Le mercredi 8 décembre 2010

SociétéQuébec

Non aux hausses des frais de scolarité et oui à la gratuité scolaire

Il faut une réforme en profondeur dans le système de l'aide financière aux études

Par Sylvain

Le gouvernement au Québec veut augmenter les frais de scolarité pour les Québécois. J’encourage les étudiants au Québec à ne pas lâcher le morceaux: non aux hausses des frais de scolarité, mais en plus, demandez la gratuité scolaire jusqu’à la fin du doctorat.

Sur le site Internet du Parti libéral du Québec, dans la section « La justice sociale », on peut lire que toute personne a droit « à l’enseignement primaire, secondaire et collégial gratuit, à l’aide financière de l’État en cas de dénuement et pour la poursuite d’études postsecondaire »1 . On comprend donc que la justice sociale s’arrête à la fin des études collégiales, à moins d’être vraiment tout nu. On le sait bien, les études universitaires, c’est pour les « pelleteux » de nuages ou les riches. Pourquoi ne pas cesser aussi de financer les études au Cégep? De toute façon, l’avenir est dans la construction au Québec. Il suffit d’un secondaire 4 et d’un diplôme d’études professionnelles pour que le Québec se construise. Les autres, s’ils en veulent des diplômes de « pelleteux » de nuage, qu’ils payent. C’est ça, chers amis du PLQ?

Spaghetti, les cerveaux ne quittent pas le Québec à cause des impôts supposément trop élevés, mais à cause de la médiocrité, à cause de la corruption, à cause des inégalités sociales et du marasme politique et social engendré en très grande partie par les sept années, bientôt huit, de régime libéral. À cause de ce régime pseudo-droitiste, corrompu et insignifiant par le fait que le socialisme est bon juste pour les amis du parti libéral du Québec. Oui aux garderies à sept dollars, mais en autant que les garderies appartiennent aux donateurs du PLQ.

Revenons à l’éducation: dramatisation

L’expérience de mon éducation au Québec fut désastreuse une fois rendu au niveau universitaire (C’est sans parler du fait que l’on explique pas ce qu’est une démocratie et pourquoi l’on doit voter avant d’arriver à l’université). Premièrement, parce que pour avoir droit aux prêts et aux bourses, il faut des parents pauvres, très pauvres. Des tout nus quoi. S’ils sont très pauvres, t’as de la chance, parce que tu pourrais avoir droit au prêt et à la bourse, puis même aider tes parents avec cet argent. Si tes parents sont juste pauvre, là ça va mal, tu peux oublier la bourse. Si tes parents sont presque plus pauvres, c’est foutu, ni prêt ni bourse. Tes parents paient des impôts, mais c’est pour l’envoyer aux amis dans la construction du Parti libéral du Québec, pas pour l’éducation.

Pour avoir droit à de l’aide financière aux études, si tes parents sont presque pas pauvre, il faut cesser d’étudier pendant 24 mois afin d’être indépendant de tes parents. Quand tu veux retourner aux études, tu te rends compte que si tu n’as pas mis d’argent de côté pendant ces 24 mois parce que tu travaillais au salaire minimum au Mc Donald’s, le gouvernement ne te donne pas de bourse et coupe ton prêt.

Tu recommences, tu travailles au Mc Donald’s, à faire cuire des frites, au lieu de passer ton temps dans tes livres. Cercle vicieux. Tu lâches l’école parce que t’es en dépression et que tu n’arrives pas à avoir de bons résultats académiques. Tu viens de faire perdre à l’État une année de scolarité. En plus, on va te blâmer pour ça. Si jamais tu te retrouves sur le B.S., on va t’ostraciser jusqu’au suicide. En revenant chez toi, à pied (parce que t’as pas les moyens d’avoir une voiture et que les transports en commun c’est pour les « pelleteux » de nuage, tu te foules la cheville dans un nid de poule. Tu comprends à ce moment que l’avenir, c’est dans la construction.

