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Amériquébec - Blogue du Québec en Amérique - Actualités et opinions

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Éducation

Alors qu'on peut lire sur le site internet du parti libéral du Québec qu'on dégèlera les frais de scolarité pour un petit 2$ par semaine (comme ils se plaisent à banaliser), pour un 100$ par année de plus chaque année pendant 5 ans, il n'en est rien.

Jean Charest promet une hausse de 500$ par année après 5 ans comparé aux frais actuels. Il n'a évidemment pas parlé d'encadrer les frais afférents, qui eux aussi augmentent chaque année. Cependant, Jean Charest ment lorsqu'il parle d'une hausse totale des frais de 500$, car il s'agit d'une hausse totale de 1000$ par année! Loin d'être une hausse raisonnable pour les étudiants qui se disent d'accord avec une certaine hausse des frais, cette hausse est vicieuse et en plus de cela, on nous ment, carrément!

Pour mieux comprendre les effets d'une hausse des frais, regardez le tableau suivant.

Vraie hausse des frais de scolarité du PLQ

Comme vous le voyez, il ne s'agit pas d'une augmentation de 100$ par année pendant 5 ans, mais plutôt de 150$ pour la première année et de 200$ pour les années qui suivent. En 2012, ce ne sont pas 500$ de plus par année que les étudiants vont payer, mais bien 1000$!!

On parle aussi de cette hausse malhonnête sur un autre blogue

Pas convaincus? Appelez-vous même au Parti libéral, ils vont bel et bien vous le confirmer! Le pire là-dedans, c'est que cette modification de l'augmentation des frais de scolarité est CONTRAIRE À CE QUI A ÉTÉ VOTÉ par les membres du parti!

On dis souvent qu'au Parti Québécois, il y a beaucoup de débat interne et de divisions parfois. C'est parce qu'on écoute ce que le monde ont à dire! Au parti libéral, les gens votent, mais ce qui est adopté en bout de ligne se fait à l'envers de l'opinion des militants du parti! Je suis sûr que plusieurs d'entre eux ne le savent même pas encore, puisqu'il est écrit dans le programme qu'il s'agit d'une hausse de 100$ par année.

Pourtant, si vous jetez un coup d'oeil sur un sujet spécifique du forum des Cowboys Fringants, voici ce qu'on y apprend:

Je débarque du téléphone avec une représentante des Libéraux…

Et vous avez raison. [Parlant de la hausse de 1000$ plutôt que de 500$]

Mais ce n'est:
1) pas ce qu'on nous disait la semaine dernière.
2) SURTOUT pas ce qui a été voté par les membres présents au conseil élargi, spécialement par les jeunes Libéraux.

Pour terminer, si vous n'êtes toujours pas convaincu des mensonges de Jean Charest sur l'augmentation des frais de scolarité, jetez un petit coup d'oeil sur ce vidéo d'une journaliste de Radio-Canada qui explique bien la réalité. Elle explique que Jean Charest nous ment lorsqu'il parle de 1 dollar investi par les étudiants et 10 par le gouvernement. En réalité il s'agit plus de 1 pour 1, tout au plus 1 pour 2.

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Je me permets d'annoncer ici la mise-en-ligne du nouveau site des Techniques d'intégration multimédia du cégep de Sainte-Foy.

C'est là que j'ai étudié durant les trois dernières années, et c'est en partie grâce à cette technique si aujourd'hui je suis multidisciplinaire dans le domaine du web.

Chaque année, le site de la technique est remis-à-jour. En projet de fin de technique, il faut le refaire complètement. Évidemment, il y a derrière ça un petit concours, et ce sont ceux qui récoltent le plus de votes qui voient leur site mis en ligne.

Bravo à Alexandre Moreau, Raphaël Riel, Jean-François Breton et Dominic Bellavance!

P-S: Excuse-moi encore Alex si j'ai cassé votre prix, j'ai pas fait exprès :? (une bouteille d'alcool)… 

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Hey boy, bonne chance à celui qui veut écouter ça! C’est HORRIBLEMENT long! La qualité est très spéciale. C’est parfois de mauvais goût!

Qu’est-ce que c’est? C’est le spectacle des finissants de la cohorte 2002 au centre éducatif Saint-Aubin de Baie-St-Paul. Ça aura servi à rammasser des sous pour le bal. Il y a eu deux représentations.

Il y a de tout la dedans dans le désordre: sketchs d’Harry Potter.. de Lara Croft (de très mauvais goût, c’est très drôle, ça commence à la 33ième minute, aussi à la 38ème minute et 57ème, 1h05 et 1h08 etc.). Aussi des sketchs du Seigneur des anneaux et de La matrice.

La présentation des profs, des shows de danse de claquettes avec les filles de l’équipe de volleyball..

Des shows d’humour drôles ou non…

Aussi certaines font une chanson sur le suicide.

Une partie de Bingo intermibable mais je reconnais juste Nadia…

Après on présente les pairs aidants de St-Aubin.

Puis une chanson acapella.

Ensuite Matthieu et Joé font un autre sketch sur la cigarette et comment arrêter de fumer.

Mylène qui joue du piano (ayoye mes yeux!) et des gens au hasard ont décidés de chanter Stand By Me (mais c’est vraiment à botch, ça avait tellement été préparé à la dernière minute pour boucher des trous de temps haha) Des fois on entend le monde murmurer parce qu’ils ne savent plus quoi dire et il font tout le temps dire finalement “Stand By Me”.

Ensuite Mylène qui joue du piano et chante (Ayoye mes oreilles) accompagnée d’une flûte.

Une autre chanson après encore.

Des jams de Tam Tam, des petits shows de musique par-ci par-là… des trucs drôles et parfois moins drôles… j’en oublie en masse, ça dure quand même presque 3 heures ça la!

Et aussi un cover de Weezer.

Y’a aussi à la fin la toune des finissants. On me voit apparaître tellement subtilement que j’ai du reculer pour vérifier! J’étais où tout ce temps? Hé bien, si c’est moi qui ouvrait et fermait les rideaux!

Mais juste avant, je sais pas qui avait décidé de qu’il fallait faire ça, mais pratiquement tous les finissants sont allés chanter Aimer en avant sur la scène… :S Il y avait même du monde accrochés qui faisait des oiseaux qui volent!

