Le Lundi 3 août 2009

Opinions des lecteurs

Rapatriement des armoiries royales de France

Nouvelles brèvesQuébec ]

Ameriquebec
Par Soldat Sanspareil
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Il y a une belle occasion de rapatrier les armoiries royales de France qui se présentera en septembre 2009 à Québec dans le cadre du dévoilement du projet Montcalm. Je vois bien son retour au musée de l’Amérique Française près du drapeau de Carillon.

Permettez moi humblement de faire la requête suivante qui serait tout aussi significative dans le cadre d’ouverture envers le Québec et qui selon moi mettrait un baume à la polémique ayant entourée la reconstitution de la bataille des plaines de la CCBN.

Lorsque Québec a capitulé devant les troupes anglaises, le 18 septembre 1759, les vainqueurs avaient arraché les armoiries de Québec – une sculpture de Noël Levasseur – pour les transporter à Londres en guise de trophée. La sculpture a été rendue au Canada en 1909. Elle est maintenant exposée au Musée de la guerre à Ottawa. Ne serait-il pas de mise de la restituer à la ville de Québec en cette année ? C’est une idée comme ça.

Pour plus de détails voir le billet de Raymond Lemieux publié dans la revue Québec Science d’avril 2009.

Les armoiries royales de France

À partir de 1725, un ordre est donné d’accrocher les armoiries royales de France au-dessus des portes principales des villes et des forts de Nouvelle-France. L’exemple montré plus haut est installé à Québec jusqu’en 1760.

Il y a une belle occasion de rapatrier les armoiries royales de France qui se présentera en septembre 2009 à Québec dans le cadre du dévoilement du projet Montcalm. Je vois bien son retour au musée de l’Amérique Française près du drapeau de Carillon.

Merci de l’attention que vous porterez à ce billet en espérant cette fois-ci que les groupes de reconstitutions historique du Québec soient invités à toutes commémorations si ceci se concrétise.

Soldat Sanspareil, 2ième bataillon du régiment de la Sarre
Vive le Roy!


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93 commentaires à cet articleFlux RSS des commentaires

  1. 1 Soldat Sanspareil Le 4 août 2009 à 7h28

    Il y a un moyen d’en apprendre un peu plus sur notre histoire, celui de la reconstitution historique. Les groupes de reconstitutions historique du Québec permettent de faire revivre une partie de notre patrimoine. Je vous invite donc à découvrir les groupes du Québec.

    Voici les groupes:

    Le 2e bataillon du régiment de la Sarre http://www.regimentdelasarre.ca/

    La compagnie des Canonniers-Bombardiers de Québec http://www.ccbq.net/

    Les compagnons de la Nouvelle-France http://www.lescompagnons.org/

    Miliciens et réguliers du Marquis de Montcalm http://miliciensdemontcalm.allmyblog.com/
    http://cf.geocities.com/miliciensetreguliers/

    Le Détachement de la Colonie http://geocities.com/detachementdelacolonie/

    La compagnie de Lacorne http://www.compagniedelacorne.org/

    La Garnison de Québec http://www.lagarnisondequebec.com/

    La Société d”Histoire In Memoriam – Soldat du Roy et Habitants en Canada http://www3.sympatico.ca/napoleon.josephine/1750.htm et le nouveau site http://www.lashim.com

    Musée Stewart La compagnie Franche de la Marine http://www.stewart-museum.org/default.asp?id=135&mnu=55 Les Habitants du Fort http://www.stewart-museum.org/default.asp?id=15&mnu=15

    Les Habitants de la Vallée du St-Laurent http://membres.lycos.fr/habitantsstlaurent/index.htm

    L’association d’histoire vivante du Québec Canada http://pages.videotron.com/ahvqc/

    Le Corps historique du Québec http://reenacting.net/qhc/qhcf.html

    Prenez plaisir à découvrir ceux qui ont à coeur de garder notre histoire vivante.

    De plus le régiment de la Sarre a fait deux diaporamas sur la reconstitution historique, voici le lien pour les visionner:

    http://video.google.ca/videosearch?q=regiment+de+la+sarre&hl=fr&emb=0&aq=f#

    En espérant que ceci change les perceptions et aide à reconnaitre ce que les groupes peuvent apporter à notre histoire commune.

    Soldat Sanspareil
    2e bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!

  2. 2 Soldat Sanspareil Le 10 septembre 2009 à 14h20

    Vous vous devez d’écouter ce reportage pour en savoir plus sur notre histoire.

    Le projet Montcalm et le rapatriement des armoiries royales de france au Québec.

    http://www.985fm.ca/chmp/audio/audioplayer.php?url=http://mediacorus.corusquebec.com/webcorus/audio/content_Audio/232091.mp3

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    http://www.regimentdelasarre.ca

  3. 3 Soldat Sanspareil Le 14 septembre 2009 à 10h42

    Origine de la chanson à la claire fontaine et les soldats de Montcalm.

    Sans le savoir sans doute, cette chanson en fin de programme du moulin à paroles provenait de France en Nouvelle-France par les soldats de Montcalm venus défendre l’Amérique Française contre les troupes Anglaises.

    Voila la contribution à notre culture de ces valeureux soldats du Roy!

    http://www.sceren.fr/actualites/question/musique/musique_2006-06.htm

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    http://www.regiment de la Sarre.ca

  4. 4 Soldat Sanspareil Le 14 septembre 2009 à 16h24

    La campagne du régiment de la Sarre au Canada 1756-1760

    La campagne du régiment de la Sarre au Canada 1756-1760

    Pour tout savoir sur le 2ième bataillon du régiment de la Sarre et sa présence en Nouvelle-France, n’hésitez pas à consulter ce lien internet.

    http://www.erudit.org/revue/haf/1950/v3/n4/801595ar.pdf

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  5. 5 Soldat Sanspareil Le 14 septembre 2009 à 16h30

    Cette chanson en fin de programme du moulin à paroles provenait de France en Nouvelle-France par les soldats de Montcalm venus défendre l’Amérique Française contre les troupes Anglaises.

    Voila la contribution à notre culture de ces valeureux soldats du Roy!

    À la claire fontaine est sans conteste l’une des deux ou trois chansons traditionnelles les plus populaires de France ; à l’égal d’un Frère Jacques ou d’un Au clair de la lune. Il en existe des dizaines de versions différentes, sur des mélodies allant de la ballade sentimentale à l’air de danse franchement rythmé. La majorité d’entre elles se rattachent au thème du « retour de noces » :

    « M’en revenant de noces,

    J’étais bien fatigué ;

    Au bord d’une fontaine,

    Je me suis reposé :

    L’eau y était si belle,

    Que je m’y suis baigné… »

    Ce canevas de base se décline avec toutes sortes de refrains, mais l’histoire reste toujours plus ou moins identique, avec deux déroulements possibles : selon que le narrateur est un homme ou une femme, l’« ami Pierre » de l’avant-dernier couplet devient « ma douce amie », voire « ma tendre âme », « ma belle amie », etc.

    La version notée ici (voir la première partition en sol ou en mi b du CD) est très probablement originaire de Normandie ; pourtant, c’est par le biais du Québec que la chanson nous est revenue sous cette forme. Ayant traversé l’Atlantique, vers le milieu du XIIIe siècle, avec les soldats de Montcalm – ce qui explique le rythme de marche sur lequel elle est souvent chantée –, elle servit de chant national aux patriotes franco-canadiens lors de la grande révolte de 1837 contre l’hégémonie anglaise.

    Comme beaucoup de chansons populaires, celle-ci possède cependant des origines lettrées et se retrouve déjà, sous une forme voisine, dans le recueil Brunettes ou Petits Airs tendres, édité par Christophe Ballard en 1704.

    Si la mélodie donnée par ce dernier s’appuie sur celle d’un cantique publié d’après le poète Guillaume Colletet (1598-1659), son apparentement à celle que nous connaissons encore de nos jours est quand même assez flagrant. Cependant, bien que suivant fidèlement la même histoire, les paroles qu’il indique proposent une fin sensiblement différente :

    Sur les bords de la Seine

    Me suis lavé les pieds

    D’une feuille de chesne

    Me les suis essuyez.

    Refrain

    Que ne m’a-t-on donné

    Celuy que j’ay tant aimé ?

    J’ay entendu la voix

    D’un rossignol chanter

    Chante, Rossignol, chante

    Tu as le cœur tant gay

    Tu as le cœur tant gay

    Et moy je l’ay navré

    C’est de mon amy Pierre

    Qui s’en est allé

    Je luy ay fait chose

    Qui ait pu le facher

    Hors un bouquet de roses

    Que je luy refusay

    Au milieu de la rose

    Mon cœur est enchaîné.

    N’y serrurier en France

    Qui puis’le déchaîner;

    Sinon mon ami Pierre

    Qui en a pris la clef.

    Dans certaines versions, le « bouquet de rose » est remplacé par le « bouton de rose », ce qui rend la symbolique érotique de l’histoire encore plus limpide.

    De fait, d’une région à l’autre, les variantes sont importantes et peuvent donner à la chanson une signification bien différente.

    Elle commence chez Ballard :

    « Sur les bords de la Seine

    Me suis lavé les pieds… »

    Dans les régions de l’Ouest, c’est une jeune invitée qui chante :

    « En revenant des noces

    J’étais bien fatiguée

    Au bord d’une fontaine

    Je me suis reposée… »

    Alors que nous la chantons aujourd’hui comme les Canadiens :

    « À la claire fontaine

    M’en allant promener… »

    La fontaine, la feuillée, le rossignol et le chagrin d’amour font partie du cadre traditionnel des chansons de toile (ce sont, sans doute, des arrangements savants de chansons populaires que chantaient les femmes qui travaillaient la toile – fileuses, tisseuses… Elles remontent au XIIe siècle et parlent inlassablement d’amour).

    La chanson a été interprétée sur de nombreuses mélodies, mais l’air actuel dérive du timbre original. En Poitou et au Canada, il a pris un rythme de marche plus entraînant et propre à mobiliser chouans et patriotes.

    D’après Marc Robine, Anthologie de la chanson française. La Tradition. Des trouvères aux grands auteurs du xixe siècle, Albin Michel, 2000 et Martine David et Anne-Marie Delrieu, Refrains d’enfance. Histoire de 60 chansons populaires, Herscher, 1988

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  6. 6 Soldat Sanspareil Le 15 septembre 2009 à 7h35

    «Le Canada 1756-1758, vu par un officier du régiment de La Sarre»

    Pour en savoir plus consulter ce lien internet et aller jusqu’à la page 132.

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  7. 7 Soldat Sanspareil Le 15 septembre 2009 à 7h39

    Le lien pour «Le Canada 1756-1758, vu par un officier du régiment de La Sarre»

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=3700055&qryID=94553b6d-5ece-46f4-94e7-44f3d4ca487e

  8. 8 Soldat Sanspareil Le 15 septembre 2009 à 11h46

    L’impact des noms de guerre des militaires français sur la patronymie québécoise.

    Pour en savoir un peu plus sur le sujet consulter ce lien internet:

    http://www.histori.ca/prodev/article.do?id=15333

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  9. 9 Soldat Sanspareil Le 23 septembre 2009 à 10h13

    Pour tout savoir sur cette émission au canal savoir:

    Montcalm, Wolfe et les autres… Vaugeois raconte
    Durée : 7 émissions – 30 min
    Établissement : Bureaux régionaux de Télé-Québec
    Type d’émission : Documents éducatifs

    Une série consacrée à une période trouble de l’histoire du Québec : la guerre de Sept Ans (1756-1763). À l’aide d’illustrations, de peintures et de manuscrits de l’époque, Denis Vaugeois et ses invités, des historiens de renom, échangent leurs points de vue sur la Conquête de la Nouvelle-France. Ils revisitent de grands thèmes : la capitulation de la Ville de Québec, l’affrontement entre les troupes françaises et anglaises, l’alliance avec les Amérindiens et plus encore. Ils questionnent l’histoire, remettent en question certaines thèses et rappellent des événements oubliés ou méconnus.

    http://www.canal.qc.ca/emission.php?id=59

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  10. 10 Soldat Sanspareil Le 23 septembre 2009 à 11h43

    En 1907, dans une activité d’organisation territoriale, le ministre des Terres et des Forêts attribuait des noms à 49 cantons se trouvant en Abitibi. Rappelons que cette région sera ouverte à la colonisation cinq ans plus tard. On retint alors les noms de 7 régiments de Montcalm et ceux de 42 officiers de ces mêmes régiments. Voici donc les noms de ces glorieux régiments : La Reine, La Sarre, Royal-Roussillon, Languedoc, Guyenne, Berry et Béarn.

    Avec le peuplement des cantons, des municipalités ont été créées. Dans quatre de ces sept cantons, la nouvelle municipalité a repris le nom de celui-ci. C’est le cas des municipalités désignées sous les appellations La Reine, La Sarre, Berry, et Royal-Roussillon. Ce dernier nom a depuis cédé sa place à celui de Macamic.

    Rappelons que le jeudi 13 septembre 1759, il y a 250 ans, a eu lieu la fameuse bataille des Plaines d’Abraham. Le marquis de Montcalm y affrontait Wolfe.
    Cette chronique vous a plu? Abonnez-vous.

    La Reine La Sarre Royal-
    Roussillon Languedoc Guyenne Berry Béarn
    Carte : Jean-Luc Lavoie, Commission de toponymie
    Bandeau des drapeaux des régiments : © réservé, reproduit ici avec la permission de l’Autorité héraldique du Canada

    [Commission de toponymie, 3 septembre 2009]

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  11. 11 Soldat Sanspareil Le 27 septembre 2009 à 20h04

    Vous êtes en accord avec le rapatriement des armoiries royales de France au Québec?

    Faite entendre votre voix en écrivant à la Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine Christine St-Pierre aux adesses suivantes:

    ministre@mcccf.gouv.qc.ca

    circonscription@mcccf.gouv.qc.ca

    Merci de militer pour le retour de notre patrimoine.

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  12. 12 Soldat Sanspareil Le 8 octobre 2009 à 16h09

    Quels étaient les noms des sept régiments
    du marquis de Montcalm?

    Savez-vous que pour obtenir la réponse, il suffit de consulter une carte de l’Abitibi donnant les noms des cantons qui s’y trouvent.

    Pour en savoir un peu plus consulter le lien internet suivant:

    http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/chroniques/semaine_2009_09_03.html

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  13. 13 Soldat Sanspareil Le 8 octobre 2009 à 16h12

    Les vidéos du 2ième bataillon du régiment de la Sarre.

    http://video.google.ca/videosearch?q=regiment+de+la+sarre&hl=fr&emb=0&aq=f#

    Bon visionnement.

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    2ième bataillon du régiment de la Sarre
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  14. 14 Soldat Sanspareil Le 9 octobre 2009 à 18h08

    Taille des soldats du régiment de la Sarre en Nouvelle-France

    Pour le régiment de La Sarre:
    212 soldats de moins de 5 pieds-3pouces francais.
    108 soldats de 5 pieds-3 pouces francais.
    183 soldats de plus de 5pieds-3pouces francais.
    Le plus petit est a 5 pieds le plus grand a 5 pieds-8 pouces.

    Un pied francais = 0.32484m
    un pouce français = 0.02707m

    5pieds 3 pouces = 1m 70,5 cm ( 5 feet 7 inches anglais-américains)

    La grandeur minimum réglementaire était 5 pieds 3 pouces.

    Soldat Sanspareil
    2ième bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!

  15. 15 Soldat Sanspareil Le 9 octobre 2009 à 19h12

    Bataille de Carillon
    [1758]

    CARILLON (Fort, Bataille de), situé à l’extrémité méridionale du lac Champlain, appelé par les Anglais Ticonderoga.

    La péninsule de Carillon consiste en un plateau rocheux, bordé de terrains bas qui côtoient, à gauche le lac Champlain et, à droite, la rivière la Chute. Le fort, délabré en 1758, s’élevait près de la pointe sud-est; il n’occu­pait pas l’endroit le plus élevé du plateau; à l’ouest, en avant du fort, le terrain, après une légère déclivité, remonte graduellement et atteint sa plus grande hauteur à environ un demi-mille de la place; puis il s’abaisse encore, de manière que le plateau est couronné d’une crête qui le traverse entièrement, entre les deux pentes très raides conduisant aux terrains bas. Montcalm était au fort en­touré d’environ 3.500 combattants. Devant lui, la rivière la Chute, longue d’environ 4 milles, descendait du lac George, bondissant en ra­pides écumeux. Ce lac, mesurant 36 milles, s’étendait jusqu’aux ruines de William-Henry, où se dressaient les tentes de 15.400 Anglo-Américains. Abercromby avait de l’artillerie, une flotte nombreuse et, pouvait ainsi fondre sur les troupes de son rival, d’un moment à l’autre.

    Le général français n’hésite point à déter­miner que c’est sur les hauteurs de Carillon que se décidera la campagne; la bataille sera livrée sur la crête, et non sur les terrains bas qui avoisinent le fort. Le 1er juillet, le marquis va prendre l’offensive : laissant à Carillon le second bataillon de Berry, il éta­blit son camp, à deux milles, au moulin à scie de la Chute; au-dessus de la cascade se trouvait un pont reliant Ies deux rives, où il dispose des bataillons. Cette manoeuvre retarde les mouvements des ennemis jusqu’au 5 du mois. Le 4, M. de Montcalm résolut d’envoyer un détachement à leur découverte, confiant 130 volontaires, faute de Sauvages, à l’enseigne Langy-Montégron; la troupe s’embarqua, le soir, sur le lac George. Le lendemain, elle rapporte la nouvelle de la marche de l’avant-garde, conduite par Bradstreet et Rogers. Ordre est donné de passer la nuit en armes au bivouac et de poster des pi­quets sur les bords du lac George pour éclairer le débarquement des ennemis. M. de Langy et M. de Trépézé sont envoyés avec 300 hommes occuper la Montagne-Pelée, à l’ouest, devant retraiter sur Carillon par la rive gauche et les éclaireurs de Bourlamaque par la droite. Le matin du 5, les 900 bateaux, les 15 chaloupes, les radeaux d’artillerie, paraissent sur le lac et abordent le soir à la Pointe-du-Sabbat pour débarquer, à l’aurore du 6, à l’embouchure de la Chute.

    M. de Montcalm envoie ordre aussitôt au sieur de Pontlevoy à Carillon de tracer les retranchements et les abatis sur la crête choi­sie et désignée, tandis que débarquaient les Anglais sous le feu des tirailleurs français; ceux-ci retraitent vers le campement de la Chute, rompant le pont du Portage et celui situé au-dessus de la cascade. Vers le nord-ouest, M. de Langy se perd un instant dans la forêt, au moment où, ayant rallié sa troupe, les postes avancés de l’ennemi s’avancent, masqués par les taillis. Lord Howe tombe mort dans une contre-attaque des Français invisibles dans les bois, qui furent contraints de retraiter sur la Chute. Le 7, Abercromby rappelle ses éclaireurs au lieu du débarquement; mais, le soir, son armée, campe sur l’emplacement occupé par Montcalm, durant les six jours précédents, qui l’avait quitté pour courir sur les hauteurs de Carillon et activer en hâte la défense. Le retranchement, en troncs d’arbres superposés à la hauteur de huit pieds, suivait les si­nuosités de la crête ou plateau et se dessi­nait en angles sortants et rentrants se protégeant les uns les autres; la gauche, très escarpée, s’appuyait à la rivière la Chute; la droite, en pente douce, aboutissait à la plaine conduisant au lac Champlain. Chaque batail­lon travaillait au poste qu’il devait occuper durant l’engagement. Le revers du retranchement fut garni de troncs d’arbres renversés dont les branches taillées en pointes faisaient fonction de chevaux de frise. En avant, le terrain, à une grande distance, fut couvert d’arbres abattus, qui devaient intercepter la marche et briser l’ordonnance des bataillons ennemis. Le soir même du 7 juillet, l’oeuvre de défense était à peu près complétée; aussitôt paraît le capitaine Pouchot avec 300 réguliers et, le lendemain matin, M. de Lévis et M. de Sénezergues avec 100 autres. Les bataillons se hâtent d’achever les abatis, quand, vers 10 heures, on aperçoit l’avant-garde légère et, à midi et demie, toute l’armée anglaise débouchant sur Carillon dans un ordre admirable.

    Les troupes françaises quittent la hache du bûcheron pour le fusil. Le major Rogers et son infanterie, les bateliers de Bradstreet ouvrent un feu de tirailleurs, pendant que les Provinciaux se déploient de gauche à droite et, passant dans les intervalles, les réguliers s’engagent dans l’abatis en masses rouges. Au-dessus des retranchements silencieux on­dulent les drapeaux français. Le général se tient au centre, tête nue et habit bas, ayant Lévis à sa droite et Bourlamaque à sa gauche : trois lignes de blancs uniformes bordent le retranchement, chaque bataillon ayant en arrière ses grenadiers et ses piquets en or­dre de bataille, prêts à porter secours. M. de Montcalm a défendu de tirer un seul coup sans son ordre. Les colonnes anglaises avan­cent, au son des instruments écossais et au pas de charge, à travers l’enchevêtrement de l’abatis, et touchent bientôt aux retranche­ments de la gauche, avec la consigne d’enlever la position à la baïonnette. Pas une balle de tirée, quand retentit soudain le mot : Feu ! En un clin d’oeil, 3.000 fusils vomissent la mort dans les rangs ennemis; vaillants et hésitants, les réguliers anglais se ressaisissent de la surprise; grenadiers, Montagnards se pressent, enjambant les troncs, se meur­trissent aux branches tranchantes, essuient la fusillade française, tirent eux-mêmes à travers les retranchements et, finalement reculent en s’écriant que « la position est imprenable ». Pourtant le général Abercromby, qui se tient au moulin de la Chute, envoie l’ordre de renouveler l’assaut. Aussitôt, des masses de guerriers rendus furieux par le carnage se précipitent à travers les mêmes obstacles, tombent, se relèvent, s’embarrassent dans les branches aiguës, foulent aux pieds morts et blessés, crient, jurent et s’avancent vers les hauteurs meurtrières, l’espace de sept heures continues; mais ils sont impuissants à forcer la barrière qui les sépare des lignes françaises. Le brave Bourlamaque a une omo­plate brisée et cède le commandement à M. de Sénezergues. M. de Montcalm volant du centre à la gauche et à la droite communique partout son ardeur et détache ses aides de camp. M. de Lévis arrête et brise à droite la quatrième colonne d’assaut britannique. Au sud-est, les volontaires des sieurs Bernard et Duprat empêchent le débarquement de soldats montant des barques et destinés à contourner les retranchements; le canon du fort Carillon retentit aussitôt et deux barques sont coulées à fond dans leur fuite. Vers cinq heures, deux colonnes anglaises tentent sur la droite un effort désespéré, ce sont les Montagnards écossais qui se battent avec une froide ténacité; ils franchissent l’abatis, avan­cent au pied du retranchement. Les Français crient : À droite, tirez à droite ! M. de Lévis voit le danger sans frémir et Montcalm accourt avec ses grenadiers. Les Montagnards tombent par centaines, les blessés criant aux autres de marcher en avant; leur major Duncan Campbell s’affaisse frappé à mort. Soudain, à l’extrême droite, Lévis s’écrie : En avant, Canadiens ! Ils sont commandés par les officiers de Raymond, de Saint-Ours, de Lanaudière, de Gaspé. M. de Lévis reçoit deux balles dans son chapeau et M. de Montcalm combat comme le dernier de ses soldats. Les valeureux Ecossais, décimés et sanglants, reculent pour reformer deux colonnes, attaquent le centre, puis la gauche; ils se fusillent même dans la fumée; ce qui jette la confusion dans leurs rangs. A sept heures, l’armée anglaise est en pleine retraite vers la Chute, laissant près de 2.000 morts qui gisent au pied de si fragiles retranchements. Sur la droite, le sol est jonché des cadavres du ré­giment écossais.

    La victoire de Carillon est entrée dans les fastes militaires de notre histoire. M. de Montcalm fait chanter le Te Deum par ses troupes en armes. Il fit dresser sur le champ de bataille une croix portant l’inscription :

    Quid dux ? quid miles ? quid strata ingentia ligna ?
    En signum ! en victor ! Deus hic, Deus ipse triumphat !

    Les Anglais eurent environ 3.000 tués ou blessés. Les Français eurent également des officiers et des soldats dont on a conservé les noms :

    Etat-major : M. de Bourlamaque et M. de Bougainville, blessés;

    La Reine : Dodin, lieutenant, tué, d’Hébécourt et Le Comte capitaine et de Massia, lieutenant, blessés; 7 soldats tués, 45 blessés;

    La Sarre : De Moran et Champrodon, capitaines, Mineraye aide-major, tués; de Beauclair capitaine et de Forêt lieutenant, bles­sés; 7 soldats tués, 31 blessés;

    Royal-Roussillon : Ducoin capitaine, tué; chevalier d’Azenne officier, blessé; 2 soldats tués, 18 blessés;

    Languedoc : de Fréville capitaine et Parfouru lieutenant, tués; de Marillac, Douglas, Basserolle capitaines, blessés; 9 soldats tués et 35 blessés;

    Guyenne : Patrice, capitaine, tué; Saint-Vincent, mort de ses blessures; La Bretèche, capitaine et Restaurant, lieutenant, blessés; 24 soldats tués; 36 blessés.

    Berry : 1er bataillon, Le Brème, capitaine, Emeric, lieutenant, tués, et Châteauneuf, mort de ses blessures; 16 soldats tués, 26 blessés; 2° bataillon de munitions; 6 soldats tués, 8 blessés;

    Béarn : Pons, lieutenant; Douay, enseigne, tués; de Montgay et Malartic, capitaines, bles­sés; 11 soldats tués, 36 blessés.

    Canadiens : de Nigon et de Langy, lieutenants, blessés; 10 soldats tués, 11 blessés.

    Source : Louis LE JEUNE, «Bataille de Carillon», dans Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mœurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Vol. I, Ottawa, Université d’Ottawa, 1931, 862p., pp. 307-309.

    © 2006 Claude Bélanger, Marianopolis College

    Soldat Sanspareil
    2ième bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!

  16. 16 Soldat Sanspareil Le 9 octobre 2009 à 20h21

    Luc Bouvier, professeur au Collège de l’Outaouais
    (Tous droits réservés)

    II LE DRAPEAU DE CARILLON

    II.1 Introduction

    Pendant que les francophones de l’Amérique du Nord arborent le tricolore français comme signe de leur spécificité, une bannière, appelée le drapeau de Carillon, s’exhausse au rang de mythe et, après modifications, deviendra le Carillon, puis le Carillon-Sacré-Coeur et finalement le fleurdelisé.

    II.2 Sa découverte

    En mars 1882, Ernest Gagnon affirme que Louis de Gonzague Baillargé (1808-1896), avocat, homme d’affaires et philanthrope de Québec, «[a]yant lu dans une vieille chronique qu’un drapeau apporté de Carillon et suspendu à la voûte de l’église des Récollets, à Québec, avait été sauvé de l’incendie de cette église en 1796», entreprend des recherches afin de le retracer. En novembre ou décembre 1847, il rencontre le dernier survivant des récollets, le frère Louis Martinet dit Bonami (1764-1848) dans sa résidence de la rue Saint-Vallier près de l’Hôpital général. Relevant à peine d’une attaque de paralysie, –il mourra le 7 avril suivant–, le frère lui demande de revenir une autre fois. Vers la mi-janvier 1848, Baillargé retourne chez le frère Bonami qui lui raconte l’histoire du drapeau de Carillon :

    Le Père Berey [1720-1800], supérieur des Récollets, était un des aumôniers des troupes qui combattirent sous le commandement de Montcalm. Lorsqu’il revint au monastère, après la campagne de 1758, il rapporta avec lui un drapeau troué et déchiré qui, disait-on au couvent, avait vu le feu de Carillon. Ce drapeau fut suspendu à la voûte de l’église des Récollets, la partie qui s’attache à la hampe ou hallebarde étant retenus aux extrémités par des cordes. Le 6 septembre 1796, un incendie qui avait d’abord consumé une maison de la rue Saint-Louis, vint réduire en cendres le couvent et l’église des Récollets. Le feu ayant pris par le clocher de l’église, le toit brûla avant le reste de l’édifice. Pendant qu’avec l’aide d’un autre Frère, le frère Louis sauvait un coffre rempli d’objets qu’il y avait jetés pêle-mêle, et comme ils traversaient la nef de l’église, le vieux drapeau dont les attaches avaient manqué sous l’action du feu, vint tomber à leurs pieds. Le Frère Louis le saisit en passant, et, rendu dehors, il le mit à la hâte dans le coffre(30).

    C’est de ce même coffre relégué au grenier de la résidence du frère Louis que Baillargé l’exhume en cet mi-janvier de 1848.

    Tous les faits reliés à la découverte du drapeau sont véridiques. Carillon fut une victoire française. Le 8 juillet 1758, Montcalm et ses 3 500 soldats défont le major général James Abercromby fort pourtant de la plus grosse armée jamais réunie, à l’époque, en Amérique du Nord: 15 000 hommes. La disproportion entre les deux armées va renforcer le côté miraculeux de la victoire française. Selon une légende rapportée par Mgr Baillargeon, «la Vierge était apparue au-dessus des combattants et [...] toutes les balles tirées par les Anglais allaient s’anéantir dans les plis de sa robe, sans atteindre les Français(31). De là à y voir une confirmation de la présence de la mythique bannière, il n’y a qu’un pas. Mais rien ne le prouve. Aucun des régiments qui participèrent à cette bataille (La Sarre, Languedoc, Berry, Royal-Roussillon, Guyenne, Béarn, La Reine) n’avait un drapeau de régiment qui se rapprochait de la bannière en question. Il s’agirait donc d’une bannière arborée par la milice canadienne. Pourtant, sur le plan de la bataille de Carillon retrouvé dans les manuscrits du maréchal de Lévis, si les drapeaux des régiments sont signalés, aucune indication ne vient confirmer que la milice canadienne en arborait un elle aussi(32). Le père Berey, qui fut le dernier supérieur des récollets, a bien été aumônier militaire, mais, à la bataille de Carillon, selon Casgrain, c’était l’abbé Piquet qui l’était(33). Le frère Bonami a bien été le dernier récollet. En ce qui a trait à l’incendie de l’église des récollets, l’événement est bien réel, mais aucun document n’atteste de la présence du drapeau. Il serait resté suspendu au plafond de 1758 à 1796, même si l’église a aussi servi aux protestants et sans que les nouveaux maîtres du pays y trouvent à redire. Pourtant, Sir Guy Carleton avait reçu instruction de Londres en 1775 de retirer toutes les représentations des armes de France des églises et des cours de justice. Un dessin de l’intérieur de l’église des récollets de Richard Short, daté de 1761, ne laisse voir aucun élément qui suppose la présence de drapeaux ou bannières dans l’église(34).

    II.3 Propriété de Louis de Gonzague Baillargé

    Trente-trois ans après son premier article sur le drapeau de Carillon, Ernest Gagnon, sous le pseudonyme de Pierre Sailly, soutient qu’il a écrit l’article de la Revue canadienne «sous la dictée de M. L.-G. Baillargé. La vieille chronique, mentionnée par lui, m’est inconnue. Jamais M. Baillargé n’a voulu me permettre de dérouler et de voir son drapeau de Carillon(35)». C’est en effet «son drapeau de Carillon». Il en prend un soin jaloux. Le drapeau participe, pour cette seule fois déployé, au défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Québec. le 27 juin 1848.

    Puis, jusqu’à la mort de son propriétaire, officiellement personne ne voit le drapeau. Baillargé, excentrique personnage aux dires de ses contemporains, le garde précieusement chez lui. Cela ne l’empêche pas, semble-t-il, de se départir de certains morceaux. Ainsi, en mai 1941, la bannière est déployée, en toute intimité, afin d’authentifier un morceau du drapeau de Carillon propriété de J.-P. Suzor, petit-fils du lieutenant-colonel Suzor (1834-1866). Camille Roy, recteur de l’Université Laval, Aimé Labrie, secrétaire général, Paul-émile Gosselin et Honorius Provost, sous-archiviste, confirment que «le dit fragment correspond en toute évidence avec le drapeau tant pour la couleur et la nature du tissu, que par les dessins représentés; le fragment a été détaché à l’endroit du diadème et de la couronne d’étoiles qui ornent la tête de la madone peinte sur une face du drapeau». «La place d’où le fragment avait été détaché est bien visible et la partie qui manque est légèrement plus étendue que le morceau identifié. On a donc pu en faire cadeau à d’autres(36)». Le 31 mai 1973, un autre morceau du drapeau est mis à l’enchère à l’Encan des livres de Montréal(37). Ce morceau faisait partie du fonds Pierre-édouard Leclère (1798-1866), surintendant de police lors des Troubles de 1837-1838. Ces «patriotiques larcins», pour reprendre les termes de Hormidas Magnan(38), ont été commis entre 1848, date de la découverte du drapeau, et 1866, date de la mort des propriétaires.

    à chaque Fête nationale, Baillargé permet que le drapeau de Carillon défile mais bien «enroulé sur sa hampe, recouvert d’un fourreau de toile(39)». Il exige qu’on vienne le cueillir en corps et accompagné d’une fanfare qui joue Partant pour la Syrie, puis après 1870 La Marseillaise. Au moins une fois, en 1866, le drapeau de Carillon reçoit, à l’aller et au retour, les honneurs d’un salut de la part de la garnison régulière stationnée à l’hôpital militaire rue Saint-Louis. Le 5 juin 1854 à l’église Notre-Dame de Québec, la bannière est de la translation des restes mortels des braves de 1760. Mais Baillargé refuse que le drapeau défile à Montréal pour le cinquantenaire de la société arguant, devant ses collègues de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, qu’il n’est pas le «dépositaire» mais le «propriétaire de ce vénérable drapeau» [Gagnon Ib]. Dans son travail de mythification de la bannière, Baillargé reçoit l’aide d’écrivains. Ainsi le poème Le Drapeau de Carillon d’Octave Crémazie, publié en 1858, contribue fortement à publiciser la bannière et par conséquent à l’édification du mythe. Le 28 octobre 1890, la relique est présentée au Comte de Paris en visite au Québec alors qu’il est reçu à l’Université Laval(40). Le 21 juillet 1885, il est de la procession qui marque le retour de campagne au Nord-Ouest du 9e bataillon(41).

    II.4 Propriété du Séminaire de Québec et de l’Université Laval

    Ironiquement, à la mort de Baillargé en 1896, aucun de ses héritiers n’est intéressé à la bannière de Carillon, comme en fait foi la déclaration d’Octave Lemieux, juge de paix, faite le 12 décembre 1901 dans le but de confirmer la propriété de l’Université Laval et du Séminaire de Québec sur le drapeau de Carillon(42).

    Ce document, c’est l’Université Laval qui en est l’inspiratrice afin que son droit de propriété du drapeau ne puisse être contesté. Au début de décembre 1901, la nouvelle que le drapeau de Carillon apparaîtra pour la première de la pièce de Laurent-Olivier David Le Drapeau de Carillon sème l’émoi à Québec. F. Baillargé, neveu de l’ancien propriétaire, avait laissé entendre que le nouveau propriétaire du drapeau, le Séminaire de Québec, acceptait de prêter la bannière. Le 9 décembre 1901, les membres du Conseil du Séminaire, réunis d’urgence, refusent d’accéder à la demande alléguant le «triste état(43)» de la relique. «Le drapeau n’est pas en état d’être déployé, si ce n’est qu’avec des précautions qu’il ne faut pas s’attendre au théâtre. C’est une relique vraiment nationale qu’il faut absolument conserver au prix des plus grands sacrifices(44)».

    Les zouaves pontificaux de Québec à qui revient l’honneur de porter la relique à chaque Fête nationale depuis 1901, finissent par croire qu’ils sont les seuls à avoir ce droit. Le 22 septembre 1929, le recteur de l’Université Laval prête «aux gardes de Québec et même du dehors, le dit drapeau de Carillon pour une manifestation au monument Montcalm pour commémorer le 170e anniversaire de la mort de ce général(45)». Les zouaves s’insurgent, nul, sauf eux, n’a le droit de porter la relique. Le 8 octobre 1929, Amédée Gosselin se fait confirmer par Hormidas Magnan, gendre d’Octave Lemieux, qu’aucune clause de ce type n’existe. Finalement, la relique participe le 13 juillet 1958 au bicentenaire de la bataille de Carillon au Fort Ticonderoga (New York). Cette grande sortie marque l’apogée de la bannière. Par la suite, elle tombera tranquillement dans l’oubli, balayée par la Révolution tranquille et remplacée par le fleurdelisé, officiellement drapeau du Québec depuis 1948.

    II.5 Descr1ption

    Du drapeau de Carillon, quatre descr1ptions existent. La première est celle de Louis de Gonzague Baillargé, dont Ernest Gagnon se fait l’écho en 1882 [Gagnon Ia]. Cette descr1ption remonte donc à 1848, au moment de la découverte du drapeau. à la mort de Baillargé, en 1896, le drapeau est examiné par les autorités du Séminaire de Québec et de l’Université Laval, son nouveau propriétaire. Assistaient à l’examen Ernest Gagnon, secrétaire du Ministère des Travaux publics, J.-C.-K. Laflamme, professeur à l’Université Laval, George Saint-Michel, dessinateur au Ministère des Travaux publics et dont les dessins de la relique sont conservés aux archives du Séminaire (159A-138), un photographe de la maison Livernois de Québec dont les clichés sont conservés à la section des cartes et gravures des Archives nationales du Québec. Cette deuxième descr1ption attribuée à Mgr Laflamme est fournie par Ernest Gagnon en 1915 [Gagnon IIa]. Le 15 février 1982, la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, «afin de donner suite à sa politique de mise en valeur de notre Patrimoine national» demande que soit restauré et exposé le drapeau de Carillon. Le Séminaire se rend à la demande du Centre de restauration et de conservation du Québec et accepte que le drapeau soit déroulé pour examen le 16 septembre 1982. La troisième descr1ption est celle qu’en fera René Robitaille alors conseiller général et responsable du Comité de la sauvegarde du patrimoine de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec [Robitaille]. En 1988, le Musée du Séminaire de Québec, propriétaire du drapeau, accepte qu’il soit restauré. La tâche est confiée à l’Institut canadien de conservation sous la responsabilité de Ela Keyserlingk, restauratrice principale. La quatrième descr1ption se retrouve dans le Rapport de traitement de l’Institut canadien de conservation(46).

    «Le drapeau mesure 213 centimètres de largeur sur 307 cm de longueur. Il se compose de trois pans de soie beige d’armure unie mesurant 70 centimètres de largeur chacun, cousus les uns aux autres par la lisière. Le long de la lisière supérieure du drapeau est cousue une cravate en lin, encollée et peinte [en rouge], de 5,8 centimètres de largeur. Les trois autres lisières extérieures du drapeau sont protégées par un ruban en soie bleue d’armure unie de 3,8 centimètres de largeur, replié de façon à couvrir l’arête» [ICC]. Dans la première descr1ption, il est dit que le «fond en est vert très pâle (il a dû être bleu ciel autrefois)» [Gagnon Ia]. Ainsi s’expliquent que le fleurdelisé et ses ancêtres, le Carillon, puis le Carillon-Sacré-Coeur, seront bleu ciel. Dans la deuxième descr1ption, on affirme que la couleur de la bannière était «[p]robablement le blanc, blanc crème ou jaune pâle» [Gagnon IIa].

    L’orientation du drapeau a aussi soulevé la controverse. La cravate cousue à la lisière supérieure et l’orientation des éléments picturaux du drapeau montrent bien qu’il s’agit d’une bannière religieuse, à suspendre verticalement. Pourtant, Baillargé, son découvreur, a tenu mordicus à en faire un drapeau de régiment, suspendu horizontalement, plus en accord avec le fait qu’il aurait connu le feu de Carillon. Il fait dire à Gagnon dans son premier article que «M. Viger et quelques autres ayant exprimé l’opinion que l’image de la Vierge indiquait une bannière de confrérie et non un drapeau de régiment, ils furent invités par M. Baillargé à venir juger des choses de visu. Après avoir examiné l’écusson, puis, sur le côté et non sur le haut de l’étendard, le fourreau garni d’oeillets où passait le galon qui tenait le tissu attaché à la hampe, ils durent se rendre à l’évidence, et ils ne se doutèrent plus que ce ne fût bien là un drapeau de régiment» [Gagnon Ia]. à la mort de son premier propriétaire, Gagnon rectifie les faits: le «fourreau en toile, contemporain du drapeau lui-même, a été primitivement recouvert d’une couche de peinture rouge. Il était destiné à recevoir la hampe de support, et celle-ci devait être horizontale, étant donné l’orientation des dessins dont le haut est toujours tourné du côté de la hampe. — Ses grandes dimensions, son mode de suspension, la disposition des dessins, tout fait croire que nous avons affaire ici à une bannière religieuse plutôt qu’à un drapeau militaire. Sur ce point aucun doute possible» [Gagnon IIa].

    En 1882, Gagnon affirme que le drapeau «porte les marques du passage de deux ou trois balles et [qu']il paraît avoir été lacéré par plusieurs coups de sabre» [Gagnon Ia]. Le drapeau avait donc connu le feu de Carillon, il en était resté marqué. Il rétablit les faits en 1915 : «Les trous de boulets et de balles, qu’on a quelquefois voulu y voir, sont de simples déchirures, l’oeuvre du temps et d’un enroulement défectueux» [Gagnon IIa].

    La descr1ption la plus fiable des motifs de la bannière, aujourd’hui plus ou moins discernables, est celle de Gagnon en 1915. «Sur un côté, une madone a été peinte à l’huile. Sa robe est rouge, son manteau est bleu. L’Enfant-Jésus se repose sur son bras gauche, et sa droite est ramenée vers les pieds de l’enfant. Autour de sa tête est une couronne d’étoiles, peintes de la même manière que les fleurs de lys des quatre coins de la bannière. Sous ses pieds, un croissant peint, lui aussi, comme les fleurs de lys. Au-dessous l’inscr1ption refugium peccatorum, en grandes capitales, se lit sur une bande également peinte. [...] Les fleurs de lys qui occupent les quatre coins du tissu sont plus pâles que le fond général de la bannière». Ce sont ces quatre fleurs de lis qui apparaîtront sur le Carillon, puis le Carillon-Sacré-Coeur, pour finalement, une fois redressées, orner le fleurdelisé québécois. «Sur le revers de la bannière, on voyait les armoiries de France, timbrées d’une couronne royale : écu ovale, à fond d’azur chargé de trois fleurs de lys d’argent posées 2 et 1» [Gagnon IIa].

    La bannière religieuse dite de Carillon date du XVIIIe siècle comme le confirme l’expert en textiles Jean-Michel Tuchscherer : «Le Drapeau de Carillon est sans aucun doute un document exceptionnel du XVIIIe siècle» [Robitaille]. Quant aux armoiries sous la madone, aujourd’hui effacées, elles sont fort probablement, comme l’affirme la tradition, celles de Charles, marquis de Beauharnois (1671-1749), gouverneur de la Nouvelle-France de 1726 à 1747 : D’argent à une fasce de sable, surmontée de trois merlettes du même. D’une part, seul le gouverneur avait le droit d’inscrire ses armoiries personnelles sur une bannière aux armes de France et, d’autre part, seul Beauharnois a eu comme supports des aigles. La bannière a donc fort probablement été fabriquée entre 1726, date de l’arrivée du marquis en Nouvelle-France, et le 29 mai 1732, date où il deviendra commandeur de l’ordre de Saint-Louis avec droit d’entourer son écu de la devise, qui n’apparaît pas sur le drapeau : Bellicae virtutis praemium.

