Le samedi 12 avril 2008

Québec

Entente secrète Radio-Canada – La Presse: Un journaliste de Gesca se confie!

Par RRQ

À la lumière de ces confidences et de bien d’autres informations également, il est clair qu’il se passe des choses fort inquiétantes dans les officines de Radio-Canada et de La Presse. À l’évidence, je ne suis pas le seul à le penser. Que les langues commencent à se délier, c’est décidément une bonne chose.

Les révélations faites par Le Québécois au sujet de l’alliance tacite qu’ont scellée La Presse et Radio-Canada en 2001 semblent avoir créé bien des remous dans le milieu journalistique. C’est enfin ce qu’il faut déduire du fait que quelques artisans du monde des médias ont contacté Le Québécois à ce sujet; certains pour remettre en question la teneur de l’article que j’ai publié sur mon blogue jeudi soir et envoyé dans une liste d’envoi comptant plusieurs dizaines de milliers de correspondants, mais la plupart pour me donner pleinement raison. Que les langues se délient enfin, c’est bon signe!

Le premier professionnel de l’information (oeuvrant à Radio-Canada) à s’être manifesté l’a tôt fait hier matin. Selon lui, toute notre analyse ne serait qu’élucubration. À ses dires, il serait tout à fait normal que Radio-Canada signe des ententes avec l’ultra fédéraliste quotidien La Presse, et ce, derrière des portes bien closes. Les citoyens n’auraient pas à s’en inquiéter outre mesure et ne devraient surtout pas poser de questions. Après tout, il est tout à fait acceptable qu’une société d’État exige 350$ aux citoyens pour rendre publics des documents (prétendument perdus en plus) que leur argent, à l’origine, a servi à produire. La transparence n’est pas un concept qui semble intéresser notre bougre, c’est le moins que l’on puisse dire.

La position de ce premier professionnel de l’information n’est toutefois pas partagée par le syndicat des communications de…Radio-Canada. Les échanges que j’ai eus avec certains d’entre eux m’ont permis d’apprendre que ledit syndicat était pleinement d’accord avec moi et qu’il s’apprêterait même à déposer une plainte contre la direction de Radio-Canada à cause de l’omniprésence des chroniqueurs de La Presse sur les ondes radio-canadiennes. Il est vrai que pour chaque minute que Pratte ou Marissal passent à l’antenne de la radio ou de la télé publiques, c’est un professionnel de l’information de Radio-Canada qui ne peut le faire! Ah! que les questions d’argent constituent un sujet sensible!

Un journaliste de Gesca se confie!

Mais la conversation la plus intéressante que j’eus à ce sujet, ce fut avec un journaliste oeuvrant au cœur même de la bête gescaïenne. Celui-ci m’a appelé pour me féliciter d’avoir obtenu des premières preuves officielles par rapport à l’entente unissant La Presse et Radio-Canada. D’emblée, ce journaliste m’a raconté qu’à l’époque, les gens de Power Corporation avaient fait le tour des salles de presse des journaux appartenant à Gesca pour interdire aux journalistes qui couvraient Radio-Canada de continuer de le faire en adoptant des points de vue critiques. « Les gens de Power Corporation qui oeuvrent à Montréal sont des voyous, des gens brutaux. Ils ont accroché des journalistes par le collet et leur ont clairement dit, en utilisant un vocabulaire de voyous bien sûr, que c’était fini les critiques contre Radio-Canada »! Ceux qui n’ont pas accepté de se plier à de tels ordres dignes de La Pravda ont tout simplement obtenu de nouvelles affectations qui ne concernaient pas Radio-Canada. Ce qui a fait dire à notre source: « Power Corporation ne contrôle pas l’information. Power Corporation étouffe l’information »! Si c’est un journaliste de Gesca qui le dit, et non moi, ça doit être parce que c’est vrai!

Notre journaliste qui en avait à l’évidence long à dire nous a également donné des précisions par rapport au contenu de l’entente de 2001 qui a uni La Presse et Radio-Canada. Comme je l’écrivais dans mon premier texte sur le sujet, la présence de La Presse sur les ondes du média d’État est facilement perceptible pour tous les auditeurs et téléspectateurs. Mais je disais du même souffle qu’il était moins évident de sentir la présence de Radio-Canada dans les pages de La Presse. À ce sujet, ma source m’a fait remarquer que Radio-Canada avait obtenu, grâce à cette même entente de 2001, un traitement privilégié par rapport au guide télé-horaire lancé par Gesca à la même époque et qui prit le nom de Voilà. Louise Cousineau, chroniqueur télé, avait justifié ce « mariage entre La Presse et Radio-Canada » en pointant du côté de Quebecor (La Presse, 25 août 2001). Elle expliqua que Radio-Canada se sentait lésée dans le traitement que lui réservait Quebecor dans ses magazines et qu’elle avait donc décidé de s’associer à Gesca, en lançant Voilà, pour mieux faire face à la concurrence qui lui offrait TVA, la télé de Quebecor. Louise Cousineau terminait son article en disant : « On ignore combien Radio-Canada investit d’argent dans Voilà! ».