Finalement, le dernier 20 minutes, c’est des images de la deuxième représentation le lendemain. La première a eu lieu le 7 mai 2002 et la deuxième le 8 mai 2002.

Vous rendez-vous compte que vous avez la chance d’accéder à du matériel et un contenu exclusifs que vous ne trouverez jamais ailleurs, WOW!

Attention, la fin est assez raide!

C’est très drôle, en tout cas, moi je trouve ça très drôle et j’espère que dans 20 ans on pourra encore retrouver ce vidéo et en rire.

À noter que si un finissant ici ce sent offensé, bien vouloir me le dire. J’ai déjà enlevé ce vidéo de Google Vidéo car des gens n’étaient pas content. J’ai enlevé les noms de la majorité des gens aussi dans la description question de rendre ça plus anonyme. Cette page est donc la dernière où se trouve le vidéo.

Modification du 17 octobre 2006: vidéo enlevé à la demande de certains étudiants. De retour dans 10 ans peut-être. À moins que je recevoir 150 commentaires réclamant le retour du vidéo!

Modification du 2 juin 2007: vidéo remis pour un moment indéterminé.. profitez-en!

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Je suis tombé sur cet article venant de l'Observatoire d'études Géopolitiques (OEG) qui parle du Québec et de l'Amérique française. Je le reproduis intégralement ici car je crois que ce texte peut en apprendre beaucoup sur l'histoire du Québec à tous ceux que ça intéresse.

Attention, il s'agit d'un texte plutôt long mais vraiment enrichissant. 

Pour voir l'article original, c'est ici!

Le Québec, l'Amérique en Français

Zeina el Tibi

Vestige d'une époque où, sous Louis XIV, l'Amérique française s'étendait du Labrador aux bouches du Mississippi, la francophonie d'Amérique représente plus d'une vingtaine de millions de personnes. Celles-ci sont réparties dans plusieurs endroits: au Canada (Nouveau-Brunswick, Ontario, Manitoba), au Québec, Haïti (7,5 millions), aux Etats-Unis où résident de nombreuses, en particulier en Louisiane et dans certains États de la Nouvelle-Angleterre (Maine). Il existe par ailleurs trois départements français d'Amérique (Guadeloupe, Martinique, Guyane) et une collectivité départementale (Saint-Pierre et Miquelon) : au total près d'un million de personnes. Il faut aussi mentionner que la Dominique et Sainte-Lucie sont membres de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Aujourd'hui le cœur de cette francophonie américaine est le Québec.

Trop souvent le Québec reste mal connu. Quelques clichés et réminiscences servent le plus souvent de point de repères : les superbes espaces couverts de neige, les batailles de Montcalm, le récit de Maria Chapdeleine, le discours du général de Gaulle sur le Québec libre, le succès international des chanteurs et artistes au bel accent chaleureux. Comme tous les clichés ceux-ci ont leur part de vérité, mais ils sont loin de donner une idée exacte de la réalité québécoise qui est à la fois plus complexe et plus riche.

Une réalité complexe

1 700 000 kilomètres carrés 7 500 000 habitants. Plus étendu que la France métropolitaine, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie réunies, avec une population inférieure à celle de l'Autriche, le Québec qui s'étend des Etats-Unis jusqu'aux mers boréales, est une terre de paradoxes. Il est la plus grande des provinces de la confédération canadienne, mais il est loin de se réduire au Canada. Naturellement imprégné par son appartenance au continent américain, il reste à cheval entre le nouveau et le vieux continent. Le peuple québécois est le plus européen des peuples du nouveau continent pourtant il fait partie des plus anciens Américains ; il est «le premier qui a navigué sur le Saint-Laurent, sur l'Ohio, le Wisconsin, l'Illinois, le Mississippi et le Missouri» . Constituant une partie importante de l'Amérique, il est surtout l'Amérique en français. Enfin, ce peuple, marqué par la tradition et dont la devise est «je me souviens», est aussi l'un de ceux qui figurent dans le peloton de tête des pionniers des nouvelles technologies.

Pays de paradoxes et de contrastes, le Québec est aussi celui de toutes les interrogations. Comment quelques dizaines de milliers d'hommes et de femmes, brusquement coupés, voire délaissés, de la mère-patrie et livrés à un occupant qui n'a jamais cessé de vouloir les assimiler, ont-ils pu résister et devenir une nation prospère? Il y a là une sorte de miracle.

Comment cette nation a-t-elle su utiliser ses compétences pour construire un modèle, le fameux «modèle québécois» qui est une façon de penser, d'exister, de travailler, de se gouverner, de voir l’avenir et d'entretenir un sens de la collectivité qu’on ne trouve pas ailleurs en Amérique?
Comment le pays des libres coureurs des bois et des ardents paysans travaillant une terre rendue difficile par la rigueur du climat, a réussi à se hausser par ses propres forces au premier rang des grands pays industrialisés?

Comment le terme de québécois a-t-il peu à peu remplacé celui de canadien-français? Enfin, pourquoi les Québécois n'en finissent pas d'une interminable valse-hésitation sur la question de l'indépendance?

De la survivance à la nation québécoise

L'histoire du Québec est avant tout celle d'un combat, d'une résistance.

En effet, depuis sa découverte et sa prise de possession par Jacques Cartier au nom du roi de France, en 1534, le pays a connu bien des vicissitudes. C'est d'abord une colonie puis une province française. Dans cette province lointaine naît peu à peu un particularisme, une Amérique française. Mais les Anglais installés en Nouvelle-Angleterre ne cessent de harceler les Français. En 1755, ils s'emparent de la région de Port Royal et déportent les Acadiens. Le 17 mai 1756, George II déclare officiellement la guerre à la France. C’est le début de la guerre de Sept Ans. En Amérique, les Français, aidés par les tribus d'Indiens, commencent à combattre les Anglais en Nouvelle-Angleterre. Commandés par Montcalm, les Français remportent d'abord de nombreuses victoires mais l'Angleterre ne cesse d'envoyer des troupes alors que le roi de France qui fait face à une terrible guerre en Europe ne peut guère venir au secours de Montcalm. Le 13 septembre 1759, Québec tombe. Un an après c'est le tour de Montréal. En 1763, le traité de Paris arrache à la France toutes ses possessions en Amérique du Nord à l'exception de Saint-Pierre et Miquelon.

