Le vendredi 22 janvier 2010

PolitiqueQuébec

Le MPIQ a 1 an, on devrait peut-être l’écouter…

Bonne fête et longue vie au Mouvement Pacifique pour l'Indépendance du Québec

L'indépendance du Québec ]

Par Louis-Joseph Benoit

Le MPIQ, c’est un groupe de jeunes de Montréal et de la Rive-Sud (Saint-Lambert surtout) indépendantistes qui veulent promouvoir l’Indépendance et la paix, ainsi que certaines idées sociales, en rassemblant des étudiants partageant cet objectif, pour résumer.

Il y a quelques jours, le Mouvement Pacifique pour l’Indépendance du Québec fêtait ses un an. Malheureusement, le départ d’un ami canadien dans la Réserve (de l’Armée Canadienne) pour Vancouver quelques mois, jumelé à un petit rhume, m’ont empêché d’être présent. Je trouvais d’ailleurs amusant de remarquer qu’en un sens, l’Armée Canadienne m’avait fait manquer la « fête » du MPIQ. Pour compenser, je me suis dit que ça faisait un certain temps que je n’avais pas publié sur internet quelque texte que ce soit, trop pris par l’écriture académique ou de loisir. Alors, de quoi parler en ce premier anniversaire de cette jeune mais dynamique et prometteuse organisation, si ce n’est de militantisme indépendantiste?

Le MPIQ, c’est un groupe de jeunes de Montréal et de la Rive-Sud (Saint-Lambert surtout) indépendantistes qui veulent promouvoir l’Indépendance et la paix, ainsi que certaines idées sociales, en rassemblant des étudiants partageant cet objectif, pour résumer. Ils sont une dizaine de militantes et militants très actifs, puis doivent avoir le double ou le triple de membres sympathisants travaillant occasionnellement avec eux.

Ils sont surtout actifs à Montréal, collaborant avec le RRQ et le Comité Souverainiste de l’UQÀM. Ils participent aux manifestations indépendantistes et organisent des activités de formations et culturelles. C’est eux qui se sont fait arrêter lors de la visite du Prince Charles, pour leur action de « bloquer une voie publique » en s’assoyant dans la rue, les bras levés, faisant ce V signifiant la victoire et la paix de leur doigts, ce qui ne les a pas empêchés d’être matraqués et menottés.

C’est une bande très accueillante et sympathique, de laquelle je devrais parler « nous » en fait. Mais j’en suis incapable et je vais expliquer pourquoi. Pourquoi au-delà des personnes merveilleuses que j’ai rencontré parmi eux et qu’il me fait toujours plaisir de fréquenter dès que je peux, au-delà donc des liens personnels, je suis incapable de vraiment me sentir lié à cette organisation, même si j’en suis officiellement membre et que j’ai développé des liens personnels avec ses membres… car je ne suis pas certains d’en être toujours digne pour tout dire.

Je suis un militant indépendantiste. En fait, j’en étais un plutôt. En ce moment, je suis plutôt un militant politique et partisan. Je suis VP dans l’exécutif jeune du PQ de Montréal-Centre, président du Bloc de Montréal-Ouest et impliqué au niveau jeune et à mon niveau local dans le Sud-Ouest de Montréal, pour être plus précis. C’est dans ce cadre que je me suis présenté un jour à l’une de leur réunion et que j’ai fait par la suite leur connaissance au fur et à mesure de bières, évènements et réunions.

Je n’ai jamais pu m’impliquer tellement dans leur organisation, outre que distribuer quelques tracts ou billets pour leurs activités. Pourquoi? Parce que je suis déjà bien trop occupé par mes responsabilités partisanes évidemment. Mais lorsque je vois leurs idées, leur type de militantisme et leur énergie, je ne peux m’empêcher de me dire que c’est exactement comme ça que j’entrevoyais le militantisme lorsque j’ai choisi de commencer à m’impliquer pour la cause nationale du Québec. Je leur en ai plusieurs fois fait part d’ailleurs.

Une fois, lorsque je lui redisais, en lui faisant part de toute mon admiration pour leurs actions lors de la manifestation contre la visite du Prince Charles, Thomas Deshaies me répondit quelque chose du genre « Ouais merci. C’est correct tsé, il faut différents types d’implication pour faire du Québec un pays. » par rapport à mon implication partisane. Ça m’a fait beaucoup réfléchir je dirais, bien que je doive aussi un remerciement à la répression policière monarchiste pour sa contribution à ma réflexion.

Comme militant partisan, je suppose qu’on pourrait dire que je suis un des jeunes leader de la région Montréalaise, bien que je ne me sois jamais considéré comme tel. Je n’aime pas le terme leader de toute façon. To lead, ça veut dire diriger. Je ne suis pas vraiment un dirigeant. Je me vois plutôt comme une sorte de lobbyiste dans les partis, tentant dans la mesure du possible de rassembler, puis de développer des bases organisationnelles plutôt que de gérer, dans l’espoir que les futurs « dirigeants » puissent mieux gérer justement, tout en faisant avancer mes idées.

C’est bien beau avoir de bonnes instances, mais pourquoi tout ce travail au fond? Pour l’Indépendance. Et des idées sociales aussi, mais passons ce sujet pour ne pas trop s’éparpiller. Pourquoi faire cela, alors que je pourrais à la place travailler directement à la cause comme ils le font? Parce que la politique, même si on ne s’en occupe pas, s’occupe de nous quand même. Il faut donc s’occuper de politique, mais pas tout simplement pour cette raison. Il faut le faire pour des valeurs.