    II.6 Le mythe

    Aux lendemains des Troubles de 1837-1838 et de l’acte d’Union de 1841, une vague de découragement déferle sur la population bas-canadienne. Certains de ses chefs les plus éminents vont officiellement prôner l’anglicisation telle que planifiée par le nouveau régime. Ainsi, étienne Parent, qui a défendu pendant de nombreuses années la nationalité canadienne dans son journal le Canadien, suggère à ses «compatriotes [...] [de] ne point lutter follement contre le cours inflexible des événements» et espère que l’«assimilation, sous le nouvel état de choses, se fera graduellement et sans secousse(47)».D’autres n’accepteront pas cet avenir bloqué, cette mort lente. Dans cette optique, le rappel des hauts faits qui ont marqué le régime français nourrit la fibre nationale et partant assure, en partie du moins, la survie de cette société distincte. L’Histoire du Canada, de François-Xavier Garneau, en réponse au «peuple sans histoire» de Durham, et dont le troisième tome est publié l’année de la découverte du drapeau, participe de ce mouvement. Baillargé, par son drapeau, participe à cette reconquête de l’estime de soi du peuple bas-canadien. L’étonnant, c’est qu’il ait choisi de le faire par l’entremise d’un objet dont il limite les apparitions d’une part et les scénarise d’autre part afin que le mythe naisse, s’amplifie et délaisse l’objet au profit de l’idée. Puisque tous les faits qui entourent la découverte de la relique sont véridiques, la présence du drapeau à la bataille de Carillon ne devrait pas soulever de doute. Mais les omissions, sinon les mensonges, de son découvreur, le secret dont il s’est entouré ont semé le doute. Ce qui a permis au mythe de naître devient un siècle plus tard responsable de sa disparition. Mais que la bannière ait été présente ou non à Carillon n’a plus guère d’importance. Elle a joué son rôle : elle a servi à créer, un siècle presque jour pour jour après sa découverte, le drapeau québécois actuel. Sa couleur bleue, qui n’a jamais été sienne, et ses fleurs de lis, sont devenues les marques distinctives du peuple québécois.

    30. Ernest Gagnon, «Le drapeau de Carillon», la Revue canadienne, mars 1882, p. 129-139. à l’avenir Gagnon Ia. Repris avec quelques variantes dans H.- J.-J.-B. Chouinard, Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec 1881-1889, Québec, de l’imprimerie Belleau & Cie, 1890, p. 59-67. à l’avenir Gagnon Ib.

    31. René Robitaille, Le Drapeau de Carillon réalité historique ou légende, Québec, Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, août 1983, 34 p. à l’avenir Robitaille.

    32. Collection des manuscrits du maréchal de Lévis, tome IV. Lettres et pièces militaires, ordres, mémoires, plans de campagne et de défense 1756-1760, Québec, Imprimerie L.-J. Demers, 1891, voir les plans en fin de volume.

    33. H.-R. Casgrain, La Guerre du Canada 1756-1760, tome premier, Québec, Imprimerie L.-J. Demers, 1891, p. 425.

    34. Charles P. de Volpi, Québec, recueil iconographique, Longman Canada, 1971, planche 19.

    35. Pierre Sailly [pseudonyme de Ernest Gagnon], «Le prétendu drapeau de Carillon», la Revue canadienne, octobre 1915, p. 304-309. à l’avenir Gagnon IIa. Repris dans Ernest Gagnon, Pages choisies, Québec, 1917, J.-P. Garneau, p. 271-278.

    36. Archives du Petit Séminaire de Québec, 159A-138.

    37. Catalogue no 48, l’Encan des livres de Montréal, p.53.

    38. Les Origines de nos drapeaux et chants nationaux, Québec, 1929, p. 42.

    39. H.-J.-J.-B. Chouinard, Annales de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, volume IV, Québec, la Cie d’imprimerie du «Soleil», 1903, p. 562.

    40. Ernest Gagnon, Le Comte de Paris à Québec, Québec, 1891, Typographie C. Darveau, p. 45-47.

    41. George Beauregard, Le 9e bataillon au Nord-Ouest, Québec, Gingras, 1886, p.98.

    42. Archives du Séminaire de Québec, 159A-138.

    43. Lettre de M. Mathieu à M. Baillargé, 9 décembre 1901. Archives du Séminaire de Québec, 159A-135.

    44. Lettre de M. Mathieu à M. David, 9 décembre 1901. Archives du Séminaire de Québec, 159A-135.

    45. Amédée Gosselin, «Ad memoriam»,Archives du Séminaire de Québec 159A-138.

    46. Institut canadien de conservation, Traitement du drapeau de Carillon pour le Musée du Séminaire de Québec, rapport de traitement coordonné par Ela Keyserlingk, restauratrice principale, Ottawa, 1992, 23 p. à l’avenir ICC.

    47. Cité par Guy Bouthillier et Jean Meynaud, Le Choc des langues au Québec 1760-1970, Montréal, les Presses de l’Université du Québec, 1972, p. 148.

  17. 17 Soldat Sanspareil Le 9 octobre 2009 à 20h23

    Un musée d’histoire
    Le Musée de l’Amérique française, le plus ancien musée au Canada, est issu d’une tradition religieuse et éducative européenne. Situé dans l’un des bâtiments attenant au site du Séminaire de Québec, fondé par Mgr de Laval en 1663, il est à la fois témoin et faire-valoir d’un passé haut en couleur, digne des plus grandes épopées du monde.

    Dès 1806, on y retrouve une collection qui regroupe des instruments destinés à l’enseignement des sciences. Suivit, au fil des ans, la constitution de collections de monnaies anciennes et de médailles, des collections de minéralogie, de géologie, de numismatique, de zoologie, de botanique, de fossiles, de peinture, d’ethnologie et de livres anciens. Aujourd’hui, ces témoins uniques du passé font partie de la collection gérée par le Musée de la civilisation dont le Musée de l’Amérique française est une composante depuis 1995.

    Essentiellement tourné vers l’histoire, le Musée offre aujourd’hui des expositions et une foule d’autres activités, consacrées à l’implantation et au développement de la culture française sur le continent nord-américain.

    Sa programmation invite à revivre la grande aventure des francophones en Amérique du Nord, à se pencher sur leurs faits et gestes, à s’attarder au contexte dans lequel ils ont vécu, à s’imprégner de l’esprit qui les animait. Comprendre et apprécier cet héritage laissé au monde moderne, héritage qui témoigne de la détermination et du dynamisme de millions de personnes, éclairent à la fois le présent et l’avenir de chaque Québécois, individuellement et collectivement.

    http://www.mcq.org/fr/maf/index.html

  18. 18 Soldat Sanspareil Le 10 octobre 2009 à 12h14

    Le drapeau de Carillon suite.

    http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-212/Drapeau_de_Carillon.html

    Drapeau de Carillon
    par Bergeron, Yves

    Drapeau de Carillon
    En 1832, quelques années avant la Révolte de 1837-38, les membres du parti Patriote adoptent un drapeau arborant trois bandes horizontales (verte, blanche et rouge). Après la défaite, la pendaison des Patriotes et la publication du rapport Durham, les Canadiens français se retrouvent à la recherche d’un nouveau drapeau national n’ayant pas le caractère révolutionnaire de ce drapeau tricolore. Quelques années plus tard, lors du défilé du 24 juin 1848 à Québec, la Société Saint-Jean-Baptiste présente à la foule un drapeau qui aurait été témoin de la victoire de Montcalm sur l’armée britannique à Carillon, en 1758. Ce drapeau frappe l’imaginaire du peuple qui, même s’il ne l’adoptera pas comme tel, lui vouera un culte au point d’influencer l’allure définitive du drapeau québécois.

    Sommaire [masquer]
    L’histoire d’une redécouverte
    L’entretien du mythe
    Du drapeau de Carillon au drapeau du Québec
    Des doutes sur l’authenticité du drapeau
    Patrimonialisation et dépatrimonialisation
    NOTES
    DOCUMENTS COMPLÉMENTAIRES
    Images
    Hyperliens
    Catégories

    L’histoire d’une redécouverte
    Dans un article publié en 1882, c’est-à-dire à la même époque que les articles consacrés à l’astrolabe de Champlain, l’historien et folkloriste Ernest Gagnon retrace l’histoire de la découverte du drapeau de Carillon (NOTE 1). En 1842, l’avocat, homme d’affaires et philanthrope de Québec, Louis de Gonzague Baillairgé (1808-1896) (NOTE 2), participe à la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec. Cinq ans plus tard, il se lance à la recherche du drapeau de Carillon : cette quête le conduit à l’automne 1847 vers le dernier survivant des Récollets à Québec, le frère Louis Martinet, dit Bonami (1764-1848)(NOTE 3). Atteint de paralysie et ne se sentant pas en mesure de répondre à ses questions, le frère Louis lui demande de revenir plus tard. À la mi-janvier 1848, Baillairgé rencontre finalement le dernier Récollet qui lui raconte, avant de mourir, l’histoire du drapeau de Carillon…

    Battle of Carillon
    Le 8 juillet 1758, le père Berey, Supérieur des Récollets et aumônier des troupes françaises, est témoin de la bataille des troupes de Montcalm contre l’armée britannique au fort Carillon. C’est lui qui aurait ramené le drapeau de la victoire exceptionnelle de Montcalm et de ses 3 500 hommes contre l’armée britannique de 16 000 hommes. La tradition raconte que la bannière témoignait des balles et des coups de sabres de cette victoire française. Une légende dit d’ailleurs que « la Vierge était apparue au-dessus des combattants et [...] toutes les balles tirées par les Anglais allaient s’anéantir dans les plis de sa robe, sans atteindre les Français.»(NOTE 4) À son arrivée à Québec, en 1759, le père Berey installe la bannière dans l’église des Récollets.

    Vue à vol d’oiseau du Fort Carillonen 1759
    Lors de l’incendie de l’église des Récollets en 1796, le frère Louis, avec d’autres Récollets, tente de sauver ce qu’il peut des flammes. Alors que celui-ci allait sortir, le feu aurait consumé la corde qui retenait le drapeau au plafond de l’église, de sorte que celui-ci serait tombé à ses pieds. Le frère Louis récupère et range le drapeau dans un coffre avec d’autres objets sauvés de l’incendie. C’est dans ce même coffre, conservé au grenier de la résidence du frère Louis, rue Saint-Vallier à Québec, que Baillairgé retrouve le mythique drapeau.

    Dès le 24 juin 1848, Baillairgé permet aux dignitaires de la Société Saint-Jean-Baptiste de défiler dans les rues de Québec avec le drapeau de Carillon. Pour cette occasion historique, le drapeau est déployé. Dès l’année suivante, Baillairgé exige que le drapeau enroulé sur sa hampe soit enveloppé dans un fourreau de toile. Une délégation accompagnée d’une fanfare se rend chez Baillairgé pour récupérer la bannière. C’est ainsi que le drapeau défilera chaque année dans les rues de Québec sans que personne ne puisse le voir. Jusqu’à la mort de Baillargé en 1886, personne ne sera d’ailleurs autorisé à voir «son drapeau de Carillon». Comme ses héritiers ne s’intéressent pas à l’objet, ils le lèguent en 1901 à l’Université Laval et au Séminaire de Québec, qui ne forment alors qu’une seule et même institution. Les demandes pour emprunter et présenter le drapeau sont nombreuses, mais à chaque occasion la direction de l’université rappelle que « Le drapeau n’est pas en état d’être déployé, si ce n’est qu’avec des précautions […]. C’est une relique vraiment nationale qu’il faut absolument conserver au prix des plus grands sacrifices » (NOTE 5).

    L’entretien du mythe
    Fragment du drapeau de Carillon
    Certains événements vont contribuer à construire le mythe du drapeau de Carillon. Peu de temps après sa découverte, Baillairgé vend quelques fragments du drapeau à titre de reliques. Certains morceaux retrouvés plus tard seront bien identifiés comme provenant du drapeau. Le 5 juin 1854, lors de translation des restes des soldats morts lors de la bataille des Plaines d’Abraham, la mythique bannière de Carillon, enserrée dans son étui, accompagne le char funéraire qui transporte les restes des Braves vers le parc où la Société Saint-Jean-Baptiste érigera un monument à leur mémoire quelques années plus tard.

    D’autres utilisations sporadiques en sont faites. En 1858, l’écrivain Octave Crémazie publie un poème épique intitulé «Le drapeau de Carillon» qui contribue à sa sacralisation. Le 21 juillet 1885, le drapeau est présenté lors du défilé marquant le retour du 9e bataillon qui a participé à la campagne du Nord-Ouest(NOTE 6) . Cinq ans plus tard, le recteur de l’Université Laval le déploie à l’occasion de la visite officielle du comte de Paris à Québec(NOTE 7).

    La Garde Montcalm rapporte au Séminaire le drapeau de Carillon
    À partir de 1901, ce sont les Zouaves pontificaux de Québec qui escortent le drapeau de Carillon dans son étui lors des défilés de la Saint-Jean-Baptiste. En 1910, les Zouaves pontificaux font confectionner une reproduction du drapeau, avec ses fleurs de lys qui pointent vers l’intérieur et dont les proportions ont été modifiées pour en faire un véritable drapeau, plutôt qu’une bannière. On peut y voir d’un côté les armes du marquis de Beauharnois, qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1726 à 1747, et de l’autre côté, l’image de la Vierge(NOTE 8).

    Le drapeau de Carillon, qui reste sous la responsabilité du recteur de l’Université Laval, participe à la commémoration du 170e anniversaire de la mort de Montcalm en 1929. Le drapeau sera finalement prêté au fort Ticonderoga (NOTE 9), dans l’état de New York(NOTE 10), pour le bicentenaire de la bataille de Carillon. Après cette ultime commémoration, il retourne dans la voûte des archives de l’Université Laval, où son souvenir est peu à peu éclipsé par la Révolution tranquille.

    Du drapeau de Carillon au drapeau du Québec
    Après avoir abandonné le tricolore vert, blanc et rouge, les Canadiens français avaient finalement adopté le drapeau français au milieu du 19e siècle. Au tournant du 20e siècle, ils sont à nouveau à la recherche d’un drapeau qui serait un reflet plus fidèle de leur identité. C’est ainsi qu’en 1902, le curé de Saint-Jude, Elphège Filiatrault propose le «Carillon Sacré-Cœur ». Y figurent les fleurs de lys du drapeau de Carillon et la croix blanche que l’on retrouve sur les anciens drapeaux français. Bien accueilli par certains, mais décrié par les partisans du drapeau bleu, blanc, rouge de la France, le Carillon Sacré-Cœur s’impose peu à peu. Le 21 janvier 1948, Maurice Duplessis adopte finalement le fleurdelisé, inspiré du Carillon Sacré-Cœur, comme drapeau national du Québec (NOTE 11).

    Des doutes sur l’authenticité du drapeau
    Curieusement, personne n’avait douté de l’authenticité du drapeau de Carillon lorsqu’il était réapparu en 1848. Le frère Louis Martinet, paralysé et malade, meurt peu de temps après avoir livré le secret du drapeau à Baillargé. Comme le soulignent Hélène-Andrée Bizier et Claude Paulette :

    « Disparaissait ainsi le seul témoin susceptible de confirmer le récit de Baillairgé, un récit qui soulevait quelques interrogations, dont celle-ci : les grandes dimensions de la pièce (213 cm sur 307 cm) ainsi que l’orientation des dessins indiquent qu’il ne s’agit pas d’un drapeau, mais plutôt d’une bannière devant être suspendue à la verticale. Par surcroît, la relique présentait tous les attributs d’une bannière religieuse qui n’aurait pas été à sa place sur un champ de bataille, à moins qu’on veuille y voir la cause de la victoire quasi miraculeuse de Carillon…(NOTE 12)»

    Puisque le drapeau de Carillon est considéré comme un symbole national, il est pratiquement impossible de remettre en doute l’authenticité du récit. En raison de la force de cette valeur symbolique pour les Canadiens français, Ernest Gagnon(NOTE 13) utilise d’ailleurs un pseudonyme en 1915 pour révéler «qu’il s’agissait d’une bannière religieuse et non d’un drapeau.(NOTE 14)»

    Il faut attendre 1982, avec la demande de restauration soumise par la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, pour que le Séminaire de Québec accepte que le drapeau soit examiné et restauré par l’Institut canadien de conservation. Bien que Baillairgé ait toujours soutenu qu’il s’agissait d’un drapeau de régiment, c’est à cette époque que l’on découvre que le drapeau est bel et bien une bannière religieuse et qu’elle était conçue pour être suspendue verticalement.

    Drapeau de Carillon
    Les experts de l’Institut de conservation du Canada confirment que la bannière a bel et bien été confectionnée au 18e siècle. Les recherches ont démontré qu’à compter de 1732, les armoiries de Beauharnois portaient une devise qui n’apparaît pas sur la bannière. Ce détail laisse croire que la bannière serait antérieure à 1732. Par ailleurs, la légende qui veut que la bannière ait été lacérée par des balles et des coups de baïonnettes lors de la bataille de Carillon en 1858 relèverait de l’interprétation. Baillairgé raconte ainsi l’état de ce l’objet lors de sa découverte :

    «Son espoir ne fut pas déçu : au milieu d’objets de toutes sortes, il vit briller un morceau de soie, une fleur de lis blanche, qu’il saisit avidement ; puis, tout ému, il retira des débris et déploya, dans ce réduit ignoré, le vaste et noble étendard suspendu jadis à la voûte d’une des plus belles églises de la Nouvelle-France, un des drapeaux de nos glorieux ancêtres dans l’immortelle campagne des bords du lac Champlain…(NOTE 15)»

    On peut d’ailleurs constater l’état de conservation de la bannière sur la célèbre photographie prise par Livernois en 1901.

    Les restaurateurs de l’ICC démontèrent la bannière fil par fil pour la retisser sur un nouveau support. Après un travail qui demanda près de 2310 heures (NOTE 16), ce n’est qu’en 1996 que les Québécois et les visiteurs purent enfin redécouvrir la bannière de Carillon, installée dans l’exposition permanente du Musée de l’Amérique française(NOTE 17). Rien, dans toutes ces opérations, n’aura toutefois permis de confirmer l’authenticité du récit de Baillairgé à propos de la bannière (NOTE 18).

    Patrimonialisation et dépatrimonialisation
    Chanson Ô Carillon
    Qu’elle soit vraie ou fausse, la bannière de Carillon témoigne de la dernière victoire française en Amérique du Nord pendant la guerre de Sept ans. Les récits qui s’élaborent à compter de 1848 rappellent la victoire de Montcalm plutôt que la défaite des plaines d’Abraham en 1759. Le récit de cet objet perdu et retrouvé grâce à la mémoire du dernier Récollet encore vivant à Québec permet de lier la bannière au récit historique de la fin de la Nouvelle-France, alors même que le Canada français choisit d’affirmer son identité nationale après la seconde défaite des Patriotes. Le drapeau de Carillon devient le symbole d’une nation qui cherche une nouvelle identité. Baillairgé et les nationalistes canadiens-français s’emparent du drapeau et en font un véritable mythe. De plus, la Société Saint-Jean-Baptiste crée un rituel annuel qui donne encore plus de valeur à cet objet que l’on ne voit pas, mais que l’on présente tout de même au défilé annuel de la Saint-Jean dans les rues de Québec.

    Ce qui importe dans le cas du drapeau de Carillon, comme dans le cas de l’astrolabe de Champlain, c’est le récit identitaire que ces objets permettent de relater. Le drapeau que personne ne peut voir devient le support d’une mémoire collective construite de toutes pièces. Dans ces deux exemples, on constate que les élites inventent deux mythes liés au récit fondateur du pays. Se côtoient d’une part la version que donne le gouvernement fédéral avec l’astrolabe de Champlain et, d’autre part, la version de la Société Saint-Jean-Baptiste et des nationalistes québécois. En somme, on se retrouve devant deux stratégies de commémoration. En fait, les deux objets sont tournés vers le présent, la réalité historique important finalement peu à côté de leur importance symbolique. Au Musée canadien des civilisations, l’astrolabe s’inscrit dans un récit actualisé du Canada et de sa double fondation française et britannique. L’objet rappelle l’exploration du pays par Champlain et la redécouverte de l’astrolabe dans la région qui deviendra la Capitale du Canada. Au Québec, le drapeau de Carillon a joué un rôle majeur dans le débat national. Après avoir été patrimonialisé sur une période d’un siècle, la bannière est finalement oubliée au profit du drapeau québécois. Nous sommes en face d’un cas relatif de dépatrimonialisation, dans la mesure où le symbole que représentait la bannière avec ses fleurs de lys se déplace vers le nouveau drapeau du Québec qui sera le symbole de la Révolution tranquille.

    Yves Bergeron

    Professeur de muséologie

    Université du Québec à Montréal (UQAM)

    NOTES
    1. Ernest Gagnon, «Le drapeau de Carillon», la Revue canadienne, mars 1882, p. 129-139.
    2. Jean-marie Lebel, BAILLAIRGÉ, LOUIS DE GONZAGUE, Dictionnaire biographique du Canada, 1891-1900 (Volume XII). http://www.biographi.ca
    3. Voir : Lebel, Jean-Marie, « MARTINET, dit Bonami, LOUIS», Dictionnaire biographique du Canada en ligne. 1836-1850 (Volume VII). http://www.biographi.ca Consulté le 15 novembre 2008.
    4. René Robitaille, Le Drapeau de Carillon réalité historique ou légende, Québec, Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, août 1983, 34 p.
    5. Lettre de M. Mathieu à M. David, 9 décembre 1901. Archives du Séminaire de Québec, 159A-135.
    6. George Beauregard, Le 9e bataillon au Nord-Ouest, Québec, Gingras, 1886, p.98.
    7. Ernest Gagnon, Le Comte de Paris à Québec, Québec, 1891, Typographie C. Darveau, p. 45-47.
    8. Voir : Je me souviens depuis 1834. Montréal, Leméac, 1980, p. 19.
    9. Voir : René Chartrand. Ticonderoga 1758. Montcalm’s victory against all odds, Osprey Publishing, 2000, 96 p.
    10. L ‘ouvrage de Lucinda A. Brockway retrace le parcours de mise en valeur du fort Ticonderoga. A favorite place of resort for strangers. The King’s Garden at Fort Ticonderoga, New York, Fort Tigonderoga, 2001,127 p.
    12. Tiré de : Hélène-Andrée Bizier et Claude Paulette, Fleur de lys. D’hier à aujourd’hui, Montréal, Art global, 1997, 152 p.
    Hélène-Andrée Bizier et Claude Paulette, Fleur de lys. D’hier à aujourd’hui, Montréal, Art global, 1997, p. 113.
    13. Voir : Gorden E. Smith, «GAGNON, ERNEST (baptisé Frédéric-Ernest-Amédée)» dans le Dictionnaire biographique du Canada en ligne. 1911-1920 (Volume XIV). http://www.biographi.ca Consulté le 15 novembre 2008.
    14. Jean-Marie Lebel, « MARTINET, dit Bonami, LOUIS», Dictionnaire biographique du Canada en ligne. 1836-1850 (Volume VII). http://www.biographi.ca Consulté le 15 novembre 2008.
    15. Ernest Gagnon in Chouinard, Fête nationale des Canadiens-français, célébrée à Québec 1881-1889. Québec, de l’imprimerie Belleau & Cie, 1890, p. 59-67. Cité dans Je me souviens depuis 1834. Montréal, Leméac, 1980, p. 19.
    16. Voir : Rapport de traitement du drapeau de Carillon, coordonné par Ela Keyserlingk, restauratrice principale, Ottawa, Institut canadien de conservation, 1993, 23 p.
    17. Voir le catalogue de l’exposition : Alain Beaulieu et Yves Bergeon, Amérique française l’Aventure (préface de Pierre Nora), Montréal, Fidès-Musée de la civilisation, 2002, 124 p.
    18. Ayant pris connaissance du dossier et après discussion avec l’équipe de réalisation, nous avons convenu de rappeler essentiellement que la bannière est à l’origine du drapeau québécois sans évoquer les débats qui entourent son histoire.

    Soldat Sanspareil
    2ième bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!

  19. 19 Soldat Sanspareil Le 10 octobre 2009 à 19h30
  20. 20 Soldat Sanspareil Le 12 octobre 2009 à 15h05

    Noël Levasseur (1680-1740) maître sculteur des armoiries royales de France.

    http://www.levasseur.org/fr/Biographies/Anciennes

    LEVASSEUR, NOËL, maître sculpteur, né a Québec en 1680, fils de Noël Levasseur, menuisier, et de Marguerite Guay, inhumé le 13 décembre 1740 à Québec. Petits-fils du maître menuisier Jean Levasseur* dit Lavigne.

    On sait peu de chose des années d’apprentissage de Noël Levasseur, mais on peut supposer qu’il apprit le métier de menuisier avec son père et s’initia à la sculpture avec les maîtres de l’école de Saint-Joachim. Son contrat de mariage avec Marie-Madeleine Turpin, daté du 3 avril 1701, le situe à Montréal. Il y vivait probablement depuis quelque temps afin de parfaire sa formation. Il fut en effet, à Montréal, en contact assez étroit avec le sculpteur Charles Chaboulié pour que ce dernier, alors célibataire, se soit engagé en 1702 à laisser tout son avoir au premier-né des époux Levasseur. Malheureusement, aucune œuvre de Chaboulié ne permet de juger de son influence possible sur Noël Levasseur.

    Établi définitivement à Québec en 1703, où il éleva une famille de 13 enfants, Noël Levasseur se fit une clientèle parmi les curés et les communautés de Québec et des environs. Mais il lui arriva aussi de travailler pour des particuliers ; en 1715, par exemple, Levasseur « promet et soblige de partir incessamment pour se rendre au Cap St-Ignace, auquel lieu il fera toutte la sculpture et ornements qui seront nécessaires au navire que led. [capitaine Prat] Prat fait construire aud. lieu ». Si rien ne nous est parvenu des sculptures des vaisseaux du xviie siècle, il ne faut pas oublier qu’il y eut une sculpture profane dans la colonie française. On attribue d’ailleurs à Noël Levasseur deux cartouches en bois sculpté polychrome, l’un au Musée du Québec, l’autre aux Archives publiques du Canada, représentant les armoiries royales de France. Ces cartouches auraient été commandés par Gaspard-Joseph Chaussegros* de Léry en 1727 pour orner les portes et les édifices administratifs de la ville de Québec Bien que le nom de Levasseur apparaisse dans les livres de comptes de beaucoup de paroisses des environs de Québec, il reste malheureusement peu d’ouvrages pour témoigner de son œuvre. Il en est ainsi pour Saint-Laurent (île d’Orléans) où il construisit un retable en 1711, pour Lauson où il exécuta le même genre de travail de 1730 à 1733, pour Saint-Augustin où il œuvra en 1731, pour Notre-Dame de Québec en 1732, pour Beauport en 1733. Il avait aussi travaillé à Varennes en 1726, à la Pointe-aux-Trembles (Montréal) en 1727, à Boucherville en 1729. Il est impossible de retracer aujourd’hui la Vierge à l’Enfant de Notre-Dame de la Jeune-Lorette qui portait une inscription commençant ainsi : « Je suis donné par Noël Levasseur sculpteur et son épouse Marie Madeleine Turpin le 1er mars 1729, pour faire la procession du scapulaire et du rosaire [...] ». Impossible aussi de retracer « deux figures de bois représentant la Ste-Vierge et St-Joseph et deux autres représentant le bœuf et l’âne » sculptées en 1733 pour la paroisse de Sainte-Croix de Lotbinière.

    Il nous reste, outre le maître-autel de l’Islet exécuté probablement par Noël Levasseur en 1728, deux œuvres capitales que nous pouvons lui attribuer avec certitude : le maître-autel de la chapelle de l’Hôpital Général de Québec (1722) et le retable de la chapelle des Ursulines (1732–1736). Il fut sans doute aidé par son fils aîné, François-Noël, pour l’exécution de ces deux œuvres, et par son fils cadet, Jean-Baptiste-Antoine, pour le retable des Ursulines. Ces deux sculpteurs durent toute leur formation à leur père et collaborèrent avec lui jusqu’à sa mort. Cette entreprise familiale dura encore longtemps, puis-qu’après 1740 les fils Levasseur partagèrent le même atelier et travaillèrent aux mêmes endroits.

    Le tabernacle du maître-autel de la chapelle de l’Hôpital Général constitue une œuvre unique en son genre. C’est une construction architecturale de bois doré d’une grande simplicité : sur une prédelle, un avant-corps, s’avançant par décrochements avec un arc cintré soutenu par dix colonnes corinthiennes, est surmonté d’un dôme, d’une lanterne et d’un ange volant. Cet avant-corps est flanqué de deux ailes incurvées à la base desquelles se trouvent huit niches encastrées entre des colonnes corinthiennes, la partie supérieure étant construite en trois étages ornés de motifs décoratifs ajourés. La base de l’avant-corps porte les armes de Mgr de Saint-Vallier [La Croix] qui fit don de ce maître-autel aux religieuses de l’Hôpital Général. Les huit niches des ailes et les cinq niches du dôme renferment des statuettes qui restent encore aujourd’hui une énigme : elles n’ont pas toutes été faites par le même sculpteur. Il semble bien qu’on ait confié les statuettes du dôme à un sculpteur et celles des ailes à un autre. L’un d’eux pourrait être Noël Levasseur, sans qu’on sache lesquelles lui attribuer, faute d’étude suffisante des styles et de documentation.

    Le retable des Ursulines est l’une des œuvres majeures de la sculpture au Canada français. Aux Levasseur, père et fils, se joignit peut-être leur cousin, Pierre-Noël. Il s’agit d’un retable à la récollette [V. Juconde Drué] dont l’esprit a été légèrement altéré lors d’une réfection en 1902. Composé de façon traditionnelle, il est divisé en trois parties séparées par des colonnes corinthiennes : la partie du centre comprend le maître-autel, surmonté d’un tableau de l’Annonciation et d’un édicule terminé par un fronton cintré contenant une statue de saint Joseph tenant l’Enfant Jésus. Aux parties droite et gauche, on distingue les portes de sacristie surmontées de niches contenant des statues de sainte Foy et de saint Augustin. Tout au sommet, sur l’entablement, deux anges adorateurs font le lien avec la partie centrale du retable. Les cinq sculptures en ronde-bosse sont peut-être de la main de François-Noël Levasseur. Les piédestaux des colonnes et les portes de sacristie sont ornés de reliefs. Ceux-ci sont d’une facture plus maladroite que celle des sculptures en ronde-bosse. Le tabernacle du maître-autel est d’un style beaucoup plus orné que celui de l’Hôpital Général. C’est une composition architecturale à trois avant-corps ; celui du centre porte un relief représentant le Bon Pasteur. Une chaire ornée d’un abat-voix complète cet ensemble de bois sculpté, doré et peint.

    Si Noël Levasseur ne fut pas seul à travailler à ce retable d’esprit Louis XIV, il en fut certainement l’âme dirigeante. On retrouve le même style, mais simplifié, dans les œuvres de ses fils après 1740.

    Continué par ses deux fils, François-Noël et Jean-Baptiste-Antoine, et son cousin Pierre-Noël, Noël Levasseur domina, bien au-delà de sa mort, la sculpture canadienne du xviiie siècle.

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  21. 21 Soldat Sanspareil Le 13 octobre 2009 à 7h04

    Livre de Paul Painvin sur l’historique du régiment de la Sarre/51e régiment d’infanterie.

    Pour en faire la lecture consulter ce lien internet:

    http://www.archive.org/texts/flipbook/flippy.php?id=historiqueduerg00paingoog

    Bonne lecture.

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    2ième bataillon du régiment de la Sarre
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  22. 22 Soldat Sanspareil Le 16 octobre 2009 à 12h58

    Renseignements sur les armoiries royales.

    Consulter ce site internet pour plus de détails et pour voir une photo de meilleure qualité visuelle.

    http://collections.civilization.ca/public/pages/cmccpublic/emupublic/Display.php?irn=1125979&QueryPage=%2Fpublic%2Fpages%2Fcmccpublic%2Femupublic%2FQueryF.php&lang=1

    Artiste/Artisan/Fabricant Levasseur, Noel

    Date de Manufacture 1727
    Date de début 1727/01/01
    Date de fin 1727/12/31
    Mesures Hauteur 118.0 cm, Largeur 96.0 cm, Profondeur 20.0 cm
    Événements 1754-1763 Guerre de Sept Ans, 1759 Capture de Québec

    Légende Les armoiries royales françaises
    Information supplémentaire Les armoiries royales françaises.Ces armoiries étaient autrefois suspendues à Québec.Les armoiries étaient des symboles marquants de la souveraineté et de l’empire français. À partir de 1725, les officiers des colonies affichent les armoiries sur les portes des villes et les bâtiments publics.

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  23. 23 Soldat Sanspareil Le 16 octobre 2009 à 13h08

    Le musée de la Guerre d’Ottawa et les armoiries royales.

    Plus de renseignements sur ce lien en format PDF.

    http://www.wlu.ca/lcmsds/cmh/back%20issues/CMH/volume%207/Issue%202/Pothier%20-%20The%20Royal%20Arms%20of%20France%20and%20its%20Ancillary%20Artifacts.pdf

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  24. 24 Soldat Sanspareil Le 31 octobre 2009 à 8h55

    Pour voir le 2ième bataillon du régiment de la Sarre en 360 degrés voici un lien pour 2 diaporamas du régiment, cliquer sur les images et allumer le son.

    http://www.photojpl.com/blog/2008/09/03/le-regiment-de-la-sarre/

    Bon visionnement.

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  25. 25 Soldat Sanspareil Le 9 novembre 2009 à 18h07

    Pour rendre hommage à nos ancêtres de 1759-1760, rapatrions les armoiries de Québec sur le sol du berceau de la Nouvelle-France, voici le vidéo en ligne sur Tag Télé au lien suivant:

    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581

    Vous pourrez aussi consulter le lien internet suivant pour plus d’informations :

    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc

    Merci de militer pour le retour de notre patrimoine.

    Soldat Sanspareil
    2e Bataillon du Régiment de La Sarre
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    http://www.regimentdelasarre.ca

  26. 26 Soldat Sanspareil Le 10 novembre 2009 à 17h17

    Pour rendre hommage à nos ancêtres de 1759-1760, rapatrions les armoiries de Québec sur le sol du berceau de la Nouvelle-France, le vidéo est aussi en ligne sur You Tube au lien suivant:

    http://www.youtube.com/watch?v=ll9ryIwWqWo

    Merci de militer pour le retour de notre patrimoine.

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    2e Bataillon du Régiment de La Sarre
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    http://www.regimentdelasarre.ca

  27. 27 Soldat Sanspareil Le 13 novembre 2009 à 13h08

    La Bataille de Sainte-Foy
    1760

    SAINTE-FOY (Victoire de), revanche entreprise par le chevalier de Lévis, en vue de reprendre la ville de Québec.

    Durant l’hiver de 1759, M. de Lévis organisa à Montréal, d’accord avec le gouverneur de Vaudreuil; la revanche de la défaite et de la mort de Montcalm. Il caressait l’espoir que le roi et son Conseil n’abandonneraient jamais la colonie et lui enverraient de puissants secours. Sa persuasion se communiqua aux soldats réguliers et aux troupes de la milice.

    Dès le printemps, tous les préparatifs une fois terminés, il charge M de Bougainville de la défense de l’est, le capitaine Pouchot de l’ouest et se réserve avec Bourlamaque un retour offensif sur la capitale, à la tête d’un effectif d’environ 6,900 hommes. Ces troupes s’ébranlent le 20 avril, les unes descendant par eau, de Montréal à la Pointe-aux-Trembles, où les autres les rejoignent le 25; le lendemain, l’avant-garde se met en mouvement, commandée par M. de Bourlamaque, et marche vers la Vieille-Lorette pour atteindre les hauteurs de Sainte-Foy, en traversant les marais de la Suette, la nuit du 26 avril. Ni le tonnerre, ni la pluie d’orage, ne ralentissent la marche des soldats, qui prennent possession des maisons.

    Là, un bois d’une demi-lieue sépare l’avant-garde des troupes ennemies. Elle le franchit, le matin, et se trouve en vue des Anglais à 200 toises du coteau. Par une marche de flanc, elle s’établit sur la route de Sainte-Foy. Le corps des troupes défile par la droite, en silence. Mais Murray a le temps de retirer ses troupes du Cap-Rouge avant d’être coupées par les deux ailes françaises, d’amasser les munitions dans l’église et d’y mettre le feu. Le chevalier de Lévis commença l’attaque sur son arrière-garde jusqu’à la demeure et le moulin de Dumont, sis à une demi-lieue des remparts de Québec. Les hommes que Murray y posta, pour la nuit du 26, allèrent se retrancher sur les Buttes-à-Neveu.

    Rentré en ville, Murray se porte en avant, le 26 avril, à la tête de la garnison, laissant environ 400 combattants sur place : il s’avance sur deux colonnes avec 3,000 hommes, 22 pièces de canons et obusiers. A cette vue, M. de Lévis renvoie le gros des siens sur les Plaines d’Abraham. Murray développe sa ligne principale sur un quart de lieue, en avant des Buttes : quatre bataillons et les Montagnards écossais, commandés par Burton, forment la droite, à cheval sur la route de Sainte-Foy; quatre bataillons, sous les ordres de Fraser, forment la gauche, à cheval sur le chemin Saint-Luc; plus deux bataillons de réserve; en outre, la droite était couverte par le corps d’infanterie légère du major Dalling, et la gauche par la compagnie de Rangers et 100 volontaires de la garnison. L’ordre de l’attaque est alors donné.

    L’avant-garde française de dix compagnies de grenadiers s’était mise en ordre de bataille, partie dans une ancienne redoute au levant du Foulon, partie dans la maison et le moulin Dumont; les trois brigades de droite à peine formées au moment de l’assaut des Anglais. Le général Murray s’applique à enlever le moulin par des forces supérieures. Mais Lévis se replie du moulin sur la lisière du bois en arrière, afin de rallier les brigades qui arrivaient de ce côté. C’est durant ce recul que Bourlamaque tombe grièvement atteint d’un boulet qui tue sous lui son cheval. Ses troupes, restées sans recevoir d’ordre, voyant vers les bâtiments les grenadiers aux prises avec un ennemi double en nombre, s’élancent d’elles-mêmes à leur secours : en face des Montagnards, les grenadiers attaquent au pas de charge : maison et moulin sont pris et repris plusieurs fois à l’arme blanche; enfin, ils leur restent et à leurs officiers, le capitaine d’Aiguebelle et le colonel d’Alguier; ils y périrent presque tous.

    Pendant cette action, M. de Lévis lançait une partie de l’aile droite contre la redoute qu’elle avait abandonnée pour se replier; elle est reprise par les Canadiens ainsi que le bois à pic sur le bord du fleuve, sous la conduite de M. de Saint-Luc entouré de ses Sauvages. Le feu devint très vif, les miliciens se couchant pour recharger les armes et se précipitant ensuite pour fusiller les canonniers sur leurs pièces. Les Montréalais, animés par M. de Repentigny, se distinguent, malgré la mort du colonel Réaume, en arrêtant seuls en rase campagne le centre de l’armée ennemie. Le mouvement offensif de Murray avait échoué. Les Français allaient assaillir à leur tour. Le chevalier ordonna de refouler l’aile gauche du chemin Saint-Louis sur celui de Sainte-Foy à la baïonnette : il voulait la culbuter dans la vallée Saint-Charles. Le colonel Poulhariès, avec une brigade, fond sur les Anglais, traverse leurs rangs et les met en fuite. M. de Lévis, témoin de la débandade de l’ennemi, enfonce sa droite et la pousse de front : la déroute des Anglais est complète.

    Les Franco-Canadiens les poursuivent au pas de course; mais la fuite est si rapide et les portes de la ville si proches qu’on ne pouvait réussir à en intercepter l’entrée aux fuyards. L’ennemi laissa aux mains des vainqueurs artillerie, munitions, outils de retranchement, les morts et une partie des blessés : 1,124 en tout ou plus du tiers de l’armée. D’après l’aveu de John Knox dans son Journal, les Français auraient repris Québec en y pénétrant sur l’heure : ils étaient exténués. Ils eurent 833 hommes tués ou blessés, parmi lesquels un chef de brigade, six chefs de bataillons, 96 autres officiers, n’ayant eu d’ailleurs à opposer aux 22 canons de Murray que trois petites pièces de campagne, traînées à bras dans les marais de la Suette. Les Sauvages, qui s’étaient la plupart tenus dans le bois de Sillery durant le combat, se répandirent sur le champ du carnage pour lever les chevelures : M. de Lévis fit cesser ce massacre, dès qu’il en fut informé. L’action avait duré presque deux heures.

    Dès le même soir du 28 avril, on commença les travaux du siège à huit cents verges des remparts, sous la direction de M. de Pontleroy, ingénieur en chef, et de Montheillard, commandant de l’artillerie. Murray se fortifia de son mieux, possédant un matériel complet et des munitions : il allait tergiverser et ne comptait que sur l’arrivée de la flotte d’Europe. « Si une flotte française l’eût devancée, écrit Knox, la ville serait retombée au pouvoir des vainqueurs de Sainte-Foy ».

    Onze jours après, une frégate britannique entrait en rade (9 mai), acclamée par les assiégés, durant une heure entière. La frégate Lowestoffe fut suivie, le 15, de l’apparition de deux autres vaisseaux, The Vanguard et The Diana . Aussitôt M. de Lévis se détermina à lever le siège, par crainte d’être coupé dans sa retraite et de perdre ses magasins; c’était pendant la nuit du 16 mai.

    Source : Louis LE JEUNE, ” Victoire de Sainte-Foy”, dans Dictionnaire Général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mours, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Vol. 1, Ottawa, Université d’Ottawa, 1931, 862p., pp. 577-578.

    © 2005 Claude Bélanger, Marianopolis College

  28. 28 Soldat Sanspareil Le 23 novembre 2009 à 8h04

    L’`épopée Canadienne du chevalier de Lévis, la Victoire de Ste-Foy.

    Pour en savoir plus cliquer sur les liens suivants:

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=3693085&qryID=57bac3cd-dbb8-4737-9b81-8cc0b063e7a3

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=3693111&&qryID=a8ea026a-aad9-449d-9d5f-f25769f2ed15

    Cliquer sur la flèche de droite jusqu’à la page 25.

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  29. 29 Soldat Sanspareil Le 9 janvier 2010 à 7h33

    Philippe Séguin livre Revisiter Montcalm

    Voici un petit livre de M. Séguin qui a été un grand ami du Québec sur le dit sujet:

    http://books.google.ca/books?id=irsINUlcbcwC&dq=philippe+seguin+montcalm&printsec=frontcover&source=bl&ots=Nk3aIeH-nU&sig=01YJP3zka0wx_sSAb-gy8n0L78k&hl=fr&ei=_ldIS_rvKYbSlAfKyJgd&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CAcQ6AEwAA#v=onepage&q=&f=false

    Bonne lecture.

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  30. 30 Soldat Sanspareil Le 10 janvier 2010 à 10h06

    Le marquis de Montcalm et la bataille de Québec, Septembre 1759 : une réévaluation

    Pour apporter une vision différente de l’histoire à propos de Montcalm et de la bataille des plaines, voici un lien fort intéressant sur le sujet:

    http://www.journal.dnd.ca/vo7/no2/boire-fra.asp

    En espérant que cet article réhabilite le Marquis de Montcalm.

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    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-r

  31. 31 Soldat Sanspareil Le 10 janvier 2010 à 10h27

    En espérant que ces paroles du Chevalier de Lévis ne tombe dans l’oubli , je souhaite que ceux-ci résonnent de nouveau sur les plaines.

    Citation du chevalier de Lévis lors de la bataille de Ste-Foy 1760..

    La seconde bataille des plaines d’Abraham !

