Le lundi 8 mars 2010

QuébecPolitique

Le Québec doit pouvoir décider seul de ses orientations agricoles

Allocution de Gilles Duceppe devant la FCA

L'indépendance du QuébecCanada ]

Par Bloc Québécois

La vision québécoise de l’agriculture ne concorde pas avec celle du Canada. La nation québécoise doit avoir le droit de décider seule de ses orientations agricoles et des moyens pour les réaliser. Ce n’est pas au gouvernement fédéral à imposer ses règles et sa vision.

La vision québécoise de l’agriculture ne concorde pas avec celle du Canada. Pour le Québec, le poids total des désavantages dans le Canada est de loin supérieur à celui des avantages. C’est pourquoi le Québec doit dès maintenant prendre son destin en main afin de définir sa propre agriculture. En effet, il existe au Canada deux modèles agricoles distincts : le modèle québécois et celui développé dans l’Ouest canadien.

Bien sûr, les producteurs et les consommateurs, qu’ils soient québécois ou canadiens, partagent certains objectifs communs. Les producteurs québécois et canadiens s’entendent notamment sur les besoins criants en matière de soutien au revenu agricole, un dossier dans lequel le gouvernement Harper ne semble malheureusement pas pressé d’agir. Mais il existe aussi des différences fondamentales entre les modèles agricoles québécois et canadien. Au Canada, une majorité de producteurs favorise les exportations, tandis qu’au Québec, en raison du type de productions et de la taille plus modeste des fermes, c’est le commerce de proximité qui prédomine, d’où la nécessité pour le Québec de miser sur le développement de mécanismes collectifs, comme la gestion de l’offre.

Le Québec : un précurseur

Le Québec est fréquemment appelé à jouer un rôle de précurseur afin de développer lui-même les outils adaptés à sa propre réalité.C’est le cas notamment avec les normes d’étiquetage des ″Aliments du Québec″, de la certification biologique et de l’appellation des produits du terroir, de même qu’avec le système de traçabilité. Tous ces outils existent au Québec depuis plusieurs années, ils sont bien développés et sont encadrés de manière sûre et efficace

Avec énormément de retard, le Canada a finalement décidé de prendre exemple sur le Québec. Le problème, c’est qu’au lieu de s’inspirer concrètement des standards élevés du Québec, le gouvernement canadien adopte des règlements et impose des normes qui compromettent les efforts des artisans québécois.Ce frein fédéral à l’innovation et au dynamisme est extrêmement nuisible pour les agriculteurs québécois.

Miser sur la souveraineté alimentaire

Le Québec doit également miser sur le concept de souveraineté alimentaire, un concept central dans la vision d’avenir de l’agriculture québécoise. La nation québécoise doit avoir le droit de décider seule de ses orientations agricoles et des moyens pour les réaliser. Ce n’est pas au gouvernement fédéral à imposer ses règles et sa vision, quand le Québec sait mieux que quiconque ce qui lui convient. Je pense notamment à la gestion de l’offre, qui est un outil essentiel pour le développement de l’agriculture québécoise.

Développer notre propre capacité d’abattage

De plus, le Québec doit développer sa propre capacité d’abattage afin de ne pas dépendre des autres. En effet, l’industrie de l’abattage, qui a subi de plein fouet la crise de la vache folle, a été marquée par de multiples transformations et embûches au cours des dernières années. En raison des nouvelles règlementations fédérales concernant les matières à risque spécifié, l’abattage est beaucoup plus complexe et coûteux.

Dans le cas de l’entreprise québécoise Levinoff-Colbex, qui est le seul abattoir de bovins de réforme dans l’Est canadien, le coup est très dur à encaisser, et si le gouvernement fédéral continue de lui tourner le dos, l’entreprise devra fermer ses portes. Alors, c’est tout le Québec qui en souffrira!

L’importance de la relève agricole

L’avenir de l’agriculture se joue maintenant, et c’est particulièrement vrai au Québec, où les petites fermes sont extrêmement nombreuses, alors que dans l’Ouest canadien on trouve une majorité de grandes exploitations. En janvier 2005, en vue de trouver des solutions, le Bloc Québécois a organisé avec l’UPA un colloque sur la relève agricole. Ce colloque a été l’occasion de formuler une série de propositions portées par le Bloc Québécois à Ottawa, visant à favoriser les transferts intergénérationnels des fermes.

La souveraineté, la meilleure voie pour le Québec

La nécessité pour le Québec de sortir du Canada est vraie non seulement pour l’agriculture, mais aussi pour l’économie, l’environnement, la langue et la culture. En effet, 20 ans après l’échec de Meech, un constat s’impose: le Canada ne répondra jamais aux besoins du Québec.

Pendant ce temps, le Canada continue à se construire en fonction de ses intérêts et de ses valeurs qui, trop souvent, vont à l’encontre de ceux du Québec. Au même moment, le poids politique du Québec diminue. Et les conséquences sont très concrètes: on le voit avec ces assauts répétés contre la culture québécoise et contre la langue française; on le voit avec les derniers budgets qui font l’impasse sur les besoins économiques du Québec; on le voit avec cette politique canadienne du tout au pétrole qui va à l’encontre des intérêts stratégiques du Québec.

À titre de représentants des Québécoises et des Québécois à Ottawa, nous avons la responsabilité de défendre les intérêts du Québec, et nous allons continuer de l’assumer avec toute la détermination qui est nécessaire.

Il est clair qu’au Canada, il n’y a aucune volonté politique de répondre aux aspirations du Québec. Nous allons quand même continuer à faire notre travail et aller aussi loin que possible pour élargir la marge de manœuvre du Québec dans le Canada. Nous allons le faire de bonne foi, comme toujours, en essayant de réaliser des gains substantiels.

En même temps, en 2010, le Bloc va continuer à être un des fers de lance du mouvement souverainiste. Nous allons continuer à imaginer le Québec souverain et à mettre notre projet à jour continuellement. Quand les Québécois réaliseront que l’espoir d’une réforme du fédéralisme est illusoire et que la seule voie d’avenir pour le Québec, c’est la liberté politique, à ce moment-là, nous serons prêts à mettre en œuvre un projet de souveraineté clair et emballant.

Nous travaillerons simultanément à expliquer aux Canadiennes et aux Canadiens que la souveraineté du Québec profitera tout autant au reste du Canada. Je l’ai dit et je le répète, le Québec et le Canada ne partagent pas les mêmes intérêts et la même vision de leur développement. En ce sens, la souveraineté est la solution gagnante pour tous.

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  1. 1 Jean Paul Tellier Le 8 mars 2010 à 8h29

    La vraie souveraineté alimentaire

    C’est une agriculture de proximité destinée à alimenter les marchés nationaux. Le rôle de l’agriculture est trop important pour la traiter comme un simple bien économique. En ce sens il est nécessaire que notre gouvernement canadien ne participe en aucun temps à des négociations où l’on viendrait sacrifier notre agriculture sur l’autel du libre-marché.

    Avec l’indépendance,le Québec y parviendra assurément mais jamais en restant une province minoritaire dans la fédération monarchique du Canada.
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/12/15-la-vraie-souverainete-alimentaire.qc

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