L’État libéral est assez futé. Il n’offre pas l’éducation gratuite universelle pour le niveau universitaire, mais offre des prêts, et quelques bourses, comme je le disais, pour les enfants des parents pauvres, vraiment pauvres. Le libéral juge que c’est le parent qui doit payer pour les études de leurs enfants, même si ces derniers sont pour la plupart majeurs et vaccinés lorsqu’ils débutent l’université. Les libéraux sont pour l’indépendance des individus, mais pour les étudiants, ils ne deviennent adultes que lorsqu’ils ont terminé leurs études.

De toute façon, à 16 ans, tous les Québécois devraient avoir leurs cartes de la construction et travailler. C’est comme ça que le Québec va se construire. Les ingénieurs, les architectes et les médecins, on les prendra à l’université McGill. Si ton nom est Tremblay, et que tu veux que tes enfants deviennent ingénieurs, lèche le cul des riches et de l’establishment en donnant de l’argent au Parti libéral du Québec et pars en guerre contre les « séparatisses ». C’est comme ça que tu vas monter dans l’échelle sociale et fabriquer un beau Québec soumis dans un Canada uni.

Ailleurs

L’éducation devrait être gratuite jusqu’à la fin du doctorat. C’est le cas, entre autres, en Suède. Non seulement l’éducation est gratuite jusqu’à la fin de l’université, mais les étudiants, dès l’âge de 18 ans, ont droit aux prêts et bourses, indépendamment de la situation financière des parents. Les parents peuvent posséder 10 maisons, un yacht et une Lamborghini en or, ce n’est pas grave, l’étudiant a droit à environ 1200$ par mois durant l’année scolaire, soit à environ 750$ en prêts et à 450$ en bourses. De plus, l’étudiant peut gagner environ 12 000$, en plus, par année sans que ni la portion du prêt ni la portion de la bourse ne soient coupées.

Attendez, ce n’est pas tout! L’étudiant peut choisir de seulement se prévaloir de la portion bourse, donc de 450$ par mois durant grosso modo 10 mois, pour un total de 4500$ par année, et ajouter à cette somme 12 000$ en revenus (Il n’y a pas de salaire minimum officiel, mais disons que le salaire pour travailler au Mc Donald’s est d’environ 14$ l’heure). Pour gagner le 12 000$, on peut le gagner en travaillant moins d’une journée par semaine pendant l’année scolaire et travailler à temps plein durant l’été, ce qui fait que le travail ne nuit pas aux études.

Donc, un étudiant en Suède n’a pas de frais de scolarité à payer. Il peut vivre facilement avec 16 500$ par année, (1375$ par mois sur 12 mois) et ce, sans même devoir s’endetter d’un sous noir. Mes chiffres ne sont pas à jour, car vu la crise économique, le gouvernement va augmenter les montants en 2011. Oui, augmenter, pas diminuer.

Ça, c’est de la justice sociale! En plus, les Suédois ont le droit de dire « nous, les Svensson », sans se faire traiter de racistes et de nazistes. Mais ça, c’est une autre histoire!

Au Québec, les pauvres doivent s’endetter pour étudier et travailler à 10$ de l’heure. S’ils gagnent juste un petit peu trop, le gouvernement coupe la portion bourse. Les grands gagnants sont les banques qui feront des profits avec les intérêts sur les prêts. Et ces banques, ce n’est pas à l’UQAM, l’Université de Montréal ou l’Université Laval qu’elles feront de gros dons par la suite. Oh que non! Ce sera, avec vos intérêts payés sur vos prêts étudiants, qu’ils feront de gros dons à McGill, Concordia et Bishop. Voilà la justice sociale au Québec.

Chut, ne le dites pas à trop de monde…

Ne le dites pas à trop de monde comment ça se passe ailleurs, car ça pourrait déstabiliser la paix sociale et on pourrait me voir comme un incitateur à la révolte. Contentez-vous de comparer le Québec avec l’Alberta comme la pseudo droite vous le répète à foison. Ça vous va comme ça les libéraux?