    Chevalier de Lévis

    « Nos espoirs sont élevés. Notre foi dans les gens est grande. Notre courage est fort. Et nos rêves pour ce magnifique pays ne mourront jamais. »

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  32. 32 Soldat Sanspareil Le 11 janvier 2010 à 19h30

    Le mémorial de la guerre de Sept Ans unique au monde.

    Pour en savoir plus consulter les liens suivants et n’hésiter pas à le visiter et rendre hommage à ces valeureux soldats du Roy.

    http://www.capitale.gouv.qc.ca/realisations/monuments-plaques-oeuvres/memorial-de-la-guerre-de-sept-ans.html

    http://www.cfqlmc.org/bulletin-memoires-vives/bulletins-anterieurs/bulletin-nd20-mars-2007/288

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  33. 33 Soldat Sanspareil Le 21 janvier 2010 à 19h42

    http://www.cfqlmc.org/bulletin-memoires-vives/derniere-parution/488

    Bulletin n°29, décembre 2009

    Quelques mythes reliés à la guerre de Sept Ans
    par Gilles Durand

    De nombreuses activités de commémoration

    Le rappel et la commémoration du 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham et de la mort de Montcalm donnent lieu à plusieurs activités de commémoration de part et d’autre de l’Atlantique : dévoilement de mémorial, marche et rassemblement, dépôt de gerbes de fleurs, visites d’expositions, tenue de colloque et de journée d’études, lancement de publications dont un point fort des événements commémoratifs demeure le répertoire à caractère biographique des soldats des troupes de Terre qui ont combattu en Nouvelle-France au cours de la guerre de Sept Ans – voir suggestion de lecture ci-dessous. Toutes ces activités ont mobilisé plusieurs partenaires à titre d’organisateur ou de soutien : la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, la Commission de la capitale nationale du Québec, la Commission des champs de bataille nationaux, le Service historique de la Défense, le Musée de la civilisation du Québec, le Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée Stewart, la Société généalogique canadienne-française, la Fédération française de généalogie, les sociétés d’histoire et de généalogie de la région de Québec, les Augustines de l’Hôpital-Général, la municipalité de Vestric-et-Candiac, la ville de Brest, plusieurs historiens, etc.

    Tout en donnant le pouls de l’attachement à la France, l’ensemble des événements et des publications permet de mieux cerner le contexte du conflit, les témoins et les acteurs de celui-ci. À l’occasion, certaines découvertes faites à la suite des recherches peuvent remettre en question certaines idées préconçues. D’autres révèlent une contribution de la France beaucoup plus grande que nous ne l’aurions d’abord cru.

    L’abandon de la Nouvelle-France par la mère patrie

    L’abandon de la colonie par la France fait partie de la propagande britannique pour amener les habitants à déposer les armes à la suite de la conquête et à accepter le nouveau Régime. La mère patrie fait beaucoup pour conserver sa colonie laurentienne. Tout au long du conflit, elle envoie des troupes du ministère de la Marine et du ministère de la Défense terrestre, des munitions de guerre, du ravitaillement. Elle doit cependant tenir compte de ses ressources, devant se battre sur trois fronts, sur le continent européen, sur mer et dans ses colonies, à un moment où sa marine, le nerf de la guerre, est loin d’être en mesure de soutenir la concurrence de celle de la Grande-Bretagne. Plusieurs des secours qu’elle envoie ne parviennent pas à destination, un facteur explicatif de la perte de la Nouvelle-France aussi important, selon certains, que la faiblesse du poids démographique face aux treize colonies du Sud.

    Pour évaluer à sa juste mesure la contribution de la France, nous devons aussi prendre en considération, entre autres choses, le mariage et l’établissement au pays de plus de 600 soldats des troupes de Terre (Combattre pour la France, p. 94), une révélation importante découlant des recherches du projet Montcalm.

    Le mythe du Canadien « canadien »

    S’il faut reconnaître que l’identité canadienne est en formation au temps de la guerre de Sept Ans, la notion de « canadianité » apparaît véhiculée par le dernier gouverneur général de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil, à des fins personnelles. Bénéficiaire de la réputation légendaire de son père, le gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil, Pierre de Rigaud de Vaudreuil est le seul gouverneur à être né au pays. Il utilise sa naissance canadienne pour progresser plus rapidement dans sa carrière. La correspondance qu’il achemine à la cour le démontre : « Il n’est pas nécessaire qu’il y ait d’officier général à la tête de ces bataillons [troupes de terre]… Je ne dois pas vous dissimuler, Monseigneur, que les Canadiens et les Sauvages ne marcheraient pas avec la même confiance sous les ordres d’un commandant des troupes de France que sous ceux des officiers de cette colonie (Cité dans Le Peuple, l’État et la Guerre, p. 371). »

    En réalité, Français et habitants de la vallée du Saint-Laurent deviennent des Canadiens plus tard, à la suite de la conquête britannique. Pour le moment, ils se considèrent tous sujets du roi Louis XV. Ils en attendent support, nomination, promotion, etc. Le 12 mai 1759, l’officier français Jérôme de Foligné écrit dans son journal : « A huit heures du soir arriva Mr. de Bougainville […] Son arrivée causa tant de joye que dans l’instant son arrivée fut repandue par toute la ville, cette nouvelle etoit d’autant plus interessante qu’elle annoncoit une flotte, dans peu, de dix sept vaisseaux venant de Bordeaux chargés de munitions de guerre et de bouche […] Jamais joye ne fut plus générale elle ranima le cœur de tout un peuple… (Québec ville assiégée, p. 30). L’attachement au roi apparaît encore lorsque Bougainville repousse avec son détachement une attaque des Britanniques à la Pointe-aux-Trembles (Neuville) : celui-ci, de noter l’auteur anonyme du Journal du siège de Québec (p. 115), « a vu son cheval blessé entre ses jambes, ce qui l’a fait tomber à terre; les ennemis l’ayant aperçu l’ont cru mort et ont aussytôt crié houra, mais il s’est relevé et a fait crier : vive le Roy ». En 1763, c’est toujours le même sentiment d’affection et de fidélité à la France, exprimé par l’annaliste de l’Hôpital-Général de Québec : « On ne peut, Monseigneur, dépeindre au naturel la douleur et l’amertume qui s’est emparée de tous les cœurs à la nouvelle de ce changement de domination; on se flatte que quelque révolution que la Providence suscitera nous remettra dans nos droits (Le Devoir, Défaite ou cession? 25 août 2009). »

    À l’époque, la participation à des groupes d’intérêt et l’affiliation à des réseaux assurent l’avancement personnel, parfois autant que les qualités personnelles. Pour s’être aliéné Nicolas Sarrebource de Pontleroy, devenu ingénieur en chef de la colonie, Michel Chartier de Lotbinière, officier dans les troupes de la Marine et ingénieur militaire, se fait suivre par une réputation d’incompétence : « M. de Lotbinière… a fait faire un pont sur la rivière du Cap Rouge, d’une construction nouvelle; les voitures, au lieu de passer dessus comme à l’ordinaire, passent par-dessous; cet ouvrage est digne d’une tel inventeur (Journal du siège de Québec, p. 69-70). » À l’inverse, des appuis dans la colonie et à la cour peuvent compenser un insuccès. Chargé de bloquer, à l’île aux Coudres, l’avance des Anglais dans le fleuve à l’aide de cageux (radeaux), Charles-François Tarieu de Lanaudière les brûle à l’arrivée de la flotte anglaise en mai 1759 et bat en retraite. À la suite de cette opération peu reluisante, le gouverneur Vaudreuil et l’intendant Bigot lui confient la responsabilité de réquisitionner du bétail auprès des habitants pour nourrir les troupes. L’auteur anonyme du Journal du siège de Québec écrit que « cette nouvelle dignité lui est plus lucrative que la première; d’ailleurs un coup de corne n’est pas si à craindre qu’un coup de canon qui fait très souvent la récompense des bons officiers (p. 78) »; plus loin, il ajoute : « M. de Lanaudière, chevalier de St. Louis, est à présent le grand Bouvier du munitionnaire; cette nouvelle charge lui est plus lucrative qu’honorable; tout le monde en rit mais il trouve son compte et sa sûreté (p. 100). » L’auteur anonyme exagère probablement, mais il n’en demeure pas moins que de Lanaudière est qualifié, dans une liste apostillée des officiers, de « Riche, officier très médiocre (Journal du siège de Québec, Notes, p. 149) ».

    La guerre à l’européenne ou la guerre à la canadienne

    On fait beaucoup état de l’opposition Montcalm « le Français »-Vaudreuil « le Canadien » sur la façon de mener la guerre. Dans son journal, Montcalm adresse plusieurs reproches à Vaudreuil, celui qui de supérieur est devenu subordonné à compter de 1758 : « Notre gouvernement ne vaut rien, écrit-il dans sa correspondance le 12 avril 1759… nulle confiance en Monsieur de Vaudreuil ny Monsieur Bigot (Québec ville assiégée, p. 26) ». « Nouveaux embarras pour la défense de Québec, n’y ayant rien de fait et point de ressources pour faire; suite nécessaire de la prodigieuse sécurité de M. le marquis de Vaudreuil », fait-t-il écrire dans son Journal le 23 mai 1759 à l’approche de la flotte britannique sur le fleuve (Québec ville assiégé, p.34). Plus loin, en date du 6 septembre 1759, face à l’armée française qui bombarde les vaisseaux qui contournent la ville pour remonter en amont, sans canonner en même temps les batteries ennemies installées à Pointe-Lévy, il fait consigner dans son Journal : « On gardait la poudre pour tirer sur les vaisseaux, et moi je dis qu’on la gardait pour les moineaux (Québec ville assiégée, p. 174). » De nouveau, le 10 septembre 1759, il ne peut s’empêcher de mettre en doute la crédibilité du gouverneur : « Le Canadien [Vaudreuil] confiant espère beaucoup des coups de vent communs dans cette saison. Mais il nous a si souvent donné de fausses espérances sur le secours des éléments, que l’on doute fort de la vérité de ses prophéties, qui ont perdu tout leur crédit (Québec ville assiégée, p. 182). »

    L’opposition entre les deux hommes n’apparaît pas s’expliquer uniquement par le fait que Montcalm est familier avec la guerre à l’européenne en bataille rangée alors que Vaudreuil préfère la « petite guerre » offensive. D’un côté, il est loin d’être sûr que le premier ignore tout de la guerre d’embuscade. De l’autre, Vaudreuil est présenté comme « le seul gouverneur de la Nouvelle-France qui n’a pas d’expérience militaire. Sa participation à la campagne de 1728 contre les Renards ne peut en tenir lieu (Le Peuple, l’État et la Guerre, p. 625). » L’auteur anonyme du Journal du siège de Québec nous en laisse un portrait peu inspirant lors de la bataille du 13 septembre 1759 : « Pendant l’action M. de Vaudreuil a paru sur la coste étant en calèche, sa vue n’a fait qu’augmenter la déroute, et lui-même a décampé aussitôt et a repassé le pont de la petite rivière [rivière Saint-Charles] où il y avait au moins 3 à 4000 hommes qui y avoient été arrêtés (p. 130). »

    Le mythe du Canadien féroce et belliqueux

    Les journaux de campagnes militaires conservés dans les archives sont pour la plupart rédigés par des officiers français. Les habitants, conscrits pour servir dans la milice, ont laissé peu de traces permettant de retracer leurs qualités, leurs sentiments et leurs états d’âme. La rareté de leurs témoignages n’empêche toutefois pas Louise Dechêne de remettre en question l’image traditionnel du milicien canadien à l’instinct belliqueux, naturellement porté au combat et à la guerre.

    À l’époque, l’habitant de la vallée du Saint-Laurent est pacifique; son horizon se limite en grande partie à sa famille, à sa ferme et à sa paroisse. Tout en n’étant pas un soldat professionnel, entraîné à observer une grande discipline et à défier le danger, il n’en apporte pas moins un soutien indispensable aux soldats des troupes de la Marine dans les rangs desquelles il combat, et aux troupes de Terre. Montcalm sait d’ailleurs à l’occasion reconnaître leur contribution : « …À la vérité si tout ce qui est soldat habitans est prevenu et se presente en armes, je pense qu’il n’y a rien à craindre (Québec ville assiégée, p. 146), trouvons-nous dans sa correspondance à propos d’une tentative possible de débarquement des Britanniques à Trois-Rivières. Lors de la débandade de l’armée le 13 septembre 1759, 200 miliciens apportent un appui indispensable… jusqu’à y laisser leur vie. De plus, le comportement des troupes françaises ne leur est pas spécifique. Les troupes britanniques font de même sur le champ de bataille lors de revers. « A peine entrées, le feu de notre mousqueterie les [les troupes britanniques] a mises en désordre, et elles se sont rembarquées (Ibid., p. 110) », trouvons-nous dans le Journal de Montcalm, en date du 31 juillet 1759, lors de l’attaque de Montmorency. Même chose à la Pointe-aux-Trembles le 7 août 1759 : « Les ennemis à cette descente pouvaient avoir, par l’estimé de leurs berges, environ 1200 hommes… où ils furent reçus par un feu étourdi; à la seconde décharge, les berges anglaises regagnèrent le large… M. de Bougainville m’a assuré qu’il a vu 7 berges dans lesquelles il pouvait y avoir 50 hommes dans chaque, et qu’il n’en a remarqué dans chaque que 4 ou 5 en état de ramer (Ibid., Journal de Panet, p. 128) ». Lors de l’attaque victorieuse de Lévis le 28 avril 1760, nous trouvons un commentaire semblable : « Mais ils se retirèrent avec tant de précipitation…Ils abandonnèrent toute leur artillerie, munitions, outils, morts et blessés… (Ibid., Journal des campagnes du Chevalier de Lévis, p. 244). »

    Les aptitudes militaires du milicien canadien comme faisant partie de son bagage génétique constituent une affirmation lancée par Vaudreuil pour avoir le haut commandement non seulement des troupes de la colonie (Marine et milice), mais aussi des troupes de Terre. La milice est indispensable pour vaincre les Britanniques. Lui seul se dit capable de l’utiliser pleinement : « Je me flatte de posséder les cœurs et la confiance des colons et leur sensibilité (Le Peuple, l’État et la Guerre, p. 372) ». Mais c’est bien en vain qu’il adresse ces commentaires à la cour.

    Les misères de l’habitant sous le Régime français, les bienfaits de la conquête britannique

    Lors de la guerre de Sept Ans, l’habitant est fortement mis à contribution par l’administration royale et coloniale. S’il ne verse pas d’impôt, il doit payer de sa personne, comme conscrit dans la milice, pour la construction de fortifications, pour le logement des troupes, pour le transport de vivres et de munitions; il doit aussi fournir des vivres aux troupes chargées de la défense de la colonie. Par contre, la période qui suit la conquête est souvent présentée comme un temps de répit : l’habitant peut reprendre son train quotidien sous l’œil bienveillant et admiratif de Murray à l’endroit du courage, de la foi et du conservatisme des Québécois. En fait, la vie est-elle si facile? Au lendemain de la capitulation de la Nouvelle-France en 1760, les habitants peuvent retourner dans leurs paroisses et prendre possession de leur terre, habitation et effets. « Mais, quels biens veut-il [le brigadier Monckton] que nos habitants aillent occuper après les ravages qu’il a fait commettre…C’est à ce jour, s’exclame l’officier français Foligné, qu’on vit sortir du fond des bois nos pauvres femmes traînant après elles leurs petits enfants mangés des mouches, sans hardes, criant la faim… (Le Peuple, l’État et la Guerre, p. 417-418) ».

    Les recherches actuelles font état de miliciens faits prisonniers. Elles mentionnent plus de 4000 retours en France jusqu’aux années 1770. Les membres de l’élite, ceux qui dépendent de l’administration royale pour leur emploi et leur subsistance, quittent. De même, des Canadiens appartenant aux classes populaires. D’autres doivent rester, ceux qui, vivant de la culture de leur terre, n’ont d’autre choix. Pour ceux-ci, nous devons nous poser la question sur ce qu’ils doivent endurer. Des situations comme la mise à mort par Murray, le 22 mai 1760, du meunier Nadeau pour avoir incité ses compatriotes à la révolte et poussé l’attachement à la France, nous invitent à pousser plus loin les enquêtes dans les archives sur ceux qui refusent de se rallier au nouveau Régime (L’Année des Anglais, p. 109). Tout n’a pas été dit et écrit sur ceux qui sont demeurés dans la vallée du Saint-Laurent après 1760 et sur la « condescendance » de Murray…

    Pour mieux se souvenir

    Le rappel de la bataille des plaines d’Abraham et de la mort de Montcalm suscite des travaux à caractère généalogique et historique. Les Québécois ont maintenant à portée de la main des informations qui remettent en question le mythe de l’abandon de la France et qui permettent de découvrir, peut-être de redécouvrir, l’apport important de la France et des premiers Français au développement du Québec. En même temps, ils disposent de données pour vérifier si un de leurs ancêtres peut être rattaché aux soldats des troupes de Terre. Pour les autres, les soldats des troupes de la Marine et les miliciens, ils disposent de pistes permettent d’entreprendre une enquête semblable.

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
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    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-r

  34. 34 Soldat Sanspareil Le 22 janvier 2010 à 4h50

    Montcalm, homme de cœur, soldat courageux, mérite qu’on ne l’oublie pas.

    http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/action-culturelle/celebrations-nationales/2009/vie-politique/louis-joseph-de-saint-veran-marquis-de-montcalm/

    Louis-Joseph de Saint-Véran, marquis de Montcalm
    Château de Candiac, près de Nîmes, 28 février 1712 Québec, 14 septembre 1759

    La mort du marquis de Montcalm
    Encre et crayons sur papier par Jean Antoine Watteau
    Ottawa, National Gallery of Canada
    © Brigeman-Giraudon

    Il était dix heures du matin, ce 13 septembre 1759, lorsque Montcalm, ne pouvant plus contenir ses troupes, leva son épée, et les lança à l’attaque des Anglais de James Wolfe, dont la ligne rouge vif barrait la plaine d’Abraham, devant Québec, à quelque trois cents mètres de la ligne blanche des Français.

    Quelques instants plus tard, une salve dévastatrice s’abattait sur les Français, les décimait, créait la panique et blessait à mort le marquis de Montcalm.

    Même si la guerre devait durer une année encore, c’est en cet instant et en ce lieu que fut réglé le sort de l’aventure extraordinaire de la Nouvelle-France, depuis ce jour de 1534 où Cartier avait posé le pied sur le sol de Gaspésie, jusqu’à cet instant désastreux de la bataille d’Abraham.

    Dans la nuit, les Anglais avaient débarqué à l’ouest de Québec, surprenant les Français, qui les attendaient à l’est. Rien n’était cependant perdu. Car au pas de course, les régiments La Sarre, Languedoc, Béarn, Guyenne, Royal-Roussillon, rejoignaient les milices et les Indiens devant Québec, tandis que l’on savait que François-Gaston de Lévis se trouvait habilement sur les arrières des Anglais.

    Il suffisait d’attendre. Hélas, emportés par leur désir d’en découdre, les Français n’avaient pas attendu, et se brisèrent sur le rempart du feu anglais, comme 56 ans plus tard Napoléon à Waterloo.

    Le courage, l’esprit offensif qu’avait manifesté Montcalm tout au long d’une carrière exemplaire l’avaient perdu. Engagé à 9 ans, capitaine à 17, colonel à 31, maréchal de camp puis lieutenant général, Montcalm avait participé à toutes les campagnes des guerres de Succession d’Autriche, de Pologne, de Sept ans, fait 11 campagnes, été blessé 5 fois …

    Envoyé au Canada en 1756, il y avait trouvé la situation intenable d’une Nouvelle-France qui, avec 65 000 habitants, devait faire face à des colonies anglaises qui en comptaient 1 610 000, appuyées par une marine britannique malheureusement plus puissante que la française.

    Il réussit presque miraculeusement avec 5 000 soldats venus de France et quelque 10 000 hommes des compagnies franches de la Marine et des milices locales de la colonie à tenir les Anglais en échec trois années de suite en les battant successivement à Chouagen en 1756, William Henry en 1757, Carillon en 1758.

    En 1759, ce sera la défaite d’Abraham : mortellement blessé, ayant toute sa connaissance, il est ramené à Québec, où il décède peu après.

    Lorsque, aujourd’hui, on parcourt la grande pelouse des plaines d’Abraham et que l’on regarde le monument qui rappelle le souvenir de ce grand soldat, on ne peut s’empêcher de penser que son sacrifice n’a pas été vain, car si la Nouvelle-France est morte, Québec et Montréal, deuxième ville francophone du monde, sont bien vivantes.

    Montcalm est enterré au carré militaire à Québec et son nom est porté par une frégate de la Marine nationale, et une promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

    Montcalm, homme de cœur, soldat courageux, mérite qu’on ne l’oublie pas.

    Général d’armée Forray (cr)
    ancien chef d’état-major de l’Armée de terre
    ancien Grand Chancelier de la Légion d’honneur

    Soldat Sanspareil
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  35. 35 Soldat Sanspareil Le 23 janvier 2010 à 9h46

    Journal des campagnes du chevalier de Lévis: en Canada de 1756 à 1760

    Voici un lien vous permettant d’accéder à son journal:

    http://books.google.ca/books?id=_YECAAAAMAAJ&pg=PA45&dq=Journal+du+Chevalier+de+L%C3%A9vis(Le)&hl=fr&cd=2#

    Bonne lecture.

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc

  36. 36 Soldat Sanspareil Le 24 janvier 2010 à 10h06
  37. 37 Soldat Sanspareil Le 24 janvier 2010 à 18h47

    LA DERNIÈRE VICTOIRE DE LA NOUVELLE-FRANCE

    Sainte-Foy, Québec le 29 avril 2007

    Texte de monsieur Léo Gagné, président,Corporation de la Victoire de Sainte-Foy,Parc de la Visitation, 29 avril 2007

    Madame la présidente,
    Distingués(es) invités(es),
    Mes chers amis,

    C´est toujours avec grand plaisir qu´à titre de président de la Corporation de la Victoire de Sainte-Foy – et mes collègues du Comité directeur se joignent à moi – pour vous souhaiter une cordiale bienvenue à la commémoration d´un grand événement historique : la dernière victoire de la Nouvelle-France.

    Victoire des troupes françaises, de la brigade de la marine, des miliciens canadiens et acadiens, aidés des alliés autochtones, remportée ici même sur les hauteurs de Sainte-Foy et aux portes de Québec sous le commandement du Chevalier de Lévis.

    Depuis sept ans maintenant, depuis le 30 avril 2000, nous venons ici, chaque année, en ce lieu de mémoire, l´historique église Notre-Dame de Foy, comme en pèlerinage, pour nous souvenir de nos ancêtres, de leur bravoure et de leur attachement au territoire national, au prix de grands sacrifices.

    Par leur détermination et leur dévouement, les combattants de 1760 ont écrit une page glorieuse de notre histoire nationale. Il faut en perpétuer la mémoire.

    Le souvenir est un devoir essentiel pour toute nation – toute collectivité nationale – qui entend perdurer, se maintenir dans le temps présent et se développer pour assurer son avenir.

    Se souvenir des grands moments de l´histoire collective, mais aussi de tous les événements significatifs qui ont marqué notre destin comme peuple distinct en Amérique du Nord.

    Et c´est d´autant plus important que nous entrons dans la période préparatoire aux fêtes du 400e anniversaire de la fondation de Québec.

    Québec, nous le savons, a été la capitale, le centre de décision et d´administration d´un grand empire que nos pères ont découvert, habité et nommé de nous français jusqu´aux confins du continent.

    Québec, c´est non seulement la ville fondée par Samuel de Champlain, mais c´est aussi aujourd´hui le territoire national, nos pères et nos mères l´ont voulu français et se sont battus de générations en générations pour le maintenir de langue et de culture françaises.

    è notre tour, nous devons assumer notre devoir collectif, nous affirmer de langue et de culture françaises, revendiquer à bon droit et avec fierté notre filiation française à la base même de notre identité nationale.

    Et c´est d´autant plus important, en ce XX1e siècle d´affirmer notre identité nationale que nous vivons dans un contexte de mondialisation tous azimuts et que notre civilisation encourt le risque d´uniformisation culturelle.

    Nous sommes donc venus aujourd´hui pour nous acquitter d´un devoir de mémoire à l´endroit des Braves de 1760, mais aussi pour témoigner de notre fidélité.

    Fidélité à la langue française dont nous devons assumer le rayonnement sur tout le territoire québécois en association avec la francophonie canadienne et la francophonie internationale.

    Fidélité au pays que nous avons humanisé et développé depuis quatre cents ans, que nous avons en partage, que nous habitons ensemble.

    Fidélité à la civilisation transmise par nos pères et mères, bien enracinée en terre d´Amérique.

    Par devoir de mémoire et par devoir de fidélité, il faut poursuivre sans relâche notre action collective jusqu´à ce que nous soyons devenus maître de notre destin comme peuple.

    C´est là le meilleur hommage que l´on puisse rendre aux Braves de 1760.

    Un dernier mot pour remercier Madame Francine Bouchard et le Conseil d´arrondissement Sillery-Sainte-Foy qui nous accueille ici au Parc de la Visitation, nous fournit les locaux et une aide logistique fort appréciée. Merci, Madame la présidente.

    Je me permets de rappeler que, depuis quelques années, nous souhaitons qu´une plaque commémorative soit apposée sur les murs de la vénérable église Notre-Dame de Foy pour souligner aux passants qu´en ces lieux s´est déroulée la Bataille de Sainte-Foy.

    J´ai appris récemment, Madame la présidente, que le Conseil d´arrondissement Sillery-Sainte-Foy a manifesté son intérêt pour cette initiative. Croyez bien que nous nous en réjouissons.

    Le Comité directeur de la Corporation de la Victoire de Sainte-Foy va nous soumettre prochainement le texte d´une plaque commémorative

    - Honneur aux Braves de 1760 sous le commandement du lieutenant-général François-Gaston, Chevalier de Lévis, vainqueur de la Bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760 –

    Cette plaque rappellera à tous les visiteurs que nous sommes ici en ce lieu de mémoire.

    Léo Gagné,
    Parc de la Visitation,
    29 avril 2007

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
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  38. 38 Soldat Sanspareil Le 27 janvier 2010 à 6h07

    L’impact des noms de guerre des militaires français sur la patronymie québécoise.
    par Luc Lépine, historien Ph.D.

    Introduction
    Nous sommes en juin 1978, la scène se passe au camp militaire de Borden, 90 kilomètres au nord de Toronto. On fait l’appel des jeunes aspirants-officiers des Forces Canadiennes. Leurs noms résonnent dans ce petit matin blafard: Bellerose, Champagne, Charpentier, Deslauriers, Lafrance, Lépine, Potvin, Sansregret, Tranchemontagne et Vadeboncoeur. Ce sont tous de futurs officiers francophones qui portent fièrement des noms de guerre légués par leurs ancêtres. Ces derniers sont arrivés au pays dans le Régiment de Carignan, les Compagnies franches de la Marine ou dans les régiments réguliers qui sont venus en Nouvelle-France. Mon ancêtre direct, Jean Chabaudier dit Lépine, avait quitté son village de Saint-Junien dans le Limousin pour venir ici comme soldat dans la compagnie de Monsieur Arnoult de Loubias, un officier du Régiment de Carignan.

    Quelques années plus tard, de 1989 à 1998, j’ai eu le privilège de travailler comme archiviste de référence aux Archives Nationales du Québec à Montréal. Une des questions qui revenait le plus souvent concernait l’origine des surnoms québécois. De longues recherches en histoire militaire m’ont suggéré une piste de réponse. Je vous livre ici le fruit de mes réflexions. Dans cet article, je traiterai de l’origine de ces surnoms militaires et de l’impact des noms de guerre des militaires français sur la patronymie québécoise.
    Que nous dit la littérature?
    Dans son Traité de généalogie, René Jetté (1)souligne que le surnom est omniprésent dans l’histoire généalogique des Québécois d’origine française. Il ne se transmet que dans la descendance du premier porteur. Jusqu’au début du XXe siècle, il risque de remplacer temporairement ou pour toujours le patronyme d’origine d’au moins un tiers des immigrants français. Jetté note que la raison d’être des nombreux surnoms québécois reste obscure. Lors d’une discussion informelle, René Jetté estimait le nombre de patronymes québécois français à 7,500 dont 5,000 se rencontraient avant l’arrivée des troupes françaises en 1754.

    De très nombreux chercheurs, dont Claude Perrault (2) et Marcel Trudel (3), ont noté la présence des surnoms et démontré leur variété sans en indiquer stricto sensu l’origine. Dans son Terrier du Saint-Laurent en 1674, Marcel Trudel rapporte que sur 2,435 noms de famille mentionnés, 28,7% ont un surnom. En 1663, il trouve que la proportion est de 29,52%. Cette diminution des surnoms semble contredire l’explication voulant que l’abondance des ’’dit’’ soit relié à l ‘arrivée des militaires en 1665. Nous reviendrons sur cette hypothèse.

    Les dictionnaires français de généalogie sont des plus laconiques en ce qui concerne les surnoms. Ils reconnaissent qu’occasionnellement on retrouve des patronymes dans la France profonde mais ne s’étendent pas sur le sujet.
    Le nom de guerre et le soldat francais
    Lorsqu’un soldat entre dans l’armée française, on lui attribue un surnom ou nom de guerre, par exemple Philibert Couillaud dit Roquebrune, soldat du régiment de Carignan (4). Ce surnom prend un caractère officiel. Il devient l’équivalent du numéro matricule. Les soldats sont reconnus par leurs noms, prénoms et noms de guerre. Dans le quotidien, le nom de guerre remplace le véritable patronyme surtout quand le soldat parle un dialecte ou le provençal. En l’absence de nom de guerre, on lui attribue le même que son nom. Ainsi en 1651, le soldat Antoine Beaufour dit Beaufour passe un marché pour la cuisson de galettes au fort de Saint-Louis de Québec (5).

    En 1716, les règlements militaires français exigent la présence d’un nom de guerre pour tous les simples soldats. L’attribution du surnom se fait de façons souple. Il peut s’agir du choix du soldat ou de celui du capitaine de la compagnie.(6) Lors de la Révolution américiane, la France envoya le régiment de Tourraine pour aider les rebelles américains. Une liste de ces soldats a été publiée.(7) Dans chaque compagnie, les surnoms commencent par la même lettre. Ainsi dans la compagnie Dugré, tous les soldats portent un surnom commençant par D, dans une autre compagnie ils commencent par B. Il est ainsi facile d’identifier à quelle compagnie appartient un soldat. De 1764 à 1768, la compagnie de Casaux du Régiment de Boulonnois-infantrie utilise des noms de légumes. Nous retrouvons ainsi les surnoms: Lartichaud, Lalétue, Lachicorée, Lecresson et Lecerfeuil.

    Le nom de guerre est une propriété individuelle. Le soldat ne le change pas facilement. Cela peut arriver quand le soldat est transféré de compagnie et que le surnom y est déjà en usage. En France, l’épouse du soldat va adopter son nom de guerre. Par contre, un fils de soldat porte toujours un surnom différent de celui de son père quand il sert dans l’armée. L’absence de surnom véritable est un signe de considération. Les officiers, les cadets, les volontaires et les gentilhommes n’en ont pas.

    André Corvisier soutient qu’un classement rigoureux des surnoms militaires est imposible.(8) Il établit cependant 7 catégories dont j’ai pu retrouver des exemples en Nouvelle France.

    1) Prénoms et patronymes: le prénom, souvent précédé de Saint, on n’a qu’à penser aux Saint-Jean, Saint-Pierre, Saint-Louis et Saint-Marc.

    2)Les surnoms d’origine. En 1688, on assiste au mariage de Jean Deslandes dit Champigny, soldat provenant de Champigny, archevéché de Paris. (9) L’année suivante, c’est au tour du soldat Robert Houy de Saint-Laurent, natif de la paroisse de Saint-Laurent des Orgeries, diocèse d’Orléans. (10)

    3) Les surnoms rappelant le métier: Marien Taillandier dit Labeaume, soldat et chirurgien, passe un contrat de mariage en 1688.(11)

    4) Une modification du nom: Le soldat Jacques Rivière dit Larivière se marie en 1699.(12) Le soldat Jean-Jacques Treillet dit Latreille meurt à la Conquête de la Nouvelle-France.(13)

    5) Le passé militaire ou l’occupation du soldat: En 1699, le soldat Claude Panneton dit Lefifre passe une obligation devant notaire. (14) Le soldat Jacques Quena dit LaBatterie meurt en 1759 ainsi que trois soldats portant le surnom Lagrenade, tous grenadiers. Dans cette catégorie, on peut inscrire Merry Petit dit Latraversée. (15)

    6) Les noms de végétaux et d’animaux: Il n’y a qu’à penser à tous nos Lafleur, Latulipe, Larose, Loiseau ou Létourneau ou à Jean Coton dit Fleurdesprés. (16)

    7) Les noms faisant allusion à des caractéristiques personnelles: En voici quelques croustillants, Antoine Bonnet dit Prettaboire, (17), René Cruvinet dit Bas d’argent, (18), Jean Amarault dit Lafidélité, (19) Jacques Legendre dit Bienvivant, (20) Martial Paschal dit Brisefer, (21). Dans certains cas, le surnom améliore le patronyme original comme pour le soldat Jean de Lavacherie dit De Floriers. (22)

    André Corvisier a étudié les surnoms des soldats francais présents à l’hôpital des Invalides à Paris. J’en ai tiré quelques exemples.
    Tableau 1
    Noms de guerre rencontrés dans les registres d’immatriculation des Invalides (Paris) et le nombre de soldats portant ce surnom.

    B – Beaulieu 294, Bellefleur 444, Beauséjour 247, Bellerose 486, Beausoleil 474, Bourguignon 539, Belair 538, Brin d’amour 359, Belhumeur 570

    C – Champagne 583, Comtois 379, Chevalier 557

    D – Desjardins 213, Delisle 132, Desrochers 196, Dubois 253, Desrosiers 186, Duplessis, 227

    F – Flamand 92, Francoeur 659

    G – GrandMaison 141

    L – LaBonté 525, Lafortune 401, LaRose 1348, LaBrie 145, LaFrance 559, LaTour 345, LaChapelle 312, LaJeunesse 1183, LaVerdure 584, LaCroix 502, LaMarche 259, LaVigne 336, Lacombe 123, LaMontagne 491, LaViolette 1062, Ladouceur 642, LaMotte 224, Langevin 223, LaFlamme 122, Lapierre 610, Lespérance 761, Lafleur 1211, LaPlante 130, Lespine 251, Lafontaine 857, LaRivière 661, Lionnois 271, Laforest 484, LaRoche 486, Lorange 282

    M – Maisonneuve 34, Montplaisir 232, Montigny 58

    N – Narbonne 26, Nivernois 59, Noêl 20

    P – Parisien 296, Prètaboire 140, Provençal 267

    R – Richard 17, Robert 27, Rossignol 14

    S – Sans Chagrin 558, St-Jean 1555, Sans Façon 290, St-Laurent 395, Sans Regret 361, St-Louis 841, Sans Soucy 891, St-Martin 889, St-Amand 345, St-Michel 389, St-Amour 348, St-André 378, St-François 490

    T – Taillefer 2, Trompelamort 1, Tranchemontagne 187

    V – Vadeboncoeur 416, Vincent 32, Villeneuve 217 Les cinq surnonms les plus fréquents sont Saint-Jean, Larose, Lafleur, Lajeunesse et Laviolette. Ce sont tous des noms de famille que nous retrouvons au Québec.
    Faisons un peu d’histoire militaire québécoise…
    Au début des années 1660, les menaces iroquoises se font pressantes sur la petite population de la Nouvelle-France. Le Roi de France décide d’envoyer le Régiment Carignan-Salières pour mater les amérindiens. Le Régiment de 1,000 hommes arrive à Québec au printemps 1665. Il comprend 20 compagnies composées d’un capitaine, d’un lieutenant, d’un enseigne, deux sergents, trois caporaux, cinq anspassades et 40 soldats. (23)

    Le Régiment de Carignan-Salières affronte sucessivement les iroquois et les hollandais de Schenectady, dans l’Etat de New York. En 1667, la paix est rétablie dans la région. On offre alors aux soldats de s’établir dans la colonie en leur octroyant des terres sur les berges du Saint-Laurent afin de devenir agriculteurs. Plus de 400 d’entre eux acceptent de rester. Ils forment une partie importante des ancêtres des Canadiens français.

    Louis XIV institue, en 1669, l’organisation officielle de la milice. Il n’y a plus de troupes régulières au pays mais une grande partie de la population a déjà servi sous les armes. L’esprit martial est encore présent. Tous les habitants du pays de 16 à 60 ans sont divisés en compagnies sous les ordres de capitaines, de lieutenants et d’enseignes. Les officiers du régiment de Carignan deviennent seigneurs. Les anciens soldats deviennent miliciens. Les nouveaux seigneurs continuent d’appeller les censitaires par leurs noms de guerre. Les soldats-censitaires transmettent leurs surnoms à leur épouses et à leurs enfants. Comme les fils ne servent pas dans l’armée régulière, ils n’ont pas à changé de surnom.

    En 1685, les miliciens canadiens, malgré leur efficacité, ne peuvent pas répondre à tous les besoins militaires de la colonie. Les autorités françaises décident donc d’envoyer ici en permanence 28 compagnies d’un détachement des Troupes de la Marine. On les nomme communément Compagnies franches de la Marine. Ces troupes avaient été créées en 1674 par le département de la Marine afin de défendre les navires et les colonies françaises. La solde de ces soldats provient de la Marine. Chaque compagnie est indépendante. La direction des différentes compagnies incombe au gouverneur-général de la Nouvelle-France. Chaque capitaine recrute 50 soldats français qui s’engagent pour une période de six ans. Après ce temps, les soldats peuvent retourner en France ou demeurer dans le pays.

    En tenant compte du rotation régulière des compagnies franches, on peut estimer à 300 le nombre de recrues qui arrivent chaque année dans la colonie. Les autorités vont faire tout ce qu’elles peuvent pour les retenir après 6 années de service. Comme il n’y avait pas de baraques pour les militaires avant 1750, les soldats étaient logés chez les habitants qui devaient pour une certaine somme s’occuper leurs invités. Les long hivers canadiens forcent les soldats à passer de longues heures près du feu à causer avec les jolies canadiennes. Aussi, n’est-il pas surprenant de voir le nombre élevé de mariages de soldats des Compagnies franches de la Marine avec des filles d’habitants canadiens. De 1685 à 1754, environ 21,000 militaires francais sont venus en Nouvelle-France. Si on évalue à 2500, le nombre de nouveaux patronymes dans la colonie, un soldat sur 8 aurait laissé un patronyme en Nouvelle-France.

    Durant la guerre de conquête, 1754-1759, les autorités francaises envoyent 14 régiments réguliers pour combattre les soldats anglais. Chaque régiment comprend 600 hommes. En comptant les 28 compagnies des troupes de la marine et les 14 régiments francais, on retrouve 10,080 soldats sur le territoire québécois. Selon René Jetté, 2,500 noms de famille québécois proviennent de cette période donc un soldat sur 4 nous aurait lêgué un patronyme.
    Que nous disent les actes notariés
    Grâce à la banque de données PARCHEMIN, nous avons étudié plus de 2,000 occurences de soldats francais dans les actes notariés. Voici deux petits tableaux qui résument la situation.
    Tableau 2 – Actes notariés impliquant des militaires
    Grade; nombre d’actes; dit(a); Pourcentage

    Soldat: 1609, 927, 57%
    Caporal: 125, 104, 83%
    Sergent: 614, 378, 61%

    a) Actes notariés dans lesquels le militaire porte un nom de guerre.
    Tableau 3 – Contrats de mariage impliquant des militaires
    Grade; nombre d’actes; dit(a); Pourcentage

    Soldat: 498, 248, 50%
    Caporal: 40, 26, 65%
    Sergent: 149, 55, 37%

    a) Actes notariés dans lesquels le militaire porte un nom de guerre.

    Nous voyons clairement, que plus de la moitié des militaires qui passent des actes notariés possèdent un nom de guerre. Il faut se rappeller que de nombreux soldats ont attendu d’être démobilisés pour se marier.
    Un exemple florissant…
    Parmi les patronymes les plus fréquents au Québec, on retrouve le nom de Lafleur. René Jetté a trouvé plus de 60 patronymes avec ce surnom. Dans le tableau qui suit, nous listons tous les soldats portant le surnom Lafleur et qui sont venus en Nouvelle-France. Nous indiquons le patronyme d’origine, la date de la première présence au pays et la compagnie à laquelle l’individu appartenait.
    Tableau 4 – Présence en Nouvelle-France de 68 soldats portant le nom de guerre Lafleur
    Berniac dit Lafleur, François: 1755, régiment de La Reine
    Biroleau dit Lafleur, Pierre: 1700, Compagnie de Duluth, Compagnie Franche de la Marine, (CFM)
    Bonfretil dit Lafleur, Guillaume: 1687, compagnie de Contrecoeur, Régiment de Carignan-Salières
    Bonin dit Lafleur, René: 1699, compagnie de Maricourt, (CFM)
    Brault dit Lafleur, Pierre: 1697, compagnie de Jordy, (CFM)
    Brousson dit Lafleur, François: 1693, compagnie de Crisafy, (CFM)
    Coste dit Lafleur, Jean: 1756, compagnie Ducros, régiment Royal Roussillon
    Couc dit Lafleur, Pierre: 1657, soldat et interprète
    Coussy dit Lafleur, Pierre: 1699, Compagnie de Leverrier, (CFM)
    Darbois dit Lafleur, Jean: 1667, sergent, Compagnie de Sorel, Régiment de Carignan-Salières
    Darochenu dit Lafleur, Jean, 1754, Compagnie Dumas, Fort Beauséjour.
    De Lasse de Lafleur, Jean: 1686, compagnie Dumesnil, (CFM)
    Delgelun dit Lafleur, Dominique: 1756, compagnie de Bourget, régiment Royal Roussillon
    Deveze dit Lafleur, Dominique: 1756, compagnie Letang de Celles, régiment de La Sarre
    Dionet dit Lafleur, Jean: 1688, caporal, compagnie de Meloizes, (CFM)
    Doublaix dit Lafleur, Antoine: 1755, compagnie de Reinepont, Régiment du Languedoc
    Estu dit Lafleur, George: 1699, Compagnie de Muy, (CFM)
    Feradou dit Lafleur, Jean-Joseph: 1756, compagnie de Laferte, régiment de La Sarre
    Fleuret dit Lafleur, Jean: 1730, compagnie de Rigaud, (CFM)
    Francaus dit Lafleur, François: 1703, soldat
    Fresnau dit Lafleur, François: 1697, compagnie de Bergères, Michillimakinac
    Grand dit Lafleur, Antoine: 1756, compagnie de Duparquet, régiment de La Sarre
    Gruet dit Lafleur, Charles: 1728, soldat
    Horieux dit Lafleur, René: 1665, compagnie de Lafreydière, Régiment de Carignan Salières
    Houinche dit Lafleur, Jean-Baptiste: 1756, compagnie de Valette, régiment Royal Roussillon
    Jacome dit Lafleur, Pierre: 1755, compagnie de Matissard, Régiment du Languedoc
    Jacques dit Lafleur de Morlais, Laurent, 1699, compagnie Merville
    Jobin dit Lafleur, Guillaume: 1757, Régiment de Berry Labarthe dit Lafleur, Jean: 1756, compagnie de Bassignoce, régiment Royal Roussillon
    Lafleur, ??, 1755, compagnie de Saint-Félix, Régiment du Berry
    Lafleur, ??, 1703: compagnie de Lagrois
    Lafleur: ??, 1755, compagnie Denoes, Régiment de la Reine
    Lafleurdemorlay, Laurent, 1699, Compagnie de Merville
    Lalumaudière dit Lafleur, François: 1713, Compagnie de Martigny, (CFM)
    Lavallée dit Lafleur,Pierre: 1755, compagnie de Foulhiac, Régiment du Berry
    Lecomte dit Lafleur, Pierre: 1708, compagnie de Montigny, (CFM)
    Meuitt dit Lafleur, Bernard: 1756, compagnie de Villar, régiment de La Sarre
    Meunier dit Lafleur, Gervais: 1700, compagnie de Meloise, (CFM)
    Montet dit Lafleur, Pierre: 1702, compagnie de Lagroix, (CFM)
    Pariot dit Lafleur, Léonard: 1722, compagnie de Gannes, (CFM)
    Pavie dit Lafleur, Charles: 1714, compagnie de Levillier, (CFM)
    Pemonte dit Lafleur, Pierre: 1705, compagnie Dumesnil, (CFM)
    Pepie dit Lafleur, Daniel: 1709, sergent, compagnie de Cabanac, (CFM)
    Perdits dit Lafleur, Guillaume: 1756, compagnie de Cormier, Régiment de Guyane
    Perrier dit Lafleur, Jean: 1669, compagnie de Brisadière, Régiment de Carignan-Salières
    Perrin dit Lafleur, Pierre: 1698, soldat
    Pinsonnault dit Lafleur, François: 1673, compagnie de Saint-Ours, Régiment de Carignan-Salières
    Pipy dit Lfleur, Guillaume, 1748, Troupes de l’Île Royale
    Piquet dit Lafleur, Joseph: 1706, compagnie de Muy, (CFM)
    Poidevin dit Lafleur, François: 1733, compagnie de Lafresnière, (CFM)
    Poirier dit Lafleur, Pierre: 1707, compagnie De Lorimier, (CFM)
    Prevost dit Lafleur, François: 1755, soldat, Régiment du Languedoc
    Puiol dit Lafleur, Joseph: 1734, compagnie de Perigny, (CFM)
    Renard dit Lafleur, Nicolas: 1756, compagnie de Rouyn, régiment Royal Roussillon
    Richard dit Lafleur, Guillaume: 1674, sergent de la garnison
    Robert dit Lafleur, Jean Antoine: 1756, compagnie de Duprat, régiment de La Sarre
    Robert dit Lafleur, Jean: 1756, compagnie de Aureillan, régiment Royal Roussillon
    Robin dit Lafleur, Guillaume: 1757, soldat, Régiment du Berry
    Rolland dit Lafleur, François: 1706, compagnie de Manthet, (CFM)
    Roussel dit Lafleur, François: 1756, compagnie de Rouyn, régiment Royal Roussillon
    Siret dit Lafleur, René: 1670, compagnie de Montou, Régiment de Carignan-Salières
    Tessier dit Lafleur, Jean: 1756, compagnie de Beauclair, régiment de La Sarre
    Triolet dit Larivière dit Lafleur, Jacques: 1701, Compagnie Leverrier, (CFM)
    Troge dit Lafleur, Jean: 1748, compagnie de Saint-Ours, (CFM)
    Turpin dit Lafleur, François: 1650, soldat du camp volant
    Vermis dit Lafleur, Joseph: 1756, compagnie de Estors, régiment Royal Roussillon
    Ville dit Lafleur, François: 1756, compagnie de Domir, régiment de La Sarre

    Comme vous pouvez le remarquer, il n’y a jamais deux soldats Lafleur dans la même compagnie. Sans connaître la descendance de chacun, on peux penser que la majorité des Lafleur de la province ont un ancêtre militaire.
    Conclusion…
    Cette conclusion se veut plutôt une invitation à un débat sur l’impact des surnoms militaires à la patronymie québécoise. En voici les grands points:
    Les soldats francais recoivent un surnom lors de leur entrée dans l’armée.