Depuis quelques années, j’ai l’impression que nous (les partis politiques souverainistes) les avons perdues, ces valeurs. Moi-même à certains moments, je les oublie, trop pris que je suis à m’occuper de la politique sur le terrain. Ce n’est pas pour rien que nos résultats électoraux sont mitigés, notre membership famélique par rapport au passé, notre participation aux activités guère supérieure à ce qu’on peut voir dans les autres partis (alors qu’avant nous pouvions nous vanter avec raison de la participation populaire à nos actions politiques).

Dans mon cas plus particulier, je pourrais parler du relativisme grandissant des jeunes par rapport à l’idée de la souveraineté, de leur implication quasiment nulle à la vie politique, du taux de participation, pas juste chez les jeunes, mais chez les classes populaires (notre électorat naturel) de Montréal en générale. Ce n’est pas pour rien que les Québécois sont tout aussi nombreux qu’avant a être souverainistes dans les sondages, encore plus nombreux à croire que c’est faisable, mais qu’ils nous révèlent aussi un toujours plus grand cynisme face à l’idée que ça pourrait se réaliser un jour.

Ce n’est pas pour rien non plus que le PQ et le Bloc tournent autour des 35% depuis tant d’années, pendant que la souveraineté tourne autour des 45%. Ou encore comment Charest a beau avoir des passes impopulaires, nous sommes incapables de canaliser effectivement cette opposition.

Évidemment, c’est un cercle vicieux. Plus on s’éloigne de notre base, moins sa présence se fait sentir à l’interne ou dans la société pour qu’on y revienne. Moins il y a d’indépendantistes qui s’impliquent dans les partis ou votent pour eux, moins ces derniers ressentent l’existence de leur force et le besoin de la canaliser, ayant l’impression que ceux qu’on entend sont des marginaux, alors que ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Mais où ça a commencé? C’est un peu l’oeuf ou la poule embarquer là-dedans, mais je crois que plutôt que de jouer à qui a commencé à quitter qui, il faudrait plutôt que nos « dirigeants » politiques prennent la responsabilité qui vient avec leur poste.

De plus en plus, on peut être souverainiste et ne pas être péquiste et/ou remettre en cause l’utilité du Bloc Québécois. On peut s’impliquer pour faire du Québec un pays sans être dans ces partis. Ça ne se faisait pas avant. Bien que le mouvement souverainiste précédait le PQ (et le Bloc), ce sont ceux-ci qui lui ont permis de prendre son envol. Mais en un sens, c’est peut-être avantageux. Ça démontrera peut-être éventuellement que l’Indépendance, ce n’est pas l’affaire de quelques politiciens ou partisans obstinés. Que c’est vraiment une idée de fond, qui habite encore le coeur des Québécois (ou en tout cas, d’une majorité des francophones) et qui dépasse les partis, qui s’inscrit dans l’Histoire collective de notre peuple mais aussi dans les vies individuelles de millions de Québécois sous forme d’expériences et anecdotes.

Donc on perd peut-être là des forces au niveau partisan à court terme, mais on en gagne peut-être aussi au niveau de la société à long terme. Cela dit, ça pourrait être doublement avantageux si les partis canalisaient leurs forces à court terme en se reconnectant à celles-ci mais sans chercher à les avaler.

Reconnaître la patrie avant les partis et avant les personnes, comme disait Bernard Landry. Reconnaître qu’au fond le rêve du pays du Québec, ce n’est pas moi, avec mes titres quelconques, mes efforts pour pouvoir influencer les décisions du parti.

Reconnaître que ce rêve, c’est mon grand-père analphabète de Joliette qui a eu une vie de misère et n’a jamais cru en la politique ou voté, sauf en 1976 pour le PQ. Que c’est mon très stoïque père, s’effondrant à la table familiale au souper en 1980, n’étant toujours pas revenu de la défaite référendaire. C’est ma mère, qui émeut à chaque fois la famille avec ses vieilles chansons ou ses poèmes Québecois. C’est cette ex, qui ne pouvait s’empêcher de partir à pleurer en pensant au fait que même son coin, Repentigny, faisait partie de la vague adéquiste ayant mis en péril notre mouvement en 2007 et ayant frappé durement tant de jeunes militants. C’est mon petit frère dont le fils est élevé par une mère anglophone mais qui se force à lui apprendre à parler et compter en français et à en être fier (« I speak french » qu’il disait fièrement après chaque phrases en français, ce petit Nasir de 2 ans, la dernière fois que je l’ai vu). Puis c’est, surtout, mes amis qui se démènent, malgré le temps, les coûts, le travail, les études, à promouvoir ce rêve autour d’eux dans la société et se font frapper et arrêter par les représentants de nos institutions « démocratiques » pour ça.

Bonne fête et longue vie au MPIQ. C’est grâce à ces gens si certains d’entre nous continuent de faire la politique différemment. À condition qu’on (les partis politiques) continue à écouter, et à faire entendre leur message en se rappelant qu’« On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter »…

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Cet article de 1,604 a été rédigé par Louis-Joseph Benoit il y a 10 ans et 10 mois, le vendredi 22 janvier 2010.

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