Dans cet article, je n’ai parlé que de la Suède, mais on pourrait regarder aussi du côté de la Norvège, de la Finlande et du Danemark, qui ont aussi une meilleure vision de ce qu’est la justice sociale en éducation, comparée à celle qu’a le gouvernement Charest. La Suède, présentement, est le pays qui s’en sort le mieux économiquement, bien devant le Canada, et elle se situe à la tête des pays de l’Union européenne:

« La croissance économique en Suède a encore accéléré au troisième trimestre avec une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,1% par rapport au trimestre précédent et de 6,9% sur un an, un niveau jamais atteint, a annoncé lundi le Bureau central de la statistique (SCB). Le chiffre de croissance annuelle de la Suède, qui devrait selon les prévisions afficher cette année la plus forte croissance de l’Union européenne, est le plus élevé jamais enregistré depuis que le SCB a commencé à mesurer la croissance trimestrielle en 1970. »2

Pourquoi la Suède va si bien? Pas à cause de revenus du pétrole ou du gaz de schiste, elle en n’a pas. Il semble que ce soit grâce à l’innovation, l’avant-garde et, bien sûr, le savoir de sa population éduquée qui ne quitte pas le pays. Au contraire, la Suède a attiré depuis des années des étudiants de l’étranger qui aident à construire le pays. Pas avec un marteau, on s’entend!

Bon, je ne vais pas extrapoler trop longtemps, car mon ami indien, étudiant universitaire en Suède, m’attend pour aller manger de la pizza. Ça me fait penser, il n’y a pas de frais de scolarité pour les étudiants étrangers en Suède. Zéro. C’est pour cette raison qu’il a choisi la Suède plutôt que le Canada pour faire sa maîtrise en ingénierie.

Pendant ce temps, le gouvernement au Québec veut augmenter les frais de scolarité pour les Québécois. J’encourage les étudiants au Québec à ne pas lâcher le morceaux : non aux hausses des frais de scolarité, mais en plus, demandez la gratuité scolaire jusqu’à la fin du doctorat, ainsi qu’une réforme en profondeur dans le système de l’aide financière aux études. C’est ça qui serait une justice sociale, tout en enrichissant le Québec. Ne vous entendez pas à moins que ça avec le gouvernement Charest. Autrement, il est temps de faire un « mai 68 » exposant 10 au Québec. Êtes-vous écœurés ?

À consulter aussi

  1. LA JUSTICE SOCIALE, LE PLQ []
  2. Suède: la croissance s’envole à un niveau jamais atteint (AFP) – 29 nov. 2010 []

9 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Jean Paul Tellier Le 8 décembre 2010 à 7h50

    Le gouvernement du Québec consacre plus d’argent par étudiant que le reste du Canada pour le fonctionnement des universités.

    Les étudiants universitaires québécois ne défraient pas plus de 13% du financement des universités,contre 25% ailleurs au Canada.

    Le Québec avec sa dette de 224 milliards et son déficitit récurent annuel en milliards,ne peut pas offrir la gratuité universitaire.

  2. 2 Claude Dulac Le 8 décembre 2010 à 10h01

    Priver nos étudiants pour scolariser des étrangers au Québec

    S’il en coûte 30,000$ pour s’inscrire à une université des États-unis
    pourquoi former à rabais pour quelques milliers de dollar de riches
    américains et de riches ontariens,de riches Albertains qui prennent
    les quotas en médecine, pharmacie, optométrie, dentisterie de Québec
    qui sont refusé dans nos institution.

    En moyenne 500 étudiants sollicitent une admission dans les 3
    universités de langue française alorsque McGill à un quota de 127
    étudiants (qui sont formés exclusivement en anglais et dont 90 quitent
    le Québec pour retourner dans leur pays)

    Cette étude pourrait être mise-à-jour..