    Ces surnoms sont idividuels. En France, ils ne se transmettent pas de père en fils.

    Sous le régime francais, près de 30,000 soldats ont foulé le sol de la Nouvelle-France.

    Les autorités ont tout fait pour inciter ces militaires à s’intégrer dans la société.

    Nous estimons que plus de 70% de tous nos ancêtres francais étaient militaires à leur arrivée au pays.

    La Nouvelle-France constitue une société quasi militaire. Les anciens militaires, devenus miliciens, servent sous leurs anciens officiers, devenus seigneurs.

    Ces mêmes seigneurs continuent d’appeller leur censitaires par leurs noms de guerre.

    Les noms de guerre se transmettent de père en fils, les fils ne servant pas dans l’armée mais dans la milice.

    D’après nous, les noms de guerre des militaires francais venus en Nouvelle-France constituent la grande majorité de tous les sobriquets que l’on retrouve dans la province de Québec.

    NOTES
    1. René Jetté, Traité de généalogie, Presse de l’Université de Montréal, 1991. 2. Claude Perrault, Les variantes des noms propres et des prénoms et leurS surnoms, Loisirs St-Édouard, Inc, 1981-1982. 3. Marcel Trudel, Du “dit” au “de”, noblesse et roture en Nouvelle-France, in Mémoires, Société généalogique canadienne-française, 4. René Jetté Dictionnaire généalogique des familes du Québec, Les Presses de l’ Université de Montréal, 1983. 5. Notaire Audouart dit Saint-Germain, 22 septembre 1651. 6. André Corvisier, L’Armée française de la fin du XVIIe siècle au ministère Choiseul: le soldat, Paris, 1964, 2 volumes. 7. Les combattants français de la guerre américaine, 1778-1783, Washington, Imp. Nationale, 1905, 453p. 8. André Corvisier, op.cit. 9. Notaire Antoine Adhémar, 17 juin 1688. 10. Notaire Trottain dit Saint-Seurin, 12 avril 1689. 11. Notaire M. Moreau, 7 janvier 1688 12. Notaire Antoine Adhémar, 26 janvier 1699. 13. Les héros de 1759 et 1760 inhumés au cimetière de l’Hôpital-Général de Québec, Rapport de l’Archiviste de la Province de Québec, 1920-1921. 14. Notaire Chamballon, 8 avril 1699. 15. Notaire H. Bourgine, 24 janvier 1690 16. Notaire G. Roger, 25 janvier 1699. 17. Notaire Claude Maugue, 27 juillet 1689. 18. Notaire Claude Maugue, 19 septembre 1686. 19. Les héros…, op.cit. 20. Notaire J. Cusson, 20 avril 1694. 21. Notaire A. Adhémar, 1er août 1699 22. Notaire G. Rageot, 4 mars 1668. 23. Extraits les plus parlants provenant du livre de André Corvisier, L’Armée française de la fin du XVIIe siècle au ministère Choiseul: le soldat, Paris, 1964, pp 1049 à 1058. 24. Jack Verney, The Good regiment: the Carignan-Salières Regiment in Canada, 1665-1668, Montréal, McGill-Queen’s University Press, 1991. 25. Jay Casell, The Troupes de la Marine in Canada, 1683-1760: men and material, Thèse de doctorat, University of Toronto, 1988. Christopher J. Russ, Les Troupes de la Marine, 1683-1713, mémoire de maîtrise, Université McGill, 1971

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    2ème bataillon du régiment de la Sarre
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  39. 39 Rapatriement au Québec de l’épée de Montcalm - Amériquébec Le 30 janvier 2010 à 4h57

    [...] comme les armoiries de Québec, l’épée de Montcalm doit être rapatriée au Québec et nous vous invitons à appuyer notre [...]

  40. 40 Soldat Sanspareil Le 1 février 2010 à 8h10

    Montcalm Vie et mémoire
    L’opuscule Montcalm Vie et mémoire est le sixième titre paru dans la collection Fleurdelisé de la Commission de la capitale nationale de Québec.

    Cet ouvrage de 36 pages enrichit la mémoire de Montcalm, mais plus largement celle de la guerre de Sept Ans, première guerre véritablement mondiale, laquelle a marqué de sa lourde empreinte la ville de Québec. Il rappelle ensuite certains faits du passage de Montcalm en Nouvelle-France tout en évoquant quelques divergences d’interprétation de ces mêmes faits.

    Enfin, il vise à commémorer la grande cérémonie d’octobre 2001 marquant la translation des restes du lieutenant général, de la chapelle des Ursulines au cimetière de l’Hôpital-Général. À cet endroit, on inaugura le seul mémorial aux morts de cette guerre, cruciale pour le destin de la France, du Québec et de sa capitale.

    SVP consulter le lien internet pour plus de détails:

    http://www.capitale.gouv.qc.ca/produits-services/publications/item-montcalm-vie-et-memoire.html

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  41. 41 Soldat Sanspareil Le 1 février 2010 à 8h47

    La plaque Honneur aux miliciens de 1759

    La plaque Honneur aux miliciens de 1759 est située sur la rue De Saint-Vallier Est, sur le mur du belvédère du jardin de Saint-Roch.

    Cette plaque de la ville de Québec rend hommage au sacrifice des miliciens canadiens et acadiens qui permit à l’armée française de se retirer et de rejoindre ses campements de Beauport à la suite de la bataille du 13 septembre 1759.

    Elle est une réalisation conjointe de la Ville de Québec et de la Commission de la capitale nationale du Québec.

    SVP consulter le lien internet pour plus de détails:

    http://www.capitale.gouv.qc.ca/realisations/monuments-plaques-oeuvres/plaque-honneur-aux-miliciens-de.html

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  42. 42 Soldat Sanspareil Le 2 février 2010 à 8h15

    Les braves de la bataille de Sainte-Foy

    SVP consulter le lien internet pour plus de détails cliquer aussi sur la flèche pour la page suivante pour un extrait du discours de P-J-O Chauveau.

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=693021&qryID=c0549509-9efb-49e1-92e9-375a1d55ee47

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  43. 43 Soldat Sanspareil Le 3 février 2010 à 18h39

    RÉGIMENT DE LASARRE ET VIEUX FORT DE L’ASSOMPTION

    Le Régiment de La Sarre a cantonné à St-Pierre-du-Portage (L’Assomption) à l’automne et à l’hiver 1757-1758. Au printemps suivant, 17 mariages de ces soldats ont été recensés dans la région, soit à Terrebonne, Lachenaie, St-Sulpice, Repentigny, Pointe-aux-Trembles, Laval et St-Pierre-du-Portage. Des citoyens de L’Assomption ont décidé de perpétuer la présence de ces soldats en reconstituant ce régiment puis en construisant un Fort dans l’esprit de la construction militaire de l’époque.

    http://www.shmrclassomption.org/shmrcl/

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  44. 44 Soldat Sanspareil Le 5 février 2010 à 8h44

    Victoire française sur les plaines d’Abraham

    Lévis assiège Québec

    L’idée d’assiéger Québec a ses détracteurs, qui n’hésitent pas à qualifier l’entreprise de « folie de Lévis ». Mais ce dernier sait que son armée, isolée et entourée de forces ennemies bien supérieures en nombre, se découragerait après la défaite des plaines d’Abraham, si on ne lui proposait un projet audacieux. Il devient nécessaire de redonner courage aux hommes, et de les galvaniser pour livrer un dur combat aux Britanniques. Lévis y parvient et, en mai 1760, l’armée française se présente devant Québec.

    Le général James Murray commande la garnison britannique, qui compte environ 7 300 officiers et soldats, tous issus des troupes régulières. Informé du fait que l’armée française vient l’assiéger, il fait d’abord évacuer toute la population de Québec, Sainte-Foy et Lorette, et ordonne de faire raser les quartiers Saint-Roch et Sainte-Famille afin que les attaquants ne puissent s’abriter derrière les maisons pour s’approcher des fortifications. Il emploie ensuite une partie de la garnison à construire des retranchements avancés à l’ouest de la ville, près de Sainte-Foy. Le 27 avril, alors que l’armée française approche, quelques escarmouches éclatent entre la cavalerie de Lévis et des détachements britanniques. Dès le lendemain, Murray décide d’attaquer les Français avant qu’ils ne parviennent à se retrancher. La ligne britannique forte de 3 200 hommes, s’avance vers les troupes de Lévis. L’artillerie de campagne, qui se trouve tout près, canonne les positions françaises. Si Murray parvient à enfoncer la gauche de la ligne ennemie, l’armée de Lévis se retrouvera coincée entre les baïonnettes anglaises et le fleuve Saint-Laurent.

    Victoire française sur les plaines d’Abraham

    La bataille est âprement menée. Le théâtre des combats les plus acharnés se déroule sur l’emplacement de la demeure d’un certain Dumont qui occupe une position charnière. Le régiment de La Sarre et les 43e et 60e régiments britanniques s’y affrontent au corps à corps, et la maison change de camp à plusieurs reprises. Le régiment de Berry vient prêter main-forte à celui de La Sarre, puis charge l’artillerie britannique à travers la mitraille, enlevant les canons. La ligne étant ébranlée, Murray ordonne la retraite, qui se fait en bon ordre. Les Britanniques perdent 1 100 hommes, morts, blessés ou prisonniers, alors que les pertes de Lévis s’élèvent à 572 morts et blessés 20.

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  45. 45 Soldat Sanspareil Le 6 février 2010 à 4h54

    François-Gaston
    Seigneur et duc de Lévis

    LEVIS (François-Gaston, seigneur et duc de) (1720-87), sous-lieutenant au régiment de la marine, capitaine, aide-major, colonel, che­valier de Saint-Louis, brigadier-général et commandant en second, commandant en chef, lieutenant-général, gouverneur de l’Artois, maréchal de France et duc de Lévis.

    Le berceau de la famille de Lévis — aujour­d’hui Lévy-Saint-Nom, en Seine-et-Oise, — désigne une localité située entre Chevreuse et Versailles, à une lieue et demie de Trappes. La maison était l’une des plus antiques et nobles de France. En 1179, époque de la troisième croisade, le chevalier Philippe, seigneur de Mirepoix, accompagnait le roi Philippe-Auguste en Terre-Sainte. Deux membres de la descendance, les barons de la Voulte en Velay, comtes et ducs de Ventadour en Limousin, issus de la branche de Lautrec (Languedoc), Henri de Lévis duc de Ventadour et François-Christophe duc de Damville, avaient été nommés vice-rois de la Nouvelle-France, le premier en 1625 et le second en 1644.

    Fils de Jean de Lévis, marquis d’Ajac et de Jeanne Maguelonne, de la branche de Lé­vis-Léran, François-Gaston naquit le 23 août 1720 au château d’Ajac près de Limours, dans le Languedoc — aujourd’hui département de l’Aude. Cadet de la famille, à l’âge de quatorze ans, le chevalier portait l’épée dans le régiment de la marine. Lieutenant, il se battit à l’action de Clausen : sa bravoure lui valut une promotion. Ce fut, a-t-on dit, durant la campagne de Bohême, que M. de Montcalm et lui se virent pour la première fois. Blessé à la cuisse d’un éclat de bombe au siège de Prague, il se trouva au nombre des invalides, laissés dans cette ville à la garde de l’héroïque Chevert. Il soutint un combat opiniâtre sur les bords du Mein à la tête d’un détachement de cent hommes, et il assista, le 27 juin 1743, à la bataille de Dettinghen : il revint alors en France. Passé ensuite à l’armée de la Haute-Alsace, mise sous les ordres du maréchal de Coigny, il la suivit en Souabe, où il se distingua comme dans les précédentes campagnes. En 1745, il servit sous le prince de Conti et se trouvait au passage du Rhin; puis l’année suivante, il suivit son régiment dirigé sur Nice pour défendre les frontières de la Provence. Nommé aide-major en 1747, M. de Lévis se signala aux sièges de Montauban, de Valence, de Cazale, de Villefranche et du Château de Vintimille. A la désastreuse rencontre de Plaisance, il eut son cheval tué et fut blessé à la tête dans une reconnaissance.

    Ces glorieux antécédents déterminèrent le comte d’Argenson à le désigner comme corn-mandant en second, sous le marquis de Montcalm en Nouvelle-France. Colonel depuis 1746, chevalier de Saint-Louis en 1748, il fut fait brigadier en 1756. Il s’embarqua à Brest, le 26 mars, sur la Sauvage, commandée par M. de Tourville, avec les officiers M. de La Rochebeaucour, M. des Combles, ingénieur militaire, et M. de Fontbrune, son aide de camp; mais frégates et transports ne mirent à la voile qu’au commencement d’avril.

    Il arriva à Québec le 31 mai. Le 27 juin, par­tis de Montréal, M. de Montcalm et M. de Lévis qu’accompagnait le chevalier de Montreuil remontèrent la rivière Richelieu, en faisant de courts arrêts à Chambly et à Saint-Jean, puis à Saint-Frédéric, traversèrent le lac Champlain et arrivèrent à Carillon le 3 juillet. Le commandant chargea son second d’un détachement, en vue de reconnaître les chemins des Agniers vers le nord-ouest et de constater si l’ennemi pourrait s’en servir, en venant attaquer ses forts de Carillon et de Saint-Frédéric. Le chevalier passa trois jours dans les bois, couchant à la belle étoile, marchant comme les Canadiens et les Sauvages et les étonnant par sa vigueur et son endurance. Au départ de Montcalm, le 16, il resta à la tête des troupes de la frontière. Après la prise de Chouaguen, le général retourne à Carillon avec des renforts : le 10 septembre, il approuve entièrement les dispositions pri­ses par son lieutenant et donne des éloges à l’ordre de bataille qu’il avait dressé, au cas d’une attaque de l’armée que commandaient Loudoun et Winslow. En partant, le 26 oc­tobre, il laisse à M. de Lévis les ordres pour le déblaiement des camps et la répartition de l’armée aux quartiers d’hiver. En juin 1757, M. de Lévis accompagne son supérieur à Saint-Jean, à Chambly, à Sainte-Thérèse en vue des préparatifs de la campagne.

    Le mois suivant, tous deux sont rendus à Carillon : M. de Lévis va à la Chute avec les bataillons la Sarre, Guyenne, la Reine et Lan­guedoc : les rapides offrant un obstacle infranchissable, il se vit forcé de faire le transport par terre en ouvrant un chemin (7 ou 12 juillet) : il y déploya une grande habileté dans une opération difficile de portage de 150 ba­teaux et de 15 canons. Pour marcher à l’atta­que de William Henry, le marquis de Montcalm le mit à l’avant-garde avec environ 2.970 hommes, y compris les Sauvages (29 juillet) : cette avant-garde devait franchir, par une chaleur torride, dix lieues à travers bois et montagnes. M. de Lévis avait sous lui M. de Sénezergues, lieutenant-colonel, et M. de La Pause, aide-major, et nul n’avait ni tente ni équipage; il arriva à la baie Ganaouské (Northwest Bay) sur le lac Saint-Sacrement (George), le 12 août, à cinq lieues de William-Henry. Avec ses troupes débouchant en vue du fort, il contourna la place par le sud-ouest et prit position sur le chemin qui mène au fort Edouard ou Lydius. On connaît le suc­cès des armes françaises. Après la victoire, un témoin oculaire montre dans son récit M. de Lévis partout où le tumulte des Sau­vages au pillage paraissait le plus échauffé, pour tâcher d’y remédier. Il affronta mille fois la mort à laquelle il n’aurait pas échappé, si la Providence n’eût arrêté les bras sau­vages déjà levés pour le frapper.

    M. de Vaudreuil, injuste envers M. de Montcalm dans sa correspondance officielle, accordait à M. de Lévis ses bonnes grâces : il sollicita pour lui le grade de maréchal de camp, que le chevalier aspirait lui-même à posséder et que le général implorait en sa faveur. Retourné à Montréal le 8 septembre, M. de Lévis reçut les instructions relatives au mouvement des troupes, à leur cantonnement d’hiver, aux permissions à accorder aux officiers. Cet hiver, il se montra galant à l’égard de Marguerite Le Moyne de Martigny, épouse du sieur Pénisseault; on le blâma souvent de s’asseoir à sa table avec des gens fort mélangés. En janvier 1758, il fallut ser­vir du cheval aux troupes; M. de Lévis fit taire murmures et réclamations, en se faisant lui-même servir cette viande.

    Le 8 juillet suivant M. de Lévis est à Carillon avec M. de Sénezergues et cent réguliers : il commande la droite. Dans le fort de l’assaut des vaillants Monta­gnards d’Ecosse, un cri retentit soudain : En avant, Canadiens ! C’est le chevalier qui ordonne une sortie aux compagnies coloniales, commandées par les sieurs de Ray­mond, de Saint-Ours, de Lanaudière, de Gaspé. En même temps, le feu de front redouble. M. de Lévis reçoit deux balles dans son chapeau. Aussi bien, le général qui com­bat tête nue, les yeux pleins d’éclairs, se battant comme le dernier de ses soldats, écrivait à M. Doreil, le soir même de la vic­toire : « Si j’avais eu 200 Sauvages pour servir de tête à un détachement de 1.000 hom­mes d’élite, dont j’aurais confié le commandement au chevalier de Lévis, il ne serait pas échappé beaucoup d’Anglais dans leur fuite ! » Il ajouta dans une lettre au ministre : « Le chevalier et M. de Bourlamaque ont eu la plus grande part à la gloire de cette journée. »

    En 1759, M. de Lévis était créé maréchal de camp. Le 28 mai, il vint à Québec pour servir à sa défense. Le lendemain, le marquis de Montcalm l’envoie avec les officiers de l’état-major marquer le camp de guerre, déterminé le matin, sur les hauteurs de Beauport et préparer les communications; le lieutenant désigna les positions des divers corps suivant l’ordre de bataille qu’il rédigea promptement (10 juin). Le 28, on plaça à la gauche, depuis le ruisseau jusqu’au Saut de Montmorency, les troupes du gouvernement de Montréal, avec le bataillon de la ville aux ordres de M. de Lévis. Il y avait trois gués sur la rivière Montmorency : celui du Passage d’hiver à trois milles de l’embouchure, et deux autres un peu plus haut. Durant juillet et août, les Anglais tentèrent, à plusieurs reprises, de les franchir; et il y eut souvent de vives escarmouches. Canadiens et Sauvages les passèrent pour aller surprendre les postes avancés de l’ennemi. Mais le 31 juillet, deux transports et le Centurion, vaisseau de guerre, débarquaient au Saut environ 2.000 hommes : 60 bouches à feu foudroyaient les retranche­ments et les redoutes. M. de Lévis les fit bor­der, rallia ses troupes et les fit marcher au-devant des Anglais qui débarquaient des transports : il dirigea un feu plongeant sur tous ceux qui voulaient escalader les hau­teurs. La nuit tomba sur le champ de carnage et le général désespéré ordonna la retraite, laissant sur les rives de quatre à cinq cents tués ou blessés. La perte des Fran­çais s’élevait à une centaine. L’amiral Saun­ders fit incendier les deux transports échoués. M. de Lévis fut le héros de la victoire de Montmorency.

    Les revers se précipitant dans l’Ouest, M. de Vaudreuil et le Marquis donnèrent au chevalier e un ordre pour commander en chef sur les frontières du gouvernement de Montréal ». Il partit le 9 août au soir avec M. de La Pause et M. Le Mercier. C’est alors qu’avec 800 hommes il organisa le fort Lévis. Au décès de Montcalm, il devient lieutenant-général, officiellement en 1761. Le 10 octobre, il écrivait à M. de Vaudreuil qu’il réclamait pour lui seul tous les papiers du défunt. II arriva à Québec le 17 septembre 1759, remonta le moral des troupes et s’avança vers Québec, jusqu’au moment où il apprit la ca­pitulation; forcé ainsi d’arrêter ce mouve­ment offensif, il se replia sur Jacques-Cartier et y resta jusqu’au 10 novembre. Après y avoir établi, pour l’hiver, le major Dumas, il rejoignit le gouverneur à Montréal.

    Là, il conçut et mûrit le projet de reprendre Québec. Il activa ses préparatifs et partit en bateau le 21 avril 1760; il débar­qua le 26 à Saint-Augustin et atteignit Sainte-Foy, le lendemain. Murray, prévenu de son approche, sortit de Québec, le 28, à la tête de 3.000 hommes environ et avec 22 canons. La bataille s’engagea un peu en deçà de l’endroit où les généraux Wolfe et Montcalm étaient tombés; mais l’effort s’en porta plus à gauche, vers le chemin de Sainte-Foy. Elle dura deux à trois heures et se termina par une complète victoire pour les Français. M. de Lévis commença immédia­tement le siège de la capitale : il fit travailler à ouvrir une parallèle et à ériger trois bat­teries. Le 11 mai, son artillerie ouvrit le feu contre les remparts. Mais l’arrivée soudaine de plusieurs vaisseaux de guerre britanniques en rade le força à abandonner son entreprise: il fit sa retraite sur Jacques-Cartier et rega­gna Montréal. Trois armées anglaises mar­chaient vers la ville : environ 30.000 hommes, c’est-à-dire dix contre trois.

    Le 6 septembre, l’état-major de M. de Vau­dreuil ayant adopté les articles de la capitu­lation, M. de Lévis lui présenta un mémoire succinct, où il suggérait de rejeter les articles où le général Amherst exigeait que les 8 ba­taillons français se constitueraient prison­niers sur parole de ne point porter les armes, même en Europe, durant la guerre; il lui demandait la liberté de se retirer avec les troupes dans l’île Sainte-Hélène pour y soutenir l’honneur des armes du roi de France. Le marquis de Vaudreuil répondit qu’il agréait comme avantageuses les conditions proposées par le général anglais et qu’il ordonnait à M. de Lévis de se conformer à la présente capitulation et de faire mettre bas les armes aux troupes (8 septembre). A la réception de cet ordre formel, le chevalier donna instruction aux différents régiments de brûler leurs drapeaux; il note le fait dans son Journal des Campagnes. Ce ne fut point dans l’île Sainte-Hélène, où il n’y avait que 400 hommes, mais dans l’île de Montréal où les bataillons étaient dispersés : quelques-uns échappèrent, semble-t-il, puisque, le 11, le général Amherst écrivait à Haldimand, com­mandant de la ville « que les drapeaux fran­çais qu’on avait vus devaient être livrés ».

    Le chevalier se rendit, à Québec, aux invi­tations du général Murray, qui le traita en frère d’armes, lui souhaitant une heureuse traversée. Il s’embarqua, le 18 octobre, à bord de la Marie avec le chevalier de Montreuil, le commissaire Bernier, etc. et arriva à La Ro­chelle. Le roi d’Angleterre leva tôt après la défense d’Amherst de servir durant la guerre, mais en Europe seulement. Louis XV témoi­gna au chevalier sa satisfaction en le créant, en 1761, lieutenant-général par une promotion spéciale.

    A l’ouverture de la campagne, celui-ci alla rejoindre l’armée du Rhin, sous les ordres du maréchal de Soubise. Après avoir assisté aux combats de Fillinghausen et de Schedinghern, il vint renforcer en Hesse le maréchal de Broglie, avec un corps de 10.000 hommes. Chargé en 1762 du comman­dement de l’avant-garde du corps de réserve du prince de Condé, il soutint avec succès toutes les attaques du prince de Brunswick. Il eut une large part à la brillante action de Greminghen : attaqué par 25.000 combattants à deux lieues de l’armée, il ne put jamais être entamé, ayant eu sous lui son cheval tué. Ce fut lui qui décida du succès remporté à Johannisberg, la gauche de l’armée soutenant les assauts de Brunswick; même, trois jours après, avec 4.000 hommes, il se maintint sur la montagne contre dix-neuf bataillons et trente pièces de canon. Ses anciens compa­gnons d’armes du Canada, rendus inactifs, MM. de Bourlamaque et de Bougainville, ne manquèrent pas de le féliciter par lettres.

    Au décès du duc de Chaulnes en 1766, le général de Lévis fut créé gouverneur de l’Artois. En 1771, on le nomma capitaine des gardes de M. le comte de Provence (Louis XVIII), chevalier des Ordres du roi en 1776, gouverneur d’Arras en 1780, maré­chal de France en 1783, duc de Lévis en 1784 avec droit héréditaire : il mourut d’apoplexie à Arras, le 26 novembre 1787.

    L’historien canadien, auteur du Marquis de Montcalm, a tracé une esquisse du chevalier de Lévis en ces termes : Sa physionomie n’a pas encore été étudiée à fond. Il avait de l’intelligence, de l’éducation et de l’instruc­tion, sans être un lettré. A défaut de connais­sance des livres, il possédait une utile science des hommes. Il était calme, froid, avisé et perspicace. Passé maître dans l’art de bien vivre avec tout le monde, il savait adroitement se tenir en dehors des querelles d’autrui. Il gagna et conserva la confiance et l’amitié des hommes que séparait la plus vio­lente antipathie : ainsi M. de Vaudreuil chantait ses louanges et M. de Montcalm lui ou­vrait intimement son coeur. Sa qualité maîtresse était le tact. Grâce à elle, son mérite ne connut jamais l’ombre et sa carrière fut, une suite ininterrompue de succès : il mourut gouverneur d’Arras avec des émoluments, des gratifications, des pensions qui dépassaient 97.000 livres.

    Source : Louis LE JEUNE, «François-Gaston, Seigneur et duc de Lévis», dans Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mœurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Vol. II, Ottawa, Université d’Ottawa, 1931, 829p., pp. 148-150.

    © 2006 Claude Bélanger, Marianopolis College

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  46. 46 Soldat Sanspareil Le 6 février 2010 à 5h03

    Louis-Joseph Marquis de Montcalm

    MONTCALM (Louis-Joseph, marquis de) (1712-59), enseigne, capitaine, aide de camp, colonel, brigadier, maréchal de camp, commandant d’armée, lieutenant-général et com­mandeur de Saint-Louis.

    La généalogie de sa famille remonte au XIIe siècle. Elle est représentée par Simon de Montcalm, seigneur de Viala et de Cornus (Aveyron). Heyral, Bertrand, Bernard, Ray­mond continuent la lignée. Jean, fils du der-nier, porte les titres de Saint-Véran (Hautes-Alpes), Tournemire (Aveyron), Viala, la Baume (Haute-Savoie), Pradines (Loire), La Panouse (Lozère). Son fils Guillaume meurt au commencement du XVle siècle et Jean, son aîné, devint aussi seigneur de Candiac. Fran­çois, son fils, est capitaine des galères du roi. Plusieurs des Montcalm embrassent le calvi­nisme, entre autres, Honoré, qui succombe dans un combat singulier à Lodève (1574). Louis, troisième du nom, eut cinq fils, entre autres, Jean-Louis, le cadet, qui fut le père de Louis-Pierre et de Louis-Daniel, baron de Gabriac. Ce dernier, né le 22 septembre 1676, épouse (30 avril 1708) Marie-Thérèse-Char­lotte de Lauris de Castellane, seigneur d’Ampus (Var). Il meurt le 13 septembre 1735, laissant cinq enfants : Louis-Joseph, Jean-Louis-Pierre, Louise-Françoise, Louise-Charlotte, Hervée-Macrine. La mère, fervente ca­tholique, fit abjurer le calvinisme à son mari.

    Louis-Joseph, seigneur de Saint-Véran, Tournemine, Vestric et Candiac, Saint-Julien d’Arpaon, baron de Gabriac, naquit, le 28 février 1712 au château de Candiac, situé non loin de Nîmes. Durant ses premières années, sa constitution resta délicate. Sa tante le ménagea tant que, à six ans, il ne savait pas encore lire. Son père le confia, alors A. un pré­cepteur de Grenoble, nominé Louis Dumas, et qui était son frère naturel. Cet homme possé­dait une érudition très étendue. Il initia son élève aux éléments français, grecs et latins, mais il ne réussit jamais, en dépit de remontrances quotidiennes, à l’initier à la calligraphie. Les humanités et la réthorique complétèrent le cours classique. En 1724, le jeune étudiant obtint déjà un brevet d’enseigne dans le régiment de Hainaut, où son père était lieu­tenant-colonel; mais il ne commença le service actif qu’en 1727 à Longwy (Moselle). Toutefois, A Paris, il alternait l’étude des classiques, sous la direction d’un certain Etienne Philippe, avec les leçons d’armes et d’équitation à l’Académie de Vendeuil; suivant aussi parfois son régiment à Fort-Louis, Strasbourg, Mézières, Givet.

    En 1729, il fut promu capitaine. En 1733, désigné pour faire partie de l’armée com­mandée par Maurice de Saxe, qui investit et prit le fort de Kehl, au mois d’octobre, le jeune officier n’eut pas l’occasion de se si­gnaler dans cette campagne. En avril 1734, iI prend part au siège et à la prise de PhiIips­bourg. Au mois de septembre 1735, son père mourut à Candiac. L’année suivante, M. de Montcalm épousa Angélique-Louise Talon du Boulay (3 octobre 1736).

    En 1741, la France entrait dans la coalition formée contre l’Autriche. Le capitaine solli­cita et obtint la faveur d’accompagner en Bohême, en qualité d’aide de camp, le marquis de La Fare, nommé lieutenant-général. Les troupes s’emparèrent de la haute Autri­che et entrèrent dans Prague. Mais par un retour de la fortune, on vint les y assiéger; ils sortirent de la ville en partie, sous les. ordres du maréchal de Belle-Isle. Enfermé dans la place avec le vaillant Chevert, M. de Montcalm fut légèrement blessé dans une sor­tie. Ce contingent exécuta aussi une merveil­leuse retraite.

    Rentré en France, il fut promu, le 6 mars 1742, colonel du régiment d’Auxer­rois, lequel allait faire la campagne d’Italie contre les armées autrichiennes et sardes. Ce ne fut qu’en mars 1744 que le colonel partit pour Monaco. Ses mémoires affirment que la campagne dura du 13 avril au 20 décembre, remportant de brillants succès, sous le com­mandement du prince de Conti. Elle reprit en 1745, juste quand on manquait de troupes aguerries à Louisbourg. En 1746, il était sous les ordres du maréchal de Maillebois et de Chevert. Au mois de mai, il enleva 150 Sardes à Monteleone. Le 16 juin, il prenait une part distinguée avec son régiment à la meurtrière bataille de Plaisance, où les Autrichiens furent vainqueurs : il y fut blessé cinq fois dans la mêlée et tomba aux mains de l’en­nemi. « Heureusement aucun de ces coups de sabre, écrivait-il, n’est dangereux, quoique j’aie perdu mon sang en abondance, ayant eu une artère coupée. Mon régiment, que j’avais rallié deux fois, est anéanti. »

    Remis de ses blessures, M. de Montcalm put rentrer en France prisonnier sur parole. A Paris et à Versailles, il fut accueilli avec honneur par le roi. En mars 1747, Louis XV fit insérer son nom dans la liste de la promotion des brigadiers. La conclusion des né­gociations pour l’échange des prisonniers lui rendit la liberté de se battre : en juillet, il était à la bataille de l’Assiette, où les Fran­çais perdirent 4.000 hommes. Il s’y prodigua avec entrain, fut atteint d’une balle au front et reçut plusieurs contusions. En automne, il était présent aux opérations, qui forcèrent les ennemis à lever le siège de -Vintimille.

    Le 18 mars 1748, on signa la paix à Aix-la-Chapelle. En 1749, dans la réorganisation de l’armée, son régiment fut incorporé au régiment de Flandre. Puis, l’officier jouit de six années de repos au foyer, s’occupant du soin de ses propriétés et de l’éducation de ses enfants : « J’ai eu dix enfants, écrit-il en 1752; il ne m’en reste que six, deux garçons et quatre filles : Louis-Jean-Pierre et Gilbert-François-Déodat. » Toutefois, il allait inspec­ter son régiment, à des intervalles détermi­nés.

    Dans l’automne de 1755, M. de Montcalm se rendit à Paris pour régler certaines affaires domestiques. Il se présenta à Versailles, où M. d’Argenson, sachant la défaite du général Dieskau (8 septembre), lui proposa de le remplacer (19 novembre). L’officier consulta les siens. Sa mère lui conseilla d’accepter. Le 31 janvier 1756, il en donna confirmation au ministre, qui le pressa de hâter ses préparatifs, tout en nommant son fils aîné colonel de son régiment, à sa place.

    Le 6 février, il fit ses adieux aux siens à Montpellier; le 12, il était à Paris et le lende­main à Versailles aux pieds du roi. Le 2 mars, sa maison militaire était composée; le 11, le roi le nomma maréchal de camp, M. le cheva­lier de Lévis brigadier, M. de Bourlamaque colonel. M. de Bougainville capitaine réformé, les sieurs des Combles et Desandrouins, ingénieurs, l’un promu chevalier de Saint-Louis, l’autre capitaine en second du génie. Les sieurs de Rochebeaucour et Marcel étaient second et troisième aides de camp. Le 21 mars, M. de Montcalm arrivait à Brest, port de l’embarquement, où l’attendaient 1.100 à 1.200 hommes de la Sarre et du Royal-Roussillon: cinq jours après, ces troupes montaient à bord du Héros, de 74 canons, de l’Illustre 64 et du Léopard 60. M. de Montcalm était em­barqué, ainsi que M. de Bougainville, sur la frégate la Licorne, commandée par M. de La Rigaudière; M. de Lévis, ainsi que M. de La Rochebeaucour, M. des Combles et M. de Fonthrune, aide de camp du premier, sur la Sauvage, commandée par M. de Tourville; M. de Bourlamaque, ainsi que MM. Desan­drouins et Marcel, sur la Sirène, commandée par M. de Brugnon. Le départ, faute de vent favorable, ne s’effectua que le 3 avril.

    Terrible tempête, durant la Semaine sainte, qui sépare la Licorne du Héros : « Je ne savais plus dans quelle assiette me tenir, écrit Montcalm; si j’avais osé, je me serais fait amarrer.» A Terre-Neuve, on pêche la morue. « Il faut convenir que c’est un excellent man­ger; et ce qu’il y a de meilleur est inconnu en Europe : la langue, la tête, le foie. » Le 5 mai, le vaisseau entrait dans le Saint-Lau­rent; le 10, il était rendu au Cap-Tourmente, où le général prit terre dans l’espoir d’aller à Québec; mais il ne trouva aucun véhicule; le 12, il se fit descendre à Saint-Joachim, passa la nuit chez M. du Buron, curé de Château-Richer et arriva, le 13, à Québec, quel­ques heures après la Licorne, « ayant trouvé le pays très beau et bien cultivé ». M. de Vaudreuil étant à Montréal, il fut reçu par M. Bigot, le chevalier de Longueuil, lieutenant de roi, Mgr de Pontbriand, M. de Ramezay major et M. Péan aide-major.

    Les réceptions étant terminées, il donna ses instructions aux officiers concernant les trou­pes. Le 23 mai, il remonte le fleuve et arrive à Montréal en trois jours. Les premières en­trevues avec le gouverneur furent courtoises et bienveillantes. La Cour avait laissé à M. de Vaudreuil tous les pouvoirs : il commandait à M. de Montcalm, qui ne gardait que le soin et la direction des réguliers ou troupes de terre. Ces troupes étaient ainsi réparties : les régiments de La Reine, 327 hommes; du Lan­guedoc, 326; de Guyenne, 492; du Béarn, 498, tous venus antérieurement avec le baron de Dieskau; de La Sarre, 515; du Royal-Roussil­lon, 520: soit un total de 2.678, auquel il faut ajouter 156 volontaires et 918 recrues, ou 3.752 soldats, sans compter les officiers. Les troupes du détachement de la Marine for­maient un contingent de 1.950, avec un millier de Sauvages domiciliés,

    1. Campagne de Chouaguen (juin-août 1756).
    Chouaguen (Oswego) était situé sur la rive méridionale du lac Ontario. La place comprenait trois forts : le fort Ontario, érigé sur la rive occidentale de la rivière Oswego, en forme d’étoile; le vieux Chouaguen ou fort Pepperel, bâti en pierres, en­touré de murailles avec des parapets et situé en face du premier; le nouveau Chouaguen ou fort George, construit en pieux, à droite sur le bord du lac. Ils étaient défendus par 1.400 combattants environ, commandés respec­tivement par les colonels Mercer, Schuyler et le lieutenant-colonel Littlehales.

    Le siège de la place commence dès le 5 juin. Le capitaine, Louis Coulon de Villiers, établit un camp à la haie de Niaouré (Sacketts Harbour), à quinze lieues de Chouaguen : escarmouches heureuses sur la rivière Oswego, le 25 juin et le 3 juillet, contre le lieutenant-colonel Bradstreet. Le 6 août, ar­rivée des troupes : 3.200 réguliers et mili­ciens, 250 Sauvages, sous les ordres du géné­ral et de M. de Bourlamaque. Le 8, le déta­chement de M. de Rigaud, composé des indi­gènes et de 500 Canadiens, avance vers la place en éclaireurs. Le 9, débarquement de l’artillerie à l’Anse-aux-Cabanes. A l’aube du 10, un Sauvage tire, par méprise, à bout por­tant sur M. des Combles, qui expire une heure après. Le 12, les canons sont mis en batterie et les tranchées ouvertes par 300 hommes; le 13, nouveaux travaux d’approche. L’artil­lerie bat son plein contre le fort Ontario et la garnison décimée se replie sur le vieux Chouaguen. Celui-ci est battu en brèche, le matin du 14 : vers 9 heures, M. de Rigaud avec son détachement et M. de Bougainville traversent la rivière Oswego, à un gué situé à trois quarts de lieue en amont, afin d’in­vestir la place. Soudain, un boulet coupe en deux le colonel Mercer, qui allait faire face à cette attaque. A 10 heures, le colonel Littlehales, sur l’avis du Conseil de guerre, fait arborer le drapeau blanc et, à 11 heures, il signe l’acte de capitulation. L’affaire avait à peine duré dix jours, depuis le départ de Montcalm de Frontenac.

    Le butin était immense : environ 1.700 pri­sonniers, y compris les hommes, les ouvriers, les domestiques, cinq drapeaux, trois caisses du trésor contenant 18.000 francs, 122 ca­nons, 23 milliers de poudre, 8 milliers de balles, 450 bombes, 1.476 grenades, 1.800 fusils, 12 paires de roues de fer, 2.950 boulets, 250 boucauts de biscuits, 1.386 quarts de lard ou de boeuf salé, 752 quarts et 200 sacs de farine, 11 quarts de riz, 90 sacs de pois, 7 quarts de sel, 32 boeufs : plus un grenier plein de pois et un autre de farine. Dans le fort se remisaient six embarcations armées : un senau percé de 20 pièces de canon, un brigantin de 14 pièces, une goélette de 8, une barque de 10, une autre de 4 et un esquif de 12 pierriers. L’ennemi comptait 150 tués et 30 blessés; l’assaillant, 6 morts et 24 blessés: Les Canadiens et les Sauvages pillèrent surtout les fusils; ces derniers, repus de rhum, tuèrent une trentaine de fuyards ou de malades. Du 15 au 21 eut lieu la démolition des trois forts. On y érigea une grande croix avec l’inscription de M. de Bougainville : In hoc signo vincunt! ainsi qu’un poteau aux armes de France avec ces mots : Manibus date Iilia plenis : « à pleines mains, semez les lis ». Le jour même, les troupes quittaient le lieu de leur triomphe.

    M. de Montcalm, suivi de M. de Lévis, avait visité le fort de Carillon, avant la campagne de Chouaguen; il y retourna s’aboucher avec son lieutenant-général à l’automne. Puis il hiverna à Montréal et à Québec.

    La ligne de fortifications, établie par les Français, comprenait, en amont du Richelieu: Chambly, Saint-Jean, Saint-Frédéric (1727) à la Pointe-à-la-Chevelure (Crown Point) du lac Champlain, Carillon (1755) à l’entrée de la rivière du lac Saint-Sacrement (George). Celle des Anglais, en amont du fleuve Hudson, se composait des forts : Albany, Shenectady, Edouard ou Lydius, William-Henry ou George, à l’entrée méridionale du lac de ce nom; ce dernier était une menace constante pour la colonie : Dieskau échoua dans sa tentative de s’en emparer, Montcalm réussit à l’enlever.