Après le traité de Paris, on ne donnerait pas cher de la survie des 70 000 Français d’Amérique du Nord, que l’on appelle les Canadiens, face aux colonies britanniques qui comptent 1 500 000 personnes. La preuve même qu'il existait déjà un peuple, avec son identité, est que cette poignée de personnes ne va disparaître. Plus encore, l'intrusion d’un nouveau pouvoir étranger par sa culture, sa religion, ses intérêts, va conduire à une conscience nationale et politique Les Canadiens français arracheront pièce à pièce la reconnaissance de leur droits mais ils devront toujours de montrer vigilants contre les tentatives de leur retirer ou de réduire leur société distincte.

Le 1er juillet 1867, l’Acte d’Amérique du Nord est promulgué par la reine Victoria. C'est une sorte de Constitution qui vise à créer une unité canadienne tout en respectant les particularités de chaque région. L’Acte fait du Canada un Dominion regroupant quatre provinces : l'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Entre 1870 et 1873, la fédération sera rejointe par le Manitoba, la Colombie britannique et l'Île-du-Prince-Edouard. Les pouvoirs des provinces et de l’Etat fédéral, le nouveau Canada, sont délimités. Les règles de l'utilisation des langues officielles, l’anglais et le français, sont fixées : le bilinguisme est obligatoire au Fédéral et au Québec, facultatif ailleurs. Sur le plan juridique, le Québec garde les lois civiles françaises. Toutefois, contrairement à ce que souhaitent les Canadiens français, le pouvoir de l’Etat fédéral reste très prépondérant, notamment sur le plan budgétaire et l’autonomie des provinces est battue en brèche par un pouvoir centralisateur. La cohabitation reste donc fragile entre Français et Anglais. Et c'est une nouvelle lutte qui s'engage pour la reconnaissance de la diversité des Canadiens français et la défense de leur langue. La défense de la langue française sera d'ailleurs au centre de tous les combats.

En 1931, le Canada obtient l'indépendance de jure grâce au Statut de Westminster. Cette indépendance est accueillie froidement par les Canadiens français qui souhaitent que la fin du dominion britannique soit l'occasion de revoir la situation de leur pays au sein de la fédération. Elu premier ministre en 1936, Maurice Duplessis s’oppose à l’intrusion du gouvernement fédéral dans les compétences provinciales mais son conservatisme inné le freine dans ses revendications nationales. Le gouvernement conservateur perdure jusqu'en 1959 date à laquelle s'ouvre la fameuse Révolution tranquille qui va modifier le visage du Québec en le faisant accéder à la modernité, d’une part, et en affirmant plus catégoriquement son identité nationale, d’autre part.

Sur le plan social, les réformes sont nombreuses. Jean Lesage et son «équipe du tonnerre » mettent sur pied un appareil étatique renforcé qui veillera à récupérer des compétences et des pouvoirs et à adopter une série de mesures sociales qui assureront une meilleure distribution des biens et des services. Le développement économique devient une priorité pour un gouvernement qui a fait du keynésianisme une règle de conduite. L'éducation nationale est l'autre grande priorité de l’équipe de Lesage qui entreprend de réformer le système scolaire sous influence religieuse. Le fait majeur de la réforme est la création du ministère de l’Éducation du Québec. L’accent est également mis sur la recherche et la modernisation du pays. De grands travaux sont lancés dans la perspective de l’Exposition universelle de Montréal, prévue en 1967. Enfin, dès 1962, Hydro-Québec acquiert les sept plus grandes compagnies de distribution d’électricité du Québec et devient l’une des grandes compagnies mondiales d’électricité. Sur le plan social, la condition de la femme évolue. Les changements sont également importants sur le plan socio-culturel. Les idées nouvelles foisonnent dans la littérature, le cinéma, la chanson et le théâtre.

Mais la Révolution tranquille marque aussi un nouvel élan du mouvement national. Désormais, le terme de Canadien français ne s'emploie plus que pour les francophones des autres provinces du Canada. Il s'efface au profit de celui de Québécois. Un peuple et une nation sont nés. En l'espace d'un peu moins de deux siècles, on est passé de la survivance des Canadiens français à l'affirmation d'une nation québécoise.

Le regain indépendantiste, qui donnera naissance au Parti québécois, affirme la montée en puissance d'un Québec nouveau, moderne, celui-là même que saluera le général de Gaulle lors de son fameux voyage en juillet 1967. Le discours de Montréal du général de Gaulle donne à la question québécoise une audience internationale.

En novembre 1976, le Parti québécois indépendantiste remporte les élections sur un programme privilégiant la modernité, l’efficacité, la démocratie renouvelée et le respect des droits nationaux du Québec. L'un des actes majeurs du gouvernement péquiste est de faire voter, le 26 août 1977, la Loi 101 portant Charte de la langue française. La loi 101 prévoit essentiellement de promulguer la langue française comme langue commune. L'objectif est d'endiguer le processus d'assimilation et de minorisation des francophones ; assurer la prédominance socio-économique de la majorité francophone ; réaliser l'affirmation du fait français. En effet, étant donné que la population québécoise est formée de près de 85 % de personnes de langue maternelle française, il importait que le français, plutôt que l'anglais, devienne la langue commune de tous les Québécois. Il importait surtout de prendre les mesures nécessaires pour assurer la préservation et la vitalité du français dans un environnement anglophone. A cet égard, la loi 101 a été un formidable acte d'émancipation et d'affirmation nationale.

En 1980, le Premier ministre René Lévesque demande au pays par référendum de lui accorder le mandat d’entreprendre avec le gouvernement fédéral des négociations devant mener à la souveraineté-association pour le Québec. A Ottawa, Trudeau emploie tous les moyens pour faire échouer le référendum qui ne recueille finalement que 40,44% de Oui.