    «LE CONTEXTE

    Il y a lieu d’examiner si l’argent dépensé répond aux besoins de la
    population du Québec, car les choix sont difficiles. Les coûts de
    formation d’un bachelier sont élevés pour la collectivité. Au Québec,
    la durée moyenne de formation est de 17,1 années pour l’obtention d’un
    baccalauréat, soit un coût total de 150 032,00$. À l’heure de choix
    budgétaires douloureux, il y a lieu de se poser collectivement des
    questions par rapport à certaines habitudes.

    L’ÉVOLUTION DE LA DÉPENSE PAR ÉTUDIANT ET DE L’INDICE DES PRIX À LA
    CONSOMMATION (IPC)

    L’évolution de la dépense par élève ou par étudiant des organismes
    d’enseignement et de l’IPC (1986-1987 = 100)

    1986-87 1994-95 1990-91 94-95 ($)
    «Commissions» scolaires 100,0 125,4 136,6 5 823
    Cégeps 100,0 128,2 128,3 6 926
    Universités 100,0 129,7 144,9 12 123
    Indice des prix à la consommation 100,0 117,9 128,4

    En 1994-1995, la dépense par élève des «commissions» scolaires était
    de 5 823$, celle des cégeps de 6 926$ et la dépense par étudiant des
    universités était de 12 123$. Il s’agit ici de la dépense de
    fonctionnement des organismes d’enseignement. La dépense de
    fonctionnement des universités ne comprend pas la recherche
    subventionnée.

    Entre 1986 et 1994, la dépense par élève des «commissions» scolaires a
    augmenté de 37 p.100, celle des cégeps de 28 p.100 et la dépense par
    étudiant des universités s’est accrue de 45 p.100. En comparaison,
    l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 28 p.100 au
    cours de cette période. L’augmentation plus forte de la dépense par
    élève des «commissions» scolaires que celle de l’IPC peut s’expliquer
    par les changements dans la composition de l’effectif scolaire (ex.:
    plus grande proportion des effectifs scolaires déclarés handicapés ou
    en difficulté d’adaptation et d’apprentissage), par une augmentation
    des ressources consacrées à la lutte au décrochage scolaire (ex.:
    sommes additionnelles destinées aux activités de consultation et
    d’animation), par les besoins financiers grandissants de certains
    services (ex.: transport scolaire),etc.

    Mais, c’est la dépense par étudiant des universités qui a connu la
    plus forte augmentation. Cette progression plus rapide de la dépense
    par étudiant a été causée par le rythme de croissance des subventions
    gouvernementales par étudiant, mais aussi par l’augmentation des
    revenus provenant des droits de scolarité. À la suite du dégel des
    droits de scolarité en 1990-1991, la part de ces derniers quant au
    financement des universités est passée de 94 millions de dollars en
    1989-1990 à environ 310 millions en 1994-1995.

    UN PORTRAIT DE LA SITUATION

    La publication intitulée Indicateurs de l’activité universitaire,
    édition 1994, publiée par la Direction générale des affaires
    universitaires et scientifiques, nous fournit des statistiques sur les
    effectifs étudiants des universités québécoises. Nous y apprenons
    qu’en 93-94 l’effectif étudiant total était de 253 488 soit 136 545
    étudiants à temps complet et 116 841 à temps partiel. L’effectif
    étudiant provenant de l’extérieur du Québec était de 35 242 dont 19
    456 inscrits dans les universités anglophones. Dans ces trois
    universités, nous pouvons comparer l’effectif étudiant à temps complet
    avec l’effectif étudiant provenant de l’extérieur du Québec.

    Rappelons que la population québécoise est répartie de la façon
    suivante, selon la langue: francophone: 82%, anglophone: 10% et
    allophone: 8%.