    2. Campagne de William-Henry (juillet-août 1757).
    Le 12 juillet, le marquis de Montcalm part de Montréal, est à Saint-Jean le 15, et le 18 à Carillon. Là il organise son armée, qui est composée de 7.819 hommes : les com­pagnies de la marine en bataillons de 535 hommes chacun; les milices en brigades, com­mandées par les officiers canadiens, le che­valier de La Corne, M. de Saint-Ours, M. de Repentigny, M. de Courtemanche et M. de Gaspé; un détachement de 300 volontaires sous les ordres de M. Coulon de Villiers; les réguliers de France en trois brigades; les Sauvages en corps d’avant-garde sous M. de Rigaud.

    Le 1er août, on transporta les guerriers et l’artillerie sur le lac. Les jours suivants, éner­giques travaux d’approche. Le 7 et le 8, a lieu l’attaque violente et incessante du fort. Le 9, capitulation des officiers d’état-major : Webb, Munro, Young et Fesch. Les assié­geants ont seulement 17 tués et 40 blessés.

    Les 2.241 prisonniers ont les honneurs de la guerre et l’escorte jusqu’au fort Lydius; ils ne pourront servir contre la France avant dix-huit mois, clause qui fut violée dans la suite. Confiscation de tout le matériel, vivres et munitions; par malheur, le 10 août, les Sauvages massacrent une cinquantaine de pri­sonniers en route vers Lydius, afin de piller leur bagage. Le 15 août, le fort n’est plus qu’un amas de décombres. — Fenimore Cooper, dans le Dernier des Mohicans, n’a pas manqué de calomnier la mémoire de Montcalm, à propos de ce douloureux épisode.

    M. de Vaudreuil s’empressa de jeter le blâme sur le vainqueur qui aurait dû, à son sentiment, poursuivre sa victoire par la prise du fort Lydius, situé à la distance de six lieues. « Montcalm, écrivait-il, n’avait qu’à se présenter et il avait tout à souhait. » Le gou­verneur n’avait guère combattu, ni au Ca­nada, ni en Louisiane. Le général français hiverna à Québec, où il fut témoin des folles réceptions de l’intendant, de ses jeux effrénés, du carnaval, des réjouissances mondaines de­vant la misère publique; son Journal est une vivante peinture de la décadence des moeurs et du pressentiment de la catastrophe. Au printemps de 1758, il retournait à Montréal pour organiser les préparatifs de la prochaine expédition. A cette occasion, il eut avec M. de Vaudreuil une terrible passe d’armes.

    3. Campagne de Carillon (Ticonderoga) (juillet 1758).
    — Le fort de Carillon était en bois, ceint d’une palissade, assis sur le versant sud-est d’une péninsule, bordé de terrains bas qui côtoient le lac Champlain à gauche, à droite la rivière La Chute longue de 4 milles, dont 2 navigables; puis une cascade en aval d’une série de rapides; enfin le Portage, qui aboutit au lac Saint-Sacrement (George), long de 36 milles et terminé par les ruines de William-Henry.

    L’armée anglaise comptait 6.367 réguliers de la métropole, 9.034 provinciaux des Colonies, commandés par James Abercromby gé­néral, George-Auguste comte et lord Howe, brigadier-général, William Johnson, vain­queur de Dieskau, Robert Rogers, l’idole des Indiens, John Bradstreet. Les Français ne comptaient que 3.906 guerriers, parmi lesquels environ 300 Canadiens et 16 Sauvages seulement. La partie s’engageait à cinq contre un.

    Le vainqueur demeura à Carillon, qu’il tra­vailla à rendre imprenable, jusqu’au 4 no­vembre. De nouveau, M. de Vaudreuil lui écri­vit de Montréal, lui reprochant de n’avoir pas poursuivi 14.000 hommes avec 3.000 combattants épuisés de leur lutte héroïque. Ce duel épistolaire fut suivi de la réconcilia­tion des deux chefs, par voie d’ambassade. Ils convinrent d’envoyer M. de Bougainville auprès du roi et de la Cour. Carillon conserva une garnison de 400 hommes, dont 300 de terre et 100 de la marine, sous le commandement de M. d’Hébécourt.

    Le marquis de Montcalm acheva l’année à Montréal et se rendit ensuite à Québec, où il fut témoin des divertissements de la haute société au sein de la misère publique.

    Il écrivait à M. de Lévis, le 12 janvier 1759: « Les plaisirs, malgré la misère et la perte prochaine de la colonie, ont été des plus vifs à Québec. Il n’y a jamais eu autant de bals, ni de jeux de hasard aussi considé­rables, malgré la défense de l’année dernière. Le gouverneur et l’intendant l’ont autorisé. » II ajoutait : « Ah! que je vois noir! Je prévois avec douleur les difficultés de la campagne prochaine. Si la guerre dure, la colo­nie périra d’elle-même, ne succombât-elle pas par la supériorité des forces de l’ennemi!… Qui diable sait où tout en sera au 1er novem­bre 1759?… »

    A la détresse publique s’ajoutaient les fâ­cheuses nouvelles : perte de Louisbourg le 26 juillet 1758, du fort Frontenac le 25 août, du fort Du Quesne le 24 novembre; insuccès de la mission de M. de Bougainville : «beaucoup d’honneurs et peu de secours a (10 mai 1759). Le marquis de Montcalm était promu lieutenant-général: ce qui lui assurait un traitement de 36.000 livres.

    4. Campagne de Québec (mai-septembre 1759).
    Les Anglo-Américains ont armé : 1° Contre Québec, 125 vaisseaux et 152 transports, montés de 27.000 soldats et marins, sous Ies ordres de James Wolfe, major géné­ral des troupes de terre, qui a pour officiers les trois brigadiers-généraux George Town­shend, Robert Monckton et James Murray; Charles Saunders est chef de l’escadre et des troupes de mer, ayant sous ses ordres Philipp Durell et Charles Holmes; 2° Contre Carillon et Saint-Frédéric, une armée de 12.000 hom­mes sous le commandement de Jeffrey Am­herst, tandis que M. de Bourlamaque n’a qu’un effectif de 2.500 combattants à lui opposer; 3° Contre Niagara, où commande le capitaine Pouchot à la tête de 1.100 hommes, un corps de 5.000 combattants et de 900 Iroquois, sous les ordres du général John Prideaux et de William Johnson.

    Les Canadiens ne disposent que de 15.000 hommes environ, répartis sur les lacs Champlain et Frontenac et dans le moyen Saint-Laurent.

    La colonie a déjà subi des échecs douloureux : le 6 juillet, le capitaine de La Corne tente de déloger Haldimand d’une redoute qu’il avait élevée à Chouaguen : il se retira, ayant 30 morts ou blessés; le 25, le capitaine Pouchot capitule à Niagara; M. de Bourlamaque, devant les 12.000 hommes d’Amherst, fait sauter le fort de Carillon (22 juillet), celui de Saint-Frédéric (le 31), et se replie sur l’île-aux-Noix pour arrêter la marche de l’ennemi.

    Dès le 26 mai, la flotte britannique mouille au sud de l’île d’Orléans qui la couvre; le lendemain, quelques frégates doublent la Pointe-Lévy, qui n’est pas munie d’artillerie : des pilotes français, capturés par Durell, dans le bas du fleuve, qui avait arboré en fraude le drapeau fleurdelisé, conduisaient les navi­res anglais en sûreté. Le 27 juin, des débar­quements s’opèrent à Saint-Laurent de l’Île d’Orléans et, de là, au bout de l’île : le len­demain, insuccès des brûlots de M. de Vau­dreuil en aval. Les deux jours suivants, trois régiments descendent à Beaumont : où affi­chage d’une insultante proclamation de Wolfe contre les agissements possibles des habitants. Puis, escarmouches meurtrières de M. de Lévis et d’Etienne Charest. Le 2 juillet, camp retranché de Monckton à la Pointe-Lévy, du 6 au 12, à Lévis. Le 9, débarquement de Townshend et de Murray vers l’Ange-Gardien : ils établissent leur camp sur la rive gauche du Saut-de-Montmorency. Le 12, échec d’une tentative du capitaine Dumas, à l’ouest de Lévis.

    Depuis deux ans, M. de Montcalm avait recommandé de faire des retranchements dans la région de Beauport : le gouverneur ne fit rien. Le 29 mai, il les entreprend et y fait travailler, nuit et jour, jusqu’au 4 juillet : redoutes et redans s’alignent de la rivière Saint-Charles au Saut.

    Le soir du 13 juillet, les batteries anglaises de marine, installées à Lévis, lancent les obus et les projectiles incandescents sur la capi­tale; le 15, des bombes incendiaires; les deux jours suivants, sans répit, nouveaux ravages du feu. Le 18, la nuit et à la marée montante, un vaisseau de 50 canons, une frégate de 20, trois transports et deux corvettes, doublent le Cap-Diamant et mouillent à l’Anse-des-Mères : les batteries du fort Saint-Louis aper­çoivent trop tard leur passage ! C’était un quatrième ennemi à surveiller sans répit, qui menace d’intercepter vivres et munitions, ve­nant des Trois-Rivières. En même temps, l’ar­tillerie de Wolfe et de Saunders frappe et décime l’aile gauche de M. de Lévis, sur la rive droite du Saut-de-Montmorency.

    Dans la seconde phase du siège, le colonel Guy Carleton, commandant un détachement, fait prisonnières, le 21 juillet, à Neuville, un groupe de dames de Québec, qu’il renvoie le lendemain : le corps de voltigeurs, sous les ordres du capitaine Dumas, arriva trop tard pour attaquer les embarcations du colonel. Le 22, le bombardement, qui ne cesse que par intervalles, est effroyable : la cathédrale, des rues entières prennent feu. Les Religieuses se réfugient à l’Hôpital-Général. Le tir du fort Saint-Louis arrête au passage trois navires de guerre. Mécontent, impatient, aigri, Wolfe lance une nouvelle proclamation; le 25 juillet, ses troupes pillent tout à Saint-Henri, emmenant 250 personnes, ainsi que le curé,, M. Dufrost de La Jemmerais. Le lende­main, une escarmouche se produit aux gués, situés en haut de la rivière Montmorency; un parti de Sauvages les a franchis avec des officiers de la marine : nous eûmes 18 tués ou blessés, l’ennemi en perdit environ 50. La nuit du 27, nouvelle tentative des brûlots, sous l’habile manoeuvre des sieurs de Courval et de Bougainville. Le 31, Wolfe fait atta­quer le camp de Beauport par les feux des transports embossés dans le chenal avec le Centurion de 60 canons, par les batteries de la rive gauche du Saut, par une colonne de 2.000 fusils à la hauteur des gués, plus tard par les troupes passées au pied de la chute. Partout les réguliers de France, les miliciens incorporés, les Sauvages, tiennent ferme et fauchent les rangs ennemis; au milieu du carnage, une pluie d’orage vient détremper le sol et, à sept heures du soir, l’Anglais bat en retraite, laissant derrière lui environ 500 cadavres : c’est la victoire de Montmorency.

    La troisième phase s’ouvre avec le mois d’août. Irrité de ses pertes, exaspéré de l’insuccès, impuissant à accéder aux hauteurs de la ville par l’est et l’ouest, Wolfe se venge par un redoublement d’énergie dans le bom­bardement : chaque jour du mois amène un sinistre, surtout la nuit du 8, où sont consu­mées 167 maisons. Dans l’intervalle, M. de Bougainville, à la tête de son camp volant, intercepte deux essais d’atterrissement à Neuville. Le 9 août seulement, l’on apprend la capitulation de Niagara. Pour enrayer la marche de Johnson sur Montréal, le général charge le chevalier de Lévis de garder les rapides du Saint-Laurent avec un détachement d’environ 1.000 combattants : ce qui af­faiblit d’autant « la petite armée ». Mais, le lendemain, M. de Repentigny, avec 700 Cana­diens et Sauvages, met hors de combat une centaine d’Anglais aux gués de Montmorency. Malade de la fièvre, aggravée des pertes et des lenteurs d’un triomphe escompté d’avance et des combinaisons de son adversaire, le gé­néral Wolfe exécute son plan de dévastation systématique : la soldatesque de Rogers, chef des Rangers ou Métis, incendie tout dans l’île d’Orléans, les paroisses qui s’échelonnent de l’Ange-Gardien à la haie Saint-Paul, massa­crant le curé de Saint-Joachim et neuf pri­sonniers; les paroisses de l’Islet à la Rivière-Ouelle; au-dessus de Québec, les paroisses de Tilly, de Deschambault, de Saint-François avec sa mission abénaquaise. L’officier Richard Montgomery se distingue par sa fureur sanguinaire : « H faudra un demi-siècle, avoue l’un des incendiaires, pour réparer tout le dommage » (V. A. Gosselin, Mgr de Pont­briand).

    La quatrième phase commence par le plan de l’état-major des deux antagonistes. De la part Anglais, [sic] l’esprit pressuré par deux mois d’insuccès, le général en chef songe à renou­veler l’assaut du côté de Montmorency : ses trois aviseurs lui conseillent l’attaque de surprise au-dessus du Cap-Diamant; aussi bien, du 26 au 31 août, environ 14 vaisseaux fran­chissent impunément la passe de Lévis, faute de défense préalable sur les deux rives et, par terre, les troupes s’acheminent vers la Chaudière; puis, le 3 septembre, on lève le camp inutile de Montmorency. M. de Montcalm combine aussi ses plans: le 5 septembre, il déplace son aile droite de Beauport; il offre à M. de Bougainville d’établir le batail­lon de Guyenne sur les hauteurs d’Abraham; mais, le 6, M. de Vaudreuil contremande l’ordre et « fait rentrer le bataillon » : faute inexplicable, commise sans doute de bonne foi ou par totale ignorance de la stratégie. Nuit et jour, M. de Bougainville épie les mou­vements des vaisseaux anglais, passés en amont du fleuve. Le 10, résolu à tout hasar­der, Wolfe fait choix de l’Anse-au-Foulon pour la nuit du 12. Il sait par espion que, la même nuit, un convoi de farine doit descendre de Sorel et des Trois-Rivières alimen­ter Québec. Ici se place l’épisode de l’Ata­lante (V. Vauquelin). Cependant il y eut un contre-ordre, lequel ne fut pas peut-être com­muniqué aux sentinelles françaises.

    On sait que Monckton opéra la première descente sur la rive nord, répondant France ! au cri de Qui vive ! et qu’il surprit en haut le poste endormi et réduit de Vergor Du Chambon. A cinq heures du matin, 1.800 Anglais ont déjà gagné les hauteurs du plateau. Le 13 septembre, 4.800 combattants, tous réguliers de profession, se rangent en ordre de bataille sur les plaines d’Abraham. Le marquis de Montcalm a tout entendu de Beauport par des estafettes; il accourt organiser la défense avec environ 4.000 hom­mes. Il lui manque les 2.000 de M. de Sénezergues, qui ne répond pas à l’appel, les troupes de M. de Bougainville, les 25 canons de Québec, que refuse M. de Ramezay, major de la ville.

    5. Bataille et défaite des Plaines.
    Vers 10 heures du matin l’ordre de bataille combiné, sur le commandement du général, nos troupes s’élancent, avec une grande impétuosité, contre l’ennemi. Par malheur, au bout de cent pas, les miliciens font feu, sans aucun ordre manifesté, et se couchent pour rechar­ger.

    Les Anglais, sans tirer, avancent avec deux balles au fusil : à 40 pas, les 4.000 balles frap­pent nos soldats, qui tombent ou se relèvent dans la confusion. Puis, l’ennemi, étant si proche, charge vigoureusement à la baïon­nette : la déroute est aussitôt complète.

    Blessé au poignet et dans l’aine, Wolfe re­çoit une balle dans les poumons et meurt d’une hémorragie. En essayant d’enrayer la déroute, le marquis de Montcalm est atteint à la cuisse et aux entrailles. Ainsi tombaient les deux chefs dans l’action.

    Toutefois, le marquis est ramené à Québec sur son cheval noir et soutenu par trois offi­ciers. « Ce n’est rien, dit-il, aux femmes qui pleuraient sur le passage, ne vous affligez pas pour moi! » On le conduisit à la maison de M. André Arnoux, chirurgien, absent au lac Champlain avec l’armée de Bourlamaque. Arnoux le jeune, son frère, examina et pansa les blessures : il avoua que la mort était cer­taine et prochaine. — « Combien d’heures ai-je à vivre? demanda le blessé » « Pas beaucoup au delà de trois heures du matin.» Immédiatement, le général mit ordre à ses affaires et se prépara à bien mourir. Il dit à son secrétaire Marcel que tous ses papiers fussent remis aux mains de M. de Lévis, ainsi qu’un écrit contenant ses intentions confié à M. de La Rochette, trésorier de la marine. Il reçut le viatique et l’extrême-onction avec une ardente piété. A cinq heures du matin, le 14 septembre, il expirait, réalisant dans sa personne la devise du blason familial : « La guerre est le tombeau des Montcalm. »

    Commandeur de l’Ordre de Saint-Louis et lieutenant-général, il eut le cercueil et les funérailles des pauvres. Un vieux contremaître des Ursulines, surnommé « le bonhomme Michel », qui « ramassa à la hâte quelques planches, parvint à confec­tionner, en versant des larmes abondantes, une boite informe, peu en rapport avec la précieuse dépouille qu’elle devait ren­fermer ». Les funérailles, eurent lieu, le même jour, à neuf heures du soir, le cercueil étant escorté par M. de Ramezay, les officiers de la garnison, quelques mornes citoyens, des femmes et des enfants en pleurs, dont une petite fille de 9 ans, qui, devenue Ursuline, racontait encore la cérémonie en 1831. L’inhu­mation se fit aux Ursulines et l’on y voit encore le crâne du héros au monastère.

    Outre sa mère et son épouse, le marquis décédé laissait deux fils et trois filles. L’une de celles-ci avait épousé M. d’Espinousse de Coriolis; la seconde, un Doria de la célèbre famille génoise de ce nom; la troisième, le vicomte de Damas.

    Louis-Jean-Pierre-Marie épousa Jeanne-Ma­rie de Lévis, nièce du chevalier. Il devint ma­réchal de camp et fut député de la noblesse de Carcassonne aux Etats-Généraux en 1789. En 1790, au moment où l’Assemblée nationale mettait en question la suppression des pen­sions accordées par le roi, M. de Noailles réclama une exception en faveur de la famille de Montcalm, dont « les services ont fait connaître le nom dans les deux mondes, dont la valeur et les talents ont honoré les armes françaises ». Sa demande fut écoutée. Les enfants de Montcalm, alors au nombre de quatre, reçurent une pension de 1.000 liv. chacun. Le fils aîné de Louis-Jean-Pierre, nommé Louis-Hippolyte, fut aussi maréchal de camp; il épousa Armandine de Richelieu, soeur du duc et premier ministre de Louis XVIII, et il mourut sans postérité. Le cadet, Louis-Dieudonné, fut aide de camp du duc d’Angoulême; il épousa une demoiselle de Sainte-Maure Montausier, qui lui donna André-Victor, lequel s’unit à sa cousine, Ga­brielle de Montcalm; comme il n’eut aucun enfant, il adopta son neveu, le comte de Saint-Maurice; celui-ci, à la mort de son oncle, a pris le nom du marquis de Montcalm et a continué la lignée; son jeune fils est venu à Québec, en 1908, avec le marquis Gaston de Lévis.

    Gilbert-François-Déodat, étant entré dans l’ordre de Malte, ne se maria point.

    Source : Louis LE JEUNE, «Louis-Joseph, Marquis de Montcalm», dans Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mœurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Vol. II, Ottawa, Université d’Ottawa, 1931, 829p., pp. 291-297.

    © 2006 Claude Bélanger, Marianopolis College

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
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  47. 47 Soldat Sanspareil Le 6 février 2010 à 8h56

    Statue de Lévis

    http://www.assnat.qc.ca/Fra/accueil/publications/statues3nov08fr.pdf

    Oeuvre de Philippe Hébert, datant de 1896, cette statue orne la facade de l’Assemblée nationale à Québec. A ses pieds, on voit son épée brisée et les drapeaux. La scène rappelle que lors de la Capitulation de Montréal, en septembre 1760, Lévis refusa de livrer les drapeaux français et proposa de se retirer sur l’Ile Sainte-Hélène, face à Montréal, pour continuer la lutte. Seule l’insistance de Vaudreuil vint à bout de la résistance du militaire. En avril 1760, Lévis avait donné espoir aux Canadiens en remportant la victoire à la Bataille de Sainte-Foy et en assiégeant la ville de Québec occupée par les troupes anglaises dirigées par James Murray. L’arrivée de navires anglais mit fin à cet espoir de rétablir la domination française sur la vieille capitale.

    Dans cette sculpture, Hébert a bien su rendre la figure d’un personnage déterminé, d’un irréductible qui ne pliera jamais devant l’ennemi.

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  48. 48 Soldat Sanspareil Le 7 février 2010 à 18h07

    Montcalm, Wolfe et les autres… Vaugeois raconte
    Durée : 7 émissions – 30 min
    Établissement : Bureaux régionaux de Télé-Québec
    Type d’émission : Documents éducatifs

    Une série consacrée à une période trouble de l’histoire du Québec : la guerre de Sept Ans (1756-1763). À l’aide d’illustrations, de peintures et de manuscrits de l’époque, Denis Vaugeois et ses invités, des historiens de renom, échangent leurs points de vue sur la Conquête de la Nouvelle-France. Ils revisitent de grands thèmes : la capitulation de la Ville de Québec, l’affrontement entre les troupes françaises et anglaises, l’alliance avec les Amérindiens et plus encore. Ils questionnent l’histoire, remettent en question certaines thèses et rappellent des événements oubliés ou méconnus.

    Pour plus de détails consulter le lien suivant:

    http://www.canal.qc.ca/emission.php?id=59

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  49. 49 Soldat Sanspareil Le 9 février 2010 à 16h28

    François-Pierre de Rigaud
    Comte et Marquis de Vaudreuil

    VAUDREUIL (François-Pierre de Rigaud, comte et marquis de) (1703-79), frère de Pierre de Cavagnal – gouverneur de la Nouvelle-France – enseigne, lieutenant, capitaine, garde de la marine, major, lieutenant de roi, gouverneur. On l’appelait le chevalier ou simplement Monsieur de Rigaud.

    Né le 8 février 1703, il était le septième des enfants de Philippe, premier marquis de Vaudreuil. En 1712, le ministre lui fit donner une enseigne dans les troupes de la Marine ; en 1717, il fut nommé garde de la marine, lieutenant le 2 juin 1720. Le 26 octobre 1722, son père écrivait : « Le sieur de Rigaud se mettra en état de bien servir, par la bonne volonté qu’il paraît avoir pour cela ; il fait la fonction d’aide-major des troupes, afin de se rendre capable de bien faire son métier ». Le 19 octobre 1723, le chevalier s’embarquait pour la France, chargé des dépêches officielles. Le 24 juin 1724, le Conseil de la Marine informait le gouverneur qu’il avait accordé à son fils la compagnie, laissée vacante par le décès de M. de Saint-Pierre : le capitaine revint aussitôt au Canada. Il retourna encore en France en 1728, 1730, 1731.

    Le 29 octobre 1732, les administrateurs concédaient à Pierre de Cavagnal et à son frère François de Rigaud « un terrain le long du fleuve appelé la Grande-Rivière (Ottawa), en tirant vers le Long-Saut, de trois lieues de front sur trois de profondeur » : concession ou seigneurie de Rigaud, ratifiée par le roi le 1er avril 1733. Le 23 septembre 1736, le chevalier reçut « une étendue de terre de trois lieues de front sur deux de profondeur, des deux côtés de la rivière du Saut de la Chaudière en remontant, à commencer de la fin de la concession de Jacques-Thomas Taschereau ». En 1738, il était décoré de la croix de Saint-Louis. En 1739, une note offi­cielle disait de lui : « Il a tous les sentiments d’un homme de guerre et de condi­tion ; ses moeurs sont douces ; aussi est-il estimé ». Puis il obtint un congé et passa en France.

    En mai 1741, il fut promu major des Trois-Rivières. Dans l’été de 1746, M. de Beauhar­nois le chargeait d’une importante expédi­tion sur les terres de la Nouvelle-Angleterre. Le détachement, parti de Montréal le 3 août, se rendit au fort Massachusetts, où il y avait 22 hommes de garnison, trois femmes et cinq enfants, lesquels se défendirent durant 26 heures et se rendirent prisonniers de guerre. Le chevalier fut blessé d’un coup de feu au bras droit, et trois de ses Sauvages furent tués ; quatre Français et onze Indiens furent blessés. Ce parti fit beaucoup de ravages sur une étendue de 15 lieues, brûlant tout sur son passage : il revint le 26 septembre avec 27 prisonniers (V. Suppl. aux Arch. can. 1899). Le 8 juin 1747, nouvelle excursion d’un parti de guerre de 780 hommes ; M. de Rigaud ramena encore 41 prisonniers et 28 chevelures. En février 1748, il était promu lieutenant de roi à Québec. Le 23 septembre, il se faisait accorder une concession de six lieues de front, le long de la rivière Maska sur trois de profondeur : la ville de Saint-Hyacinthe s’élève aujourd’hui sur ce terrain.

    Le 1er mai 1749, M. de Rigaud succédait au chevalier Bégon comme gouverneur des Trois-Rivières. En 1754, il eut un congé pour se rendre en France. L’été suivant, il en revenait sur l’Alcide qui fut capturé, ainsi que le Lys, par l’escadre de l’amiral Bosca­wen à 25 lieues de Terre-Neuve (8 juin). Fait prisonnier, M. de Rigaud fut emmené en An­gleterre, d’où il réussit à s’échapper, après quelques mois, et à passer en France. Le 4 mai 1756, il débarquait à Québec : le roi lui avait accordé (9 avril) une indemnité ou gratification de 8.000 livres. Après la prise de Chouaguen (Oswégo) le 14 août, M. de Rigaud, à la tête des Canadiens et des Sau­vages eut les honneurs de la victoire, parce qu’il leur avait fait passer la rivière à la nage pour tomber à l’improviste sur les en­nemis ; l’un des drapeaux anglais fut déposé à l’église des Trois-Rivières comme trophée.

    En février 1757, M. de Vaudreuil, gouver­neur général, confiait à son frère le com­mandement d’une expédition destinée à frap­per un coup imprévu sur le fort William-Henry ou George, où les Anglais avaient rassemblé toute une flottille de bateaux qui, au printemps, devait transporter une armée près de Carillon; le détachement comprenait 50 grenadiers, 200 volontaires, 270 réguliers, 600 Canadiens et 350 Sauvages. Parti de Montréal, le corps de troupes était rendu, le 9 mars, à Carillon, et dix jours après, en face du fort anglais. On ne tenta point de siège, mais on détruisit les bateaux et quan­tité d’objets, accumulés pour l’offensive projetée. M. de Montcalm avoua « que M. de Rigaud eut tout le succès qu’on pouvait en attendre » (V. Casgrain, Montcalm et Lévis, t. I). M. de Rigaud se mit, le 3 août, sous les ordres du général français, qui alla au même fort sommer le lieutenant-colonel Monroe de le rendre. « J’ai sous mes ordres, dit-il, des soldats disposés comme moi à périr ou à vaincre. » Après sept jours de siège, le brave officier dut cependant capituler. Depuis le 1er mai, M. de Rigaud était investi de la charge de gouverneur de Montréal.

    En 1758, 1759 et 1760, il se prodigua pour garder à la France sa belle colonie du Ca­nada. Après la capitulation de Montréal, il passa en France avec son frère et le roi le dota à vie d’une pension de 2.000 livres. Il vendit à M. William Grant la concession de la baie Verte qu’il avait eue en 1759. Les deux frères vécurent ensemble à Paris et au château de Collier, commune de Muides, en Loir-et-Cher. C’est là qu’il mourut, le 24 août 1779, connu dans la région sous le nom de marquis de Rigaud.

    Source : Louis LE JEUNE, «François-Pierre de Rigaud», dans Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mœurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Vol. II, Ottawa, Université d’Ottawa, 1931, 829p., pp. 767-768.

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  50. 50 Soldat Sanspareil Le 10 février 2010 à 7h33

    L’organisation militaire en Canada: milice et troupes régulières?

    Par Karine Légaré

    http://www.sphcb.com/articles/milices.htm

    Deux groupes militaires distincts s’occupèrent de défendre le pays en cas d’attaque : la milice canadienne et les troupes régulières nommées de la Marine.

    La milice fut établie au Canada en 1649, mais devint officielle qu’en 1669 par le roi Louis XIV. Elle fut tout d’abord constituée pour contrer la menace iroquoise, surtout présente dans les gouvernements de Trois-Rivières et de Montréal. Les soldats de la milice canadienne étaient essentiellement des habitants. Le colon de la Nouvelle-France fut à la fois agriculteur et soldat. Les besoins de défendre la colonie exigeaient la formation d’effectifs proprement canadiens. Les troupes en provenance de France arrivaient de façon irrégulière et le nombre de soldats était insuffisant. Le régiment de Carignan-Salières fut un des seuls contingents complets de soldats français à avoir foulé le sol canadien. C’est pourquoi, le 10 mai 1682, le roi recommande

    « d’aguerrir les habitans, les exerçant au maniement des armes, leur faisant faire de fréquentes revues et observant qu’ils aient tous chez eux les armes nécessaires pour s’en servir, au cas de besoin, faire défendre en Cas qu’ils fussent attaqués. »

    Chaque paroisse avait au moins sa compagnie de milice constituée de 50 à 80 hommes. Tout habitant de 16 à 60 ans était tenu de faire son service militaire. Les miliciens se réunissaient pour s’exercer les dimanches et les jours fériés, une fois par mois. Par ailleurs, ils devaient compter sur leurs propres moyens pour s’armer. En temps de guerre, les armes étaient fournies à ceux qui n’en possédaient point, mais elles devaient être retournées le conflit terminé. Les miliciens n’avaient pas d’uniformes. Ils étrennaient leurs propres habits c’est-à-dire bottes sauvages, capot à capuchon serré à la taille par une ceinture fléchée, tuque de laine, mitaines et raquettes (voir illustration). L’habitant milicien était très agile pour la guerre d’escarmouche au milieu de la forêt. Il avait emprunté cette manière de combattre aux peuples autochtones, ce qui le différenciait nettement du soldat français qui se battait de façon très ordonnée. On note souvent dans la correspondance l’indiscipline des soldats canadiens qui se traduisait toutefois par un courage et une audace qui faisaient leur réputation auprès des dirigeants de la Nouvelle-France.

    Le chef de chaque compagnie était le capitaine de milice. Ce dernier était nommé par les miliciens lors d’une élection, reconnu et respecté par toute la population paroissiale. À cet égard, voici une tradition qui prouve la grande estime des habitants envers le capitaine de milice. Cette tradition, particulièrement observée chez nos voisins de l’Île d’Orléans, se nomme le cérémonial du mai et avait lieu le dernier jour d’avril. Quatre chefs de famille, accompagnés d’une douzaine de miliciens armés de leurs fusils, allaient planter chez le capitaine de milice de leur paroisse un mai, sapin orné d’une girouette. Les hommes saluaient ensuite le capitaine d’une décharge de leurs armes. Le capitaine leur répondait en leur retournant la pareille. Ensuite, une fête était donnée chez le capitaine, arrosée d’eau-de-vie. À chaque verre, les soldats allaient décharger leurs armes sur le mai qui se noircissait de poudre au cours de la soirée, ce qui était considéré comme un honneur…

    En plus, dans sa localité, le capitaine s’occupait souvent de la voirie, de la justice et agissait à titre de consultant. Le capitaine détenait du gouverneur général une commission qui lui octroyait le droit de faire exécuter les ordres provenant des instances supérieures. Pour le distinguer des miliciens, il portait l’épée et un hausse-col doré.

    Les troupes régulières quant à elles, nommées fréquemment troupes ou détachement de la marine parce que relevant de ce Ministère, furent fondées en 1674 pour défendre les colonies françaises et les navires. Les soldats de ces troupes étaient payés et agissaient à ce titre de manière permanente. Plusieurs provenaient de France. Or, à partir de 1683, les troupes de la marine devinrent graduellement canadiennes en ce sens que le recrutement se fit de plus en plus auprès de la population du pays. De plus, la façon de faire la guerre des troupes françaises changea pour s’adapter à celle qui avait cours au Canada, la guerre d’embuscade.

    Bibliographie

    DOUVILLE, Raymond et Jacques-Donat Casanova. La vie quotidienne en Nouvelle-France. Le Canada, de Champlain à Montcalm. Montréal, Hachette, 1982. 272 p.

    MALCHELOSSE, Gérard. « Milice et troupes de la Marine en Nouvelle-France, 1669-1760 ». Les cahiers des dix. Montréal, no. 14, 1949. p. 115-147.

    SÉGUIN, Robert-Lionel. La civilisation traditionnelle de l’habitant aux 17e et 18e siècles. Ottawa, FIDES, 1967. 701 p.

    TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Les Éditions HRW, 1971. 323 p.

    Mères Jeanne-Françoise Juchereau de St-Ignace et Marie-Andrée Duplessis de Ste-Hélène, Les annales de l’Hôtel-Dieu de Québec, 1636-1716, Québec, Hôtel-Dieu de Québec, 1984 (1939) p. 256.

    L’Abbé René-E Casgrain, Histoire de la paroisse de l’Ange-Gardien, Québec, Dussault & Proulx, Imprimeurs, 1902, p. 131-132.

    Robert Larin, « Prisonniers canadiens, déportés acadiens, expatriés républicains, à Philadelphie et dans le New-York (1755-1783) », Mémoires de la société généalogique canadienne-française, vol. 50, no. 2, cahier 220, été 1999, p. 106. M. Larin s’est intéressé particulièrement à cette liste de prisonniers dressée par Murray.

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  51. 51 Soldat Sanspareil Le 13 février 2010 à 19h55

    Armée française, Canadiens et Amérindiens
    Les troupes de terre ou troupes régulières
    Les troupes de terre sont composées de soldats professionnels envoyés de France afin de combattre en Amérique. Ceux-ci sont disciplinés et bien entraînés. À Québec, en 1759, ces forces comprennent les seconds bataillons de cinq régiments d’infanterie provenant de différentes régions de France23. Chacun de ces régiments a sa propre histoire et un uniforme possédant ses propres caractéristiques.

    Régiment de la Reine :

    Provenance : région de Paris
    Durant la guerre de Sept Ans, ce régiment prend part à plusieurs affrontements, dont celui de fort Saint-Frédéric au lac George en septembre 1755, au cours duquel le général Dieskau est blessé. Le régiment de la Reine prend aussi part à la prise du fort Bull et du fort William-Henry et, plus glorieusement, contribue à la victoire française à Carillon en 1758 contre les forces du général Abercromby. Il semble que, contrairement à la pensée populaire, le régiment de la Reine ne participe pas au siège de Québec; il est plutôt envoyé à Carillon en mai 1759 afin de se prémunir contre une éventuelle attaque des Britanniques, puis retiré et envoyé à l’Ile-aux-Noix en juillet de la même année. Le régiment prendra toutefois part à la bataille de Sainte-Foy en 176024.

    L’uniforme des soldats du régiment de la Reine est caractérisé par un justaucorps de couleur blanc-gris avec les revers de manches rouges ornés de trois boutons et des poches à huit boutons. La veste est rouge25 tandis que la culotte, de la même couleur que le justaucorps, se porte avec des bas blancs ou gris et des souliers noirs à boucles métalliques. Des guêtres blanches recouvrent les bas et la culotte et se boutonnent verticalement à l’aide d’une rangée de boutons placés du côté extérieur de même qu’elles s’attachent sous le genou à l’aide d’une courroie de cuir noir. Quant au tricorne, il est de feutre noir et possède un galon argenté26.

    Le drapeau est quant à lui vert et noir, divisé par une croix blanche sur laquelle figure une série de fleurs de lys dorées dont trois sont entourées par 4 couronnes en or.

    Régiment de Guyenne :

    Provenance : région de Bordeaux
    Dès son arrivée en Amérique, le 23 juin 1755, ce régiment est envoyé au fort Frontenac, puis par la suite au fort Niagara. En février 1756, certains de ses hommes participent à la prise du fort Bull en empêchant la communication entre le lac George et Oswego27. Le régiment de Guyenne participe ainsi à plusieurs batailles : celle du fort Oswego en août 1756 et celle de la prise de fort William-Henry en 1757. Le régiment se bat aussi à Carillon en 1758, et passe l’hiver posté au même endroit. En mars 1759, une partie des hommes est envoyée au fort Niagara, environ 30 autres à l’Ile-aux-Noix, et le reste se dirige vers Québec pour participer à la défense de la ville. Il prend part à la bataille de Montmorency, à celle des plaines d’Abraham le 13 septembre (les soldats du régiment de Guyenne sont alors placés au centre de la ligne d’attaque) de même qu’à la bataille de Sainte-Foy28.

    L’uniforme des soldats du régiment de Guyenne est semblable à celui du régiment de la Reine: un justaucorps gris-blanc avec des revers de manches rouges ornés de trois boutons; veste rouge; culotte de la même couleur que le justaucorps; souliers noirs à boucles métalliques. Contrairement à La Reine, le tricorne de feutre noir est orné d’un galon doré29.

    Régiment de Berry :

    Provenance : région du Berry
    À l’origine, les 2e et 3e bataillons du régiment de Berry devaient être mobilisés en Inde. Cependant, à la demande de renforts placée par Montcalm et Vaudreuil, la destination du régiment est modifiée : il débarque en Nouvelle-France à la fin de juillet 1757. Les deux bataillons sont postés à Québec. En 1758, le régiment est envoyé à Carillon et contribue à la victoire. À la fin août, le régiment, qui comptait au départ 908 soldats, n’en compte plus que 723 en raison des batailles successives qui sont fatales pour plusieurs. Les soldats restant ne sont pas rapatriés à Québec pour la bataille des Plaines, leurs services étant toujours requis à Carillon. Ils participeront toutefois à la bataille de Sainte-Foy30.

    L’uniforme des hommes du régiment de Berry est lui aussi gris-blanc avec des revers de manches rouges, mais à cinq boutons plutôt qu’à trois comme La Reine et Guyenne. Le justaucorps possède également de doubles poches verticales attachées par six boutons. La veste est rouge, la culotte et les bas de couleur blanc-gris, les souliers noirs à boucles métalliques et les guêtres blanches. Quant au tricorne, il est de feutre noir et possède un galon doré31.

    Régiment de Béarn :

    Provenance : région de la Picardie
    Arrivé en juin 1755 en Nouvelle-France, le régiment de Béarn est envoyé dès le début du mois de juillet au fort Frontenac et, un an plus tard, il contribue à la victoire au fort Oswego, en compagnie des autres régiments, de la milice et des Amérindiens. Après la capitulation des Britanniques, le 14 août, une compagnie est envoyée au fort Bull et une autre au fort William-Henry. L’année suivante, l’unité entière se dirige au fort Carillon, pour ensuite revenir à William-Henry et prendre part à cette bataille. En 1758, le régiment de Béarn participe à la défense du fort Carillon et, en 1759, il est présent lors du siège de Québec, à l’exception de 35 soldats qui sont mobilisés au fort Niagara. Le régiment prend aussi part à la bataille de Sainte-Foy l’année suivante32.

    L’uniforme des soldats du régiment de Béarn qui servent en Nouvelle-France est caractérisé par un justaucorps de couleur blanc-gris avec les revers de manches bleus ornés de trois boutons et de poches verticales à six boutons. La veste est bleue tandis que la culotte, de la même couleur que le justaucorps, se porte avec des bas blancs ou gris et des souliers noirs à boucles métalliques. Des guêtres blanches recouvrent les bas et la culotte et se boutonnent verticalement à l’aide d’une rangée de boutons placés du côté extérieur de même qu’elles s’attachent sous le genou à l’aide d’une courroie de cuir noir. Le tricorne est quant à lui de feutre noir et possède un galon argenté33.

    Régiment de La Sarre :

    Provenance : région de Lorraine
    Le 2e bataillon du régiment de La Sarre débarque à Québec le 3 juin 1756. Il prend part à la prise du fort Oswego en août de la même année, et escorte jusqu’à Montréal les prisonniers britanniques faits lors de cette bataille. En août 1757, plusieurs soldats du régiment participent à l’affrontement du fort William-Henry. Le régiment assiste ensuite l’armée de Montcalm en 1758 dans la bataille de Carillon. Enfin, le régiment de La Sarre participe aux batailles de Montmorency, des Plaines de même qu’à celle de Sainte-Foy34.

    L’uniforme du régiment de La Sarre comprend un justaucorps blanc-gris avec des revers de manches bleus (trois boutons). La veste est rouge tandis que la culotte, de la même couleur que le justaucorps, se porte avec des bas blancs ou gris et des souliers noirs à boucles métalliques. Des guêtres blanches montent jusqu’aux et s’attachent sous le genou à l’aide d’une courroie de cuir noir. Le tricorne est en feutre noir et possède un galon doré35.

    Régiment Royal-Roussillon :

    Provenance : région de Perpignan, Roussillon et Catalogne
    Arrivé en Nouvelle-France en mai 1756, le régiment de Royal-Roussillon est à l’origine posté à Montréal, à l’exception d’un détachement qui est envoyé à Carillon. En 1757, c’est le régiment en entier qui est mobilisé pour le fort William-Henry. De plus, le régiment prend part, en 1758, à la victoire de Carillon. Il se dirige ensuite vers Québec, pour défendre la ville : il participe ainsi aux batailles de Montmorency, des Plaines et de Sainte-Foy36.

    L’uniforme du régiment Royal-Roussillon comprend un justaucorps blanc-gris avec des revers de manches bleus (six boutons). La veste est bleue, la culotte de couleur blanc-gris, les bas blancs et les souliers noirs avec une boucle métallique. Quant au tricorne, il possède un galon de couleur or37.

    Régiment de Languedoc :

    Provenance : région du Languedoc
    Ce régiment débarque à Québec le 19 juin 1755. Ses hommes quittent directement pour le fort Saint-Frédéric et, sous les ordres du général Dieskau, repoussent les Britanniques au lac George. Après la bataille, les troupes du régiment de Languedoc se rendent à Carillon où un fort est construit depuis peu. Le régiment se déplace ensuite vers le sud où il prend part à la bataille de fort William-Henry. Le 8 juillet 1758, le 2e bataillon du régiment de Languedoc participe à la bataille de Carillon. En mai 1759, il se rend à Québec où il participe à la défense de la ville : il prend part aux batailles de Montmorency, des Plaines et de Sainte-Foy38.

    L’uniforme du régiment de Languedoc comprend un justaucorps blanc-gris avec des revers de manches bleus (trois boutons). La veste est bleue, la culotte de couleur blanc-gris, les bas blancs et les souliers noirs avec une boucle métallique. Quant au tricorne, il possède un galon doré39.

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  52. 52 Soldat Sanspareil Le 14 février 2010 à 20h05

    Armée française Les troupes coloniales

    Les Troupes de la Marine :

    Présentes en Nouvelle-France depuis 1683, les Troupes de la Marine, ou Compagnies franches de la Marine, sont composées de soldats professionnels cantonnés en Nouvelle-France et dont la majorité, lors de la guerre de Sept Ans, est d’origine canadienne. Ces troupes tirent leur nom du fait qu’elles dépendent directement du ministère de la Marine, et non du Ministère de la Guerre. Elles ne sont pas organisées en régiments, mais en compagnies indépendantes de l’armée régulière. Peu habituées à se battre dans un style européen, ces soldats sont néanmoins disciplinés et efficaces.

    Le nombre exact de soldats des Compagnies franches de la Marine qui servent aux côtés de Montcalm à Québec en 1759 est difficile à établir précisément. L’historien René Chartrand l’évalue entre 800 et 100040 alors que C.P. Stacey l’estime à 110041. Les Troupes de la Marine participeront également à la bataille de Sainte-Foy.