Notre source qui est tout a fait digne de confiance nous a garanti, elle, le savoir. Enfin en partie. Elle nous a révélé que Radio-Canada aurait investi au départ pas moins de 3 millions$ de fonds publics dans l’aventure Voilà. « C’est Radio-Canada, en quelque sorte, qui assumait le risque associé au lancement de cette nouvelle publication. Les dettes, ç’a aurait été Radio-Canada qui les aurait épongées », nous a-t-il dit. Tous les détails de ce type, toujours selon notre source, se retrouveraient dans le contrat signé en août 2001 (et non dans l’entente de principe signée en janvier 2001 et dont Le Québécois a obtenu copie) par Radio-Canada et La Presse et que la société d’État refuse bien évidemment et obstinément de remettre à notre journal indépendantiste. Faudra donc que nous augmentions la pression dans ce dossier afin de poursuivre la mission consistant à mettre à mal la culture du secret du camp fédéraliste et de ses médias.

À la lumière de ces confidences et de bien d’autres informations également, il est clair qu’il se passe des choses fort inquiétantes dans les officines de Radio-Canada et de La Presse. Du côté de Radio-Canada, notre source nous a indiqué – en guise d’exemple- que diverses manigances étaient orchestrées pour contourner les règles fixées et qui imposent à ladite société d’État de faire preuve de beaucoup de transparence dans les dossiers concernant l’attribution de contrats dont la valeur surpasse les 200 000$. « Afin de garder secrètes ses opérations, Radio-Canada fractionne ses contrats, afin de ne jamais dépasser les 200 000$ », a fait valoir notre source, ce qui expliquerait pourquoi il n’y ait que très peu d’appels d’offres lancés par la direction de ce média d’État. Du côté de Power Corporation, les employés sauraient eux aussi marcher au pas, de façon à s’éviter des problèmes avec les « voyous » de la direction. Les employés savent de quoi parler et identifient très bien les sujets qu’il ne faut surtout pas aborder. Qui plus est et parce que les comportements de Power Corporation seraient régulièrement questionnables, les cadres de l’entreprise resteraient longtemps en poste. « C’est une culture d’entreprise. Il est ici question d’une façon d’acheter le silence des cadres qui sont témoins de certains trucs en leur garantissant un emploi quasiment à vie », a affirmé notre source.

On l’aura compris, notre source-journaliste a une piètre opinion du monde des médias québécois en général, et de l’empire Desmarais en particulier. Et il a bien raison. Afin de justifier son opinion, il nous a d’ailleurs dit : « On assiste présentement à l’aplatissement du métier de journaliste. Il n’y a plus de débats au Québec, on n’a plus le droit de rien dire. La Presse, c’est devenu un gros journal de plogues, et rien d’autre ».

Et dire que l’on m’accuse régulièrement d’exagérer lorsque je dis que le système médiatique au Québec est contrôlé par on sait qui et que cela mine les bases mêmes de la démocratie. À l’évidence, je ne suis pas le seul à le penser. Que les langues commencent à se délier, c’est décidément une bonne chose. C’est pourquoi nous devons continuer le combat!

Patrick Bourgeois

5 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 La trinité Radio-Canada-La Presse-Rockland MD « Renart L’éveillé / Carnet résistant Le 14 avril 2008 à 16h33

    […] premier billet, paru sur le site Amériquébec, fait état des dernières informations au sujet de la fraternité Radio-Canada-La Presse et des […]

  2. 2 Claude Gelinas Le 17 août 2008 à 11h05

    La convergence des salles d’information devrait inquiéter tous les citoyens qui se voient privés d’une saine divergence des opinions.

    Le plus inquiétant, c’est de constater que tous les bulletins de nouvelles se ressemblent, malgré l’évidence qu’il ne s’est pas passé que “10 choses bien spécifiques”, dans une journée donnée.

    La vie est une mosaïque complexe et il semble qu’il n’y a que l’internet qui lui rende véritablement justice.

  3. 3 mr-bark Le 17 septembre 2008 à 21h26

    voilà, c’est just eun petit mot pour te dire que j’apprécie l'(esprit dont tu fais pruve 🙂

  4. 4 Pourquoi La Presse s’acharne-t-elle sur le Bloc? | L'Électron Libre Le 21 septembre 2008 à 22h44

    […] dédie ce billet à tous ceux qui ont le courage de dénoncer l’utilisation par Power Corporation de son groupe de presse Gesca […]

  5. 5 jean cllaude pomerleau Le 7 décembre 2008 à 12h31

    Gesca-La Presse, en mission pour sauver le soldat Harper
    …….

    La crise qui menace l’unité du pays prime sur les intérêts supérieurs du Québec, selon André Pratte.