    L’effectif étudiant anglophone universitaire à temps complet
    représente 36 942 personnes sur 136 545 pour un pourcentage de 27%,
    soit PRATIQUEMENT 4 FOIS SA PROPORTION au sein de la population
    québécoise. Du côté des universitaires anglophones, on invoque
    la«mondialisation de l’économie», la création de réseaux d’influence
    pour le futur, les échanges culturels, l’argent dépensé par les
    étudiants hors Québec pendant leurs études, le fait que la présence de
    ces étudiants permet de rendre viables certains programmes ou
    facultés. Selon les statistiques du ministère de l’Éducation du
    Québec, il y a 19 456 étudiants de l’extérieur du Québec dans les
    trois universités anglophones par rapport à un total de 36 942
    étudiants inscrits à temps complet. Le Québec est la province qui
    reçoit le plus d’étudiants étrangers.

    Pourquoi ne pas prévoir un salaire étudiant mensuel et le versement au coût réel mensuel aux universités (si l’étudiant décroche plus de subside pour celui-ci).
    Condition avoir la citoyenneté québécoise (à créer)et avoir payé des impôts pour les nouvels arrivant pendant 3 ans.
    S’il en coûte 35,000$ pour un Québécois pour étudier en Ontario (York) et 38,000$ à Harvard .Pour tous les étudiants étranger exiger des droits de scolarité de 35,000 y compris les canadians hors-Québec.
    PROPORTION DE L’EFFECTIF ÉTUDIANT PROVENANT DE L’EXTÉRIEUR DU QUÉBEC
    PAR RAPPORT À L’EFFECTIF ÉTUDIANT À TEMPS COMPLET

    UNIVERSITÉS

    Nombre d’étudiants provenant de l’extérieur du Québec par rapport au
    nombre d’étudiants à temps complet.

    Pourcentage de la population étudiante provenant de l’extérieur du
    Québec Bishop’s University 1296 par rapport à 1902 68 % Concordia
    University 5810 par rapport à 13823 42 % McGill University 12350 par
    rapport à 21217 58 % Total 19456 par rapport à 36942 52 %

    L’effectif étudiant provenant de l’extérieur est comparé à l’effectif
    étudiant à temps complet parce qu’il serait surprenant qu’on vienne de
    l’extérieur du Québec pour y étudier à temps partiel. La limite du
    raisonnable a été dépassée et le fardeau économique que cela impose à
    la population québécoise fait que la situation devrait être corrigée.
    Ces étudiants sont certes attirés par la bonne réputation des
    universités anglophones, mais surtout par les conditions économiques
    favorables comme le coût de la vie plus faible et des droits de
    scolarité plus bas. En effet des données de l’Association canadienne
    du personnel universitaire permettent de dresser le tableau suivant:

    Moyenne des droits de scolarité des étudiants inscrits au 1er cycle
    de l’enseignement universitaire, à temps plein, au Canada (en $).

    Provinces 1989-1990 1993-1994 1995-1996*
    Québec 581$ 1 630$ 1 682$
    Ontario 1 561$ 2 076$ 2 491$
    Canada:(sans le Québec) 1 541$ 2 202$ 2 538$
    Atlantique 1 689$ 2 446$ 2 795$
    Ouest 1 440$ 2 298$ 2 626$

    *Estimations basées sur les moyennes 1994-1995, ajustées au moyen des
    taux d’augmentation des droits en 1995-1996, tels qu’elles ont été
    publiées dans le journal La Presse du 8 novembre 1995.

    QUELQUES FAITS TROUBLANTS

    UN CERTAIN LAXISME ADMINISTRATIF AU NIVEAU DU CONTRÔLE DE LA
    CITOYENNETÉ DES ÉTUDIANTS HORS QUÉBEC

    En 1995, le vérificateur général du Québec a fait une étude
    sectorielle auprès de cinq universités quant à l’utilisation des
    subventions versées à ces dernières.

