Le dimanche 26 août 2012

PolitiqueQuébec

Pauline Marois ne pense qu’à une chose: devenir PM de la province

Puis à gouverner sans la gauche ni la droite ni les fatigants qui veulent trop parler d'indépendance du Québec

Campagne électorale québécoise 2012Actualités ]

Par Sylvain

En réalité, Pauline Marois doit probablement craindre que le PQ soit minoritaire car elle sait que son parti ne lui referait pas confiance pour l’élection subséquente, donc qu’elle serait première ministre que très temporairement. Si QS existe, c’est parce que le PQ a par le passé délaissé les électeurs progressistes. Si ON existe, c’est parce que le PQ a cessé de parler d’indépendance du Québec et a trahi une large franche des électeurs souverainistes. Et elle l’a démontré, une fois de plus aujourd’hui, en rejetant les électeurs (souverainistes) conservateurs vers la CAQ et le PLQ.

On s’attendrait à un peu plus de respect de la part de la cheffe du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, envers les souverainistes. Au sein du PQ on ne cesse de répéter que les tiers partis comme Option nationale (ON) et Québec solidaire (QS) vont participer à la division du vote et éventuellement permettre l’élection de députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti libéral du Québec (PLQ).

C’est une stratégie qui peut se défendre, sauf qu’il y a quand même une ligne à ne pas franchir. Et cette ligne, elle a été franchie ce matin. Le PQ et le PLQ s’échange le pouvoir depuis 40 ans au Québec. Si le PQ fut à l’origine une coalition de souverainistes, en 2012 il ne s’agit plus que d’un parti provincialiste avec comme cheffe Pauline Marois qui ne pense qu’à une chose: devenir première PM de la province du Québec.

La PQ est supposé avoir pour objectif premier de faire du Québec un pays. Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence que ça ne va pas arriver avec Pauline Marois pour la simple et unique raison qu’elle n’a non seulement pas les capacités pour rassembler, mais qu’elle a plutôt eu tendance à créer des déchirements chez les souverainistes. On ne peut pas s’imaginer que le PQ de Pauline Marois puisse mener le Québec vers l’indépendance alors que la cheffe se retrouve toujours les pieds dans les plats.

Radio-Canada1 rapportait ce dimanche matin:

Questionné(sic) sur le choix qui s’offre aux souverainistes conservateurs, Pauline Marois a renvoyé ces électeurs dans les bras du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec. « Qu’ils fassent leur choix. Ils ont deux partis conservateurs devant eux. » Les Québécois ont le choix entre des progressistes et des conservateurs et entre des souverainistes et des fédéralistes, a résumé Pauline Marois.

Mise à jour: le texte de l’article de Radio-Canada a légèrement changé. Voici le nouvel extrait:

Questionnée sur le choix qui s’offre aux souverainistes conservateurs, Pauline Marois a renvoyé ces électeurs dans les bras du PLQ et de la CAQ, avant de se rétracter. « Qu’ils fassent leur choix. Ils ont deux partis conservateurs devant eux », a-t-elle dit. Elle a rectifié le tir quelques minutes plus tard, affirmant qu’elle avait mal compris la question.

Deuxième mise à jour: Le texte de l’article sur Radio-Canada a encore été modifié. Voici ce qu’on a ajouté concernant l’extrait ci-haut:

Elle a rectifié le tir quelques minutes plus tard, affirmant qu’elle avait mal compris la question. « J’ai une chose à dire aux souverainistes conservateurs. Le Parti québécois a toujours dirigé le Québec en étant très responsable dans ses politiques économiques, ses politiques sociales audacieuses. Et je dis aujourd’hui aux conservateurs souverainistes que je dirigerai un gouvernement qui va être responsable », a-t-elle dit.

Donc, même après avoir eu l’occasion de rectifier correctement, Pauline Marois trouve le moyen de donner une autre réponse provincialiste, c’est-à-dire celle d’un parti qui veut simplement gouverner la province de Québec. En fait, elle dit en d’autres mots aux conservateurs que le PQ peut satisfaire autant le conseil du patronat que les féministes de Québec solidaire. Il faut le faire! À vouloir ratisser aussi large, on finit par avoir des fuites des deux côtés.

Ainsi, dans sa réponse, madame Marois, hors de tout doute, vient démontrer qu’elle veut devenir première ministre de la province du Québec, non pas future première ministre du Québec pays. Elle démontre aussi qu’elle est incapable de défendre le projet d’indépendance sans avoir à se rétracter plusieurs fois par semaine.  Le chef d’un parti qui veut faire du Québec un pays ne peut pas rejeter les souverainistes qui sont plutôt conservateurs «dans les bras» de Charest ou Legault. En fait, elle ne peut pas rejeter aucun électeurs car Mme Marois doit, comme chef du PQ, convaincre les indécis du nécessaire besoin de faire l’indépendance du Québec, qu’ils soient à gauche ou à droite du spectre politique.

