Le samedi 5 mai 2012

PolitiqueQuébec

Congrès du PLQ, manifestations, émeutes: ça sent la révolution à Victoriaville

Le PLQ profite de la violence d'une infime minorité pour cacher un taux d'insatisfaction populaire de plus de 70%

Par Sylvain

Ça sentait la révolution hier à Victoriaville, alors que gaz, poivre et fumée entouraient l’hôtel le Victorin dans lequel s’auto-félicitaient les membres du PLQ. Des balles de caoutchouc ont été tirées à bout portant par les policiers; dentition éclatée, balles reçues à la gorge, un arrêt respiratoire, une oreille mutilée, des tympans éclatés, un oeil perforé, un traumatisme crânien, une luxation de la rotule, une hémorragie interne à la jambe, de nombreuses autres blessures non répertoriées, des arrestations arbitraires et de masse, des fouilles illégales, des barrages sur les ponts, sur les autoroutes, etc.

Du 4 au 6 mai 2012, dans le cadre de leur Conseil général, Jean Charest et sa famille libérale se sont barricadés dans un hôtel de Victoriaville transformé en bunker pour gens honnis et protégé par la Sûreté du Québec jouant le rôle d’une milice de dictature de fin de régime. Le printemps érable est loin d’être terminé.

Le PLQ, qui forme un gouvernement usé, corrompu et honni par plus de 70% de la population, croyait pouvoir fuir la grogne populaire en changeant le lieu de leur congrès qui devait se tenir originellement à Montréal. Rappelons que dès l’annonce du changement de programme la fin de semaine dernière, les étudiants en grève et des centaines de citoyens ont organisé des voyages vers Victoriaville. Le gouvernement savait ce qui s’en venait.

Congres PLQ VictoriavilleAu moins 55 autobus sont arrivés dans la capitale des Bois-francs hier en fin d’après-midi. En comptant les centaines de personnes qui sont venues en voiture et les Victoriavillois qui sont aussi en grogne contre le gouvernement Charest pour diverses raisons, entre 3000 et 5000 personnes ont marché vers le “bunker” libéral.

La grogne populaire contre le gouvernement Charest monte depuis plus de neuf ans. Quand un parti politique doit s’enfermer et se faire protéger par la police nationale, c’est véritablement le signe qu’il est temps d’aller en élections. Jean Charest croit peut-être que la grogne se limite aux dizaines de milliers d’étudiants en grève, mais il fait erreur. Depuis plus d’un an, si ce n’est pas deux, le gouvernement affiche un taux d’insatisfaction au-delà de 70%.

La marche, qui se voulait pacifique, a vite tourné aux affrontements avec la “milice” du gouvernement Charest. Les clôtures d’un mètre de hauteur qui entouraient l’hôtel Le Victorin à Victoriaville et qui devaient garder les milliers de manifestants à une centaine de mètres de l’entrée n’étaient là que pour les apparences. Il ne fallait que quelques fauteurs de troubles pour faire chambouler cette manifestation.

Une grogne populaire si intense ne peut être contenue par de simples clôtures, et les affrontements étaient à prévoir. Jean Charest le savait, et sa police s’était préparée; balles de caoutchouc, gaz, poivre, matraques, boucliers, hélicoptère, tank urbain, etc.

Ainsi, moins d’une minute après l’arrivée des milliers de manifestants aux abords du petit mur de la honte libérale, les clôtures ont été basculées. Il s’en est suivi trois heures d’affrontements.

Ecole avant la mafiaHier à Victoriaville, ça sentait la révolution, le gaz, le poivre, la fumée. Des balles de caoutchouc ont été tirées à bout portant par les policiers; dentition éclatée, balles reçues à la gorge, une personne en arrêt respiratoire, une oreille mutilée, des tympans éclatés, un oeil perforé, un traumatisme crânien, une luxation de la rotule, une hémorragie interne à la jambe, de nombreuses personnes en état de choc, des arrestations arbitraires et de masse, des fouilles illégales, des barrages sur les ponts, sur les autoroutes, des autobus entiers arrêtés sur la route, etc.