    À elle seule, McGill reçoit la moitié des 4 800 étudiants étrangers
    non exemptés (et déclarés) qui reçoivent l’enseignement universitaire
    au Québec. Elle est la seule à ne pas exiger la preuve de citoyenneté
    de l’étudiant qui se déclare citoyen canadien ou résident permanent.
    Elle se fie uniquement à la déclaration signée par l’étudiant.
    Ainsi,«dans cette université, plus d’un étudiant sur trois, admis sur
    la base d’études secondaires terminées aux États-Unis, s’est déclaré
    citoyen canadien ou résident permanent, s’exemptant sans autre
    formalité de plusieurs milliers de dollars de frais supplémentaires.»

    DES BOURSES POUR LES ÉTUDIANTS ÉTRANGERS

    Les étudiants non-citoyens canadiens sont automatiquement boursiers du
    Gouvernement du Québec. Pour tous les étudiants provenant des pays
    avec lesquels le Québec n’a pas d’entente de réciprocité, le coût des
    frais de scolarité devrait être le coût réel. L’étudiant étranger
    devrait défrayer le coût entier du programme de formation où il
    s’inscrit. Pendant ce temps, nous payons une bourse de 4,000 dollars à
    chaque étudiant hors Canada soit la différence entre le coût moyen
    d’une année d’études universitaire (12,123 dollars) et la somme exigée
    (8,000 dollars). Pour un étudiant étatsunien, la situation représente
    UNE VRAIE AUBAINE, à laquelle vient s’ajouter la dévaluation du dollar
    canadien. Cette aberration devrait être corrigée et l’on pourrait
    s’inspirer de ce qui se fait aux États-Unis, où l’on tient compte du
    domicile de l’étudiant lorsqu’il s’agit d’établir le coût des frais de
    scolarité.

    DES RÉFUGIÉS ÉCONOMIQUES

    Il s’agit dans plusieurs cas d’étudiants réfugiés économiques. Bien
    que des ententes de réciprocité existent au niveau des provinces
    canadiennes, le coût pour la société québécoise est assez élevé, soit
    119,4 millions de dollars. Ce coût est obtenu en prenant la dépense
    moyenne par étudiant des universités au Québec, soit 12 123$ moins la
    moyenne (1 630$ ) des frais de scolarité des étudiants inscrits au 1er
    cycle universitaire à temps plein au Québec, le total étant multiplié
    par le nombre d’étudiants provenant des autres provinces canadiennes.
    La Direction générale des affaires universitaires et scientifiques
    estime à 11 383, dont 6 827 de l’Ontario, le nombre d’étudiants
    provenant des provinces canadiennes. La même source nous indique que
    pour les Québécois étudiant dans les autres provinces canadiennes il y
    en a 2 000 qui reçoivent de l’aide financière. Comme 50% des étudiants
    universitaires québécois reçoivent de l’aide financière, on estime à
    environ 4 000 le nombre d’étudiants québécois anglophones et
    francophones qui étudient dans les universités des autres provinces.
    CELA ENTRAÎNE UN BILAN NÉGATIF POUR LE QUÉBEC.

    L’EMBONPOINT DE CERTAINS CRÉE LA FAMINE CHEZ LES AUTRES

    La clientèle étudiante universitaire anglophone reçoit de la part du
    gouvernement fédéral une aide importante qui est concentrée dans les
    universités Bishop’s, Concordia et McGill. Les francophones hors
    Québec ont déploré cette situation. La Commission «nationale» des
    parents francophones hors Québec a démontré que sur 2,37 milliards $
    accordés de 1970 à 1987 par l’intermédiaire du programme fédéral pour
    l’enseignement des langues officielles, les anglophones de la province
    ont obtenu 47,7 pour cent alors que les francophones hors Québec ont
    reçu 28,5 pour cent des sommes attribuées. Dans un autre programme,
    les universités anglophones du Québec ont 72,3 millions des 481
    millions pour les établissements post-secondaires des «minorités»
    linguistiques. La ministre canadienne du Patrimoine, madame Sheila
    Copps s’est engagée à corriger la situation…

    CONCLUSION

    LA RATIONALISATION DE L’ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE ET COLLÉGIAL

    Un effort devrait être fait du côté de l’enseignement universitaire.
    Le coût moyen d’un baccalauréat étant de 42,420.00$ pour une durée
    moyenne de 3.5 années, il faudrait s’assurer que ces diplômés (sauf
    exception) intègrent bien le marché QUÉBÉCOIS du travail.