En 1982, le gouvernement fédéral et les provinces anglophones s'entendent sur une démarche constitutionnelle en laissant le Québec à l'écart des discussions. La nouvelle loi constitutionnelle, proclamée par le gouvernement fédéral avec l'appui de neuf provinces de langue anglaise, est rejetée par le Québec. La crise est ouverte. Depuis, elle est restée ouverte. La querelle constitutionnelle domine donc la vie du Québec. Il est vrai qu'elle conditionne tout son avenir. D'autant que le peuple canadiens français ne connaît plus la forte natalité qui a assuré sa survie dans le passé. Aujourd'hui la stagnation de la démographie est une véritable inquiétude. Le chiffre de fécondité serait encore pire sans l'immigration. Immense pays, relativement peu peuplé, le Québec est, traditionnellement, une terre d’immigration. Le niveau des études, la qualité de vie et les opportunités du marché du travail attirent chaque année des milliers de nouveaux immigrants. Le Québec a une bonne capacité d'intégration et ils s'emploient à faire des citoyens à part entière des nouveaux arrivants.

Si la situation politique demeure incertaine, il est incontestable que le Québec a su se faire une place sur le plan culturel et économique.

Dynamisme culturel et économique

La culture québécoise a bien relevé le double défi de la modernité et de la préservation de l’identité. Depuis les années cinquante, forts de l’appui de l’Etat, les intellectuels – écrivains, artistes, universitaires, cinéastes, metteurs en scène, chanteurs, musiciens, peintres… ont montré une grande vivacité. Ils ont concouru à faire naître ce qu’il faut bien appeler une civilisation québécoise qui est l’expression la plus solide et la plus dynamique de cette nation francophone d’Amérique du Nord.

Cette vitalité culturelle, et le combat quotidien pour préserver son identité, place le Québec en tête des nations qui défendent la diversité culturelle et contribuent à éviter que le monde soit dominé par les seuls produits culturels des Etats-Unis.

Cette vitalité est également un excellent moyen de l’affirmation de la nation québécoise. Pour les Québécois, la littérature et les autres formes d’expression culturelle ont été une manière de se dire aux autres et de se faire reconnaître comme un peuple en devenir.

Puissance culturelle, le Québec est aussi une puissance économique. Il est dans le peloton de tête des vingt pays les plus riches du monde. Son dynamisme économique est remarquable. Le PIB du Québec (environ 145 milliards de dollars des Etats-Unis en 2001) le place au 18ème rang mondial, juste après la Suisse, et au 15ème rang pour le PIB par habitants. L'économie québécoise est marquée par un bon taux de croissance et caractérisée par son aspect innovateur et ouvert aux réalités de l'économie mondiale. Moderne, ouvert et en pointe des hautes technologies, le Québec a non seulement rattrapé le retard dans lequel l’avait confiné le colonialisme anglais mais il rivalise maintenant avec le Canada anglais.

Les atouts du Québec sont nombreux. Tout d’abord, il bénéficie d’innombrables richesses naturelles. C'est surtout un pays très industrialisé. Les grandes entreprises apportent une contribution essentielle au développement du pays et à la conquête des marchés extérieurs. Plusieurs centaines d'entreprises québécoises sont de taille internationale : la société d’Etat Hydro-Québec est une pièce maîtresse de la politique énergétique, la société Bombardier reprsenté 38% du marché mondial des avions d'affaires et des véhicules sur rails, Québécor, est le numéro un mondial pour l'imprimerie commerciale, Videotron est l’une des principales sociétés canadiennes dans le secteur des médias, Alcan, est l'un des chefs de file mondiaux pour l'aluminium, Pharma Services, est le chef de file de la recherche contractuelle en pharmacologie…

S’étant doté d’une stratégie industrielle axée sur le développement de techniques et technologies de pointe et de secteurs industriels concurrentiels sur les marchés mondiaux, le Québec est un chef de file international dans les domaines de l’aérospatial (6ème rang mondial), des biotechnologies (le Québec a créé le plus important centre de recherche spécialisé en biotechnologie au monde, l’Institut de recherche en biotechnologie), des produits biopharmaceutiques, de l'hydroélectricité et du génie-conseil… Le Québec est particulièrement en avance dans les nouvelles technologies de l’information et des télécommunications.

Aux portes d'un marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs, le Québec est un emplacement stratégique pour les entreprises internationales à la conquête des marchés de l'Amérique du Nord et de l'Amérique latine. Nation moderne et tournée vers le progrès, le Québec est une puissance économique dont les standards de vie sont parmi les plus élevés au monde.

Après beaucoup d'autres défis concernant la survie de son peuple, la protection de sa spécificité linguistique et culturelle, l'affirmation de son identité nationale, le Québec a relevé avec succès celui de l'émancipation économique et du progrès social tout en construisant, dans le domaine économique, comme dans les autres, son propre modèle très particulier sur le continent américain.

En réalité, le Québec a tous les atouts pour être une nation indépendante. Mais se pose précisément le problème de son avenir politique.

La question de l'avenir politique

Nul ne peut nier qu’il existe un malaise entre le Québec et le Canada.

Dès 1906, dans son essai Canada, la question des deux races, André Siegfried écrivait qu'il y a au Canada deux nations bien distinctes : une «race conquise» et une «race dominante». La suprématie britannique ne lui avait pas échappé, il estimait que «l'unité artificielle de la confédération n'a pas réglé le problème» et déjà il voyait et appréhendait pour l'avenir de graves tensions entre ces deux nations. Près de cent ans plus tard, la prédiction de ce grand géographe, qui est l'un des pères de la géopolitique, se révèle exacte.

Si le Québec n'est pas (encore) un Etat « il ne peut être compté comme l'une des provinces de la confédération canadienne » . Le gouvernement fédéral n'a jamais fait les efforts nécessaires pour aménager la Constitution afin de faire une large place à la diversité québécoise et trouver un statut politique satisfaisant pour le Québec. La plus grande partie des Québécois, qu’ils soient indépendantistes ou simplement favorable à un réaménagement de la situation du Québec dans le cadre du Canada, souscrivent à l’idée qu’il existe une identité civique, une nation québécoise.

Les libéraux, les partisans de l'Action démocratique et les souverainistes du Parti québécois se retrouvent au moins sur cette conviction, tout le problème est l’appréciation que font les uns et les autres de la meilleure façon de défendre cette nation. Certains estiment qu’il est possible de sortir de l’impasse constitutionnelle et d’obtenir la reconnaissance d’un statut de nation distincte au sein du Canada. En revanche, le Parti québécois et les indépendantistes pensent au contraire que toutes les tentatives de trouver une solution dans le cadre canadien ont échoué du fait même de la mauvaise volonté des provinces anglophones et de l’obstruction du gouvernement fédéral. A l'instar de Pierre Vadeboncœur, les indépendantistes sont persuadés que sans l’accès à la souveraineté, c’est à dire la maîtrise de son destin, le Québec est menacé d’un génocide en douce. Dès lors, il n’y aurait qu’une alternative : « gouverner ou disparaître ». Le débat reste ouvert!

