attaquer à la base structurelle du système. Pourquoi avoir acheté 11 millions de doses de vaccin anti-H1N1 alors que nous sommes 7.7 millions et que pour beaucoup de raisons, il est rare qu’une population puisse être vaccinée à 100%.

Les milliards de la santé vont, par exemple, à la construction de deux Centres Hospitaliers Universitaires dans la même ville, et ces deux centres vont concentrer la main d’oeuvre spécialisée, les équipements ultra-sophistiqués, au détriment des hôpitaux généraux et régionaux qui sont au coeur du système de santé. Nous avons la nette impression que le système de santé est à la merci d’un jeu politique ou semble régner avec force un consortium gouvernement-FTQ-construction. La bureaucratie est partout dans le système et elle écrase ceux ou celles qui sont au champ de bataille, comme les médecins, les infirmières, les infirmières-auxiliaires, les préposés aux bénéficiaires.

Et les corporations ou les économistes crient au manque de main d’oeuvre et à l’immigration alors qu’il y a énormément d’employés très compétents qui pourraient être récupérés de la bureaucratie vers des emplois beaucoup plus valorisants.

Nous vivons dans une société oû les assistés sociaux sont très dévalorisés et ne semblent représenter que des votes aux élections. Beaucoup, s’ils en sont capables, pourraient être valorisés en s’occupant à temps partiel, et avec bonus s’il le faut, des personnes en perte d’autonomie à la maison, dans les centres d’accueil, dans les CHSLD, ou participer aux soupes populaires, ou encore participer aux récoltes estivales.

Et en éducation, le décrochage scolaire est rare à l’université, mais il est terrible au secondaire ou à cette étape de la vie si cruciale pour l’avenir de nos jeunes. Un gouvernement ne doit pas subventionner les Universités qui en général sont des organismes privés, mais investir sur l’étudiant qui le veut ou en a la capacité, et dont les parents ne peuvent pas couvrir les dépenses, par des bourses et des prêts que les étudiants pourraient rembourser en rendant des services à la communauté.

Nous savons tous que les pertes de notre Caisse de Dépôt et de Placements, un montant historique de 40 milliards, sont le fruit de l’irresponsabilité ou de l’incompétence des millionnaires qui la dirigeaint. Nous savons tous que c’est la politique et l’influence corporative qui ont nommé le ou les nouveaux dirigeants, alors que le ou les postes doivent faire l’objet d’un concours ouvert à tous dirigé par un comité de sélection indépendant. Nous savons tous que la crise actuelle marque la généralisation de la corruption à tous les niveaux; nous en avions la suspicion, mais les évènements confirment les faits.

Nous savons tous que l’Aéroport Internatinal de Mirabel a été saboté par de la petite politique qui n’a surtout pas voulu d’un TGV entre Mirabel et le Centre ville de Montréal ou de la continuation de l’autoroute 13.

Nous savons tous que la Confédération canadienne n’est plus soutenable pour les Canadiens français et que le Canada est un grand territoire désertique qui ne veut pas se restructurer. Nous savons tous que cette Confédération nous a limités au seul territoire de la Province de Québec, amputé du Labrador, qu’elle nous a dilués et minorisés à travers 9 provinces et 3 territoires anglophones. Elle nous prive du contrôle de notre immigration. Elle favorise subtilement notre assimilation sur le seul territoire qui nous reste.

Nous savons tous que la duplication des Institutions anglaises et françaises qui fait qu’une minorité à Montréal a plus de droits que la majorité, n’est plus soutenable financièrement par la majorité francophone, cette majorité qui concentre de plus en plus la pauvreté et la misère.

Nous savons tous que nous ne pouvons plus collaborer financièrement au maintien du poste de Gouverneur Général et aux postes des Sénateurs, à la construction de plates formes de pompage de pétrole sous-marin sur notre côte atlantique pour voir ensuite Terre-Neuve réclamer des droits; c’est semblable pour le pont de la Confédération à l’île du Prince Édouard, pouvant être gérée comme ville plutôt que province.

Nous savons tous que nous avons besoin d’une Constitution pour que le Premier Ministre soit élu aux suffrages universels, que des élections aient lieu selon des intervalles fixes, pour redonner plein pouvoir à chacun des députés élus peu importe l’appartenance politique, pour dissocier le lobbyisme et le corporatisme du politique.

