Par JP Tellier
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Le protectionnisme est apparu aux quatre coins de la planète depuis le déclenchement de la crise. À l’index depuis au moins deux décennies, le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Un discours qui tranche avec les prophéties libre-échangistes.
À Londres, le 2 avril 2009, les pays développés et émergents entonneront une fois de plus le refrain de la libéralisation des échanges. La mondialisation est arrivée à la fin d’un cycle. Le protectionnisme menace, acheter seulement produits et services fait chez-soi.
Cette année, pour la première fois, les diplômés canadiens qui obtiendront leur MBA dans une université américaine ne pourront pas postuler d’emploi à la Bank of America. La Bank of America est la première banque américaine à se conformer ainsi à la clause « buy american » du plan d’aide destiné à renflouer les institutions financières américaines.
Cette orientation appliquée aux USA a démoli l’industrie forestière du Québec. Elle fait mal à notre agriculture. L’ALENA est un tas de merde pour le Québec. Le projet de Charest avec le Marché Européen le sera aussi.
« Il est un principe incontournable: ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Des accords de libre-échange bilatéraux avec un grand nombre de pays serviront mieux nos intérêts qu’une entente unique avec un grand voisin. » — Pierre Fortin, l’Actualité, 15 avril 2009
Le protectionnisme est apparu aux quatre coins de la planète depuis le déclenchement de la crise. À l’index depuis au moins deux décennies, le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Un discours qui tranche avec les prophéties libre-échangistes.
La Banque mondiale a révélé que les pays qui participaient au dernier sommet du G20 avaient vite oublié leur profession de foi envers la libre circulation des marchandises. Dix-sept d’entre eux ont promulgué pas moins de 47 mesures protectionnistes depuis le sommet.
« Les chantres du libre-échange continuent à dire que tout va bien, mais on voit bien que la réalité est tout autre », dit l’économiste Jean-Luc Gréau, auteur de La Trahison des économistes (Gallimard). « On assiste aujourd’hui au développement d’un protectionnisme sauvage. Personne n’a rien vu venir et ça risque de ne pas s’arrêter là. »
L’essayiste français Emmanuel Todd n’hésite pas à annoncer un véritable changement d’époque: « Je vois, dans la crise actuelle, la mort du libre-échange tel que nous l’avons connu depuis au moins deux décennies. Les dirigeants du G20 ne l’ont pas encore compris. Ils vont continuer pendant encore un certain temps à dire que le libre-échange est une panacée. À cause de l’inertie des cerveaux, il faudra quelques années avant que le discours change. Mais, dans la réalité, l’idéologie libre-échangiste est morte. »
« Le problème, aujourd’hui, c’est de mettre en concurrence des pays qui ont un niveau de salaires élevé avec des pays où les salaires sont très bas et où il n’y a aucune protection sociale. » — Hakim El Karoui
« L’enjeu, dit El Karoui, c’est au fond la cohésion de la société qui a été cassée depuis des années par la stagnation des salaires. Il faut trouver le moyen de protéger les couches sociales les plus vulnérables qui ne peuvent pas faire concurrence aux ouvriers chinois ou indiens, payés des salaires de misère. »
Les tarifs douaniers ne fermeront pas le marché. Ils obligeront simplement les producteurs à venir produire chez nous en respectant nos usages. « Le monde du libre-échange intégral, c’est la guerre de tous contre tous », dit Todd.
Le protectionnisme c’est aussi utiliser la sous-évaluation de sa monnaie pour favoriser ses exportations.
Pour Emmanuel Todd, le retour du protectionnisme est loin de signifier la fin de la mondialisation. « La mondialisation, ce n’est pas seulement le commerce. Les capitaux et la main-d’oeuvre vont continuer de circuler, les idées aussi. Les gens ne vont pas cesser de voyager et on ne va pas abolir Internet.»
Source: Christian Rioux, le Devoir, 28 mars 2009
Adaptation: Jean Paul Tellier

Mots clés: International, Économie,
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Profil: Jean-Paul Tellier est né à Montréal au pays Québec le jour de la Fête nationale,le 24 juin 1944. J'ai fait carrière comme conseiller à la Maison du Québec à Paris…
Cet article a été rédigé par Jean Paul Tellier il y a 1 an et 5 mois, le Lundi 30 mars 2009.
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