On a accusé QS de vouloir faire passer la gauche avant la souveraineté, mais avec cette déclaration, Pauline Marois fait passer son élection comme première ministre avant le projet d’indépendance du Québec. Tant qu’à envoyer les (souverainistes) conservateurs à la CAQ et au PLQ, pourquoi ne pas envoyer les (souverainistes) progressistes chez QS?

Naturellement, ce que Marois aurait dû répondre, c’est que le Parti québécois a pour objectif de faire du Québec un pays, donc que les conservateurs souverainistes devraient voter pour le PQ, et que lorsque le Québec sera un pays, il y aura des partis de toutes les orientations économiques et sociales. Malheureusement, Marois est incapable de rassembler.

Toujours dans le même article de Radio-Canada, on pouvait lire que «Mme Marois a tout de même répété vouloir “respecter la décision de la population”. Elle a par contre été incapable de dire si le projet de référendum sur la souveraineté serait remis à plus tard dans l’éventualité de l’élection d’un gouvernement péquiste minoritaire.» Évidemment, comment répondre à cette question alors que Marois n’est pas en mesure de rassembler tous les souverainistes derrière elle, et par désespoir, elle utilise la vieille tactique de la peur.

Enfin, le référendum est prévu dans la semaine des quatre jeudis, sauf que Marois a préféré ne pas répondre à la question. Heureusement, puisque la réponse aurait pu être, par exemple, que le référendum serait reporté dans la semaine des quatre vendredis.

Il faut se demander pourquoi Marois a si peur de voir le PQ élu minoritaire. À ce sujet,  toujours selon l’article de Radio-Canada:

« C’est une crainte que doivent avoir les citoyens du Québec, qu’il y ait un gouvernement minoritaire », a dit Mme Marois, soulignant qu’un gouvernement du Parti québécois pourrait avoir les mains liées par le PLQ ou la CAQ et l’empêcher d’adopter des politiques « progressistes et audacieuses ».

Pourquoi ce ne serait pas QS ou ON ou les deux qui pourraient avoir la balance du pouvoir dans l’éventualité d’un gouvernement péquiste minoritaire? En réalité, Pauline Marois doit probablement craindre que le PQ soit minoritaire car elle sait que son parti ne lui referait pas confiance pour l’élection subséquente, donc qu’elle serait première ministre que temporairement. Si QS existe, c’est parce que le PQ a par le passé délaissé les électeurs progressistes. Si ON existe, c’est parce que le PQ a cessé de parler activement et avec passion d’indépendance du Québec, donc a trahi une large franche des électeurs souverainistes. Et elle l’a démontré, une fois de plus aujourd’hui, en rejetant les électeurs (souverainistes) conservateurs vers la CAQ et le PLQ.

  1. Les progressistes doivent craindre un gouvernement minoritaire, dit Marois []

3 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Jean Claude Pomerleau Le 26 août 2012 à 15h35

    Peu importe qui serait élu avec la volonté ferme de fair l’indépendance le lendemain matin, il serait d’abord élu comme Premier ministre de la province de Québec.

    Et peu importe sa volonté ferme de faire la souveraineté, il devrait d’abord créer la condition première qui mène au changement de statut d’un État : établir un rapport de force favorable avec ceux qui s’y opposent.

    La souveraineté, il ne s’agit plus d’en parler, il s’agit de la faire et donc de bâtir ce rapport de force favorable. Tout le reste n’est que littérature. Et ni la stratégie de On ni celle de Qs ne passe le test de la réalité. Seul le Plan de gouvernance souverainiste offre de garanties à cet égard. Il s’agit d’un changement de paradigme que certains ont de la difficulté à comprendre :

    http://www.vigile.net/Le-difficile-changement-de

    Et pendant qu’on tire frénétiquement dans nos rangs, silence radio sur la gravité de la situation :

    http://www.vigile.net/Une-Nation-face-a-son-destin

  2. 2 Élise C. Le 28 août 2012 à 21h31

    Ce texte me dégoute au plus haut point. Un article digne des pires radio-poubelles. L’auteur serait-il de Québec? Ou parent avec le maire de Sagueney? Chose certaine, je ne reviendrai plus jamais sur votre site.

  3. 3 Olivier Le 31 août 2012 à 16h16

    Malheureusement, le problème fondamental du PQ est et sera toujours que la majorité de la population du Québec est contre l’indépendance. S’il est parvenu à prendre le pouvoir plusieurs fois depuis 1976, c’est simplement dû aux distortions introduites par notre système électoral de tradition britannique. D’ailleurs, vous remarquerez que le PQ a enlevé la réforme du mode de scrutin de son programme.

    D’une part, le PQ a besoin de l’appui des souverainistes pour accéder au pouvoir. D’un autre côté, ses dirigeants savent que la souveraineté ne peux pas être à l’ordre du jour dans un futur proche dû à l’absence de consensus social sur la question. Il en résulte que le parti doit faire des acrobaties pour satisfaire tout son monde.

    J’en viens à me demander: est-ce que le PQ désire l’appui des souverainistes pour être élu, ou le PQ désire être élu pour faire la souveraineté?

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Cet article de 1059 a été rédigé par Sylvain il y a 4 ans et 9 mois, le dimanche 26 août 2012.

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