Nous n’avons pas le choix , comme le Président de la République Française, Charles de Gaulle, l’avait lui-même exprimé, que de recouvrer notre territoire, celui du Bas-Canada ou d’une Nouvelle-France moderne, qui doit s’étendre à l’ouest aux frontières de l’Ontario et à l’Est jusqu’aux Côtes de l’Atlantique. Nous devons nous définir une constitution, déclarer le français comme langue officielle, définir notre patrimoine historique, définir nos conditions d’immigration de façon claire et transparente, car c’est la seule façon de nous ouvrir et de nous rendre acueillant pour la future immigration. Nous devons recouvrer notre liberté et notre droit à l’auto-gestion et à l’auto-détermination sur ce territoire.

Et nous n’avons pas à quémander notre héritage; un héritage, peu importe le temps, appartient toujours aux héritiers légaux.

Nous devons travailler sur ce qui nous unit, plutôt que de nous déchirer sur nos diversions. Nous devons comprendre que d’avoir un pays ne règle pas tous les problèmes, mais il est une base structurelle essentielle à des réformes majeures et à une transition obligée.

Certains disent que ce n’est pas le temps, moi je pense que c’est un passage obligé, une transition obligatoire. Et ceux ou celles qui disent que ce n’est pas le temps risquent de le dire plus tard pour d’autres raisons? Est-ce qu’Haîti renonce à sa souveraineté car il est pauvre, dans la misère, et qu’il vit les lendemains d’un tragique tremblement de terre? Depuis longtemps le véritable problème d’Haîti, c’est la corruption et la désinformation par les plus riches et les mieux nantis. Était-ce le temps pour la Lettonie ou pour la Slovakie?

Comme peuple, nous manquons beaucoup au concert des nations. Parce que nous ne formons pas un Pays, nous n’avons pas de droits de paroles à des Conférences internationales comme celles de Kyoto ou de Copenhague sur l’environnement, sur les Conférences internationales sur Haîti à Montréal ou à NewYork, et même à des Réunions du G-20 pour défendre l’énergie propre et renouvelable.

M. Jacques Parizeau a écrit et déclaré qu’à l’heure de la mondialisation et du libre-échange, ce n’est plus l’économie qui fait la richesse d’un peuple, mais sa langue, sa culture et son patrimoine historique.

3 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Jean-Pierre Plourde Le 3 mars 2010 à 22h59

    Jean-Roch Lapointe

    Vous avez fait un très bon résumé de la problématique et des solutions.

    Pour la question de Mirabel cependant, ce lieu nous fut imposer par Trudeau contre l’opinion unanime des têtes dirigeante du Québec de l’époque qui souhaitaient cette aéroport dans la région de Drummondville.

    Drummondville aurait favoriser l’unification des régions et des grands centre, une dynamique se serait établie favorisant les échanges entre les régions et Montréal. L’équipe Trudeau a eu peur de cela comme la peste et il nous a imposer Mirabel avec les résultats qu’on connait.

    Très bonne réflexion.

    Jean-Pierre Plourde.

  2. 2 Paco Le 4 mars 2010 à 16h31

    Comment voulez vous faire un grand pays avec un système éducatif aussi laxiste et médiocre?

    Comment voulez vous imposer la langue française alors que presque plus personne ne la parle correctement ni ne prend le temps de l’apprendre? et au fond pourquoi vouloir absolument parler le français???

    Comment voulez vous retenir des immigrants éduqués et cultivés dans un tel contexte?

    Franchement il faut être réaliste, la souveraineté est une utopie qui mènerait le Québec à sa perte.

    Il faut jouer l’ouverture, pas la fermeture!!!

  3. 3 Jean Rousseau Le 11 mars 2010 à 11h47

    “Les crises répétées d’un peuple exigent de grandes transitions”
    Ce titre de Jean-Roch Lapointe est évocateur, mais l’auteur n’a pas sû nous faire entrevoir une lueur au fond du tunel. Bien sûr, il faille s’attaquer aux causes des crises comme l’affirme Obama, mais celles-ci sont parfois plus profondes que l’on ne croit. Prenons l’idée dans l’air actuellement, d’augmenter les frais de scolarité, (comme tous l’ont fait ailleurs). Afin de vérifier si cette idée se tient debout, posons-nous une question judicieuse à savoir; serions plus avançés si des talents (provenant de milieux modestes), nous glisseraient entre les mains. D’un autre côté, d’associer un prix à tout service, responsabilise les gens.
    Faire preuve d’originalité; à l’encontre de notre rigidité d’origine religieuse; en offrant par exemple la gratuité aux plus méritants, créerait ainsi une saine dynamique à même de préparer les jeunes à la vie. Les connaissances, sans la maturité, mènent le plus souvent nulle part.

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Cet article de 1,317 a été rédigé par Jean-Roch Lapointe il y a 9 ans et 3 mois, le mercredi 3 mars 2010.

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