    L’uniforme des soldats des Troupes de la Marine comprend un justaucorps blanc-gris avec des revers de manches, une veste, la culotte et les bas bleus. Des guêtres blanches montent jusqu’aux cuisses et des souliers noirs à boucles métalliques chaussent les soldats. Le tricorne possède quant à lui un galon doré42.

    Les Canonniers bombardiers :

    L’artillerie en Nouvelle-France est assurée depuis le 17e siècle par des unités informelles composées de soldats des Troupes de la Marine entraînés à cet effet. Ce n’est qu’en 1750 qu’une compagnie de Canonniers-bombardiers est formée à Québec. Celle-ci est alors constituée des soldats coloniaux qui démontrent les meilleures qualités pour ces fonctions. Durant le siège de la ville, on incorpore à la compagnie des artilleurs professionnels du Corps Royal de l’Artillerie provenant de France. Parallèlement, les Canonniers-bombardiers sont aussi épaulés dans leur travail par des marins expérimentés qui servent dans des batteries sur la côte ou à bord de navires, par des artilleurs miliciens, de même que par un corps d’ouvriers43.

    L’uniforme des canonniers-bombardiers est composé d’un justaucorps bleu avec un revers de manche et une culotte rouge. Le tricorne est orné d’un galon argent.

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  53. 53 Soldat Sanspareil Le 15 février 2010 à 4h57

    Armée française La milice

    Formée en Nouvelle-France depuis 1669, la milice est constituée de tous les hommes Canadiens valides âgés entre 16 et 60 ans – ce qui représente environ 20 à 25% de la population coloniale44. Les miliciens sont très peu entrainés et sont donc peu efficaces en bataille rangée sur terrain découvert. Ils préfèrent la guerre d’embuscade, c’est-à-dire cachée dans les bois.

    Les miliciens qui se battent aux côtés des Français sont des hommes recrutés en campagne et en ville, qui n’ont pas de formation de soldat. En temps de conflit, ils sont obligés de prendre les armes. Sans uniforme militaire, les miliciens reçoivent à chaque campagne une partie de l’équipement – chemise, capot, brayet, mitasse, mocassins et couverture. Les troupes s’arment elles-mêmes et il est attendu d’elles qu’elles soient en possession d’une bonne provision de plomb, de poudre et de mèche. L’intendant fournit un fusil à ceux qui n’en possèdent pas, mais ces derniers doivent remettre leur arme après chaque expédition45.

    Chaque paroisse de la colonie a sa compagnie de milice dirigée par un capitaine nommé par le gouverneur, généralement un homme important de la communauté. Chacune des compagnies appartient à un district. En Nouvelle-France, ceux-ci sont au nombre de trois : Québec, Trois-Rivières et Montréal.

    •Milice du district de Québec : En juin 1759, 5640 miliciens sont regroupés à Québec. Jamais depuis sa création autant de miliciens n’avaient été mobilisés. Vaudreuil ordonne d’ailleurs que l’on en incorpore un certain nombre – environ 600 – aux cinq régiments de l’armée régulière46.

    •Milice du district de Montréal : La milice de Montréal est réputée pour être la plus efficace en raison du fait qu’elle est composée de plusieurs voyageurs qui font de la traite des fourrures. Conséquemment, celle-ci est entraînée surtout pour les combats d’embuscades dans les bois, ce qui a d’ailleurs valu à ses hommes d’être surnommés les « Loups » par les autres districts. En 1759, 5455 miliciens sont mobilisés, dont 4200 se rendent à Québec pour le siège. La plupart sont positionnés sur la côte de Beauport47.

    •Milice du district de Trois-Rivières : Les miliciens de Trois-Rivières sont au nombre de 1300 en 1759, dont 1100 se dirigent vers Québec. La totalité de ces hommes occupent aussi les rives de Beauport, sous le commandement de Louis de Bonne.

    Cavalerie : Le corps de cavalerie, formé en juin 1759, est le premier du genre au Canada. Il est constitué de 200 Canadiens volontaires qui sont de bons cavaliers, dirigés par cinq officiers français, et divisé en deux compagnies. Le corps de cavalerie fait partie de la milice. Il était employé pour surveiller les rives du Saint-Laurent, vérifier le positionnement ennemi, se battre lorsque nécessaire et s’occuper de la messagerie48..
    L’uniforme de la cavalerie est bleu, avec le col et les poignets rouges49.

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  54. 54 Soldat Sanspareil Le 15 février 2010 à 5h10

    Armoiries ville de La Sarre

    http://www.ville.lasarre.qc.ca/fr/hotel-de-ville/armoirie-logo.cfm

    Écartelé aux 1 et 4, contre-écartelé aux 1 et 4 de sable, aux 2 et 3, de gueules, à la croix d’argent brochant; aux 2 et 3, d’or à la bordure nébulée d’azur.

    L’écu est surmonté d’une couronne murale de 5 tours et entouré de deux branches de feuilles d’érable au naturel, liées sous l’écu par un ruban de gueules. Sous l’écu un biste; d’azur portant la devise en lettres d’or : “Oblivisci Nescius”

    C’est un passé glorieux qui est ressucité dans les armoiries de la Ville de La Sarre. En effet, les armes de la Ville s’inspirent des drapeaux d’ordonnance de l’illustre Régiment de La Sarre. Le premier et quatrième quartiers des armes reproduisent fidèlement ces drapeaux qui ont été les témoins des plus belles victoires des armes françaises comme aussi de la déchirante défaite des Plaine d’Abraham.

    Le deuxième et troisième quartiers rapellent que La Sarre est située en Abitibi. Or l’étymologie de ce nom dérive du Montagnais et veut dire “Eau du Milieu”. C’est en raison de cette signification que ces deux quartiers des armoiries de La Sarre reproduisent un cours d’eau.

    La belle devise; “Oblivisci Nescius” se traduit par “Qui ne sait oublier”. Elle démontre que les citoyens de La Sarre ne savent pas oublier les gloires passées de leur pays, gloires qui servent de base aux gloires futures.

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  55. 55 Soldat Sanspareil Le 20 février 2010 à 7h55

    Notes sur le Régiment de la Sarre journal le Portage 1966.

    Pour plus de détails consulter ce lien internet:

    http://news.google.com/newspapers?nid=1152&dat=19661229&id=urUnAAAAIBAJ&sjid=_m8DAAAAIBAJ&pg=2496,2076879

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  56. 56 Soldat Sanspareil Le 23 février 2010 à 16h17

    L’armée française à Lachenaie
    A-t-on construit à Lachenaie des bâtiments pour les militaires? Nous n’en avons aucun indice. Quoiqu’il en soit, une compagnie du régiment Carignan Salière est cantonnée à Lachenaie, du moins assurément de la fin de l’année1689 à l’année 1701. D’ailleurs, ces soldats gardent le fort nuit et jour afin d’avertir les habitants ou pour demander du secours au besoin.

    La fin du régime français se déroule dans le climat difficile de la guerre de sept ans. Dès 1756, les autorités militaires dépêchent à Lachenaie, un détachement militaire du régiment de La Sarre. Ce détachement est accompagné l’année suivante, du régiment de Berry dont les opérations s’effectuent entre Terrebonne et Berthier. Voyant l’arrivée à Montréal de la puissante armée britannique, forte de 18 000 hommes, le gouverneur de Vaudreuil capitule le 8 septembre 1760. Il n’y a donc pas de batailles dans la paroisse, mais de nombreux mariages sont célébrés entre soldats et femmes de la région.

    Ibid.
    VAUGEOIS, Denis et Jacques LACOURCIÈRE, Québec-Canada, synthèse historique, 2000, p. 178

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  57. 57 Soldat Sanspareil Le 6 mars 2010 à 14h41

    http://grandquebec.com/capitale-quebec/monument-braves/

    Monument aux Braves

    Le monument aux Braves est érigé à l’endroit où se situait jadis le moulin Dumont, lieu de la bataille de Sainte-Foy entre les armées française et anglaise le 28 avril 1760.

    Ce monument fut dévoilé le 19 octobre 1863. En 1908, la Commission du complexe des Champs–de–Bataille fait l’acquisition du petit parc autour du monument qui devient une annexe du parc des Champs–de–Bataille proprement dit.

    C’est la Société Saint–Jean–Baptiste de la ville de Québec qui met sur pied un comité afin d’ériger un monument à la mémoire des hommes tués lors de la bataille de Sainte-Foy.

    La cérémonie du début des travaux coïncida avec l’arrivée de La Capricieuse, premier navire militaire français à pénétrer dans le port de Québec depuis la Conquête, le 18 juillet 1855. C’est le capitaine du navire qui posa la première pierre.

    La statue de Bellone, déesse romaine de la Guerre, installée au sommet du monument, est un don du français Jérôme Napoléon.

    http://www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/histoire.php

    Le parc des Braves a quant à lui une superficie de six hectares. C’est à cet endroit que se déroula la fameuse bataille de 1760, opposant Lévis et Murray. On peut apercevoir sur son territoire : le monument dédié aux Braves de 1760, une terrasse, deux kiosques, une plaque commémorative et des panneaux d’interprétation. Le monument des Braves dédié aux soldats français morts à la bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760, est une propriété publique. Ce monument national a été exécuté par Charles Baillargé. D’une hauteur de 75 pieds (22 mètres), il consiste en une colonne de fonte cannelée. Tout en haut, la statue de Bellone, déesse romaine de la guerre, mesure 10 pieds (3 mètres) de hauteur. Sur les façades du piédestal, on retrouve une plaque au nom de Lévis, une autre au nom de Murray et une reproduction du moulin Dumont. Sur la dernière façade, on y retrouve une inscription dédiée aux braves. Des papiers et des ossements de soldats morts au combat reposent dans le socle du monument.

    Le 28 avril 2010 pour le 250ème anniversaire de la victoire de Lévis rendez hommage à vos ancêtres en visitant ce monument

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  58. 58 Soldat Sanspareil Le 9 mars 2010 à 8h01

    En route vers la bataille de Sainte-Foy : l’hiver de l’armée française

    http://histoiresociete.blogspot.com/2010/03/en-route-vers-la-bataille-de-sainte-foy.html

    En route vers la bataille de Sainte-Foy (2): l’hiver de l’armée française

    L’année 2010 marquant le 250e anniversaire de la bataille de Sainte-Foy, nous avons voulu préparer une série d’articles sur les semaine et les mois qui ont mené à cet affrontement près de Québec, sur les Plaines d’Abraham. Comme nous avons, la semaine dernière, offert un premier article sur la situation des Britanniques à l’hiver 1759 et au printemps 1760, nous continuons cette semaine avec les Français., surtout l’armée française. Un article sur les Amérindiens et un autre sur les Canadiens et la milice suivront d’ici le 27 avril 2010, date à laquelle nous offrirons un article sur la bataille de Sainte-Foy du 28 avril 1760.

    Source: Louis-Joseph, marquis de Montcalm, image consultée en ligne, 2 mars 2010.

    Tout commence avec la mort de Louis-Joseph, marquis de Montcalm et lieutenant-général des armées françaises (ci-haut), le 14 septembre au matin. Québec perd alors son principal officier militaire et le marquis de Vaudreuil (ci-bas), gouverneur de la Nouvelle-France quitte la région pour se rendre vers l’ouest et propose à Jean-Baptiste-Nicholas-Roch de Ramezay, alors en charge de la ville, de capituler si les provisions venaient à manquer plutôt que d’attendre que la ville soit attaquée. Ramezay convoque donc un conseil de guerre ou une large majorité des officiers et notables présents (13 sur 14) suggère la capitulation (à l’exception d’un dénommé Fiedmont, officier d’artillerie qui a tiré du canon sur les Britanniques jusqu’à l’annonce de la reddition). Ramezay capitule donc le 18 septembre au matin, la ville étant diminuée et sans réelle garde pour assurer sa défense.

    Source: Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, marquis de Vaudreuil, v.1753-55, Donat Nonotte, Bibliothèques et Archives Canada, consulté en ligne, 2 mars 2010.

    Pendant ce temps, l’armée se replie sur Jacques-Cartier avant que François-Gaston de Lévis ne vienne prendre le commandement des troupes pour tenter une nouvelle attaque. C’est en route, le 19 septembre, que Lévis sera averti de la capitulation par un certain capitaine Daubrespy du régiment de Béarn. La situation semble sombre, mieux vaut alors, pour l’état-major, de retraiter et de préparer une vraie contre-attaque, pendant que le 22 septembre, Ramezay (avec Fiedmont) et le reste de la garnison de Québec est embarqué vers l’Europe, selon les actes de reddition.

    Source: artiste inconnu, Soldat portant le drapeau régimentaire, Régiment de Béarn, vers 1757-1760, consultation en ligne, 7 mars 2010.

    Vaudreuil et l’intendant François Bigot quitte l’armée le 30 septembre pour se rendre à Montréal alors que Lévis tente de trouver la meilleure façon de passer l’hiver. Il vérifie la possibilité de construire un fort sur la rive-sud, demande aux habitants de collaborer à apporter aux troupes bois et provisions et tentera de convaincre les Hurons de Lorette d’aider l’armée et la milice à harceler les Britanniques qui vont chercher du bois de chauffage près de leur village. Bien que la collaboration des gens, surtout éloignés de Québec, est assurée parce que l’armée française est encore très présente, les forts et tentatives de harcèlement seront laissées de côté par manque d’effectifs.

    Source: Edward CHATFIELD, Des chefs hurons de Jeune-Lorette portent des costumes ressemblant à ceux des Français vers 1745, consultation en ligne, le 7 mars 2010.

    Au début novembre, l’armée française s’organise en laissant des hommes près de Saint-Augustin (une avant-garde près du Lac), Pointe-aux-Trembles (200 à 300 hommes) et surtout au fort construit à Jacques-Cartier (jusqu’à 400 hommes) et Lévis retourne vers Montréal où il arrive le 14 novembre 1759. De la fin octobre jusqu’au début de l’hiver, les soldats seront envoyés à leurs quartiers d’hiver; ceux qui ne restent pas près de Québec tel que mentionné plus tôt se rendront près de Montréal. Plus tard dans le mois, vers le 25 novembre 1759, les Français vont réussir à faire passer des bateaux devant Québec et vers l’Europe pour demander les renforts. C’est Louis-Antoine de Bougainville (ci-bas) qui doit accomplir cette délicate mission.

    Source: François SÉRAPHIN, Portrait de Louis-Antoine de Bougainville, tiré de la collection de la National Library of Australia, consultation en ligne, 7 mars 2010.

    La fin de l’hiver donnera lieu à différentes préparations pour reprendre Québec avant la fin de l’année, mais la température, les ressources et la fatigue des troupes régulières et de milice vont anéantir ces espoirs. Pourtant, les Français ne souffriront pas autant de l’hiver que les Britanniques: ils connaissent le territoire, la température, et ils ont la collaboration des paysans à tous les endroits où les Britanniques ne s’installent pas (ce qui veut dire partout à l’exception du territoire immédiat de la ville de Québec) qui vont faciliter le commerce et les approvisionnements. Ce n’est pas pour autant un hiver faste: plusieurs des terres près de Québec ont été brûlées etaucun réel renfort ne peut être envoyer de l’ouest.

    De janvier à avril, l’état-major français espérera une possibilité d’attaquer Québec. Pour ce faire, le déplacement le plus concret sera l’envoi sur la rive-sud, en février 1760, du capitaine Saint-Martin et d’un détachement de presque 400 soldats pour reprendre contrôle de la Pointe-Lévy, mais les Britanniques les en empêcheront. Bien que janvier ait été calme, mars a été vécu dans l’appréhension alors que des rumeurs tenaces disent que les Britanniques, qui ont attaqué l’avant poste du Lac Calvaire (Saint-Augustin), viendraient attaquer Pointe-aux-Trembles (Neuville) ou même Jacques-Cartier (Cap-Santé). Sinon, les préparatifs se poursuivront jusqu’à la fonte des glaces et au départ de l’armée de Montréal, à la suite de Lévis, vers les 20-21 avril 1760. L’armée française cheminera ensuite par terre à partir de Jacques-Cartier ou Pointe-aux-Trembles. Elle campera à Pointe-aux-Trembles le 25 avril 1760, à Saint-Augustin le 26 et à Sainte-Foy le 27 avril….

    La bataille de Sainte-Foy est pour le lendemain…

    Sources
    CASGRAIN, abbé H. R. éd. Journal des campagnes du chevalier de Lévis en Canada de 1756-1760. Montréal, C.O. Beauchemin et Fils, 1889. 340 pages. Coll : Manuscrits du Maréchal de Lévis.

    LA PAUSE, Plantavit de Margon, chevalier de. Rapport de l’Archiviste de la province de Québec. 1931/32 « Mémoire et observations sur mon voyage en Canada (1755-60) », tome 12, p.1-46; 1932/33 « Les “Mémoires” du Chevalier de La Pause », tome 13, p.305-391; 1933/34 « Les “Papiers” La Pause », tome 14, p.67-231.

    MAURÈS DE MALARTIC (édité par comte Gabriel Maurès de Malartic). Journal des campagnes au Canada de 1755 à 1760. Paris, Plon, 1890. 370 pages.

    Voir également
    MACLEOD, D. Peter. La vérité sur la bataille des Plaines d’Abraham. Montréal, Éditions de l’homme, 2008. pages 283-361.

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  59. 59 Soldat Sanspareil Le 9 mars 2010 à 19h43

    En route vers la bataille de Sainte-Foy : l’hiver des Canadiens

    http://histoiresociete.blogspot.com/2010/03/en-route-vers-la-bataille-de-sainte-foy_09.html

    D’abord les Britanniques. Puis les Français. Nous en sommes maintenant à l’avant-dernier volet de nos carnets “En route vers la bataille de Sainte-Foy” avec une description de l’hiver pour les Canadiens, donc la milice et la population. Bien que les miliciens soient des habitants, nous avons choisi de séparer les deux groupes. “La milice” fait référence aux actions militaires et “La population” à ce que les habitants ont dû vivre.

    Source: Image trouvée sur le carnet Historine, sans référence, consultation en ligne, le 8 mars 2010.

    La milice
    Au lendemain de la bataille des Plaines d’Abraham, la milice fait face à une difficile réalité. Responsable de la retraite efficace de l’armée française sur le champs de bataille en bloquant la charge des Highlanders écossais (78th Foot) notamment, la milice doit absolument suivre la fuite de l’armée vers Jacques-Cartier (Cap-Santé). Mais une partie des miliciens vient de Québec et la bataille étant perdue, les miliciens de ce district (comme plusieurs des districts de Trois-Rivières ou Montréal) vont déserter pour retourner chez eux, aider à la fin des récoltes et à la préparation de l’hiver qui sera sans doute difficile. Sans compter ceux qui, entre le 13 et le 18 septembre (prise de Québec), refuse systématiquement de défendre la ville et d’exécuter les ordres. De la mutinerie due au départ de l’armée et donc à une situation désespérée…

    Source: French 1763 musket muzzle loader, consultation en ligne, 9 mars 2010.

    Jusqu’à la mi-octobre, on essaie de limiter la désertion des miliciens, ce qui s’avère une tâche difficile compte tenu que des compagnies complètes refusent parfois de prendre les armes. On réussit quand même à renvoyer près de Montréal, le 19 octobre, les milices de Montréal et Trois-Rivières parce que la menace d’une attaque britannique depuis les Grands Lacs semblent possible. Cela aide certainement la motivation des miliciens qui auraient à défendre leurs propres habitations contre l’envahisseur.

    Source: A canadian volunteer militiaman in winter, consultation en ligne, 9 mars 2010.

    Autrement, l’hiver en sera un d’entraînement. Bien que des plans préliminaires soient mis en marche dès novembre pour reprendre Québec, François-Gaston de Lévis, alors major-général des troupes françaises, se rend rapidement compte qu’une bataille ne sera possible qu’au printemps. En 1760, la présence de la milice devra être exploitée au maximum. C’est ainsi que Lévis décide, au mois de février et mars 1760, d’incorporer plusieurs miliciens à même les troupes professionnelle pour combler certaines absences. D’un autre côté, il n’essaie pas de mélanger les compagnies de milice et les compagnies de soldat professionnels. Il s’assure que les compagnies de milice s’organisent en trois formations, chaque formation étant sous les ordres, en quelque sorte la supervision, d’un bataillon régulier et ils se sont livrés à des exercices d’escarmouches tout l’hiver. Contrairement à leur usage un peu improvisé de 1759, le major-général de Lévis compte bien les utiliser au mieux de leurs capacités. Il faut finalement dire que Vaudreuil qui lance les appels à la mobilisation de la milice pour 1760 a l’oreille de la population qui répond. Les conditions sont idéales pour la bataille… Suffit, pour remporter une victoire décisive et reprendre Québec, que l’armée française espérée arriver en renfort fasse son apparition rapidement sur le fleuve au mois d’avril ou de mai (on sait aujourd’hui qu’elle n’est jamais arrivée…)

    Source: Lewis PARKER, Scene of daily life at Fort Beauséjour, around 1753, consultation en ligne, 9 mars 2010.

    La population
    Si la situation semble critique pour la milice, c’est encore pire pour les habitants. D’un côté, pour tous les habitants de l’extérieur de la région immédiate de la ville de Québec, la situation ressemblera aux hivers précédents… si ce n’est que plusieurs d’entre eux ont vu leurs habitations et leurs récoltes rasées par les Britanniques en 1759 (pratiquement toute la Côte-de-Beaupré et Charlevoix jusqu’à La Malbaie, presque toute la Côte-du-Sud de Kamouraska à Beaumont de même que plusieurs villages dans Lotbinière et dans Portneuf). Puis, à titre préventif, les Français vont ordonner, le 16 octobre, de brûler tout le bois de chauffage déjà coupé de sur la rive-sud autour de la Pointe-Lévy.

    Mais avant cela, il nous semble que Jérôme Foligné, second à bord du Swinton (un bâtiment français) aborde de façon fort efficace la situation de la population de la région immédiate de Québec après le siège de 1759 avec ce message daté du 21 septembre 1759 (nous avons pris la liberté de corrigé un peu le texte pour faciliter sa lisibilité, grand honte à nous):
    “Les bourgeois et habitants de la dépendance de Québec de trois lieues à la ronde prêtèrent serment de fidélité, cérémonie qui dura depuis le matin jusque vers les trois heurs de l’après-midi, que le général anglais fit battre un banc, par lequel il fut permis d’aller et de venir librement pour vaquer à leurs affaires et de rentrer paisibles possesseurs de leurs biens, mais quelles biens veut-il que nos habitants aillent occuper après les ravages qu’il a fait commettre, brûler les maisons, emmener les bestiaux et piller les meubles, c’est à ce jour qu’on vit sortir du fond des bois nos pauvres femmes, trainant après elles leurs petits enfants, mangés des mouches sans hardes, criants la faim, quel coup de poignards pour les pauvres mères, qui ne savent si elles ont des maris et ou ils les prendront et quelle assistance, elle donneront à leurs pauvres enfants à l’entré d’une saison pendant laquelle on a de la peine de se garantir, lorsqu’elles etoaent arrangées dans leurs ménages les sièges de Jérusalem et de Samarie représentent rien de plus affreux.” (p.93-94)
    Début d’hiver difficile? Surement. Les habitants doivent donc prêter serment d’allégeance. Mais plusieurs exemples, tout l’hiver durant, nous prouvent que le serment était difficile à garder. D’un côté, on essaie d’aider les Français ou de nuire aux Britanniques, mais les conséquences sont graves et sans équivoque. Pour l’occupant, c’est la pendaison qu’on réserve aux habitants traitres qui se rendent coupables de trahison. Pour les Français, on exige encore l’aide de la population pour nourrir l’armée et abriter certains soldats, non seulement de l’armée régulière qui prend ses quartiers d’hiver près de Montréal, mais aussi pour les quelques centaines de soldats français demeurés près de Québec ou sur la rive-sud. Le tout dans un territoire occupé qui n’offre pas beaucoup de liberté et qui alimente les tensions pas ses perquisitions préventives, les abus des soldats (coups et vols) et les contrôles constants pour les déplacement dans la ville de Québec ou aux alentours.

    Source: François BOUCHER (1701-1770), Jeune paysanne dansant, consultation en ligne, 8 mars 2010.

    Certaines zone subissent en plus les expéditions punitives britanniques au mois de février entre les rivières Chaudière et Etchemin (rive-sud de Québec) où quelques dizaines de bâtiments ont été brûlés pour répliquer aux attaques de l’armée française sur le détachement britannique de la Pointe-Lévy ou celle en périphérie de Pointe-aux-Trembles (Neuville), En plus, les habitants de Québec, les plus pauvres de toute la région, doivent vivre avec une armée d’occupation décimée par les maladies et sans ressources qui n’hésitent pas à piller les maisons abandonnées ou non de la ville pour survivre. Les habitants collaborent donc volontiers avec les Français, malgré les menaces constantes de l’autorité britannique et les quelques exemples brutaux que tentera de faire l’armée avec des Canadiens soupçonnés de collaboration (par pendaison notamment).

    Source: P. C. CANOT, Vue générale de Québec, prise de la Pointe-Lévy (d’après Richard Short), consultation en ligne, 9 mars 2010.

    Ceux qui vivront le plus longtemps le “dérangement” de la bataille de Sainte-Foy seront certainement les habitants de la ville de Québec. On leur demande, sans condition, de quitter la ville de Québec le 24 avril 1760 (la demande est faite le 21), les Britanniques étant conscients que les Français essayeront de reprendre la ville et ils ne veulent pas subir la collaboration d’une population en qui ils n’ont pas confiance avec l’assiégeant. Et ils ne pourront revenir chez eux qu’à la fin de l’été 1760…

    Source: Louis-Michel VAN LOO, Louis XV, Roi de France et de Navarre (1760), consultation en ligne, 9 mars 2010.

    L’hiver se passera donc dans l’attente près de Québec: d’un côté on supporte les troupes, de l’autre on espère un secours français au début de 1760, le tout en essayant de froisser le moins possible une armée d’occupation qui a la mèche courte. Si le secours ne vient pas, on peut supposer qu’une grande partie de la population commence à ressentir les effets d’une guerre presque continuelle depuis 15 ans (avec la guerre de Succession d’Autriche des années 1740). Il serait temps qu’une paix française nous permette de continuer de vivre sur un territoire français, avec notre Roi (Louis XV, ci-haut), nos coutumes, notre langue et surtout notre religion…

    Reste à voir comment se déroulera la bataille de Sainte-Foy…

    Les sources
    Au sujet des exactions britanniques, voir:
    DESCHÊNES, Gaston. L’année des Anglais. Québec, Septentrion, 2009 (2e édition). 160 pages

    Pour la milice, voir l’excellent livre:
    DECHÊNE, Louise. Le Peuple, l’État et la guerre au Canada sous le régime français. Montréal, Boréal, 2008. 666 pages.

    Sources primaires
    FOLIGNÉ, Jérôme. Journal des faits arrivés à l’arme de Québec, capitale dans l’Amérique septentrional dans la campagne de 1759. Québec, Presses de la communauté des soeurs franciscaines, édition de 1901. 100 pages. Séries Champs de bataille #5.

    LÉVIS, François-Gaston, duc de (H.R. CASGRAIN, éditeur). Journal des campagnes du chevalier de Lévis en Canada de 1756 à 1760. Montréal, C.O. Beauchemin & Fils, 1889. Collection “Les manuscrits du maréchal de Lévis”, volume 1. 348 pages.

    MALARTIC, Anne-Joseph-Hippolyte de Maurès, comte de. Journal des campagnes au Canada de 1755 à 1760. Paris, Librairie Plon, 1890. 370 pages.

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  60. 60 Soldat Sanspareil Le 10 mars 2010 à 7h16

    CRÉATION DU CENTRE DE RECHERCHE HISTORIQUE DE LA GUERRE DE LA CONQUÊTE

    http://cflx.qc.ca/2010/03/09/creation-du-centre-de-recherche-historique-de-la-guerre-de-la-conquete/

    Sherbrooke, le 8 mars 2010. ­– Les nouveaux codirecteurs messieurs Martin Saindon et Éric Doyon sont heureux d’annoncer la création du Centre de recherche de la guerre de la Conquête. Cette annonce suit la fondation qui s’est vue officialisée lors de la rencontre des deux chercheurs le mardi 12 janvier 2010 à Sherbrooke.

    La guerre de la Conquête a sévi en Amérique de 1754 à 1760, où Québec entre autres, a été le théâtre d’opérations militaires d’envergure. Cette période fut trop peu étudiée. Elle est encore aujourd’hui mal interprétée, car insuffisamment enseignée et prospectée au Québec. Le Centre par sa création et son activité, souhaite combler cette lacune. Les chercheurs veulent produire des rapports étoffés et inédits sur le sujet.

    Le projet de recherche Dalquier est en branle depuis 2007. Il a pour but d’étudier, l’art, les stratégies militaires ainsi que les tactiques utilisées durant le siège de Québec, la bataille des plaines d’Abraham de 1759 et la bataille de Ste-Foy de 1760. La constitution d’un centre de documentation accessible à tous est espérée par les fondateurs. Qui plus est, le Centre désire pourvoir à la traduction d’ouvrages en français afin qu’un plus vaste lectorat puisse avoir accès à des publications récentes. Outre le projet Dalquier, des activités ont déjà été amorcées et offertes gratuitement en milieu scolaire. Elles s’amplifieront grâce à l’édification du pôle que sera le Centre.

    Il reste au Centre d’obtenir des sources de financement. L’objectif de démarrage étant de 100 000$. C’est ce à quoi, se concentreront les dirigeants du Centre de recherche historique de la guerre de la Conquête pour le premier trimestre de 2010. Toutefois, le Centre ne négligera point les activités en cours, en plus de celles qui s’ajouteront au cours de l’année. Nous croyons que ce centre contribuera grandement à l’apport historique du Québec.

    Source : M. Martin Saindon Codirecteur dalquier@axion.ca

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  61. 61 Soldat Sanspareil Le 11 mars 2010 à 19h03

    Revue d’histoire Cap aux Diamants n0:99 la guerre de la conquête

    http://www.capauxdiamants.org/Revue/ArchiveListe.asp

    LA GUERRE DE 7 ANS, UN CONFLIT INTERNATIONAL

    La guerre de Sept Ans (1756-1763) a été une lutte féroce entre souverains d’États européens pour la maîtrise de territoires situés aussi bien en Europe que sur les autres continents.

    http://www.capauxdiamants.org/articles/default.asp?devid=157

    LES TROIS BATAILLES DE QUÉBEC

    L’un des principaux enjeux de la guerre de Sept Ans (1756-1763) en Amérique est la possession de la ville de Québec, capitale de la Nouvelle-France.

    http://www.capauxdiamants.org/articles/default.asp?devid=160

    FRENCH AND INDIAN WAR

    En 1755, les forces en présence ont peut-être les mêmes objectifs, mais elles sont terriblement disproportionnées. Une colonie française peuplée de tout au plus 80 000 habitants, répartis sur un immense territoire qui s’étend de la vallée du Saint-Laurent jusqu’au golfe du Mexique, tient tête à treize colonies britanniques installées sur la côte atlantique, entre les Appalaches et la mer depuis le Massachusetts jusqu’à la Géorgie. Celles-ci comptent alors un million et demi d’habitants dont quelque 300 000 esclaves d’origine africaine.

    http://www.capauxdiamants.org/articles/default.asp?devid=159

    LA GUERRE AU FÉMININ : LE SIÈGE DE LOUISBOURG

    Au dernier jours du printemps 1758, la ville fortifiée de Louisbourg, capitale de la colonie française de l’île Royale subit un siège menépar des forces britanniques [...]

    http://www.capauxdiamants.org/articles/default.asp?devid=158

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  62. 62 Soldat Sanspareil Le 12 mars 2010 à 9h23

    Citation de François Miterrand

    François Mitterrand
    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité.
    (1982, lors d’un Conseil des Ministres)

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  63. 63 Soldat Sanspareil Le 18 mars 2010 à 20h15

    Ville de Lévis Armoiries, logo et drapeau.

    Les symboles visuels : drapeau, logo et armoiries
    Les symboles visuels de la Ville de Lévis comportent trois éléments distincts découlant d’une même source d’inspiration, à savoir les couleurs des emblèmes de François Gaston, duc et chevalier de Lévis.

    Les armoiries
    L’identification visuelle
    Le drapeau
    Le chevalier de Lévis

    Les armoiries de la Ville de Lévis
    Les armoiries de la Ville de Lévis s’inspirent de celles de François Gaston, marquis puis duc de Lévis (1720-1787).

    L’écu d’or à trois chevrons de sable est surmonté d’une couronne murale d’or qui est l’emblème de dignité de Ville. Il est soutenu par des branches de chêne de sinople, croisées en pointe, signe de force et de persévérance. Les feuilles de chêne au nombre de dix rappellent les municipalités regroupées formant le territoire de Lévis. Le listel d’or porte la devise « toujours à l’avant-garde » afin de souligner le caractère innovateur de la Ville.

    Le métal employé, l’or, représente la foi, la force et la richesse. Les chevrons rappellent les éperons des chevaliers. La couleur sable (noir) symbolise la fermeté et la vigilance.

    L’identification visuelle de la Ville de Lévis
    La signature graphique de la Ville de Lévis reprend et adapte l’écu et la couronne formant le cœur de ses armoiries. Le maintien de ces deux éléments fondamentaux est garant de notre rattachement à l’histoire.

    L’écu d’or est traversé par trois chevrons de couleur bleue. L’or fait référence à la richesse et à la prospérité. Le bleu rappelle les eaux du Saint-Laurent et des deux principales rivières qui traversent le territoire, la Chaudière et l’Etchemin. La couronne est simplifiée mais conserve sa signification première : celle du statut de Ville dont Lévis est fière de se prévaloir.

    La typographie retenue pour « Ville de Lévis » indique à la fois la solidité, la force et la confiance en l’avenir.

    Le drapeau de la Ville de Lévis
    Comme les deux précédent symboles visuels, le drapeau de la Ville de Lévis reprend les couleurs des emblèmes de François Gaston, duc de Lévis. De noir et d’or traversé d’une croix blanche, le drapeau de la Ville de Lévis respecte en tout point les règles de l’art héraldique. Par sa forme et sa composition, il s’inspire du type de drapeau des régiments que commandait le Chevalier de Lévis.

    L’or représente la foi en l’avenir, la force et la richesse. Le noir (sable) symbolise la fermeté et la vigilance. Le blanc donne de la perspective à l’ensemble.

    Le drapeau s’ajoute aux armoiries et à l’identification visuelle (logo) de la Ville de Lévis. Il complète ainsi l’ensemble des éléments lui servant de signature visuelle.

    Le chevalier de Lévis
    François Gaston, marquis puis duc de Lévis, maréchal de France, est né en France au château d’Ajac, le 23 août 1720. Mieux connu sous le nom de chevalier de Lévis, il entre au service du Roi en 1735 comme sous-lieutenant au régiment de la Marine. Brigadier d’infanterie en 1756, il fut employé en cette qualité au Canada. Il fut promu au rang de maréchal de camp en 1758 pour son courage et sa bravoure au combat devant les Anglais.

    Le chevalier de Lévis a été le compagnon d’armes du marquis de Montcalm et le dernier défenseur de la Nouvelle-France après la mort de ce dernier. Le vainqueur de la bataille de Sainte-Foy est mort à Arras le 26 novembre 1787.

    http://www.ville.levis.qc.ca/Fr/Decouvrir_Ald.asp

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  64. 64 Soldat Sanspareil Le 23 mars 2010 à 15h43

    En route vers la bataille de Sainte-Foy (4): l’hiver des Amérindiens…

    http://histoiresociete.blogspot.com/

    Voici le dernier message de la série En route vers la bataille de Sainte-Foy. Cette semaine, c’est l’hiver de différentes nations amérindiennes que nous voulions aborder. En tant qu’alliés des Français et/ou des Britanniques ou encore en tant que nations neutres, des dizaines de nations amérindiennes ont joué un rôle plus ou moins important dans le déroulement de la guerre de la Conquête. Nous cherchons donc à mettre en lumière l’hiver 1759-1760 pour certaines de ces nations., principalement celles alliées aux Français. Ceci ne constitue pas nécessairement une histoire valide pour l’ensemble des nations alliées. Nous utilisons également un ensemble de source écrite par des Européens et des descendants d’Européens en majorité. Cela peut donc teinter nos interprétations. Bref, ce petit article est à lire avec les contraintes de son écriture en tête.

    Source: Plan at the Fort of Tienroga at the Head of Lake Champlain, 1759 (extrait), consultation en ligne, 22 mars 2010.

    Pour plusieurs Amérindiens vivant encore dans la région de la vallée du Saint-Laurent en 1759, Québec n’est que la troisième des défaites symboliques de la France. Il y avait eu, auparavant, les prises des forts Carillon et Niagara (juillet 1759) qui ont miné le moral de plusieurs nations alliées avant la prise de Québec, ces forts étant les portes d’entrées continentales de la vallée du Saint-Laurent. Si on ajoute à cela les pressions effectuées par Sir William Johnson, (ci-bas) un militaire qui tentait de rallier les Amérindiens à la cause britannique ou au moins à chercher leur neutralité, pour rallier les nations de la région des Grands Lacs, disons que la grande alliance des Français avec quelques dizaines de nations amérindiennes sur tout le continent nord-américain a du plomb dans l’aile.

    Source: Sir William Johnson (tiré d’un portrait de la State Library, propriété de Sir John Johnson), dans Francis W. Halsey, The Old New York Frontier (copie sur wikipedia.org), consultation en ligne, 22 mars 2010.

    Pour les Français, les alliés “naturels” de la région de Québec étaient certainement les Hurons de Lorette, mais on comptait aussi les nations “iroquoises” de la vallée du Saint-Laurent (comme ceux de Sault-Saint-Louis et de Saint-Régis), les Abénaquis de Odanak (Saint-François) et quelques dizaines d’autres nations des grands lacs, du nord de l’Ontario et des Prairies américaines. Présents aux côté des Français lors de la bataille des Plaines (près de 1800 Amérindiens sont présents pendant le siège de Québec), plusieurs vont regagner leurs villages respectifs à la fin du mois de septembre. Les Hurons, à Lorette près de Québec, vont envoyer plusieurs de leurs habitants près de Montréal y passer l’hiver.

    Source: Wampum (appartenant au Musée de la civilisation de Québec), consultation en ligne, 22 mars 2010. Notez bien: le wampum était un collier de “perles” (fait en Amérique de coquillages) largement échangé entre les nations amérindiennes et leurs alliés, peu importe leur origine, pour sceller des contrats, forger des alliances et même pour raconter des histoires ou comme monnaie d’échange. Celui-ci n’est pas nécessairement spécifique aux alliances de la vallée du Saint-Laurent de l’époque de la guerre de la Conquête, mais représente bien un aspect très important de la culture de plusieurs nations amérindiennes impliquées dans les guerres coloniales.

    Le plus dur coup porté aux Amérindiens dans le Saint-Laurent est certainement l’attaque des Rogers’ rangers sur le village de Saint-François (Odanak) au début du mois d’octobre 1759. Cette attaque, les préparatifs et la fuite des rangers ont fait l’objet de nombreux livres, d’un film et d’une série télévisuelle et se mériteront, dans les prochaines semaines ou les prochains mois, un message à eux seuls (voir l’affiche du film ci-bas). Frappée en plein coeur de la vallée du Saint-Laurent, relativement loin des frontières, le massacre de Saint-François a clairement marqué l’imaginaire des Abénaquis de l’époque (et probablement d’aujourd’hui) qui a refroidi leurs ardeurs à combattre dans la guerre de la Conquête.

    Source: Northwest Passage (affiche du film de 1940), consultation en ligne, 22 mars 2010.

    Près de Québec, quelques Amérindiens restent bien près de Lorette harceler tout l’hiver les Britanniques qui tentent d’aller couper du bois de chauffage. Bien que dans le discours, les alliances franco-indiennes sont intactes, les résultats ne sont pas aussi impressionnants qu’en 1759. On peut donc affirmer que par les victoires britanniques décisives de l’été 1759 et les prouesses diplomatiques de Sir William Johnson, les Britanniques ont réussi à marquer suffisamment l’esprit de plusieurs nations amérindiennes ou du moins de leur chef pour mettre des bâtons dans les roues de la grand alliance qui unissait les Amérindiens à leur père français, Ononthio (le nom donné parfois au gouverneur, mais surtout au roi de France).

    Source: Defeat of General Braddock, in the French and Indian War, in Virginia, in 1755, consultation en ligne, 22 mars 2010.

    Ce sont environ 270 Amérindiens qui prendront part à l’expédition du chevalier François-Gaston de Lévis pour reprendre la ville de Québec, expédition en partance de Montréal. Ils formeront une avant-garde efficace, mais leur rôle dans la bataille comme telle sera bien secondaire… En fait, les Amérindiens pro-français auront leur propre conflit avec les Britanniques, conflit aussi marquant et qui suit cette guerre, le soulèvement du chef de guerre outaouais, Pontiac.

    Source: The Ottawa leader, Pontiac, consultation en ligne, 22 mars 2010.

    Le prochain article de la série sera celui sur la bataille de Sainte-Foy qui sera mis en ligne le 27 avril 2009, veille du 250e anniversaire de la bataille de Sainte-Foy (28 avril 1760).

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  65. 65 Soldat Sanspareil Le 7 avril 2010 à 18h35

    LE SITE DU FORT JACQUES-CARTIER

    tp://members.tripod.com/Ahura_Mazda/fjcindexvar.html

    INTRODUCTION
    Le 13 septembre 1759, l’armée française en déroute à la suite de la bataille des Plaines d’Abraham regagne ses retranchements pendant qu’un groupe de 200 miliciens s’oppose en vain héroïquement, au prix de leurs vies, aux poursuivants britanniques qui tentent ainsi de profiter de leur victoire. Le 18, Québec ayant capitulé, l’armée française se replie sur la rivière Jacques-Cartier où le Chevalier de Lévis ordonne la construction d’une fortification de campagne : le fort Jacques-Cartier. C’est de là qu’en avril 1760 les troupes françaises, fortes de 7 000 hommes, s’ébranlent en vue de reprendre la capitale de la Nouvelle-France. Cette tentative sera un échec. De retour au fort, Lévis en confie le commandement au lieutenant d’Alberghetti qui dispose de cinquante réguliers et de cent cinquante miliciens; le fort capitule le 10 septembre 1760 après un court échance de feu avec les sept cents hommes du colonel Fraser qui y poste une cinquantaine de réguliers. Après le traité de Paris, en 1763, le site est définitivement délaissé comme poste militaire.

    UN SITE ET UNE FORTIFICATION DE CAMPAGNE À PRÉSERVER

    L’intérêt et la valeur du fort Jacques-Cartier lui vient de plusieurs facteurs que nous nous efforcerons de cerner brièvement ci-dessous. Sis à l’embouchure de l’impressionnante rivière Jacques-Cartier, le site a de tout temps suscité l’admiration. En cet endroit, les abords du cours d’eau forment une véritable frontière naturelle qui explique, en plus de la proximité de la capitale de Nouvelle-France, pourquoi le Chevalier de Lévis choisit ce site afin d’y établir un poste qui servirait de tête de pont à son armée. Déjà, en 1535, Jacques Cartier y aurait fait un arrêt; la légende prétend même qu’il aurait fait graver sur une pierre qui reposait au centre de l’embouchure de la rivière et disparue aujourd’hui l’année de son passage en ce lieu.

