Le mardi 16 juin 2009

QuébecPolitique

Jacques Parizeau a raison!

Il faut provoquer une crise politique pour que les Québécois se réveillent

L'indépendance du Québec ]

Par RRQ

Nous ne craignons pas d’affirmer qu’une crise politique aurait le mérite de remuer les choses au Québec, de forcer les Québécois à prendre enfin la seule décision qui leur assurera un avenir en tant que peuple, soit de déclarer leur indépendance politique.

Lors d’une conférence prononcée dernièrement, l’ancien chef du Parti Québécois Jacques Parizeau, s’appuyant sur les dires d’un de ses anciens collaborateurs, a affirmé qu’une crise politique pouvait être bénéfique pour la cause indépendantiste. Il a ajouté qu’il était bien sûr préférable que cette crise survienne au bon moment, dans un contexte où les indépendantistes sont maîtres du jeu. D’où la pertinence qu’il y a pour ces mêmes indépendantistes, dirions-nous, de la provoquer. M. Parizeau, encore une fois, a pleinement raison.

Nous ne craignons pas d’affirmer qu’une crise politique aurait le mérite de remuer les choses au Québec, de forcer les Québécois à prendre enfin la seule décision qui leur assurera un avenir en tant que peuple, soit de déclarer leur indépendance politique. C’est entre autres pourquoi, au Réseau de Résistance du Québécois, nous ne croyons pas que le seul prosélytisme sera suffisant pour sortir le Québec des griffes canadiennes. Les stratégies que nous mettons de l’avant consistent à rendre également le Québec de plus en plus inconfortable aux forces fédéralistes.

Lorsqu’elles atteignent pleinement leur but, ces stratégies provoquent des crises comme celle, par exemple, qu’il y eut dans le cadre du projet de reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham. Bref, nous faisons tout ce que nous pouvons pour provoquer nos ennemis et les amener sur le terrain de l’affrontement. Car il n’y a que de cette guerre ouverte que le Québec libre pourra émerger.

Les Républicains nord-irlandais avaient compris, dès les années 1950 et 1960, qu’un pays ne pouvait être construit uniquement par l’entremise de démarches consistant à convaincre les pairs de choisir la liberté. L’affrontement direct avec l’ennemi est également nécessaire, affrontement qui peut se faire de diverses façons et pas nécessairement par la violence, bien sûr. En fait, c’est la fusion du prosélytisme et de la confrontation qui permet aux camps indépendantistes d’arracher la victoire.

Il ne s’agit évidemment pas de déclencher des crises et des affrontements futiles, par simple calcul politique. Il s’agit de poser les conditions du peuple québécois, de refuser de vivre dans l’indignité, sur un territoire occupé avec arrogance par une puissance coloniale qui se sert de l’argent et des autres ressources de la nation québécoise pour tenter de la maintenir dans l’asservissement. Il s’agit d’exiger la fin du démembrement du Québec par Canada inc.

Bouter l’occupant hors du Québec est beaucoup plus rentable économiquement et socialement pour le peuple québécois que d’accepter sa condition de vaincu, que de jouer avec la moitié d’un carré de sable et que
de se contenter de la moitié de ses leviers. Il n’y a pas de contradiction entre l’affrontement préconisé par le RRQ et le développement du Québec, contrairement à ce que voudrait nous faire croire le pillard en chef de la nation, Jean Charest. Il y a plutôt une contradiction entre le rendement à court terme que cherchent les rapaces de la finance, amis des libéraux, et le développement économique et social durable d’un peuple maître de son destin.

Le problème fondamental avec le concept de gouvernance souverainiste de Pauline Marois, c’est que cette dernière refuse d’aller au bout de sa logique en adoptant pleinement et franchement une approche antagoniste. Elle préfère confiner encore et toujours son parti au stérile collaborationnisme. Tant qu’elle refusera d’adopter l’antagonisme en tant qu’attitude fondamentale, tant qu’elle croira que l’indépendance pourra se faire dans la joie et l’harmonie la plus totale, sous une pluie de confettis en donnant la main à qui mieux mieux à son prochain, et que son plan sera représentatif de cela, celui-ci ne pourra jamais nous mener à la victoire.

Le plan de Pauline Marois, dans le cadre de la gouvernance souverainiste, est en plus teinté d’une mauvaise foi évidente. En affirmant que le Parti Québécois se rendra à Ottawa pour négocier des rapatriements de pouvoirs, de façon à améliorer le sort du Québec, et ce, sans préciser que c’est la crise qui est recherchée, Pauline Marois prend les gens pour des valises. Tout le monde se doute bien qu’elle souhaite provoquer la crise. Les gens ont compris que Mme Marois ne peut quand même pas être assez naïve pour croire qu’elle obtiendra ne serait-ce qu’une seule concession de la part du fédéral. Mais, celle-ci n’a pas le courage de le dire clairement.

Cette position est malsaine et Pauline Marois a déjà commencé à en payer le prix. Nos ennemis n’ont eu aucune difficulté à la pousser dans les câbles. Ils n’ont eu qu’à lui poser une question tout simple : « est-ce que vous voulez provoquer une crise néfaste pour le Canada avec votre plan »? À cela, elle ne pouvait répondre que deux choses. Elle aurait pu dire oui. Elle aurait ainsi confirmé qu’elle est de mauvaise foi lorsqu’elle dit vouloir convaincre les fédéraux de concéder des pouvoirs au Québec via sa démarche de gouvernance souverainiste. Mais Mme Marois, comme on s’en doutait très fortement dès le départ, a préféré répondre non, en précisant qu’elle espère vraiment obtenir de nouveaux pouvoirs pour le Québec. Ce faisant elle a peut-être confirmé qu’elle est de bonne foi mais elle a du même souffle admis qu’elle défend désormais, et très clairement, des positions autonomistes et donc fédéralistes, ce qui ne saurait plaire aux militants. Comme quoi, le Parti Québécois de Pauline Marois a lui-même tendu le piège dans lequel il vient de marcher.