    RÉPONDRE AUX BESOINS DE LA POPULATION DU QUÉBEC

    Le réseau universitaire anglophone répond-t-il aux besoins éducatifs
    de la population québécoise ou est-il orienté pour recruter des
    étudiants hors Québec? Quand, pour certaines universités il faut
    répondre aux besoins éducatifs d’étudiants hors Québec pour JUSTIFIER
    SON EXISTENCE, il y a lieu de se poser des questions. Parmi les
    étudiants universitaires hors Québec, plusieurs ont à leur arrivée une
    formation équivalente à 12 ans d’études, ce qui oblige les universités
    anglo-québécoises à leur offrir un programme de mise à niveau pour
    compenser l’année de scolarité manquante par rapport au système
    collégial québécois. Selon la direction générale des affaires
    universitaires et scientifiques, cette année de mise à niveau est
    ENTIÈREMENT FINANCÉE PAR LES CONTRIBUABLES QUÉBÉCOIS. Cette année de
    rattrapage coûte des dizaines de millions de dollars, car elle ajoute
    en moyenne une année de plus à la formation des étudiants venus de
    l’extérieur du Québec.

    «LE QUÉBEC, À L’HEURE DES CHOIX

    Pour certains membres de «l’intelligentsia» québécoise, il n’est pas
    correct, politiquement parlant, de discuter de ces sujets chauds sur
    la place publique. À l’heure où les systèmes de santé et d’éducation
    francophones souffrent d’inanition, alors que les Québécois supportent
    un fardeau fiscal parmi les plus élevés au monde, nous ne sommes plus
    en mesure d’apporter la plus «généreuse» contribution de l’univers à
    l’éducation universitaire des étudiants non québécois.

    Guy Boutin

    L’auteur a été professeur au primaire, au secondaire et au collégial.
    Il a fait partie de comité d’école, comité de parents, conseil
    scolaire. Il occupe la fonction de directeur de l’enseignement et des
    programmes au Collège de Sherbrooke. Cet article est écrit à titre
    personnel–

  3. 3 Sylvain Racine Le 8 décembre 2010 à 10h29

    Pourquoi toujours comparer seulement avec le reste du Canada?

    Le Québec pourrait augmenter les frais de scolarité pour les résidents des autres provinces venant au Québec.

    Si le Québec ne se prostituait pas en donnant ses ressources naturelles à qui mieux-mieux, ça aiderait aussi.

    Si le Québec cessait de financer l’Université McGill, où plusieurs citoyens d’autres provinces viennent y étudier, ça aiderait aussi. Du moins, il faudrait choisir, peut-être que 3 universités anglophones c’est trop.

    Si on ne construisait pas de Centre hospitalier pour l’Université McGill, ça aiderait aussi.

    Et les déficit, s’il n’y avait pas de corruption, peut-être qu’il serait moins gros.

    Mais non, il faut prendre l’attitude du “on n’est pas assez bon, on n’est pas capable.”

  4. 4 Jean Paul Tellier Le 11 décembre 2010 à 0h44

    En complément de lecture

    Le financement des universités du Québec.

    http://bit.ly/hlsJNR

  5. 5 François Carrier Le 11 décembre 2010 à 8h13

    Personellement, je ne peut pas “CONCEVOIR” que le Québec PAYE pour financer “TROIS” Universités “ANGLOPHONE” !!! QUI A PRIS UNE TELLE DÉCISION… qu’ont le LAPIDE !!! Je pense qu’il est “PLUS QUE TEMPS”! DE FAIRE LE MÉNAGE… au Québec !!!