    UNE VALEUR HISTORIQUE INDÉNIABLE

    Il ne fait aucun doute que le site du fort Jacques-Cartier, en association avec la maison Piché (erronément appelée aujourd’hui le Manoir Allsopp), revête une grande valeur historique pour la région de Portneuf ainsi que pour tout le pays. Point d’appui pour les partis français qui harcelèrent les conquérants anglais occupant les environs de Québec durant tout l’hiver de 1759-1760, point de rassemblement des ressources militaires et des troupes françaises durant la même période en prévision de la bataille de Sainte-Foy du 28 avril 1760, puis champ de bataille le 10 septembre 1760, le site du fort Jacques-Cartier a joué un rôle crucial dans la tentative de maintenir existante la Nouvelle-France comme bastion français en Amérique du nord. D’autre part, la nature de lieu de villégiature estivale que le site prit sous les Allsopp, famille seigneuriale qui préserva ces lieux presque intacts jusqu’à nos jours, donne toute sa richesse au site.

    UN PATRIMOINE ARCHITECTURAL MILITAIRE UNIQUE

    Sur le plan de l’architecture, le fort Jacques-Cartier représente la seule fortification de campagne ou ouvrage militaire de la période française qui soit demeurée intacte et qui demeure accessible à la recherche. Il occupe le sommet d’un promontoire du côté ouest de la rivière du même nom, une position stratégique dominante. Contrairement aux autres fortifications mises en valeur par le gouvernement du Canada, le fort Jacques-Cartier n’a connu aucun remaniement sous l’occupation anglaise; il fut très rapidement abandonné et laissé sans occupation. Faite de terrassements, on y observe encore la banquette, les merlons et les embrasures. Le fossé est encore très perceptible entre le manoir Allsopp et le terrassement de façade. Bien que d’autres fortifications de ce type aient existé (le fort Lévis qui s’élevait sur un îlot dans le cours du Saint-Laurent, au sud de Montréal, aurait été en grande partie détruit lors de la mise en place de la voie maritime), il semble que le fort Jacques-Cartier en demeure le seul témoin vibrant non seulement au Québec mais aussi au Canada tout entier.

    UN TÉMOIN ARCHÉOLOGIQUE EXCEPTIONNEL

    Sur le plan archéologique, le site présente un intérêt majeur puisque des fouilles permettraient de recueillir un nombre impressionnnant d’informations inédites sur ce type de fortifications rarissime. Il est à noter que nous ne connaissons pas de recherches spécifiques à ce genre de construction aussi bien en Europe qu’en Amérique. Nos seules connaissances se bornent aux traités militaires théoriques qui abordent la manière de construire des ouvrages de campagne. Au-delà, nous ne possédons aucun élément de comparaison entre ceux-ci et la pratique réelle sur le terrain. Déjà, des observations faites sur le terrain par l’archéologue Carl Lavoie, mettent en relief certaines caractéristiques architecturales particulières au fort Jacques-Cartier.

    D’autre part, rappelons que l’occupation du site fut de brève durée. Les artefacts qui s’y trouvent peuvent être étudiés dans une perspective chronologique en vue de servir de repère précis pour la datation de certains niveaux archéologiques sur d’autres sites dont l’occupation fut beaucoup plus longue. Il s’agit là d’un cas exceptionnel dont la science historique ne pourrait supporter la perte.

    Soulignons que les abords de la rivière, en contrebas du fort, recèlent un potentiel archéologique industriel relatif au moins au XIXe siècle. La terrasse fluviale qui s’y trouve pourrait comporter les traces d’une occupation amérindienne.

    La création, in situ ou à proximité de la rivière Jacques-Cartier, d’un centre d’interprétation et de documentation sur ce type de fortifications, sur la guerre de «Sept ans», sur les miliciens en Nouvelle-France, sur l’histoire portneuvoise ainsi que sur la villégiature aristocratique valoriserait énormément le site et la région de Cap-Santé au point de vue touristique.

    UN ENVIRONNEMENT NATUREL EXCEPTIONNEL

    Le lieu où s’élèvent le manoir Allsopp et le fort Jacques-Cartier constitue un site exceptionnel. Des études conduites notamment dans les années 1960 et 1970 semblent confirmer la valeur du site au point de vue écologique et naturel. Ainsi le boisé hébergerait en partie une flore local endémique; aux dires de l’un des anciens propriétaires un couple de faucons pélerins y aurait élu domicile. Le site offre également un panorama extraordinaire sur le Saint-Laurent et sa rive sud on y voit entre autre la Pointe-à-Platon.

    UN PIVOT RÉCRÉOTOURISTIQUE ET ÉCONOMIQUE ORIGINAL

    Ce site se situe en outre à un emplacement stratégique, si nous pouvons parler ainsi. La rivière Jacques Cartier rassemble en cet endroit plusieurs atouts importants : passe migratoire pour les salmonidés, parc riverain, point de départ de la visite de la rivière vers le coeur de Portneuf et porte d’entrée de la région de Québec, etc…

    CONCLUSION

    Comme vous pouvez le constater, le site du fort Jacques-Cartier est une richesse patrimoniale considérable. Il est à espérer que dans un avenir rapproché ce bien culturel classé en 1978, joyau du génie architectural militaire français, deviendra accessible à toute la population du Québec pour la célébration du 250e anniversaire de sa construction en l’an 2009.

    Carl Lavoie, archéologue

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  66. 66 Soldat Sanspareil Le 8 avril 2010 à 7h47

    La municipalité de Cap-Santé et la mise en valeur
    du site du fort Jacques-Cartier

    http://www.mcccf.gouv.qc.ca/reseau-archeo/partenai/fortcartier.htm

    La municipalité de Cap-Santé et la mise en valeur
    du site du fort Jacques-Cartier

    Le 13 septembre 1759, l’armée française en déroute à la suite de la bataille des Plaines d’Abraham regagne ses retranchements. Le 18, Québec ayant capitulé, l’armée française se replie sur la rivière Jacques-Cartier où le Chevalier de Lévis ordonne la construction d’une fortification de campagne : le fort Jacques-Cartier. C’est de là qu’en avril 1760 les troupes françaises, fortes de 7000 hommes, s’ébranlent en vue de reprendre la capitale de la Nouvelle-France. Malgré la victoire de la bataille de Sainte-Foy, cette tentative sera un échec. De retour au fort, Lévis en confie le commandement au lieutenant d’Alberghetti qui dispose de cinquante réguliers et de cent cinquante miliciens; le fort capitule le 10 septembre 1760 après un bref échange de coups de feu avec les sept cents hommes du colonel Fraser qui y poste une cinquantaine de réguliers. Après le traité de Paris, en 1763, le site est définitivement délaissé comme poste militaire.

    Sur la pointe du cap Santé, surplombant la rivière Jacques-Cartier, les vestiges de cet imposant ouvrage militaire sont encore visibles. Il y subsiste les ouvrages de terre constituant une banquette, des merlons et des embrasures. Le pourtour du fort, n’ayant subi aucun remaniement sous l’occupation anglaise, se distingue encore fort bien.

    Devant l’importance archéologique mais surtout nationale de ce site, le ministère de la Culture et des Communications entreprit en 1998 des démarches dans le but de réévaluer le potentiel archéologique du site. Des travaux avaient été amorcés en 1962 par Michel Gaumond. Malgré des résultats fort encourageants, avec la découverte des vestiges de structures de pierres et des artefacts d’usage domestique mais surtout militaire, le projet ne connut pas de suite.

    Près de trente ans plus tard, le site suscite de nouveau l’intérêt. À l’instigation du ministère et avec la participation de la municipalité de Cap-Santé et la collaboration des propriétaires du terrain, l’investigation reprit. Mais devant le peu d’informations consignées dans le rapport datant des années 60, une évaluation du site fut programmée à l’automne 1999 de manière à cerner plus précisément son potentiel archéologique et ainsi être en mesure d’établir une problématique et une stratégie de fouille appropriée. De plus, l’élaboration d’un programme de mise en valeur du site, à court et long terme, devint également une préoccupation majeure des intervenants.

    Parmi les objectifs atteints lors de l’évaluation, on peut mentionner la cartographie du fort, le positionnement du plan de Gaumond sur le site mais, surtout, la vérification sur le terrain des bâtiments présents sur le plan du British Museum, jugé le plus fidèle de ceux connus. Les investigations menées dans les secteurs de l’éperon sud, de la porte du fort ainsi qu’au nord de celle-ci, aux endroits où le plan du British Museum montre la présence de bâtiments, n’ont pas permis la découverte de traces de structures. Toutefois, une couche d’occupation, vraisemblablement associée à l’usage militaire, fut observée sur la presque totalité du site. Une collection d’artefacts, datant du régime français et pouvant être associé à l’occupation militaire du site, fut récupérée lors de l’intervention. Par ailleurs, l’intégrité des couches dans certains secteurs permet de croire que des recherches additionnelles pourraient révéler des structures, s’il en subsiste des traces.

    Devant les limites de temps imposées à l’intervention de 1999, certains points d’intérêt n’ont pu être investigués. C’est le cas des remparts de terre qui dominent sur la pointe du cap. Ouvrage de fortification de campagne, ouvrage militaire de la période française, l’ensemble que constitue le fort Jacques-Cartier est le seul témoin de ce type non seulement au Québec mais aussi au Canada. La fouille des remparts du fort, faisant partie des objectifs de la prochaine campagne sur le terrain, constitue donc un intérêt exceptionnel puisqu’elle sera en mesure de nous transmettre des informations inédites sur ce type de fortifications, informations autrement inaccessibles.

    La nature même de l’aménagement du fort Jacques-Cartier et son état de conservation justifient l’emploi de mesures radicales pour assurer son intégrité. Son caractère unique, sa valeur historique et archéologique sont autant de raisons justifiant sa préservation pour le présent mais aussi pour les générations futures. Au-delà de sa préservation, il convient aussi d’assurer son accessibilité, celle-ci au moyen d’un programme de mise en valeur. Ce programme se devra d’assurer la vulgarisation de l’histoire de ce site en faisant une place toute particulière à l’approche archéologique. Par cette accessibilité et cette visibilité, le fort Jacques-Cartier, dernier bastion de résistance des troupes françaises en Amérique du Nord, sera à même de prendre la place qui lui revient dans l’histoire coloniale française et par la même occasion dans la mémoire collective des Québécois.

    Pour de plus amples informations sur l’évolution de la recherche, veuillez contacter M. Gilles Samson, archéologue au ministère de la Culture et des Communications, au numéro de téléphone (418) 380-2346, poste 7038.

    Pour en savoir plus

    Municipalité de Cap-Santé
    Jacques Blais
    194, route 138
    Cap-Santé(Québec)
    Téléphone : (418) 285-1207
    Télécopieur : (418) 285-0009

    Carl_lavoie@sprynet.com
    Gilles.Samson@mcc.gouv.qc.ca

    Des extraits de ce texte sont tirés d’un article de Carl Lavoie intitulé Le site du fort Jacques-Cartier.
    Chouinard, Alain. Site du fort Jacques-Cartier (CeEw-1). Rapport d’intervention 1999. Québec, 2000. Centre de documentation du ministère de la Culture et des Communications.

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  67. 67 Soldat Sanspareil Le 11 avril 2010 à 20h20

    Le rôle du corps expéditionnaire métropolitain dans la victoire de Sainte-Foy (28 avril 1760) et la défense de la Nouvelle-France

    La bataille des Plaines d’Abraham, qui provoqua la capitulation de Québec en septembre 1759 et fut le prélude à la fin de la Nouvelle-France consommée l’année suivante, à Montréal, par la plume du gouverneur général, le marquis de Vaudreuil, symbolise l’échec du corps expéditionnaire français et notamment ses difficultés d’adaptation au théâtre d’opérations nord-américain et à la guerre à la canadienne. L’événement a été abondamment commémoré en 2009 sur les lieux des combats, non sans débat sur la portée à donner à la mémoire de la guerre de la Conquête, mais également en France où le Service historique de la Défense a organisé une journée d’études sur la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France (1754-1760), dont les actes paraîtront au cours de l’année 2010. Cependant, cette cinglante défaite ne doit pas faire oublier les nombreux succès remportés au Canada grâce à la contribution décisive des troupes envoyées de métropole entre 1755 et 1758, dont le combat de Carillon, le 8 juillet 1758, est l’épisode le plus célèbre. Même après la mort de Montcalm et la perte de Québec, l’armée commandée avec le titre de maréchal de camp par le chevalier François-Gaston de Lévis, bien que débordée par les effectifs très supérieurs déployés par l’Angleterre, restait redoutable comme le prouva la victoire de Sainte-Foy, dite aussi seconde bataille des Plaines d’Abraham, remportée le 28 avril 1760 et dont le 250e anniversaire sera commémoré en 2010. Cette bataille pour rien, dont l’issue fut rendue vaine par l’arrivée de renforts anglais et la levée du siège de Québec, a donné lieu à de nombreux témoignages qui, joints aux archives administratives des unités, permettent de connaître dans le détail la constitution du corps expéditionnaire français, ses relations avec les troupes locales et son rôle dans les campagnes menées en Nouvelle-France.

    1 Ce document a été publié par l’abbé H.-R. Casgrain dans Relations et journaux de différentes expéd(…)
    2 SHD/DAT, A1 3574, no 32 à 34.
    3 SHD/DAT, 6 M L I C 255.
    4 Sur le ministère de Belle-Isle, voir notamment : Sarmant (Thierry dir.), Les ministres de la Guerr(…)
    5 SHD/DAT, A13574, no63.
    2Le volume 3 574 de la sous-série A1 des archives de la Guerre, consacré aux minutes et aux lettres reçues relatives au Canada pour l’année 1760, comprend une relation du combat et du siège qui a suivi par le chevalier de Lévis, écrite de la main de son secrétaire. Non datée, elle a vraisemblablement été composée dans les derniers jours de mai 1. Cette relation, qui comporte un état des pertes 2, est accompagnée de pièces annexes dont un ordre de bataille de l’armée française, qui illustre la manière dont les différents types de troupes la composant étaient employées, auquel s’ajoutait à l’origine un plan de la bataille et des environs de Québec qui a été extrait du registre pour être joint aux collections de cartes constituant l’atlas historique du Dépôt de la guerre 3. Il est possible que ces documents aient été expédiés en plusieurs exemplaires à la cour, sous forme de duplicatas, soit simultanément par des voies distinctes, soit à des dates différentes, comme les responsables de la colonie en avaient pris l’habitude pour augmenter les chances de voir leurs missives parvenir à Versailles et dans les meilleurs délais, malgré les risques et la durée de la traversée transatlantique. Ces pièces sont adressées au maréchal-duc de Belle-Isle, secrétaire d’État de la Guerre depuis mars 1758 4. On ne sait quand celui-ci les a reçues, mais il est certain que la cour ne fut pas informée des circonstances du combat avant la fin du mois de juin 1760, puisque Belle-Isle demandait le 24 juin au maréchal de Broglie, commandant en chef en Allemagne, de célébrer la victoire par des réjouissances et un Te deum en précisant que la nouvelle en était arrivée le 22 juin sans plus de détail 5.

    Le dernier sursaut
    3Quelle est la situation à laquelle les défenseurs de la colonie doivent faire face en ce début d’année 1760 ? La capitulation de Québec, signée le 18 septembre 1759, a accéléré le repli des positions françaises après plusieurs années durant lesquelles les Britanniques avaient subi de notables échecs. La montée en puissance de l’effort de guerre consenti par l’Angleterre de William Pitt a permis aux généraux britanniques de passer à l’offensive de façon coordonnée le long des trois principaux axes de pénétration menant à Montréal : le cours du Saint-Laurent depuis les grands Lacs, où les Anglais ont pris le fort Frontenac en 1758 et Niagara en 1759, la voie passant depuis Albany par l’Hudson, le lac Champlain et la rivière Richelieu, où les forts Carillon et Saint-Frédéric ont dû être abandonnés par les Français, et la vallée du Saint-Laurent, sur laquelle la marine anglaise dispose d’une maîtrise presque totale depuis qu’elle s’est emparée de Louisbourg en 1758, maîtrise consacrée par la prise de Québec. Cette triple menace, contre laquelle ne peut être opposée que la mise en défense de nouvelles positions comme celle de l’Île-aux-Noix, confiée à Bougainville, fait craindre à Vaudreuil et à Lévis que la campagne de 1760 n’aboutisse à l’effondrement de la colonie, quelle que soit l’issue des demandes de renfort adressées à la cour. C’est pourquoi ils décident de consacrer le plus de forces possible à une expédition lancée dès la fonte des glaces pour tenter de reprendre Québec, dans l’espoir de retarder l’échéance jusqu’à ce qu’une paix négociée permette la survie de la Nouvelle-France, assortie de nouvelles frontières.

    6 Voir notamment : Waddington (Richard), La guerre de Sept Ans. Histoire diplomatique et militaire,(…)
    7 Projet Montcalm (dirigé par Marcel Fournier), Société généalogique canadienne-française, Montréal.(…)
    4Au-delà du déroulement des opérations, étudié par de nombreux ouvrages 6, les archives conservées à Vincennes permettent de comprendre l’évolution des forces dont disposaient le gouverneur général et le général en chef durant la guerre de Sept Ans, et plus précisément la manière dont Lévis les a utilisées en avril 1760. La connaissance du corps expéditionnaire français, et plus largement de l’ensemble des forces françaises présentes au Canada, a par ailleurs été notablement approfondie par la parution en 2009 de l’ouvrage collectif Combattre pour la France en Amérique. Les soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France (1755-1760) 7. Il s’agit là d’un dictionnaire biographique des soldats et officiers dont la synthèse constitue une véritable somme qui permet de mettre en perspective les informations livrées par Lévis pour l’année 1760.

    L’armée de Lévis
    5Les bataillons de troupes de terre successivement envoyés par le département de la Guerre pour s’opposer aux régiments de ligne engagés par l’Angleterre n’étaient qu’une composante des troupes défendant la colonie. Celles-ci comprenaient également les compagnies franches de la marine, dites troupes de la colonie, les milices canadiennes et les alliés amérindiens.

    8 Ces chiffres sont extraits de l’ouvrage Québec, ville militaire (1608-2008), Montréal, Art Global,(…)
    6Le Canada disposait en 1760 de huit bataillons de troupes de terre : les 2es bataillons des régiments de Béarn, Guyenne, Languedoc et La Reine combattent en Nouvelle-France depuis 1755 et la venue de l’expédition menée par le baron de Dieskau, les 2es bataillons des régiments de La Sarre et Royal-Roussillon accompagnent Montcalm en 1756, et les 2e et 3e bataillons du régiment de Berry les rejoignent en 1757. Composés à leur arrivée de plus de 500 officiers et soldats chacun, ces bataillons ne totalisent plus, du fait des pertes non compensées par des arrivées de recrues insuffisantes et de divers détachements, que 3 200 hommes au moment où ils combattent à Sainte-Foy, dont 500 grenadiers 8. Ils sont accompagnés d’officiers du génie et de détachements du régiment Royal-Artillerie. Les troupes de la marine, organisées en 40 compagnies franches de 65 hommes commandées par des officiers canadiens pour la plupart, dépendent du secrétaire d’État de la Marine. Elles constituent les seules troupes réglées présentes de façon pérenne au Canada ; de ce fait, elles pratiquent volontiers la guerre à la canadienne. Lévis les a rassemblées en deux bataillons de 450 hommes chacun. Les miliciens venant essentiellement de Montréal et des environs de Québec, experts dans les méthodes de la « petite guerre » et moins adaptés au combat à l’européenne, mais dont Lévis a appris à exploiter au mieux le potentiel en les faisant combattre pour partie au côté des bataillons de lignes, contribuent aux effectifs engagés à hauteur de 2 750 hommes, dont environ 200 cavaliers constituant l’unique troupe montée de l’armée française. Enfin, les Amérindiens, de moins en moins enclins à combattre aux côtés d’alliés dont ils ne peuvent que constater l’affaiblissement, sont moins de 300 à participer à l’expédition quand ils étaient près de 1 800 lors de la prise du fort William-Henry en 1757. L’armée française aurait donc compté au total 7 150 hommes.

    9 Conflits de société au Canada français pendant la guerre de Sept Ans et leur influence sur les opé(…)
    7L’ordre de bataille adressé par Lévis à la cour, qui prévoit différents cas de figure (disposition en ligne, en colonnes, campement, combat dans les bois), ne porte aucune date. Il est très proche de celui qui a effectivement été adopté lors de la bataille de Sainte-Foy, sans lui être totalement comparable comme on peut s’en rendre compte grâce aux relations laissées par différents acteurs. Sur un champ de bataille encore en partie recouvert de neige, Lévis, en dépassant l’opposition entre Vaudreuil et Montcalm qui avait cristallisé les antagonismes existant entre les conceptions des officiers métropolitains et canadiens 9, cherche à exploiter au mieux les points forts des différents types de combattants et des diverses unités qu’il a sous son commandement. Au lieu d’être placés dans la ligne comme des troupes professionnelles, au risque de se débander comme ce fut le cas lors de la défaite des Plaines d’Abraham, les miliciens sont en effet formés en pelotons placés devant ou à l’appui des bataillons de ligne, de terre ou de la marine, réunis deux par deux pour former en tout cinq brigades. Les miliciens de Montréal sont gardés en réserve, de même que les cavaliers et les Amérindiens. L’objectif est d’opposer au feu des régiments de ligne anglais des unités combinant la discipline et la manœuvrabilité des troupes réglées et les qualités de tirailleurs et l’impétuosité des miliciens.

    Un combat longtemps incertain
    8Le succès de cette formule fut favorisé, il est vrai, par la nette supériorité numérique dont bénéficia l’armée française le jour du combat, puisque les effectifs anglais sortis de Québec à sa rencontre ne dépassaient pas 3 400 hommes 10. Cet avantage permit, après environ deux heures d’une lutte longtemps incertaine, de déborder la droite anglaise et de provoquer ainsi la déroute de toute l’armée du gouverneur James Murray, appuyée pourtant par 22 pièces d’artillerie contre seulement trois du côté français. Si les unités régulières constituèrent le fer de lance du dispositif français, les bataillons de la gauche et notamment leurs grenadiers ayant cruellement souffert du canon et du feu ennemis, les miliciens jouèrent un rôle important lors de l’assaut qui décida, sur la droite, du succès de la journée. Les Anglais furent poursuivis jusque sous les murs de la place par des combattants si épuisés « que les troupes, écrit l’intendant Bigot, en les poursuivant la bayonette au bout du fusil, les touchoient presque sans pouvoir les en percer » 11. Les Anglais perdirent d’après Murray 1 124 hommes dont 283 tués, tandis que les états adressés à la cour de Versailles évoquent 193 officiers et soldats tués et 641 blessés du côté français. Ces chiffres importants témoignent de l’âpreté du combat ; converties en pourcentage des effectifs engagés (33 et 12 %), ces pertes sont tout à fait conformes à celles provoquées par les batailles du théâtre européen 12.

    10 Les Anglais avaient pu préparer leur défense, grâce notamment à la mésaventure d’un canonnier rela(…)
    11 Lettre à Bougainville du 2 mai 1760 (AN, 155 AP 2, dossier 1, pièce 205). Vaudreuil ajoute : « Cet(…)
    12 Voir notamment : Szabo (Franz A. J.), The Seven Years War in Europe, 1756-1763, Pearson, 2008 ; Pa(…)
    13 François-Charles Bourlamaque est alors brigadier, voir : Bodinier (Gilbert), Dictionnaire des offi(…)
    9Lévis s’exposa sans frein au cours de l’action, mais contrairement à son second Bourlamaque, dont l’état des pertes indique qu’il eut une « partie du gras de jambe coupé par un boulet de canon » 13, il fut plus heureux que Montcalm et Wolfe ne l’avaient été l’année précédente. Le jour même, la tranchée fut ouverte devant Québec. Mais Lévis ne disposait pas des moyens nécessaires à un siège en règle et il devint rapidement évident que le sort de la ville dépendrait des renforts attendus par les deux camps. La flotte britannique ayant été la première à se présenter, l’armée française jugea sa position intenable et le siège voué à l’échec, et se retira le 17 mai. La dernière occasion de relancer le cours de la guerre au Canada avait été perdue.

    La fin de la Nouvelle-France
    10La suite de la campagne, malgré une défense active, et parfois acharnée comme au Fort-Lévis, mais bientôt sans illusion, dans laquelle le rôle des troupes réglées s’accrut au fur et à mesure que les miliciens étaient contraints par l’occupation anglaise à renoncer au combat, fut tout à l’avantage des trois armées britanniques qui reprirent leur progression et purent opérer leur jonction devant Montréal, où Vaudreuil signa la capitulation générale de la colonie le 8 septembre 1760 14. Le général Jeffery Amherst refusa les honneurs de la guerre aux troupes de Lévis et exigea qu’elles ne servent plus jusqu’à la fin de la guerre, ce qui décida les officiers français à brûler les drapeaux que les bataillons avaient apportés au Canada. Ce sont ainsi entre 3 000 et 4 000 personnes, comprenant les troupes de terre et celles de la marine mais également les officiers et soldats du génie et de l’artillerie, des matelots ainsi que les femmes, enfants et domestiquées qui étaient passés en Nouvelle-France à la suite des troupes, qui furent embarqués à Québec sur des navires de la Royal Navy pour être rapatriées en France, où elles arrivèrent en novembre et décembre 1760.

    14 Sur les suites de la guerre de Sept Ans et les négociations qui aboutirent au traité de Paris de17(…)
    15 Combattre pour la France en Amérique, op.cit., p. 94.
    11Malgré l’emploi efficacement combiné sur le terrain du corps expéditionnaire métropolitain et des forces disponibles dans la colonie, l’effort consenti par la cour aura finalement été insuffisant en comparaison des effectifs de terre et surtout des forces navales britanniques envoyés sur le théâtre d’opérations canadien, sur lequel la maîtrise du Saint-Laurent restait essentielle. Mais la perte de la Nouvelle-France ne signifia pas le retour en Europe de toutes les troupes venues combattre pour la colonie puisque, en plus d’un certain nombre de soldats des compagnies franches, environ 600 soldats des troupes de terre qui s’étaient mariés au Canada pendant la guerre décidèrent de s’y établir 15, montrant la force des interactions et des liens qui s’étaient noués entre les troupes réglées, la terre qu’ils avaient défendue et la société canadienne.

    Notes
    1 Ce document a été publié par l’abbé H.-R. Casgrain dans Relations et journaux de différentes expéditions faites durant les années 1755-56-57-58-59-60, Québec, L.-J. Demers, 1895, p. 219.

    2 SHD/DAT, A1 3574, no 32 à 34.

    3 SHD/DAT, 6 M L I C 255.

    4 Sur le ministère de Belle-Isle, voir notamment : Sarmant (Thierry dir.), Les ministres de la Guerre, 1570-1792. Histoire et dictionnaire biographique, Paris, Belin, 2007, p.396-406.

    5 SHD/DAT, A13574, no63.

    6 Voir notamment : Waddington (Richard), La guerre de Sept Ans. Histoire diplomatique et militaire, Paris, Firmin-Didot, t. IV, 1907 ; Castex (Jean-Claude), Dictionnaire des batailles terrestres franco-anglaises de la guerre de Sept Ans, Québec, PUL, 2006 ; et Saint-Martin (Gérard), Québec 1759-1760 ! Les Plaines d’Abraham : l’adieu à la Nouvelle-France ?, Paris, Économica, 2007.

    7 Projet Montcalm (dirigé par Marcel Fournier), Société généalogique canadienne-française, Montréal. Le lancement de l’ouvrage en France, où il est diffusé par les éditions Archives et Culture, a eu lieu au Service historique de la Défense, à Vincennes, le 1er octobre 2009.

    8 Ces chiffres sont extraits de l’ouvrage Québec, ville militaire (1608-2008), Montréal, Art Global, 2008. Lévis mentionne par ailleurs la présence dans les bataillons d’une trentaine de soldats noirs, venant vraisemblablement des Antilles (Journal des campagnes du chevalier de Lévis en Canada de 1756 à 1760, Montréal, Beauchemin, 1889, p. 257). Sa relation n’évoque la présence que de 3 000 soldats des troupes réglées au moment de l’action.

    9 Conflits de société au Canada français pendant la guerre de Sept Ans et leur influence sur les opérations, Vincennes, SHAT, 1978 (rapport de synthèse élaboré à l’occasion du colloque international d’histoire militaire d’Ottawa).

    10 Les Anglais avaient pu préparer leur défense, grâce notamment à la mésaventure d’un canonnier relatée par Lévis : tentant de maîtriser des bateaux entraînés sur le fleuve par des blocs de glace, il fut « porté sur un glaçon devant Québec » et put y être interrogé (SHD/DAT, A1 3 574, no 32).

    11 Lettre à Bougainville du 2 mai 1760 (AN, 155 AP 2, dossier 1, pièce 205). Vaudreuil ajoute : « Cette poursuite auroit été bien pernicieuse à l’ennemi si les sauvages ne se fussent point amusés à lever des chevelures et à piller. » (lettre à Bougainville du même jour, ibid., pièce 204). Je remercie M. Laurent Veyssière pour ces références.

    12 Voir notamment : Szabo (Franz A. J.), The Seven Years War in Europe, 1756-1763, Pearson, 2008 ; Pajol (comte), Les guerres sous Louis XV, Paris, Firmin-Didot, t. IV à VI, 1885-1888.

    13 François-Charles Bourlamaque est alors brigadier, voir : Bodinier (Gilbert), Dictionnaire des officiers généraux de l’armée royale, 1763-1792, t.I, A-C, Paris, Archives & Culture, 2009.

    14 Sur les suites de la guerre de Sept Ans et les négociations qui aboutirent au traité de Paris de1763, voir : Dull (Jonathan R.), La guerre de Sept Ans. Histoire navale, politique et diplomatique, Rennes, Les Perséides, 2009.

    15 Combattre pour la France en Amérique, op.cit., p. 94.

    Pour citer cet article
    Référence électronique
    Bertrand Fonck, « Une victoire inutile. » Revue historique des armées, 258 | 2010, [En ligne], mis en ligne le 26 février 2010. URL : http://rha.revues.org//index6942.html. Consulté le 12 avril 2010.

    Auteur
    Bertrand Fonck
    Conservateur du patrimoine, il est chef du bureau des archives historiques du département de l’armée de Terre du Service historique de la Défense.

    Droits d’auteur
    © Revue historique des armées

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  68. 68 Soldat Sanspareil Le 22 avril 2010 à 5h26

    Les tambours du roi
    Par la grâce de son instrument, le musicien militaire de la Nouvelle-France parlait au nom de l’autorité royale

    http://www.aufil.ulaval.ca/articles/les-tambours-roi-25311.html

    Par Renée Larochelle

    Chaque été, le Festival international de musiques militaires de Québec attire une foule nombreuse dans les rues de la ville. Les gens assistent ainsi au défilé de musiciens militaires de plusieurs pays qui battent le tambour et jouent de la trompette dans une atmosphère bon enfant. On est très loin de l’époque de la Nouvelle-France où l’arrivée du tambour — nom du musicien jouant de cet instrument — sur la place publique signifiait à la population de porter attention parce qu’un ordre émanant du roi de France allait être proclamé. C’était la criée des ordonnances, un rituel témoignant de l’absolutisme royal français dans sa colonie nord-américaine, selon Jean-François Plante, qui a effectué sa thèse de doctorat en ethnologie des francophones en Amérique du Nord sur les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France. Arborant un uniforme aux couleurs du souverain, le tambour escortait l’huissier de la juridiction royale qui livrait alors son message. «Élément essentiel de la vie collective, le tambour participait à une opération symbolique et représentait en quelque sorte la voix de l’autorité, explique le chercheur. Il constituait pour la population une forme de contact avec le roi, son image ou son idée.»

    La bataille du son
    Incontournable personnage du Canada naissant, le musicien militaire de la Nouvelle-France exerce son métier autant dans des occasions à caractère civil et social qu’en réponse aux nombreuses demandes propres à son milieu de travail fortement hiérarchisé et codifié. «Le tambour pouvait annoncer que le roi était malade comme il pouvait demander au peuple de prier la Vierge Marie afin que les Français remportent une bataille, souligne Jean-François Plante. En plus d’être associé à l’image du roi, le tambour rythmait la vie des soldats, sonnant le réveil le matin et indiquant la retraite le soir. C’était aussi la voix du commandement. Face à l’ennemi, il donnait aux troupes le signal de charger, de se retirer ou de capituler. C’est encore lui qui accompagnait les délégations sommant l’ennemi de se rendre.»

    Selon Jean-François Plante, la lutte que se livraient le pouvoir religieux et le pouvoir militaire se traduisait par le fait qu’aucun des deux ne voulait laisser l’avantage à l’autre, quand il était question de se faire entendre. Par exemple, l’arrivée d’un militaire ayant remporté une bataille était accueillie par une salve de canons, en même temps que se profilait le bruit des cloches. De leur côté, les soldats tiraient du mousquet durant les processions religieuses. «Tout cela nous montre qu’il existait en Nouvelle-France une vie rituelle et collective en dehors de l’Église», de constater le chercheur, qui se propose de pousser plus loin sa recherche dans une étude portant sur le son en Nouvelle-France et comment on peut tenter d’y recréer une identité par la musique.

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    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
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  69. 69 Soldat Sanspareil Le 24 avril 2010 à 7h29

    Le 250e anniversaire de la Victoire Française à Sainte-Foy, le 28 avril 1760.

    Je me souviens!

    La seconde bataille des plaines d’Abraham!
    Citation du chevalier de Lévis :
    « Nos espoirs sont élevés.
    Notre foi dans les gens est grande.
    Notre courage est fort.
    Et nos rêves pour ce magnifique pays ne mourront jamais. »

    En espérant que cette citation saura vous inspirez pour commémorer la Victoire Française de Ste-Foy le 28 avril 2010.

    Rappelons-nous cette Victoire des troupes de terre Française, des compagnies franches de la marine, des miliciens, avec le support des amérindiens, remportée à Ste-Foy, sous le commandement du chevalier de Lévis. Pour leur bravoure et leur attachement pour leur nation, qui était notre en 1760.

    Rendons hommage aux combattants de 1760, qui ont combattus pour leur nation, leur langue et leur culture française et perpétuons leurs mémoires.

    Il faut se souvenir de notre histoire nationale qui marque et marquera encore notre société distincte en Amérique.

    Pour rendre hommage aux braves de 1760, récupérons notre patrimoine, rapatrions les armoiries royales de France, les armoiries de Québec, sur le sol du berceau de la Nouvelle-France.

    Honneur aux braves de 1760 sous les ordres du chevalier de Lévis, vainqueurs de la seconde bataille des plaines d’Abraham, à Ste-Foy, le 28 avril 1760.

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  70. 70 Soldat Sanspareil Le 27 avril 2010 à 9h46

    La bataille de Sainte-Foy, 28 avril 1760

    http://histoiresociete.blogspot.com/2010/04/la-bataille-de-sainte-foy-28-avril-1760.html

    Le 28 avril 2010 marquera le 250e anniversaire de la bataille de Sainte-Foy. Cette bataille, la deuxième à se produire sur les Plaines d’Abraham en moins d’un an, est généralement mal connue et son déroulement exact demeure un mystère pour plusieurs amateurs d’histoire. En voici un bref résumé.

    Source: J. Porreau (photographie), François-Gaston Duc de Lévis 1783 Maréchal de France 1787, Bibliothèque et Archives Canada, consultation via le site de Septentrion, 19 avril 2010.

    Après l’hiver 1759-1760 marqué par une immense mobilisation de ressources pour les Français, par les rigueurs du climat pour les Britanniques, par une occupation militaire néfaste pour les Canadiens et une période de négociations d’allégeances pour les Amérindiens (Note: les liens dirigent vers les articles respectifs de la série En route vers la bataille de Sainte-Foy rédigés dans les derniers mois), les Français dirigés par François-Gaston de Lévis (ci-haut) sont prêts à frapper pour tenter de reprendre Québec.

    Source: artiste inconnu, James Murray (1719?-1794), Bibliothèque et Archives Canada, consultation en ligne, 19 avril 2010.

    L’armée se met en marche à partir de ses quartiers d’hiver, près de Montréal, autour du 20 avril et arrive près de Québec, au fort Jacques-Cartier (près de Cap-Santé), le 24 et 25. L’armée ira ensuite camper le 26 avril à Saint-Augustin. À cette date, le printemps n’est pas encore tout à fait arrivé. Il reste encore quelques glaces sur le fleuve et la température n’est pas encore certaine. La neige n’est pas encore toute disparue (c’est bien différent de 2010!) et l’approche de Québec doit finalement se faire en grande partie à pied, plutôt que sur l’eau pour faire un débarquement près de Sillery, comme Lévis l’avait espérer. On imagine que James Murray (ci-haut), officier en charge de l’armée britannique, est déjà au courant de l’avance des Français puisqu’il donne l’ordre d’évacuer les civils de Québec dès le 21 avril (l’ordre sera effectif le 24).

    Source: George B. Campion (vers 1850), La bataille de Sainte-Foy (aquarelle), consultation en ligne, 19 avril 2010.

    Le 27 avril 1760, les Français auront un avant-goût du lendemain. En effet, après avoir traversé les marécages de la Suète, ils auront à affronter un avant-poste britannique près de l’église de Sainte-Foy. Cet affrontement n’est pas une bataille à grande échelle, mais se termine par la retraite des Britanniques vers Québec, non sans que ceux-ci aient mis feu à l’église et à quelques bâtiments attenants. L’affrontement est imminent.

    Source: “American Six-Pounder Field Piece (c. 1775)”, Albert MANUCY, Artillery Through the Ages, Washington, United States Government Printing Office, 1956 (1949), consultation en ligne, 27 avril 2010. Note: Bien entendu, on ne parle pas ici de la même période, mais l’artillerie britannique (et donc américaine) n’avait pas encore connu de changements énormes entre la guerre de la Conquête et la guerre d’Indépendance des États-Unis.

    Le 28 avril, très tôt le matin, les Français se mettent en marche. À ce moment, Murray est sorti sur les Plaines. De son propre aveu, il s’attend à ce que les Français viennent combattre avec pratiquement 10 000 hommes (en réalité, ils sont environ 7000 dont plus de 3000 miliciens et quelques centaines d’Amérindiens) et veut les accueillir. Il s’installe sur les Buttes-à-Nepveu, l’endroit même sur lequel Montcalm s’était installé 7 mois plus tôt avec moins de 4000 hommes. Il dispose d’une vingtaine de pièces d’artillerie également installées entre ses régiments. Sa ligne est potentiellement très efficace et sera difficile à déloger. C’était sans compter sur l’effet que pouvait avoir le “bois de Sillery”. En effet, Murray voit une partie de l’armée française sortir du bois (approximativement à la hauteur de l’actuelle rue Holland), constate que cette avant-garde est relativement désorganisée et pense pouvoir porter un dur coup à l’armée française en attaquant immédiatement. Murray quitte donc sa position avantageuse (erreur semblable à celle de Montcalm en 1759) empêchant ainsi son artillerie de supporter efficacement son assaut, sans compter que quelques trous de neige fondante et d’eau rendent la progression de l’armée laborieuse sur les Plaines. Pendant ce temps, le chevalier de Lévis réussit à ramener ses hommes à l’orée du bois pour reformer efficacement ses lignes et se lancer aussi à l’attaque.

    Source: Joseph Légaré (vers 1855), La Bataille de Sainte-Foy (huile sur toile), Musée des Beaux-Arts du Canada, consultation en ligne, 19 avril 2010.

    Les combats se déroulent presque sur toute la largeur du promontoire de Québec. Au nord, les combats tournent largement autour du moulin (à droite sur la peinture ci-haut) de Jean-Baptiste Dumont, un négociant de Québec qui s’est procuré ce lopin de terre des Jésuites en 1741. Le moulin, avec des murs de pierre d’une auteur de près de dix mètres est âprement disputé entre des grenadiers français et des Highlanders écossais (78th Foot) et de violents combats au corps à corps y feront rage. On s’échange l’avantage du combat pendant de très longues minutes (plus de deux heures) jusqu’à ce que deux ordres indépendants dans le camp français viennent changer la donne. Autant au nord qu’au sud, on ordonne d’encercler l’armée britannique. Le but est de tenter d’attaquer les flancs de la ligne pour ultimement couper la retraite vers Québec et pouvoir anéantir l’armée sur le champ de bataille. La manoeuvre est un succès partiel: elle brise complètement l’ordre de bataille, mais ne coupe pas la retraite. Les Britanniques sont donc forcés de retraiter dans Québec et la victoire est française.

    Source: À gauche, grenadier du régiment de Guyenne avec un caportal du régiment de Béarn (droite), vers 1756. Par Eugène Lelièpvre, consultation en ligne, 27 avril 2010.

    La bataille se termine en fin d’avant-midi, peut-être aussi tard qu’en début d’après-midi. Un peu plus à l’ouest que la bataille des Plaines d’Abraham (13 septembre 1759), le résultat est tout différent. Victoire décisive de l’armée française. Les principaux officiers survivront (malgré les blessures dans le cas de François-Charles de Bourlamaque), mais l’objectif n’est pas encore atteint: Murray a pu retraiter en ville, bien installé derrière les fortifications (françaises) de Québec et les deux armées doivent attendre les renforts promis ou espérés de l’Europe qui pourront se frayer un chemin avec la fonte des glaces pour savoir qui pourra espérer crier “victoire”…

    À suivre, un dernier article sur le siège de Québec en 1759 et 1760 avec le siège de François-Gaston de Lévis, du 28 avril au 17 mai 1760. Cet article sera publié à la mi-mai 2010 pour terminer le cycle du 250e anniversaire du siège de Québec pendant la guerre de la Conquête.

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  71. 71 Soldat Sanspareil Le 15 mai 2010 à 9h18

    La Nouvelle-France (1534-1760) L’implantation du français au Canada
    - Le français du roy

    Le français était la langue de l’administration royale, celle des fonctionnaires, des officiers, des milices et de l’armée. Chaque année, en janvier, le gouverneur général et toute sa cour, de même que l’intendant, quittaient Québec pour Montréal (en passant par la rive nord, avec des relais à Neuville, Trois-Rivières et Berthier) et y séjournaient deux ou trois mois, amenant avec eux les bagages du personnel, les archives, les vêtements, la vaisselle et les abondantes provisions de bouche. Montréal devenait ainsi une capitale provisoire. C’est ainsi que le français du roy était répandu et entendu dans presque toute la vallée du Saint-Laurent. Tous les documents administratifs étaient rédigés en français et les ordres étaient donnés en «français du roy» aux soldats, dont un bon nombre de mercenaires (allemands et suisses). C’était également la langue du clergé, premier ordre social de la colonie: les ecclésiastiques, hommes ou femmes, ne s’exprimaient qu’en français, à l’exception des missionnaires, qui évangélisaient les Amérindiens dans leur langue. Tous les marchands, commerçants et entrepreneurs français ne parlaient généralement que le français de France.

    Dans les écoles, on enseignait la religion, les mathématiques, l’histoire, les sciences naturelles et le français, lequel, rappelons-le, n’était pas encore enseigné en France aux «petites gens». Cet enseignement primaire ouvert à tous les habitants, même dans les campagnes, constituait une première pour l’époque et a certes joué un rôle non négligeable dans le processus de francisation, surtout dans le développement de la norme parisienne.

    On doit souligner aussi que l’arrivée des militaires au Canada fut certainement l’une des causes ayant favorisé le plus la francisation du pays. Lorsque le régiment de Carignan-Salières débarqua à Québec à l’été de 1665, la colonie ne comptait que quelque 3200 habitants. Or, la venue subite de 1200 soldats et d’environ 80 officiers ne put qu’avoir un impact considérable sur le développement de la colonie, notamment en matière linguistique, car les communications dans l’armée royale se déroulaient exclusivement en français. Une fois la guerre finie avec les Iroquois en 1667, on estime que 30 officiers, 12 sergents et 404 soldats se prévalurent de l’offre du roi et se sont établis au Canada; plusieurs épousèrent des filles du roy. Entre 1683 et 1760, quelque 10 000 soldats et officiers des troupes de la Marine furent envoyés au Canada. Plus de la moitié des militaires sont retournés en France, mais les autres se sont établis au Canada.