Le mur de la honte qui entourait le “bunker” de fortune et de la fuite de la famille libérale n’était là que par parure. Avant le 4 mai,  il y avait déjà eu des douzaines et des douzaines de manifestations à travers le Québec, particulièrement à Montréal. Le gouvernement tente de faire croire à la population que cette grogne ne provient que des étudiants en grève, mais c’est loin d’être le cas. C’est 70% de la population qui est, sondages après sondages depuis des mois, insatisfaite de ce gouvernement.

Le maire de Victoriaville, Alain Rayes, croit que la violence a été causée par une minorité d’individus qui n’ont rien à voir avec la cause défendue au Québec par des milliers de personnes.

Le Parti libéral du Québec tente vulgairement de tirer profit de la plus grande crise politique qui secoue la province depuis 42 ans. Le gouvernement s’appuie sur la violence d’une infime minorité pour ignorer les demandes de centaines de milliers de personnes. Ce gouvernement provoque les conflits et s’en sert de propagande afin de s’accrocher au pouvoir. Jean Charest a choisi de diviser pour régner.

En terminant, citons Patrick Lagacé, qui fait un constat très juste de la situation ce matin dans la Presse1:

Au moment d’écrire ces lignes, pour la première fois, le gouvernement négocie vraiment avec les étudiants, qu’il a convoqués hier à 16 h, à Québec. À la table : le négociateur de Québec ainsi que la ministre Line Beauchamp et la présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne; les trois associations étudiantes, de l’autre.

Le hic, c’est que cette réunion aurait dû avoir lieu il y a des semaines. Elle aurait dû avoir lieu, tiens, quand les manifestations n’avaient pas encore été piratées par les amateurs du lancer du pavé. Après le 22 mars, par exemple, quand plus de 100 000 étudiants avaient défilé, pacifiquement, joyeusement, à Montréal.

Jean Charest veut démontrer qu’il veut discuter, mais pendant les discussions à Québec, lui a réitéré que sa décision était finale quant à la hausse des droits de scolarité. À Victoriaville, il n’y a pas seulement des étudiants. Les milliers de personnes qui ont manifesté représentent le 70% de la population qui n’est plus capable d’entendre le nom de Jean Charest. Quand ce dernier s’adresse à la population, c’est à son 30% de larbins fédéralistes, et eux forment la minorité du Québec. Un gouvernement qui tente de diriger pour la minorité derrière la protection de la police nationale qui matraque, mutile, gaze, arrête arbitrairement, etc, un gouvernement qui règne dans l’adversité et profite d’un climat social instable, un gouvernement qui fait fi de manifestations à répétition, qui nie la tête dans le sable les allégations de corruption et de collusion, ça s’appelle ni plus ni moins un gouvernement de dictature. Monsieur Charest, vous ne pourrez pas mettre en prison 70% de la population. Allez en élections, maintenant.

  1. La saleté accumulée []

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  1. 1 Francis Robillard Le 5 mai 2012 à 7h02

    On fait grand cas des 70% d’insatisfaction quand on sait que ce gouvernement majoritaire à été élu avec l’appuis de seulement 24 à 30% de la population.

    Ce n’est pas seulement une question de refonte de notre oligarchie parlementaire en une démocratie plus ou moins proportionnelle! Ce sont les contre poids du pouvoir qui sont ou muets ou inexistants dans notre société.

    Pour un gouvernement, une élection est-elle un chèque en blanc? La lâcheté et l’incurie de politiciens doit-elle toujours se justifier derrière le bras de la justice, une justice qui est nommée dans un processus incestueux ou l’éxécutif couche avec le législateur? Ou la police fini par juger et déclarer illégale l’expression non d’un groupe mais de la population? Qui protège le peuple quand la police, pour protéger la tête de la corruption tire des balles de plastique sur nos enfants, des vieillards ou des poucettes?

    Il y a quelques siècles, l’armée britannique enfermait les révoltés dans des églises, femmes et enfants, pour y mettre le feu, sous l’oeil complice et même rieur de ce qui allait devenir des canadien-français. Il y a un peu plus d’un siècle, les métis et Louis Riel étaient assasinés et génocidés par le Canada et son dominion de provinces en expensions, toujours sous l’oeil complice d’une bande de canadien-français, heureux de son sort sous la poigne de fer d’une église ultramontaine. Peut-être est-il temps d’arrêter de rire et pensé à notre avenir?

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