    Réagissant à la crise politique qui se développe à Ottawa, M André Pratte, éditorialiste du journal La Pesse qui a compris la gravité de la situation, a exprimé à 2 reprises ses craintes qu’elle pourrait mettre en cause l’unité du pays. C’est pourquoi, en mission pour sauver le soldat Harper, il lui recommande de céder (1). Si non la prise du pouvoir par la coalition risque de mettre ’’en marche un engrenage qui, à terme, nuira à l’unité du pays.’’ (2). Ses craintes sont justifiées.

    L’éviction du pouvoir des Conservateurs de Harper par une coalition formée des libéraux et du NPD appuyée par les ’’séparatistes’’ du Bloc ne resterait sans réponse de la part de l’Ouest. Répondant à cette provocation, les premiers ministres l’Alberta et de la Saskatchewan ont demandé aux chefs des partis à Ottawa de reprendre leurs esprits et ne pas donner suite à leurs scénarios, si non la réplique risque d’être drastique. Et leur plan stratégique est déjà arrêté. Pour en avoir un aperçu il convient de revenir sur une déclaration qu’ils ont fait au début de la campagne électorale et qui n’a pas été reprise dans les médias francophones, malgré sa gravité.

    Dans une déclaration conjointe, les premier ministres de l’Alberta et de la Saskatchewan ont fait, en effet, une mise en garde sans équivoque dans la perspective où les libéraux prendraient le pouvoir et imposeraient une politique qui nuirait à leurs intérêts énergétiques :

    « Alberta Premier Ed Stelmach even warned that national unity could become an issue if any federal political parties try to make electoral gains at the “expense” of certain regions. (…) Both Mr. Stelmach and Saskatchewan Premier Brad Wall are worried that the Liberals’ proposed environmental policies, including a carbon tax, would kill off foreign investment in the energy sector and raise production costs” (3)

    La menace est sérieuse :’’¨Ça leur prendrait pas grand-chose », c’est ce que me disait mon voisin de table au restaurant en mars derrnier, M André Caillé, ex P.D.G. d’Hydro Québec, lequel revenait justement d’Alberta. Reste à voir qu’elle sera la détermination des libéraux face à cette confrontation majeure qui se dessine entre l’Est et l’Ouest. A cet effet, lors de la derniere campagne électorale, j’ai eu l’occasion de croiser M Justin Trudeau et j’en ai profité pour lui poser une question sur l’attitude qu’un gouvernement libéral aurait face a l’Ouest.

    “M Trudeau, êtes-vous prêt à assumer le rapport de force avec l’Ouest pour imposer votre politique sur l’environnement comme l’a fait votre père dans le cas de la politique nationale de l’énergie ?” Il a hésité, mais j’ai insisté : “Monsieur, êtes vous prêt à assumer l’héritage de votre père ?. Il a redressé le torse et m’a répondu :”Monsieur je suis un Trudeau”. Je lui ai répondu que la perspective d’une confrontation entre Ottawa et l’Ouest me réconfortait (Pourvu que Justin tienne parole). Sachant que la filière Trudeau a mis a l’écart M Ignatieff au profit de M Dion a la tête de la coalition, cela augure bien pour la suite des choses : Un gouvernement centralisateur a Ottawa en collision frontale avec les séparatistes de l’Ouest !

    C’est cette perspective d’une confrontation entre l’Est et l’Ouest qui fait craindre à M.Pratte pour l’unité du pays. C’est pourquoi il est en mission pour sauver le soldat Harper. Même si ce sauvetage nuirait aux interêts supérieurs du Québec qui seraient clairement mieux servis par le plan de relance de la coalition que l’énoncé économique de M.Harper.

    Entre l’intérêt du Québec et celui de son patron, Paul Desmarais, le choix de M Pratte et la brigade de Gesca n’a rien pour nous surprendre.

    (1) http://www.cyberpresse.ca/opinions/editorialistes/andre-pratte/200811/29/01-805723-m-harper-doit-ceder.php

    2.http://www.vigile.net/A-l-opposition-de-reflechir

    3.http://www.theglobeandmail.com/servlet/story/RTGAM.20080909.welxnwest0909/BNStory/politics/home

    — Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
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    Vos commentaires:

    *
    Gesca-La Presse, en mission pour sauver le soldat Harper
    3 décembre 2008

    La pétrolière Total S.A. (France), (dont M Paul Desmarais est actionnaire de référence) songe a acheter la pétrolière Nexen de Calgary. Les intérêts de M Paul sont de plus en plus proche de ceux des conservateurs de M Harper. Cela explique la position de la brigade de Gesca contre la coalistion qui sortirait Harper du pouvoir.

    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/article/20081203/LAINFORMER/81203002 /5891/LAINFORMER01

    JCPomerleau

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Cet article de 1,262 a été rédigé par Réseau de Résistance du Québécois il y a 11 ans et 2 mois, le samedi 12 avril 2008.

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