    Il convient d’ajouter aussi les immigrants de passage tels les artisans, les négociants, les marchands, ceux qui exerçaient des métiers spécialisés et les «manouvriers» (des «hommes à tout faire») en forte demande au Canada. Avec les militaires, tous ces immigrants n’étaient au Canada que de passage. Eux aussi sont certainement responsables en partie de l’uniformisation linguistique dans ce pays.

    Pour en savoir plus:

    http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/HISTfrQ

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  72. 72 Soldat Sanspareil Le 20 mai 2010 à 20h01

    Vous vous devez d’écouter ce reportage pour en savoir plus sur notre histoire.

    Le projet Montcalm et le rapatriement des armoiries royales de france au Québec.

    Nouveau lien internet:

    http://www.985fm.ca/audioplayer-archives.php?mp3=content_Audio/232091.mp3

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  73. 73 Soldat Sanspareil Le 7 juin 2010 à 7h56

    L’instruction à Québec sous le régime français.

    Un très beau texte rendant hommage à nos ancêtres, pour plus de détails consulter le lien suivant page 169 et 170:

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=375866&qryID=f9482a10-f6dc-4429-8f8d-ef1c9d7912b4

    Soyons fiers d’eux.

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  74. 74 Soldat Sanspareil Le 15 juin 2010 à 7h59

    L’armée française à Lachenaie

    A-t-on construit à Lachenaie des bâtiments pour les militaires? Nous n’en avons aucun indice. Quoiqu’il en soit, une compagnie du régiment Carignan Salière est cantonnée à Lachenaie, du moins assurément de la fin de l’année1689 à l’année 1701. D’ailleurs, ces soldats gardent le fort nuit et jour afin d’avertir les habitants ou pour demander du secours au besoin.

    La fin du régime français se déroule dans le climat difficile de la guerre de sept ans. Dès 1756, les autorités militaires dépêchent à Lachenaie, un détachement militaire du régiment de La Sarre. Ce détachement est accompagné l’année suivante, du régiment de Berry dont les opérations s’effectuent entre Terrebonne et Berthier. Voyant l’arrivée à Montréal de la puissante armée britannique, forte de 18 000 hommes, le gouverneur de Vaudreuil capitule le 8 septembre 1760. Il n’y a donc pas de batailles dans la paroisse, mais de nombreux mariages sont célébrés entre soldats et femmes de la région.

    Ibid.
    VAUGEOIS, Denis et Jacques LACOURCIÈRE, Québec-Canada, synthèse historique, 2000, p. 178.

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  75. 75 Soldat Sanspareil Le 16 juin 2010 à 8h00

    Le premier siècle de La Plaine

    http://www.larevue.qc.ca/chroniques_un-brin-histoire-n17626.php

    Une large part des premiers colons de La Plaine sont originaires de Lachenaie et de Terrebonne, et dans une moindre mesure, de Pointe-aux-Trembles ainsi que du reste de l’île de Montréal. Plusieurs parmi ceux-ci sont déjà agriculteurs, certains autres sont des militaires. En effet, plusieurs soldats des régiments du Languedoc, de La Sarre et du Béarn obtiennent des concessions aux frontières de Sainte-Anne-des-Plaines, entre 1753 et 1760. La présence de militaires s’explique tout naturellement par le contexte de la Guerre de la Conquête, qui sévit en Amérique depuis 1753 et qui se termine par la défaite des Français aux mains des Britanniques, en 1760. D’autres militaires, dont Jean Aurent et Joseph Moustant, choisissent les bords de la rivière Saint-Pierre, dans la partie relevant de la seigneurie de Lachenaie. Ces derniers sont d’ailleurs les deux premiers colons de ce secteur, lequel est désigné à l’époque sous le nom de rang de la rivière Saint-Pierre; aujourd’hui la rue Émile-Roy et le chemin Curé-Barrette.

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  76. 76 Claude Jean Le 22 juin 2010 à 10h36

    L’implantation de la Saint-Jean-Baptiste en Nouvelle-France

    La première mention de célébrations de la Saint-Jean-Baptiste en Amérique du Nord remonte à 1606, alors que des colons en route vers la future Acadie s’arrêtèrent sur les côtes de Terre-Neuve, le 23 juin (Cf. Jean Provencher, 1982, p. 195-196).

    Le point du jour venu, qui était la veille de la saint Jean-Baptiste, à bon jour bonne oeuvre, ayans mis les voiles vas, nous passames la journée à la pêcherie des Morües avec mille rejouissances & contentemens, à cause des viandes freches que nous eumes tant qu’il nous pleut (…) Sur le soir nous appereillames pour notre route poursuivre, après avoir fait bourdonner noz canons tant à cause de la fête de sainct Jean, que pour l’amour du Sieur Poutrincourt qui porte le nom de ce sainct.

    La seconde mention qu’on retrouve de la fête remonte à 1636, le jésuite Louis Lejeune décrivant, dans ses Relations, la célébration de la Saint-Jean-Baptiste à Québec, à la requête du gouverneur Montmagny. Il est d’ailleurs intéressant de noter que dès cette époque – les récits ultérieurs le confirment – l’espace de la Saint-Jean-Baptiste est occupé tant par des représentants de l’Église que du pouvoir civil. Ainsi, dans le récit que Le Journal des Jésuites fait de la Saint-Jean de 1650, le représentant de l’Église bénit le bûcher alors que le gouverneur l’allume. D’autres récits indiquent toutefois que c’est le curé qui, d’ordinaire, allumait le bûcher après l’avoir bénit, alors que la milice tirait des coups de feux en guise de célébrations. Le soir de la Saint-Jean-Baptiste, tous les villages allumaient un feux de joie, illuminant les rives du Saint-Laurent et marquant par là le lien unissant les habitants de la colonie.

    Outre le bûcher, la Saint-Jean était également caractérisée par différentes coutumes, certaines importées d’Europe, alors que d’autres se développèrent sur place, adaptant certains éléments de la mythologie de la fête aux caractéristiques du pays et créant de la sorte de véritables coutumes originales. Parmi ces coutumes, notons d’abord la cueillette des herbes de la Saint-Jean qui, un peu comme l’eau de Pâques, nécessitaient d’être cueillies avant le lever du jour et étaient censées posséder des vertus thérapeutiques.

    Plus frappante encore était la coutume des bains de la Saint-Jean, en lien direct avec l’histoire biblique du saint. En effet, rappelons que Jean mena un grand mouvement de conversion, antérieur au ministère de Jésus, et qui se caractérisait par le baptême par immersion dans le Jourdain. Or, à l’époque de la Nouvelle-France, il était considéré néfaste de se baigner dans un cours d’eau, particulièrement le fleuve Saint-Laurent, avant le 24 juin. À cette date, les eaux prenaient alors une valeur curative et surtout protectrice des maladies. Le fleuve Saint-Laurent était alors la destination de prédilection des baigneurs qui y amenaient même leur bétail afin de les protéger contre les maladies.

    Notons également la coutume du pain bénit, soit un pain confectionné le jour de la Saint-Jean, bénit par le curé et distribué aux membres de la communauté, qui était censé posséder des vertus médicinales, notamment la protection contre l’épilepsie, aussi appelée « mal de Saint-Jean ». D’abord distribué par le seigneur, le pain bénit fut ensuite intégré à la messe de la Saint-Jean-Baptiste. Cette coutume fut cependant découragée par le cardinal Taschereau autour de 1870, puisqu’elle donnait lieu à de véritables concours de gâteaux ornementés, pour réapparaître cependant à la fin des années 1970 lors de la messe de la Saint-Jean-Baptiste, à Montréal.

    Si un trait doit ressortir de la Saint-Jean-Baptiste telle qu’elle se fête à cette époque en Nouvelle-France et aux lendemains de la Conquête, c’est qu’il s’agit d’une tradition dont le côté populaire est fort important, sinon prépondérant, sans pour autant que le clergé ne soit absent du portrait. De fait, la fête apparaît riche de coutumes populaires qui, malgré la présence du clergé, n’en gardaient pas moins un certain fond magique qu’on observe au travers des rites de protection contre la maladie (herbes, pain bénit, bains), même intégrés à la cosmogonie chrétienne.

    Par ailleurs, il importe de noter que saint Jean-Baptiste ne bénéficiait pas, à l’époque, d’une dévotion très importante, le saint patron de la colonie étant, de puis 1624 et sous l’impulsion des Récollet, saint Joseph, dont la fête tombait le 19 mars. Il faudra attendre en 1834 pour que Ludger Duvernay et un certain nombre de sympathisants patriote décrètent saint Jean-Baptiste saint patron de la nation canadienne et fassent de sa fête la fête nationale.

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    Bibliographie sélective

    Thérès Beaudoin, L’été dans la culture québécoise: XVIIIe-XIXe siècles, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1987.

    Donald Luc Boisvert, Religion and nationalism in Quebec : the Saint-Jean-Baptiste celebrations in sociological perspective, thèse de doctorat, Université d’Ottawa, Ottawa, 1992.

    Jean Provencher, C’était l’été: la vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent, Montréal, Boréal Express, 1982.

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  77. 77 Soldat Sanspareil Le 27 juin 2010 à 8h33

    Iberville
    Justicier et corsaire

    Né et baptisé а Ville-Marie le 20 juillet 1661, Pierre Le Moyne d’Iberville est le troisième des onze garçons et deux filles qui constituaient sa nombreuse famille.

    Cependant, Pierre d’Iberville a reçu une éducation suffisante pour être а l’aise dans sa correspondance avec le roi et ses ministres.

    Certains historiens sont d’avis que s’il avait été gouverneur de la Nouvelle-France et si la mort ne l’avait pas fauché а l’âge de 45 ans dans l’île de Cuba, l’Amérique du Nord aurait peut-être été française…

    Depuis son plus jeune âge, Pierre d’Iberville a navigué sur le bateau de son père.

    Sa carrière militaire débute en 1686. D’Iberville, avec deux de ses frères, prend part à une expédition militaire afin de chasser les Anglais de la baie d’Hudson. Les frères Le Moyne sont accompagnés de 70 volontaires canadiens et de 30 soldats. Après 85 jours de navigation difficile et périlleuse, ils arrivent devant le Fort Moose.

    Les Français passent à l’assaut. D’Iberville pénètre le premier dans le fort. Soudain, les portes se referment derrière lui et il se retrouve seul face à 17 Anglais. Mais ceux-ci se rendent face à d’Iberville!?? Dès lors, sa réputation de héros sans peur est établie.

    Cette bataille fut la première d’une série d’éclatantes victoires. En quelques semaines, tout le sud de la baie d’Hudson tombe entre les mains des français. D’Iberville fut nommé commandant du fort.

    Puis, il s’empare de deux navires anglais, ce qui lui permet d’approvisionner le fort. Quand il rentre à Québec par la mer, à la fin d’octobre 1687, le bâtiment qu’il conduit est chargé à ras bord de fourrures et de marchandises dérobées aux anglais.

    Séjournant en France au cours de l’hiver 1687-1688, il réussit à convaincre Versailles de soutenir la Compagnie française de la baie d’Hudson. Le renforcement de la position française au nord de la baie est assuré.

    Le roi confie à d’Iberville Le Soleil d’Afrique, le plus rapide de ses navires. Le 3 août, après un détour par Québec, le navire entre dans la baie d’Hudson.

    De là, Pierre d’Iberville essaye de s’emparer du fort York, ce qui fermerait aux Anglais l’accès à la rivière Nelson et aux territoires de l’actuel Manitoba. Avec moins de 20 hommes, il affronte deux navires, capture près de 80 Anglais et prend possession des forts de la baie James.

    Pour d’Iberville, la présence des Anglais au fort Nelson laisse présager la perte de la Nouvelle-France. En 1693, alors qu’il escorte les navires qui font la navette entre le golfe Saint-Laurent et les ports français, l’Angleterre reprend les postes de la baie James. Au mois d’août 1694, après avoir obtenu un monopole de trois ans sur le commerce à la baie d’Hudson, il retourne devant le fort Nelson dont il se rend maître le 13 octobre.

    Le 15 août 1696, il s’empare du fort William Henry à Pemaquid, sur la côte du Maine. Ensuite, il se dirige vers Terre-Neuve. Là, avec moins de 200 hommes, il donne l’assaut au fort Saint-Jean. Mais il doit retourner vers la baie d’Hudson où les forts sont repris par les Anglais.

    Le 5 septembre 1697, Le Pélican, en tête d’un convoi qui compte quatre navires, subit une attaque anglaise. Pierre d’Iberville coule un navire et s’empare d’un autre.

    D’Iberville reprend le fort Nelson le 13 septembre 1697. Mais le traité de Ryswick, signé 7 jours plus tard, reconnaît la prédominance anglaise à la baie d’Hudson et celle des Français à la baie James. La France, qui conserve Port-Royal et Plaisance, rend une partie de l’Acadie et Pemaquid.

    Toujours hanté par le désir de donner l’Amérique du Nord à la France, d’Iberville essaye d’établir une colonie française à l’embouchure du Mississippi et le 2 mars 1699, il se trouve à l’embouchure du fleuve.

    En 1699, 1700 et 1701, d’Iberville construit les forts Maurepas, Mississippi et Saint-Louis. Il est nommé commandant général de la Louisiane, puis il se rend vers les Antilles anglaises où il sème la terreur. Il prend possession de l’île de Nevis et peu après, il fait escale à La Havane.

    Le 9 juillet 1706, d’Iberville meurt à bord de son navire des suites de la fièvre qui le torturait depuis 1701. Au moment de son décès, il avait 45 ans.

    Biographie d’Iberville : Pierre Le Moyne d’Iberville

    http://grandquebecois.blogspot.com/2010/05/iberville.html

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  78. 78 Soldat Sanspareil Le 6 juillet 2010 à 10h10

    A la Claire Fontaine

    Une des plus célèbres chansons de France . La version ci dessous daterait du 17e siècle et serait originaire de Normandie, probablement avec un autre air (il existe plusieur variantes y compris dans les paroles et le refrain) . Elle nous serait revenue ensuite sous cette forme via le Canada ou elle serait arrviée avec les colons du 17e siècle ou avec les soldats de Montcalm au milieu du 18e siècle (d’ou l’illustration) . Difficile à dire avec précision .
    En tous cas , la Claire fontaine servit de chansons de marche ou de bivouacs aux soldats français sur le nouveau continent puis d’hymne aux patriotes Franco-Canadiens lors de la révolte de 1837 contre les anglais et devint pratiquement le premier hymne national de la Nouvelle france.
    La chanson se chante en version féminine ou masculine en changeant quelques mots .

    interprétation : Quator Alouette (Québec)

    À la claire fontaine
    Men allant promener
    Jai trouvé leau si belle
    Que je my suis baigné

    Il y a longtemps que je taime,
    Jamais je ne toublierai.

    Sous les feuilles dun chêne,
    Je me suis fait sécher.
    Sur la plus haute branche,
    Un rossignol chantait.

    Il y a longtemps que je taime,
    Jamais je ne toublierai.

    Chante, rossignol, chante,
    Toi qui as le cœur gai.
    Tu as le cœur à rire…
    Moi je lai à pleurer.

    Il y a longtemps que je taime,
    Jamais je ne toublierai.

    J’ai perdu ma maîtresse
    Sans l’avoir mérité.
    Pour un bouton de roses
    Que je lui refusai,

    Il y a longtemps que je taime,
    Jamais je ne toublierai

    Je voudrais que la rose
    Fût encore au rosier,
    Et que ma douce maîtresse (et moi et ma maitresse)
    Fût encore à m’aimer (dans les mêmes amitiés)

    Il y a longtemps que je taime,
    Jamais je ne toublierai

    http://www.youtube.com/watch?v=Tiky5JvFb_E

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc
    François Mitterrand
    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son

  79. 79 Soldat Sanspareil Le 10 juillet 2010 à 7h14

    Le fleurdelysé reflet de notre histoire en Amérique.

    Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé prenait la place de l’Union Jack, drapeau britannique, au sommet de la tour centrale de l’hôtel du Parlement. Par décret, le gouvernement du Québec lui avait accordé, le matin même, le statut de « drapeau officiel du Québec ».

    Officiellement donc, le drapeau du Québec n’a qu’un demi-siècle. Cette jeunesse n’est cependant qu’apparente. En réalité, les éléments et les couleurs du drapeau sont présents en Amérique depuis des centaines d’années.

    À partir du moment où Jacques Cartier utilise la fleur de lis comme emblème en terre d’Amérique jusqu’à la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne, nombre d’étendards ou de pavillons se sont succédé sur le territoire du Québec.

    Les représentants du roi et les miliciens ont arboré des drapeaux qui comprenaient un, deux ou même trois éléments qui allaient finalement se retrouver, quelque trois cents ans plus tard, dans la composition du drapeau québécois.

    Pour en savoir plus:

    http://www.drapeau.gouv.qc.ca/drapeau/histoire/fleurdelise.html

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    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

  80. 80 Soldat Sanspareil Le 15 juillet 2010 à 7h58

    Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France

    À propos de l’Inventaire
    L’Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France recense tous les lieux associés à la présence française en Amérique du Nord et ce, des deux côtés de l’Atlantique. On y retrouve des bâtiments, des sites archéologiques, des plaques et des monuments et d’autres biens qui témoignent, dans le paysage d’aujourd’hui, de cette relation entre l’Amérique et la France. On y trouve également, de manière complémentaire, une base de données sur les personnages ainsi qu’une base de données bibliographiques. Cet Inventaire est constitué, dans une première étape, de lieux de mémoire de la Nouvelle-France situés au Québec et en Poitou-Charentes. À compter de 2006, viennent s’y ajouter les lieux de mémoire inventoriés en Ontario, dans les provinces de l’Atlantique et de l’Ouest canadien.

    État de l’Inventaire
    La base de donnée de l’Inventaire est évolutive. Amorcée au printemps 2002, la saisie des informations se poursuit. De nouvelles informations sont donc ajoutées fréquemment.
    Actuellement, la base de données contient entre autres :
    1729 lieux;
    1722 personnages;
    358 articles;
    408 ouvrages.

    Pour en savoir plus:

    http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/home.do

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  81. 81 Soldat Sanspareil Le 15 juillet 2010 à 14h17

    Souligner le 250e anniversaire de la bataille de Sainte-Foy

    Journal des débats de l’Assemblée nationale

    http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/39-1/journal-debats/20100428/16041.html#_Toc260298293

    Souligner le 250e anniversaire de la bataille de Sainte-Foy
    Mme Agnès Maltais

    Souligner le 250e anniversaire
    de la bataille de Sainte-Foy

    Mme Agnès Maltais

    Mme Maltais: Mme la Présidente, toute nation a ses héros issus d’événements ayant marqué son histoire. Pour le Québec, la bataille des plaines d’Abraham fait figure de moment charnière, tant le marquis de Montcalm a perdu une des batailles qui ont façonné notre avenir.

    Mais combien de Québécois savent que nos courageux ancêtres ont gagné la seconde bataille des plaines d’Abraham, la bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760? De fait, grâce au courage des combattants alignés sous les ordres du chevalier François Gaston de Lévis, qui ont pris la défense de leur patrie devant une armée supérieure en nombre, notre armée remporte une brillante victoire. Les troupes de Lévis tiennent les hauteurs de Québec. Les Anglais, sous les ordres de Murray, sont assiégés. Les armées épuisées se font face et attendent les renforts. Hélas! L’arrivée des navires anglais avant les navires français a fait tourner la roue de la fortune et choisi les vainqueurs.

    Honneur à nos héros, les combattants de la bataille de Sainte-Foy, dont les corps gisent dans le cimetière de l’Hôpital général, au coeur de ma circonscrïption de Taschereau. Merci, Mme la Présidente

    http://www.youtube.com/watch?v=DYoMGyVDWa0

    Rendre hommage aux troupes
    françaises du chevalier de Lévis à
    l’occasion du 250e anniversaire
    de la bataille de Sainte-Foy

    M. Maka Kotto

    M. Kotto: Mme la Présidente, le lundi 28 avril 1760, il y a exactement 250 ans, les troupes françaises du chevalier de Lévis remportèrent une victoire éclatante sur les troupes anglaises d’occupation du gouverneur James Murray dans ce qu’il est convenu d’appeler la bataille de Sainte-Foy.

    En cette journée de commémoration, un devoir de mémoire s’impose. Ainsi, par la présente, nous tenons à rendre hommage aux combattants de 1760 qui se sont battus pour reprendre la ville de Québec. Ils ont combattu pour leur nation, pour leur langue, pour leur culture française.

    Qu’il me soit permis d’évoquer le chevalier de Lévis qui déclarait alors, et je le cite: «Nos espoirs sont élevés. Notre foi dans les gens est grande. Notre courage est fort. Et nos rêves pour ce magnifique pays ne mourront jamais.» Fin de citation. Et bonne méditation. Merci.

    http://www.youtube.com/watch?v=nikVZH2Jy1U

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
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    François Mitterrand
    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

  82. 82 Soldat Sanspareil Le 19 juillet 2010 à 21h48

    Le cimetière des héros
    Pour en savoir plus consulter le lien suivant pages 152 à 168

    http://www.ourroots.ca/e/page.aspx?id=692987

    Soldat Sanspareil
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    http://www.regimentdelasarre.ca
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    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

  83. 83 Soldat Sanspareil Le 23 juillet 2010 à 10h32

    Cimetière de l’Hôpital Général de Québec

    Le cimetière de l’Hôpital Général de Québec. Plus de 1000 soldats français de plusieurs régiments sont enterrés dans ce cimetière et les ossements du Marquis Louis-Joseph de Montclam sont dans ce cimetière.

    Pour en savoir un peu plus consulter cet excellent reportage au lien suivant:

    http://www.youtube.com/watch?v=lI_e-JevJhM

    Honneurs à nos ancêtres!

    Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France Cimetière de l’Hôpital général de Québec

    Pour en savoir un peu plus consulter le lien suivant:

    http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/oneLieu.do;jsessionid=8735B57BB1C79B55A338E937F7421992?refLieu=1416&returnForward=%2FoneTypeProtection.do%3FrefTypeProtection%3D16

    CHRONOLOGIE

    Année début
    Année fin
    Historique

    1710 Ouverture du cimetière bientôt nommé “cimetière des Pauvres”. Malheureusement, les registres de cette période ont disparu.
    1717 Un édifice appelé “les loges” est construit sur le terrain de l’Hôpital général. Il est composé de quatre loges voûtées et sert à recevoir les femmes aliénées.
    1721 L’Hôpital général et les terres qui lui sont rattachées sont érigés en cure et deviennent la paroisse de Notre-Dame des Anges.
    1728 Le cimetière de la nouvelle paroisse de Notre-Dame-des-Anges reçoit sa première inhumation officielle le 4 février. Le cimetière est composé à l’époque de la partie centrale actuelle, où se trouvent le charnier et le calvaire. Les loges en démarquent l’extrémité nord. (Source: Trépanier, Paul, 2002) (Roy, Alain,1999)(Bronze, Jean-Yves, 2001b)
    1756 1763 Pendant la Guerre de Sept Ans, plus d’un millier de militaires français et britanniques sont inhumés dans le cimetière de l’Hôpital général.
    1759 Suite à la bataille des Plaines d’Abraham le 13 septembre, l’hôpital reçoit de nombreux soldats. Puisqu’ils ne sont pas catholiques, les soldats anglais trépassés sont enterrés dans des fosses communes dans un champ au nord-est du cimetière, près des loges.
    1760 De nouvelles fosses communes sont faites à l’est du cimetière pour enterrer les soldats anglais qui décèdent suite à la bataille de Sainte-Foy le 28 avril.
    1802 Un nouveau bâtiment en pierre, plus grand, remplace les anciennes loges.
    1828 Suite à un changement dans les pratiques funéraires, les premières stèles funéraires durables apparaissent dans le cimetière. (Source: Roy, Alain, 1999)
    1840 Les rues des Commissaires Est et Saint-Anselme sont ouvertes. Le cimetière est alors bordé à l’est et au sud par un mur de pierre qui donne sur ces deux rues.
    1857 Le bâtiment des loges, qui sert d’entrepôt de bois de chauffage depuis 1845, est démoli. Un nouveau hangar à bois est construit à cet endroit.
    1938 Le cimetière est agrandi vers le nord, à l’endroit où se trouvaient “les loges”. Le hangar en bois de 1857 est démoli et la bande de terrain ainsi libérée est incorporée au cimetière, qui inclut dorénavant une partie des fosses communes de soldats anglais.
    1941 Des travaux de construction d’un égoût par la Ville de Québec révèlent une partie de ces fosses communes. On croit que l’autre partie est située à l’extérieur du cimetière actuel, sous la rue Saint-Anselme. (Source: Samson, Denis, 2000)
    1943 1946 La Ville de Québec poursuit des négociations avec la communauté des Augustines en vue d’élargir la rue Saint-Anselme. Ces négociations mènent à l’aquisition par la ville d’une bande de terrain de 18 pieds, ce qui nécessite le transfert de dépouilles parmi les plus anciennes du cimetière. (Source: Roy, Alain, 1999)
    1944 Dans un article paru dans le Bulletin des recherches historiques au mois d’octobre, l’historien et archiviste Pierre-Georges Roy qualifie pour la première fois le cimetière de cimetière “des héros”. (Source: Bronze, Jean-Yves, 2001b)
    1956 Le cimetière est agrandi vers le sud sur une bande de 50 pieds de large au dépens de la rue des Commissaires. Construction du charnier.
    Après 1960 Les inhumations deviennent plus rares dans le cimetière, suite à l’enterrement de plus en plus de “pauvres” au cimetière Saint-Charles.
    1981 Fermeture définitive du cimetière. (Source: Cloutier,Céline, 2001)
    2001 Le cimetière est dorénavant dénommé cimetière de l’Hôpital général de Québec. (Source: Trépanier, Paul, 2002). Restauration du cimetière et inauguration du Mémorial de la Guerre de Sept Ans. Transfert le 11 octobre des restes du marquis de Montcalm au nouveau monument funéraire qui lui est dédié, dans le cimetière de l’Hôpital général.

    Le cimetière des héros
    Pour en savoir plus consulter le lien suivant pages 152 à 168

    http://www.ourroots.ca/e/page.aspx?id=692987

    Honneurs à nos héros!

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  84. 84 Soldat Sanspareil Le 23 juillet 2010 à 12h47

    Le cimetière de l’Hôpital et les chevaliers de St-Louis

    Le site de l’Hôpital général compte aussi trois cimetières anciens. L’un d’eux a été établi en 1728 pour les « pauvres » et il est devenu officiellement le Cimetière de l’Hôpital général de Québec depuis 2001, seul cimetière de la guerre de Sept Ans au monde. Il regroupe les dépouilles de 1 058 soldats français, anglais, canadiens et amérindiens morts pendant toute la guerre de Sept Ans (1753-1760), ainsi qu’au champ d’honneur des plaines d’Abraham en 1759. Un grand nombre de ces soldats ont d’abord été soignés par les religieuses et leurs noms sont consignés dans les archives de l’Hôpital général. En 2001, les restes du général Montcalm, que conservaient jusqu’à ce jour les ursulines de Québec, y ont été déposés dans un mausolée à son nom. Le général rejoignait ainsi 17 de ses pairs. Notons que le cimetière renferme la plus importante concentration connue de militaires faits chevaliers de Saint-Louis, la plus haute distinction française de l’Ancien Régime

    http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-213/Monast%C3%A8re_des_augustines_de_Qu%C3%A9bec.html

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  85. 85 Soldat Sanspareil Le 25 juillet 2010 à 16h34

    En espérant que le Québec s’intéresse un peu plus à ceux qui ont donné leur vie pour leur Patrie!

    Cimetière de l’Hôpital Général de Québec
    Le cimetière de l’Hôpital Général de Québec. Plus de 1000 soldats français de plusieurs régiments sont enterrés dans ce cimetière et les ossements du Marquis Louis-Joseph de Montclam sont dans ce cimetière.

    Pour en savoir un peu plus consulter cet excellent reportage au lien suivant:

    http://www.youtube.com/watch?v=lI_e-JevJhM

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  86. 86 Soldat Sanspareil Le 28 juillet 2010 à 15h44

    Vidéos commémorant le 250ème anniversaire de la bataille de Ste-Foy 28 avril 1760

    En espérant que cette vidéo saura vous inspirez pour commémorer la Victoire Française de Ste-Foy le 28 avril 2010.

    La chanson est “Auprès de ma blonde”, interprétée par André Bauge sur l’album l’inoubliable vol.2, est en fait une marche militaire qui a également été chantée en Nouvelle-France par les soldats du Roy.

    Pour en faire le visionnement consulter les liens et n’hésitez à les diffuser.

    http://www.youtube.com/watch?v=ez25KJKUfQ8

    http://www.youtube.com/watch?v=ez25KJKUfQ8

    Honneur à nos Héros!

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  87. 87 Soldat Sanspareil Le 17 août 2010 à 9h33

    Le sort de l’Amérique
    Jacques Godbout, 1996, 81 min 28 s

    Après la bataille des plaines d’Abraham, le 13 septembre 1759, le monde ne sera plus jamais le même. Tout pays est fondé sur un mythe, le Canada est né de cette guerre entre la France et l’Angleterre où les deux généraux qui s’affrontaient, le marquis de Montcalm et James Wolfe, sont morts de leurs blessures.

    Description pédagogique:Un point de vue original sur la conquête de la Nouvelle-France. Pourquoi peut-on dire que ce documentaire ne se limite pas à nous raconter l’histoire de la Conquête? Comment y sont présentées les deux nations qui se sont affrontées? Les personnes interviewées sont des descendants de quels grands personnages de notre histoire? Quel est leur point de vue sur le Québec d’aujourd’hui? Comment est-on exposé à la psyché des documentaristes? De quelle façon ce documentaire rend-il notre histoire vivante, dynamique? Un film à exploiter dans les cours d’histoire, mais aussi dans les cours de médias pour son approche originale de la technique du documentaire.

    http://www.onf.ca/film/sort_de_l_Amerique_le/

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  88. 88 Soldat Sanspareil Le 20 août 2010 à 8h01

    Wolfe and Montcalm le film oublié 1957.

    Voici le lien pour visionner le film oublié décrit dans le documentaire le sort de l’Amérique de Jacques Godbout:

    http://www.onf.ca/film/wolfe_and_montcalm/

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  89. 89 Soldat Sanspareil Le 21 août 2010 à 7h53

    Sur la trace des épaves de la flotte française

    http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-humaines-lettres/sur-la-trace-des-epaves-de-la-flotte-francaise.html
    .
    Les eaux profondes du Saint-Laurent, face à Lévis, cachent une page importante de notre histoire que les archéologues commencent à faire remonter à la surface. Vaisseaux fantômes, canons de guerre, artéfacts de toutes sortes en ont long à raconter sur l’époque qui a vu la Nouvelle-France passer sous le Régime anglais. Des histoires de trésors toujours cachés dans des épaves ont longtemps alimenté les rumeurs dans les environs de Saint-Romuald.
    «Cette zone a connu plusieurs naufrages documentés sous le Régime français et en 1759, l’année de la Conquête. Elle a toujours suscité l’intérêt du public et des chercheurs», souligne Brad Loewen, professeur d’archéologie historique et maritime au Département d’anthropologie de l’UdeM.

    En collaboration avec les villes de Lévis et de Baie-Saint-Paul, le professeur Loewen a amorcé un programme de recherche visant à faire l’inventaire archéologique des fonds marins et des rivages de ces deux régions stratégiques pour la navigation. En aout dernier, le chercheur a dirigé une équipe d’archéologues et de plongeurs qui a effectué six jours de plongée en face de Lévis.

    À bord du Côte-des-Neiges, les plongeurs s’apprêtent à scruter les fonds du Saint-Laurent à la recherche d’épaves.
    Canons de la flotte française

    «Nous savons que quatre bateaux de la flotte française de 1759 ont coulé à cet endroit pendant une tempête, alors qu’ils cherchaient à regagner la France avant l’hiver, explique l’archéologue. Il y a eu aussi le naufrage du navire d’approvisionnement L’Éléphant à Cap-Brûlé, en aval de l’île d’Orléans, en 1729. Ce naufrage est célèbre parce que le navire transportait des personnages éminents comme l’intendant et l’évêque de Québec, qui ont survécu. Il y a également eu un chantier de construction et de réparation de bateaux à Lévis et nous avons là un ensemble archéologique très riche.»

    Vers 1912, des riverains ont même récupéré des canons qui étaient visibles de la rive; deux ont été installés devant l’église de Saint-Romuald, mais ont disparu depuis. On raconte en outre que, dans les années 70, des plongeurs amateurs auraient repéré d’autres canons sous les eaux.

    L’histoire s’est avérée exacte puisque les recherches de l’été dernier ont permis de découvrir quatre canons qui gisent dans le fleuve depuis 250 ans. «Ce sont des canons de petite taille, environ 5,5 kilos, du type de ceux qui équipaient les navires français, affirme Brad Loewen. Ces canons ont été déplacés par les glaces et ne sont plus à l’endroit des naufrages. Mais, comme ils sont regroupés dans deux zones, ils pourraient être reliés à deux des navires. Leur principal intérêt est de nous permettre de retrouver d’autres vestiges.» On peut avoir un aperçu de ces pièces d’artillerie dans la version «Forum en clips» de cette entrevue.

    Pour l’instant, les archéologues travaillent sur un site où les artéfacts sont dispersés sur une centaine de mètres. L’un des objectifs de la recherche est d’ailleurs de cartographier le fond marin, de mesurer les courants et les marées afin de connaitre les conditions de navigation de l’époque coloniale. Ces données leur permettront de comprendre le déplacement des objets sur le fond du fleuve et éventuellement de remonter aux épaves elles-mêmes.

    Mais Brad Loewen ne se fait pas d’illusions. «Les glaces raclent le lit du Saint-Laurent à marée basse et il est possible que les épaves n’existent plus», admet-il. De plus, la rivière Etchemin, qui se jette dans le fleuve en amont du site, apporte quantité de sédiments. Mais le fait que la zone n’ait pas subi de perturbations lors du dragage de la voie maritime lui donne espoir.

    Brad Loewen devant la marina de Lévis, au retour d’une expédition qui a permis de localiser un quatrième canon. (Photo: Daniel Baril)
    Des conditions difficiles

    Les recherches en archéologie maritime nécessitent patience et longueur de temps. «Nous ne pouvons pas travailler si le courant est plus rapide que deux nœuds et nous ne plongeons que lorsque les marées sont faibles afin d’avoir une période d’étale plus longue.»

    À la dernière journée de plongée, l’équipe a dû attendre plus d’une heure avant que les conditions soient favorables, en tournant au-dessus du site à bord du Côte-des-Neiges, le navire sonar de recherche en archéologie de l’UdeM. Et, lorsque les plongeurs ont enfin pu se mettre au travail, la visibilité était très réduite à cause de pluies récentes.

    Les chercheurs doivent de plus veiller à conserver une certaine discrétion quant à leurs découvertes pour assurer la préservation des sites. «Les plongeurs amateurs et sportifs sont des alliés pour les recherches puisque ce sont souvent eux qui mettent au jour des sites archéologiques et qui nous livrent de précieuses informations, mentionne le professeur. Ce sont des passionnés, mais ils ne sont pas toujours au courant des lois et plusieurs aiment rapporter des souvenirs de leurs plongées.»

    Le professeur mise donc sur des équipes mixtes composées non seulement de professionnels et d’étudiants, mais aussi de plongeurs amateurs qui ne demandent pas mieux que d’être intégrés à un projet de recherche. «Cela leur donne une formation et contribue à sensibiliser ce milieu.»

    Les plongées reprendront l’été prochain, car le site est considéré comme très propice à la formation des étudiants. Ce projet est rendu possible grâce au Conseil de re-cherches en sciences humaines du Canada, qui subventionne les opérations sur le terrain, et à une contribution de la Fondation canadienne pour l’innovation, qui a permis l’acquisition du Côte-des-Neiges.

    Daniel Baril

    Voir le clip :

    À la recherche des vestiges d’une flotte française

    http://www.nouvelles.umontreal.ca/multimedia/forum-en-clips/a-la-recherche-des-vestiges-dune-flotte-francaise.html

    Le professeur en archéologie historique et maritime au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal, Brad Loewen, a amorcé un programme de recherche qui vise à faire l’inventaire des fonds marins et des rivages des villes de Lévis et de Baie-Saint-Paul. À l’aide de son équipe, composée d’étudiants, de professeurs, d’archéologues et de plongeurs amateurs, le professeur explore depuis trois ans cette partie du fleuve Saint-Laurent. Ils ont y découvert quatre canons qui appartiendraient à une flotte française ayant fait naufrage juste après la Conquête.

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc
    François Mitterrand

  90. 90 Soldat Sanspareil Le 22 août 2010 à 7h44

    Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France

    L’Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France recense tous les lieux associés à la présence française en Amérique du Nord et ce, des deux côtés de l’Atlantique. On y retrouve des bâtiments, des sites archéologiques, des plaques et des monuments et d’autres biens qui témoignent, dans le paysage d’aujourd’hui, de cette relation entre l’Amérique et la France. On y trouve également, de manière complémentaire, une base de données sur les personnages ainsi qu’une base de données bibliographiques. Cet Inventaire est constitué, dans une première étape, de lieux de mémoire de la Nouvelle-France situés au Québec et en Poitou-Charentes. À compter de 2006, viennent s’y ajouter les lieux de mémoire inventoriés en Ontario, dans les provinces de l’Atlantique et de l’Ouest canadien.

    État de l’Inventaire
    La base de donnée de l’Inventaire est évolutive. Amorcée au printemps 2002, la saisie des informations se poursuit. De nouvelles informations sont donc ajoutées fréquemment.
    Actuellement, la base de données contient entre autres :
    1729 lieux;
    1722 personnages;
    358 articles;
    408 ouvrages.

    http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
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    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

  91. 91 Soldat Sanspareil Le 22 août 2010 à 7h53

    Le premier chant de victoire de la Nouvelle-France

    http://www.mcccf.gouv.qc.ca/phips/news7.htm

    La découverte de l’épave d’un navire appartenant à la flotte de Phips a suscité beaucoup d’intérêt de la part des chercheurs et des férus d’histoire et d’archéologie. René Bouchard, attaché politique au bureau de la ministre de la Culture et des Communications est aussi un ethnologue qui, au gré de ses lectures, parcourt des documents fort intéressants. Dans Les Cahiers des Dix, il a trouvé un article du célèbre folkloriste québécois Luc Lacourcière publié en 1974. Cet article fait état de la découverte d’une chanson traditionnelle qui relate le siège de Québec par Sir William Phips.

    Selon Lacourcière, cette chanson serait vraisemblablement contemporaine des événements, soit de la fin du XVIIe siècle. Il s’agirait donc, d’après lui, « de la plus ancienne chanson autochtone qu’on ait retrouvé sur un événement canadien ». Comme l’épave est la plus ancienne (1690) repérée jusqu’à présent au Québec, René Bouchard a bien raison de dire qu’il est fantastique de voir réunis autour d’un même événement les deux plus vieux témoignages connus de notre patrimoine matériel et immatériel euroaméricain.

    L’article de Lacourcière met en lumière et réunit des éléments provenant de deux sources distinctes. La première source est un article de Pierre-Georges Roy rédigé de mémoire plusieurs années après sa rencontre avec une vieille dame de Sainte-Luce, près de Rimouski. Roy raconte que la vieille dame, âgée de 90 ans, la mère Lavoie, lui a chanté cette chanson, après s’être fait prier un peu. L’article de Roy en présente toutefois une version fort incomplète.

    La deuxième source vient de Marius Barbeau qui, en 1946, a enregistré une chanson ayant pour titre Le Général de Flipe. Le déroulement du récit, bien que comportant des lacunes, suit d’assez près les diverses péripéties historiques. Chantée à l’époque par Joseph Brisebois, un vieillard de 92 ans à la voix chevrotante originaire de Charlevoix, la chanson avait été enregistrée en phono sur un cylindre de cire. Elle est malheureusement à peine audible aujourd’hui.

    Les recherches pour repérer l’enregistrement nous ont conduit ensuite aux Archives de folklore de la bibliothèque de l’Université Laval. C’est là que nous avons appris, comble du hasard, que Louise Courville et Pierre Bouchard de l’Ensemble de la Nouvelle-France étaient parvenus à résoudre l’énigme musicale du premier chant de victoire de la Nouvelle-France. Ils ont mis sur disque cette chanson inédite qui a pour titre Quebeca Liberata : Le général de Flipe (1690). Elle est chantée en vieux français, a cappella, comme cela se faisait sans doute à l’époque.

    En voici aussi quelques strophes :

    Le général de Flipe

    C’est le général de Flipe qu’est parti de l’Angleterre,
    Avec trente-six voiles et plus de mille hommes faits.
    Croyait par sa vaillance prendre la ville de Québec.
    A mis la chaloupe à terre avec un beau générau.
    C’est pour avertir la ville de se rendre au plus tôt :

    Avant qu’il soye un deux heures j’allons lui livrer l’assaut.
    C’est le général de ville z’appelle mon franc canon!

    Va-t-en dire à l’ambassade : Recule-toi, mon général!
    Va lui dire que ma réponse, c’est au bout de mes canons …
    Sources

    Luc Lacourcière, « Le Général de Flipe » (Phips), dans Les Cahiers des Dix, Québec, 1974.
    Pierre-Georges Roy, « Bribes du passé », dans Le monde Illustré, Montréal, 7e année, no 346, 20 décembre 1890, p. 527.
    L’Ensemble Nouvelle-France, Musiques historiques du Québec, Anthologie, vol. 2 : Victoires et Réjouissances à Québec (1690-1758), 1997 (S170618), étiquette : Interdisc.

    Pour obtenir le disque, on peut écrire à l’adresse électronique suivante : pierre.bouchard@mus.ulaval.ca

    ou s’adresser au :
    Musée de l’Amérique française
    À l’attention de madame Louise Courville
    9, rue de l’Université
    Québec G1R 4R7
    Téléphone (418) 692-2843

    Soldat Sanspareil
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  92. 92 Soldat Sanspareil Le 22 août 2010 à 8h04

    Chanson Victoire à Carillon.

    Voici la chanson qui a été chanté avec fierté par les reconstituteurs des troupes françaises lors de la commémorations du 250ème anniversaire de la Victoire de Montcalm au fort Carillon juin 2008.

    Victoire de Carillon

    Un jour c’était grand’ fête
    Près de Carillon ;
    Les Anglois, bannières en tête
    Sous nos canons,
    S’avançaient à l’aveuglette
    Leurs fusils chargés.

    Maluron, malurette,
    Maluron, Maluré.

    Soudain, d’une vois discrète
    Notre général(Montcalm)
    Nous dit : La musique est prête
    Commençons le bal
    Et que la danse s’arrête
    Qu’au soleil couché.

    Maluron, malurette,
    Maluron, Maluré.

    Envoyez-leur des noisettes
    Pour leur déjeuner
    Ils prendront des pommettes
    S’ils veulent dîner
    Et de la poudre d’escampette
    À leur volonté.

    Maluron, malurette,
    Maluron, Maluré.

    Voici le lien pour vous procurer l’album de l’Ensemble Nouvelle-France:

    http://ensemblenouvellefrance.com/page7.html

    Vous pourrez aussi en faire l’écoute sur un des vidéos du 2ème bataillon régiment de la Sarre.

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
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    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
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  93. 93 Soldat Sanspareil Le 27 août 2010 à 8h03

    Les Documents de Lévis aux Archives canadiennes

    Pour en savoir plus consulter le lien suivant:

    http://www.erudit.org/revue/haf/1951/v4/n4/801670ar.pdf

    Soldat Sanspareil
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Cet article a été rédigé par Opinions des lecteurs il y a 1 an et 0 mois, le Lundi 3 août 2009. La dernière modification a été effectuée le Lundi 3 août 2009.

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