Par Dave
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S’il y a une question qu’on pose régulièrement au Québécois dans les sondages, c’est bien sur la souveraineté du Québec! Depuis des années, l’opinion publique en faveur de la souveraineté fluctue au gré des événements, des scandales, des refus du fédéral ou des bonbons offerts par Ottawa. Cependant, s’il existe un facteur d’une grande importance qui nous glisse entre les doigts, c’est bien celui de la question posée aux citoyens sondés…
Tout le monde le sait, au fil des années, les sondages sont devenus de puissants outils de propagande pour les médias traditionnels et les organisations partisanes. Souvent, l’ordre des questions est biaisé, parfois ce sont les questions elles-même qui le sont.. Et si le problème n’est pas dans les questions, il se situe parfois dans les possibilités de réponses offertes…
Je ne crois pas avoir besoin de mentionner qu’on peut faire dire ce que l’on veut avec un sondage. Je l’avais démontré l’an dernier dans un article qui dénonçait un sondage qui évaluait le racisme chez les Québécois. Ce sondage avait fait la une durant un certain moment, les médias de Quebecor ne ratant pas une occasion en or de faire du millage. Or, ce genre de sondage n’apporte absolument rien au débat public…
S’il y a une question qu’on pose régulièrement au Québécois dans les sondages, c’est bien sur la souveraineté du Québec! Depuis des années, l’opinion publique en faveur de la souveraineté fluctue au gré des événements, des scandales, des refus du fédéral ou des bonbons offerts par Ottawa. Ainsi, chaque fois que l’appui pour le OUI chute en delà de la barre psychologique des 40%, les éditorialistes fédéralistes s’efforcent de nous faire croire que le mouvement souverainiste agonise.
Alors, comme je mentionnais précédemment, une foule de facteur font fluctuer l’appui pour la souveraineté dans les sondages. Cependant, s’il existe un facteur d’une grande importance qui nous glisse entre les doigts, c’est bien celui de la question posée aux citoyens… À ce titre, une étude étoffée publiée par François Yale démontre que les fluctuations s’expliquent beaucoup par le type de question posée. Ainsi, l’appui à la souveraineté du Québec varie de quelques points si la question posée parle de séparation plutôt que d’indépendance, ou d’indépendance au lieu de souveraineté, ou de souveraineté au lieu de souveraineté-association.1 Pourtant, on s’entend pour dire qu’outre la souveraineté-association, les mots souveraineté, indépendance et séparation réfèrent au même projet, mais que certains mots sont utilisés péjorativement.
Ainsi, François Yale conclue:
Les résultats montrent qu’il est effectivement futile de parler de manière générale de l’appui à la souveraineté du Québec. Le choix des mots dans la présentation du projet politique par les sondeurs influence l’appui qui lui est accordé.
Ainsi donc, depuis des années, on fait référence à des sondages dont la méthodologie est douteuse afin de fixer un appui à la souveraineté. Ce qui me fait venir à l’intention principale de mon article.Dans la dernière année, on a souvent indiqué que l’appui à la souveraineté chutait. Ce qu’on a oublié de nous dire, c’est que depuis un an, la question posée par les sondeurs est différente d’auparavant! On ne parle plus de souveraineté-partenariat, mais de souveraineté simplement. Cela a eu pour conséquence du jour au lendemain une impression de chute de l’appui populaire à ce projet.
Ce passage d’un article du Devoir résume assez bien la situation actuelle:
À 42%2 , la souveraineté se retrouve exactement au même niveau qu’en avril 2007, alors que Léger Marketing avait posé pour la dernière fois la même question qu’au référendum d’octobre 1995 sur la souveraineté assortie d’une offre de partenariat avec le Canada. Le mois suivant, avec la nouvelle question portant sur la souveraineté tout court, le OUI avait baissé à 36 %, soit un recul de 6 %.
La question que l’on pose aujourd’hui dans les sondages est donc celle-ci: « Si un référendum sur la souveraineté du Québec avait lieu aujourd’hui, voteriez-vous pour ou contre la souveraineté? » Vous ne trouvez pas que cela change un peu les perspectives de savoir que la souveraineté obtient 42% d’appui et ce, sans mention de partenariat?
Dans le même sondage, on a demandé aux sondés s’ils souhaitaient un jour voir le Québec indépendant, et la réponse fût même de 43%… Signe que les temps changent, et que les termes sont de moins en moins démonisés…
Mots clés: L'indépendance du Québec, Politique, Québec,
Cet article a été rédigé par Dave il y a 2 mois et 1 jour, le mardi 20 mai 2008. La dernière modification a été effectuée le mardi 20 mai 2008.
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