Il est clair que le statu quo ne peut que conduire soit à de nouvelles crises, soit à la disparition progressive du peuple québécois, folklorisé, marginalisé et minorisé dans un Canada lui-même de plus en plus intégré aux Etats-Unis. Le mot d’ordre de Daniel Johnson semble plus actuel que jamais : « l’égalité ou l’indépendance ».

De nombreux experts observent qu'une nouvelle entente constitutionnelle entre le Québec et la Canada demanderait de l’imagination, du courage et de la générosité. Toutes choses dont le gouvernement fédéral a jusqu’à présent été bien avare. L’Indépendance, ou comme on dit au Québec la Souveraineté, reste donc une option.

L’ancien Premier ministre et chef du Parti québécois, Bernard Landry récuse avec force l'idée selon laquelle les indépendantistes seraient les tenants du repli et de la fermeture. Auteur d'un ouvrage, Commerce sans frontières, il a été l'un des plus vibrants défenseurs du traité de libre échange nord-américain qui unit le Canada aux Etats-Unis et au Mexique (Alena), alors que de nombreuses voix y étaient opposées à Ottawa. Selon les indépendantistes, rien ne s’opposerait à ce que le Québec indépendant reste membre de l’Alena, comme le souhaitent d’ailleurs les Etats-Unis et le Mexique. Dans une économie de libre-échange qui caractérise l’Amérique du Nord, l’indépendance ne signifierait aucunement le protectionnisme et le repli sur soi. Par surcroît, un Québec indépendant maintiendrait des liens et une coopération - ou une association- avec le Canada. Dans une certaine mesure, les relations entre le Québec et le Canada seraient même meilleures qu’elles ne le sont aujourd’hui car elles reposeraient sur des bases plus claires, plus franches et plus égalitaires.

Selon Bernard Landry "la mondialisation rend la souveraineté plus nécessaire et urgente que jamais. Sans institution nationale, la mondialisation risque de conduire à l’anarchie. La souveraineté nationale est l’ultime rempart contre les effets pervers et dissolvants d’une mondialisation qui n’est, à toutes fins utiles, que l’uniformisation de la planète. Seuls des gouvernements responsables et souverains peuvent endiguer les marées dévastatrices des prédateurs qui déterminent désormais les destins des économies nationales. En effet, dans le nouveau contexte mondial, la souveraineté n’est plus seulement une question de survie, de prospérité et de rayonnement international des peuples, c’est la qualité même de leur vie démocratique qui est mise en cause par cette nouvelle donne que constitue la mondialisation."

Fort de sa civilisation de langue française, de ses réussites en matière culturelle et technologique, véritable puissance économique, le Québec est-il condamné à rester « le plus riche et, peut-être, le dernier des Etats colonisés » ? C’est toute la question et il n'est pas possible de faire l'économie du débat.

La nation québécoise n’est pas seulement un passé, émouvant et glorieux, c’est surtout un avenir. Elle a su trouver sa place sur le Nouveau Continent où elle apporte une contribution originale à la construction des Amériques et représente une authentique civilisation. Elle a su s’affirmer comme une puissance économique et ultramoderne, un chef de file dans le domaine des nouvelles technologies, une civilisation vivante et riche, une société ouverte dotée d'une grande capacité d'intégration.

Le Québec incarne également sur la scène internationale un courant nécessaire visant à contester le danger de la disparition des identités culturelles dans une mondialisation débridée et sans règles. Riche de son expérience et de son propre combat durant plus de deux siècles, fort de son modèle qui fait de lui une exception, il plaide avec conviction pour le respect du droit à la diversité des nations, c'est dire le respect de la dignité des peuples.

Ouvrage à consulter : Zeina el Tibi, Le Québec, l’Amérique en français, éditions idlivre, Paris, 2002 (traduit en arabe, éditions al Farabi, Beyrouth, 2002)

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Il s'agit d'une traduction libre en français d'un article en anglais du Toronto Star « It's still English for Quebec immigrants » de Sean Gordon paru le 27 mai 2006. C'est un article que j'ai trouvé interessant sur l'apprentissage du français chez les immigrants arrivant au Québec, je l'ai donc traduit en français.

C'est toujours l'anglais pour les immigrants du Québec

En dépit de la loi 101, étudier le français est souvent une option évitée. Le gouvernement espère augmenter les locuteurs du français grâce à de nouveaux arrivants.

Le phénomène a été confronté parmis des démographes pendant des décennies, et maintenant le gouvernement du Québec décide d'envoyer des gens sur le terrain pour résoudre finalement l'énigme qui implique pourquoi de plus en plus d'immigrants n'apprennent pas le français.

Pour la première fois, le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) fait le tour des communautés immigrantes de la province pour mieux encadrer la politique gouvernementale de l'enseignement du français aux nouveaux arrivants.

Le Conseil supérieur est le bras droit de la bureaucratie de la langue française au Québec et conseille le gouvernement sur les mesures qui doivent être prises pour protéger le français. Les Office de la langue française et Commission de la protection de la langue française imposent la loi linguistique provinciale.

En dépit du progrès significatif depuis l'établissement des lois linguistiques dans les années 70, les statistiques montrent qu'environ deux fois plus d'immigrants ont migrés vers l'anglais plutôt que vers le Français - un processus qui est lié à ce qu'on nomme transfert linguistique. Et en dépit des efforts intensifs qui visent la francisation, approximativement 4 immigrants sur 10 décident de ne pas suivre les cours de français commandités par le gouvernement.

Il existe des théories innombrables quant à savoir pourquoi cela en est ainsi, mais elles se fondent la plupart du temps sur l'évidence anecdotique, quelque chose que le CSLF voudrait changer.

"Nous voulons analyser la manière dont nous offrons les cours pour voir dans quelle mesure ces derniers sont satisfaisants. Nous voulons regarder la situation et voir où les problèmes sont…. Il serait utile et important de savoir ce qui se passe" , dit Pierre Georgeault, directeur de l'agence de recherche.