    Signé: ” Je suis… le Peuple du Québec ” François Carrier

  6. 6 fred Le 15 décembre 2010 à 20h37

    Les étudiants d’aujourd’hui ont toute l’ordinateur portatif dernière génération, le IPOD, le IPAD, le IPHONE, une voiture et j’en passe! Ho my good, ils sont tellement à plaindre les pauvres petits!!!

  7. 7 Claude Dulac Le 8 janvier 2011 à 10h16

    S’il fallait que l’accès à l’université soit gratuite, ce serait tragique.
    Nous serions comme cela l’est actuellement par des étrangers hors-Québec et surtout des États unis pour grossir la clientèles des 3 universités de la minorité canadienne de 5’4 % .

    S’ile en coûte 35,000 pour s’inscrire à York à l’étranger au canada, un «pôvre » ontarien va payer au Québec 8,000$ et priver des québécois à de meilleurs conditions d’enseignement. Pour étudier à Harvard dans l’empire état-unien , il en coûtre 38,000$ à Harvard alors que le «pôve état-unien va payer 13,000$ et vous imposer l,anglais de 4 à 8 ans et en plus une partie de ces individus vont voter contre le Québec aux élections..
    NB pour former un bachelier il en coûte plus de 150,000 $

  8. 8 Claude Dulac Le 8 janvier 2011 à 10h22

    La présence de cohortes d’étudiants canadians suppose par année 17,000 étudiants et plus de 850 profs avec leur famille qui vont voter contre le référendum. et certains restent sur les listes électorales…

    En 1995, faute d’une bonne carte électorale et de carte de citoyenneté basée sur la filiations avec identifiant et non le sol (moyen d’exclure les étudiants étrangers des listes électorales) on aurait gagner le référendum et des ignares veulent qu’on se précipite de la même manière pour le perdre comme en 1995 faute de volonté de nos députés et de ministres compétents. monsieur parizeau ne pouvait pas tout faire. Mais qui était son ministre de l’Éducation?

    et les subsides aux illégaux dans les écoles privées souvent religieuses (juifs orthodoxes) et passerelles pour angliciser les allophonnes.

  9. 9 Michela Artizzu Le 17 mars 2011 à 19h06

    Il est vrai que la Suède offre de très bons prêts aux étudiants suédois. Je le sais, car je vis maintenant en Suède avec mon copain qui est suédois. Sauf qu’il est pratiquement impossible décrocher un emploi à temps partiel soit même dans un McDonalds du moins qu’on vit pas à Stockholm et, encore là, faut voir…

    De plus, si jamais on ne passe pas des cours, le Gouvernement va arrêter de passer les prêts et bourses. À l’heure actuelle, la Suède s’en sort très bien, c’est vrai. Beaucoup de gens sont éduqués, mais la plupart des emplois sont occupés par des gens avec de l’expérience. Selon les statistiques, 30% des jeunes sont au chômage! C’est énorme, comparé au Québec où il y a 13% et ça après la crise!!!

    Finalement, à partir de l’année prochaine, les étudiants étrangers vont devoir payer. Je ne paie pas tout simplement, car mon permis se base sur ma relation sentimentale…En passant, un étudiant en Suède n’a pas le droit de travailler en général et il est rare, voire très rare de trouver un emploi sans connaître le suédois du moins qu’on a une maîtrise comme ingénieur… Et encore là, faut voir!

    À la fin, il faut se demander si c’est tellement mauvais le régime de prêts et bourses au Québec… Oui, ça l’est, car c’est ridicule de payer des bourses pour des étrangers. Par contre, une québecoise comme moi qui va étudier en Ontario, (dans un cégep francophone de plus!) , va recevoir seulement 7600 dollars même ayant des parents avec un revenu très bas… C’est quoi cette joke!!! Si j’avais été une ontarienne, j’aurais eu 15000 dollars… Pourquoi une telle injustice?

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Cet article de 1666 a été rédigé par Sylvain il y a 6 ans et 8 mois, le mercredi 8 décembre 2010.

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