En lieu et place d’une telle stratégie, j’aurais préféré de beaucoup que le PQ dise clairement et honnêtement les choses. J’aurais apprécié que le PQ s’interdise de militer pour l’amélioration du sort du Québec dans le fédéralisme canadien en attendant que la souveraineté survienne, un jour comme par enchantement et peut-être avant la fin de nos jours, et qu’il clame plutôt qu’il adoptera unilatéralement des mesures qui jetteront le Canada hors du Québec. On parle ici de gestes de rupture plutôt que des négociations pour récupérer, auprès du voleur lui-même, des pouvoirs qui nous ont été usurpés.

Bien sûr, nos ennemis nous dirons que cela n’est pas légitime eu égard à la légalité fédérale. Mais, si nous sommes sérieux dans notre volonté de libérer le Québec des chaînes canadiennes, nous devons faire fi de ces critiques et même de la légalité canadienne elle-même. Car il n’y a qu’une légalité que nous devons reconnaître, et c’est la légalité québécoise. À l’instar de la Lettonie et de la Lituanie, nous devons nous comporter comme si les lois québécoises étaient toujours prépondérantes par rapport aux lois fédérales. D’ailleurs, la loi 99 adoptée jadis par le Parti Québécois dit que nous sommes souverains dans nos champs de compétence. En allant négocier avec le fédéral pour récupérer des parcelles de nos compétences, le PQ de Pauline Marois viole cette loi en considérant le fédéral comme étant le grand maître du Québec. C’est aussi pour cela que la démarche de Pauline Marois est dangereuse et néfaste.

Évidemment, pousser le fédéral dans ses derniers retranchements en appliquant des gestes de rupture, cela exigera du courage. Ces gestes nous permettront de provoquer la crise recherchée et d’avancer à vitesse grand V vers le pays du Québec. Ils sont donc souhaitables parce que bénéfiques pour notre cause. Et ils nous permettraient en plus d’agir en toute transparence et en toute honnêteté, ce que les citoyens apprécient toujours. Ces derniers nous seraient même reconnaissants de leur faire ainsi confiance en leur présentant très clairement nos objectifs. Après tout, en tant qu’indépendantiste, j’ai pour mon dire que les magouilles et les manigances, on se doit de laisser ça aux fédéralistes, car elles leur siéent si bien.

En les adoptant, en guise de stratégies, on ne peut que se rapprocher de ces parasites et on finira, au bout du compte, par leur ressembler comme des copies carbones, ce qu’on doit absolument éviter. Moi, je veux un pays du Québec pour améliorer un tant soit peu le sort du monde; je ne veux certainement pas d’un pays pour assurer encore un peu mieux la pérennité de l’ancien régime.

Pauline Marois a certainement craint qu’en disant aussi clairement les choses, que cela déchaîne la fureur de nos ennemis. Le problème est qu’ils se déchaînent de toute façon dès qu’on fait mine de se comporter en peuple libre. Il faut l’accepter, certes, mais surtout l’assumer. Le pays du Québec suscitera la grogne chez certains, c’est écrit dans le ciel. Que ceux qui ne peuvent envisager une telle possibilité retournent dans leurs terres ou à Moulinsart, car ils ne sont décidément pas à leur place dans le mouvement indépendantiste.

Pauline Marois a dû aussi craindre de fournir des munitions à Jean Charest en militant ouvertement en faveur de la crise et de l’affrontement politique. D’ailleurs, le petit homme sans éthique qui nous sert actuellement de premier ministre vient tout juste de dire qu’un PQ qui œuvrerait pour la souveraineté nuirait aux intérêts du Québec. Or, vouloir sortir le Québec du Canada n’est en rien néfaste pour les Québécois puisque c’est la seule façon de les sortir collectivement de ce bourbier qui finira par les avaler et leur servir de fosse commune.

Historiquement, les faits le démontrent très clairement, le Canada a desservi le Québec. Et cela se poursuit encore aujourd’hui. Pendant que le français décline lentement mais sûrement au Québec, Ottawa refuse de soumettre à la loi 101 les sociétés fédérales agissant ici. Pendant qu’Ottawa renfloue les coffres de l’industrie automobile qui est concentrée en Ontario, elle ne réserve que des miettes à l’industrie forestière, qui est très importante au Québec.

Pendant que le monde traverse une importante crise économique et que les États ont besoin de tous les outils qui sont à leur disposition pour se sortir de ce marasme, Ottawa reconnaît du bout des lèvres que le Québec forme une nation (dans un Canada uni pour toujours et toujours et toujours et sans doute plus longtemps encore!), mais sans lui concéder le moindre pouvoir nouveau. Nous ne sommes donc pas maîtres chez nous, ce qui est déplorable et néfaste.

Quoi qu’en dise John Charest, sortir du Canada, peu importe qu’il y ait une crise économique sur la scène mondiale, c’est la chose à faire pour le Québec. Et ne lui en déplaise, c’est ce que nous ferons! Et bientôt!

Nous vaincrons!

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Cet article de 1670 a été rédigé par Réseau de Résistance du Québécois il y a 7 ans et 11 mois, le mardi 16 juin 2009.

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