"Pour certains immigrants, l'intégration a été assez bien, mais pour d'autres, il y a eu davantage de difficulté."

Et ainsi, l'organisation a engagé des chercheurs pour rencontrer les chefs des communautés pour les sonder sur une variété de questions. Leur rapport sera disponible à l'automne.

Les statistiques provinciales montrent que le Québec ouvre ses porte à environ 45 000 immigrants annuellement, comparé à 260 000 pour le Canada au complet. 

Des représentants de certaines minorités qui furent contactées par le Toronto Star accueillent la nouvelle avec beaucoup d'étonnement, et dans d'autres cas avec beaucoup de scepticisme.

Dans les décénies suivants l'application de la loi 101, la loi linguistique de la province, quelques groupes se sentaient injustement visés par les inspecteurs qui visitent les employeurs pour être certain que le travail se passe en français.

Malgré tout, plusieurs immigrants divent qu'ils peuvent vivre sans avoir à parler la langue de la majorité, c'est-à-dire le français, principalement parce qu'ils interagissent davantage et avant tout avec les membres de leur propre communauté.

"Nous nous adaptons, on s'en sort. Les gens s'épanouissent dans leur travail. Je peux vous parler d'un photographe, ou quelqu'un qui travaille pour un canal de télévision asiatique… on s'en sort assez bien sans jamais parler le français" dit Naeem Bhatty, le directeur exécutif de la Pakistani Association du Québec, laquelle représente environ 20 000 pakistanais. Les expériences de Bhatty illustrent quelques unes des facettes que le gouvernement du Québec considère persistentes et comme étant un problème vexant. 

Il a immigré à Montréal il y a 30 ans et encore aujourd'hui, il parle un français limité, et ce même si sa femme et ses enfants ont appris à le parler courramment. Le grand frère de Bhatty, qui s'est marié à une francophone, parle le français à la maison, meme si les frères communiquent entre eux en urdu ou en anglais.

Et le fils de Bhatty, qui étudie le commerce à l'université McGill, où la langue d'enseignement est l'anglais, ne ferme pas la porte au Canada anglais après son l'obtention de son diplôme. 

"Il a un ami, un compagnon de classe qui a été à l'école en français avec lui et qui lui dit Je n'utilise pas mon français, je déménage en Alberta", dit Bhatty.

Parlez au chefs des communautés chinoise, indienne et philippine - qui sont parmis les groupe minoritaires les plus importants de la province - et l'histoire est sensiblement la même: même si la seconde génération d'immigrants, à qui la loi 101 obligent les enfants d'aller à l'école francophone, apprennent le français, souvent leurs parents ne le parlent pas.  

Mais le gouvernement du Québec se concentrait davantage ces dernières années à attirer des immigrants des pays francophones d'Europe, d'Afrique et des caraïbes.

Les fonctionnaires du gouvernement déclarent que ces actions permettent de contrecarrer le "transfert linguistique" vers l'anglais des immigrants dont la langue maternelle n'est ni l'anglais ni le français.

Cependant, les données compilées par le mathématicien et démographe Charles Castonguay de l'université d'Ottawa - qui a fait des recherches étendues à la demande du gouvernement provincial - montrent qu'en dépit du progrès, plus d'immigrants apprennent l'anglais que le français.

Les statistiques montrent tout de même un gain pour le français depuis 1991, mais Castonguay affirme que cette répartition est plutôt due aux changements de méthodes et qu'elle est « en grande partie artificielle ».

Malgré la présence de la loi 101 et d'autres mesure, l'anglais reste la langue seconde la plus populaire parmi les immigrants, que ce soit en pourcentage ou en réalité.

"La substitution de l'anglais au lieu du français et la substitution du français en faveur de l'anglais finissent le plus souvent par favoriser l'anglais" indique Castonguay dans un rapport préparé pour le gouvernement.

Georgeault est d'accord avec l'analyse de Castonguay, sauf pour un point.

Il dit qu'il y a une composante générationelle à l'immigration, et que les immigrants venant d'endroits tels que l'Italie, la Grèce et du sud de l'Asie dans les années 50, 60 et 70 ont diminués en faveur de nouvaux arrivants venant de pays tels que le Vietnam et d'autres membres de la Francophonie.

Dans le premier cas, plus de 80% des immigrants ont choisis l'anglais en tant que leur deuxième langue; dans le dernier cas, 75% ont choisis le français. « Tandis que la proportion de locuteurs du français et d'anglais parmi les immigrants avait l'habitude d'être de 20/80 pourcents, maintenant cette proportion est de 46/54 pourcents. Et il s'agit d'une question qui n'est pas liée à la langue du travail, qui est primordialement le français au Québec, » dit Georgeault.

La question du transfer linguistique et de la francisation sont des sujets épineux au Québec, et ils le sont particulièrement parmis les politiciens nationalistes.

Des membres du Parti Québécois ont tenté de pousser l'ancien gouvernement péquiste à interdire les enfants d'immigrants de fréquenter les écoles anglaises, et ce même au collège, une proposition qui a finalement été abandonnée.

La langue n'est jamais bien loin des débats péquistes et des membres du parti préparent en privé des plans pour resserer les critères linguistiques. C'est quelque chose qui pourrait surgir lors des prochaines élections provinciales, attendues dans la prochaine année.

La loi québécoise stipule que les compagnies qui ont plus de 50 employés doivent obtenir un certificat de francisation et aider leur employés à apprendre le français, mais la majorité des entreprises dans la province - et la majorité des entreprises gérée par des immigrants tels que des restaurants ou des dépanneurs - n'ont que peu d'employés et sont donc exemptés.

Pour répondre aux exigences légales, le gouvernement offre des enseignements linguistiques compliqués. 

Quelques cours sont enseignés dans des écoles publiques et des collèges par le département provincial de l'immigration, d'autres cours sont fournis par le Conseil, et d'autres sont donnés dans des écoles privées.

Pour compliquer la chose, la grande majorité des immigrants du Québec s'installent à Montréal - environ 80% des immigrants - et il y a un certain pourcentage de ceux-ci qui redéménagent au Canada anglais moins de 5 ans après leur arrivée.

Les libéraux provinciaux, qui jouissent d'un large appui au sein des communautés allophones de la provinces, sont particulièrement sensibles aux particularités qui affectent les immigrants.

Pour terminer, le gouvernement a récemment annoncé une série de politiques visant la facilitation du transfer des compétences professionnelles pour les immigrants, un plan qui a même été applaudit par l'ancien chef péquiste, Bernard Landry.

Bernard Landry affirme que les immigrants joueront un rôle important en atténuant les effets du vieillissement rapide de la population du Québec, et que « c'était le temps » qu'on reconnaisse davantage les qualifications professionnelles étrangères.

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Retour sur l’histoire

Le Vendredi 28 avril 2006 par Dave dans Éducation

Hier, je vous parlais de la réforme du ministère de l'éducation, dirigé par le merveilleux gouvernement Charest, par rapport aux changements des cours d'histoire du Québec. Aujourd'hui, les oppositions font surface.

Par ailleurs, j'ai réussi à trouver le document en question qui fait part des changements que la réforme proposerait. 

La réforme du cours d'histoire au secondaire

Bon, déjà les graphiques parlant de "compétences transversales", des 50 000 autres compétences que le jeune doit acquérir et alouette semblent peu inspirant. Maintenant, ce document d'environ 90 pages est supposé contenir tous les éléments de cette réforme.

Mais franchement, quand on apprend que le ministre de l'éducation n'a même pas encore consulté le document, et qu'il l'approuvera probablement après une lecture rapide, il y a de quoi avoir peur. Sérieusement, y'a quelqu'un qui croit ici qu'il osera mettre à terre des mois de travail pédagogique parce que monsieur n'avait pas pris le temps de prendre conscience du document avant qu'il soit finalisé à 99%?

D'ailleurs, si cette espèce de "réforme" a été approuvée par un historien de l'université Laval, parions que les historiens en général sont en désaccord avec cette manière d'enseigner l'histoire.

Selon Radio-Canada:

« Désinformation », « propagande fédéraliste », « parti pris nettement tendancieux et obscurcissant »: les mots employés par M. Lamontagne et l'historien Félix Bouvier, dans une lettre ouverte aux médias, sont tranchants.

[…] 

« À notre avis, l'actuelle proposition a été conçue par des historiens fédéralistes et vise à former une jeunesse qui penserait comme eux […] en taisant des côtés historiques de notre histoire qui amènent logiquement un développement de l'identité québécoise », écrivent les historiens.

[…]

Les auteurs de la lettre disent constater que le programme à « l'esprit résolument ultrafédéraliste » cherche à « évacuer le plus systématiquement possible les différents phénomènes d'oppression nationale subis par les ancêtres des Québécois actuels ».

Le cours écarterait carrément toute référence à l'Acte d'Union, à la conscription de 1917, à la déportation des Acadiens et aux tentatives d'assimilation des Canadiens français, notamment.

Le silence est plus assourdissant encore, pour les auteurs, pour la période couvrant les 25 dernières années, marquées par les tensions constitutionnelles. « À partir de 1980, ce qui s'apparente à du "biaisage" fédéraliste et à de la désinformation historique sur la question nationale devient criant. » Aucune mention, relèvent-ils, des référendums de 1980, 1992 et 1995, ni de l'échec de l'accord du lac Meech.

Extraits de la lettre ouverte de l'historien Félix Bouvier:

Il y est dit que « les descendants de Français deviennent, au fil du temps, des Canadiens ». La confusion voulue, et que nous dénonçons, vient ici du fait que les descendants de Français en question deviennent plutôt, au fil des générations, la société québécoise actuelle, histoire et réalité que s'approprieront peu à peu les Britanniques et leurs descendants après la Conquête de 1760.

Cet événement fondamental — la Conquête — est à peine nommé dans le préambule de la réalité sociale suivante. Il est aussi complètement évacué de l'angle d'entrée de cette réalité sociale qu'on veut imposer aux élèves et aux enseignants québécois. Il s'agit pourtant de l'événement le plus important de notre histoire ! Il détermine toute la suite de l'histoire politique du Québec. 

Les Canadiens (devenus, après 1840, des Canadiens français, puis des Québécois, puisque le conquérant en viendra à s'approprier jusqu'à leur nom) seront pour la suite des choses dominés politiquement, ce que confirme l'acte d'Union de 1840. Ce n'est évidemment dit nulle part dans le document de travail en voie de devenir le programme officiel de notre histoire nationale. 

La Conquête est plutôt présentée comme l'étape charnière de «l'accession à la démocratie dans la colonie britannique». Pas un mot n'est évidemment dit sur la déportation des Acadiens en 1755 et le vol de leur terres par les Anglais. Les nombreuses tentatives d'assimilation de la majorité canadienne (les Québécois francophones d'aujourd'hui) par le conquérant britannique — particulièrement caractérisées par la Proclamation royale et le serment du test de 1763 — sont aussi rigoureusement tues. 

L'acte du Québec de 1774 est lui aussi complètement occulté, lui qui explique pourtant pourquoi les Québécois sont, entre autres, juridiquement différents aujourd'hui des autres Canadiens avec un Code civil particulier. Non, la période 1760-1848 est présentée comme un beau périple vers l'accession à la démocratie dans la colonie britannique grâce aux idées libérales britanniques… 

[…]

Ni Confédération, ni conscription, ni référendums ! 

[…]

Croiriez-vous que les événements incontestablement majeurs que sont les référendums de 1980, 1992 et 1995 ne sont pas même mentionnés ? Seul est mentionné «l'enchâssement de la Charte canadienne des droits et libertés dans la Loi constitutionnelle» de 1982, en taisant évidemment le fait que le Québec n'a jamais entériné cette Constitution et qu'il fut alors rejeté par le reste du Canada. Vous aurez deviné qu'il y a un silence complet sur l'épisode du Lac-Meech.

[…]

Dans son état actuel, il s'agit de rien de moins qu'un pur exercice de propagande fédéraliste qu'on veut imposer à l'enseignement secondaire québécois en histoire nationale. En soi, c'est un scandale d'interprétation en regard de notre présent et, surtout, de notre histoire.

Même la bibliographie du programme projeté est vague, imprécise et incomplète, ne mentionnant pas d'où viennent ses sources et ses références historiques. Il s'agit pourtant là d'un simple exercice de base lorsqu'on est un historien consciencieux.

Et ici, il s'agit d'un document rédigé à même nos fonds publics! Dire que c'était un scandale lorsque le guide du conseil de la souveraineté est paru le mois dernier, et pourtant il ne s'agissait pas de notre argent!

Carricatutre sur la réforme du ministère de l'éducation

Et pourquoi on ne parle pratiquement pas de cela à la télévision? Il s'agit tout de même d'un changement important!

Comment finira tout ça? L'histoire nous le dira… à moins qu'on décide là aussi de volontairement ne pas en parler…

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On apprend aujourd'hui que les cours d'histoire enseignés au secondaire subiront une réforme au cours des prochaines années. En fait, annoncée pour 2007-2008, la soi-disant réforme implique de laisser de côté certaines parties de l'histoire enseignée jusqu'à maintenant au profit de l'enseignement de l'histoire "positive".

Moins politique 

En effet, selon le Devoir,  "Québec songe à un enseignement «moins politique», non national et plus «pluriel»"… Le Devoir aurait mit la main sur des documents qui présenteraient des éléments de la réforme.

Qu'est-ce que cette réforme impliquerait? Regardons cela de plus près:

  • On parlera maintenant peu de la "Nouvelle-France" ou des patriotes
  • L'acte d'union de 1840? On oublie ça!
  • La conscription forcée de 1917? Ça ne sera plus important!
  • Le rapatriement de la constitution de 1982? .. "De quessé" ?
  • On veut de moins en moins accorder d'importance aux conflits entre les peuples fondateurs.
  • Le cours "Histoire du Québec et du Canada" perd son appellation pour "Histoire et éducation à la citoyenneté"… Ça promet!
  • Si on se fit à l'absence complète d'une référence quelquonque à cet événement dans le document, l'acte de Québec passerait sous silence avec toutes les implications qui en découlent.
  • Un point positif, le cours d'histoire de secondaire 4 actuel serait scindé en deux parties. Donc il y aurait un cours d'histoire en 3ième et en 4ème secondaire.

Les nouveaux cours d'histoire comporteront six volets:

  1. À partir de 1500, «les premiers occupants»
  2. De 1608 à 1760, «l'émergence de la société canadienne»
  3. De 1760 à 1848, «le développement des idées libérales dans la colonie britannique»
  4. De 1848 à la fin des année 1920, «la formation de la fédération canadienne»
  5. De 1930 à 1980 environ, la modernisation de la société québécoise
  6. Les enjeux de la société québécoise depuis 1980

Bon, de ce côté, ça ne me semble "pas si mal". On va parler plus des premières nations, bon point! Au lieu de commencer par Jacques Cartier qui débarque en terre canadienne, on parlera plutôt des autochtones. Ça, je dois l'avouer, je suis bien d'accord. Par contre, ça ne justifie pas d'omettre des parties de notre histoire parce que ces dernières ne sont pas des expériences positives…

« Il s'agit de sortir du cadre habituel d'une histoire structurée autour des conflits entre les francophones et les anglophones pour faire une histoire plus rassembleuse »… Ça, c'est ce qu'en dit un historien de l'université Laval, Jean-François Cardin, qui fut consulté lors de la préparation de ces documents. Selon un autre professeur, voir l'histoire de cette façon permettrait d'en finir avec la supposée vision misérabiliste que nous avons de notre histoire…

Un cours d'histoire qui fait l'éloge de l'éducation citoyenne 

En fait, le cours d'histoire se dénature totalement. On parle "d'éducation citoyenne"! On sort du contexte des cours d'histoire traditionnels! Ce n'est pas dans un cours d'éducation citoyenne qu'on risque d'insister sur des éléments pourtant clés de l'histoire, alors les personnages et dates historiques, bof… si on suit la logique de cette réforme… 

Finalement, quelque chose d'autre qu'on ne risque pas de voir particulièrement dans ce cours, c'est le mot nation, qui est nullement mentionné dans le texte. Aussi, selon le Devoir toujours, le Québec est rarement mentionné comme tel, on fait plutôt mention à « la société au sein de laquelle l'apprenant évolue » … Bien sûr!

Toujours est-il que ce nouveau programme n'a pas été encore approuvé, mais que cela se fera plus tôt que tard…

Moi qui avait tendance à penser qu'on manque de cours qui forment l'esprit critique et qui informent les gens face à la politique, je suis bien déçu de cette réforme… C'est trop négatif de parler des tentatives d'unions forcées, des patriotes, des conflits anglais/français… Ce n'est pas assez winner comme on dit…

Jean-Marc Fournier y met son grain de sel 

Mais bon, selon notre très préféré ministre de l'éducation, Jean-Marc Fournier, « Les conflits font partie de l'histoire. Ils expliquent l'histoire et les suites de l'histoire. Pour être rassembleur, il faut comprendre l'histoire et les conflits. Pas question de gommer ça. »

Selon Radio-Canada:

M. Fournier soutient qu'enseigner à être un bon citoyen « c'est très bien, mais ce n'est pas faire de l'aveuglement volontaire sur des conflits ».

Il affirme au contraire que le nouveau programme permettra de couvrir plus de matière, puisque davantage d'heures seront consacrées à l'enseignement de l'histoire. Donc, pour M. Fournier, cela permettra de mieux comprendre les évènements et leurs répercussions dans la société.

Le ministre soutient finalement que le document auquel se réfère Le Devoir, n'est qu'un document de travail et que le nouveau programme est loin d'être adopté.

Il dit par ailleurs ne pas avoir pris connaissance du document en question.

Je me dois d'insister sur le fait qu'il n'a pas encore pris connaissance de ce document mais qu'il en parle comme s'il connaissait très bien le dossier… 

Selon Cyberpresse:

Attendu pour l'année scolaire 2007-2008, le nouveau cours d'histoire du Canada destiné aux élèves du secondaire ne fera pas l'économie des grands moments du passé, proche ou lointain, a assuré le ministre.

Par exemple, en ce qui concerne l'histoire contemporaine, les élèves du secondaire apprendront les événements et les circonstances qui ont entouré le référendum de 1980, le rapatriement de la constitution deux ans plus tard, et l'échec de l'Accord du lac Meech en 1990, a évoqué M. Fournier. 

J'ai bien hâte de voir ça moi!! 

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