Par Marie-Eve
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Le 18 mars dernier, c’est en conférence de presse que le Premier Ministre Jean Charest et le Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale Sam Hamad ont dévoilé leur projet d’investissement pour un Pacte à l’emploi. Une nouvelle bien accueillie par les chefs d’entreprises et certains syndicats et plutôt mal perçue par les mouvements sociaux. Qui a tort, qui a raison ?
Ce Pacte à l’emploi constitue un investissement d’un milliard de dollars sur 3 ans, selon le gouvernement libéral du Québec. Il vise les objectifs suivants : « diminuer de 50 000 le nombre de prestataires de l’assistance sociale, soutenir 52 000 personnes de plus dans leur démarche d’insertion au marché du travail ou de formation, former 250 000 travailleurs de plus, desservir 4 800 entreprises additionnelles qui veulent accroître leur productivité par le développement des compétences de leur main-d’oeuvre.1 »
À première vue, ce projet peut sembler une réussite et un pas dans une bonne direction pour enfin lutter contre la pauvreté. Cependant, plusieurs interrogations à ce moment-ci peuvent être émises. Premièrement, il est clair que la volonté des Libéraux est, une fois de plus, de jouer sur les préjugés afin de justifier les nombreuses coupures qui sont faites depuis des années auprès des prestataires d’aide sociale. En effet, on peut lire sur le site du Gouvernement du Québec que ce pacte sert à : « Faciliter l’accès au marché du travail à tous ceux et celles qui souhaitent travailler.2 » On remet donc le fait d’être sans emploi sur la responsabilité des individus en ne questionnant d’aucune manière le système de l’emploi actuel, capitaliste et compétitif. Et ceux et celles qui refuseront de participer à ce pacte seront perçu(e)s comme les « méchant(e)s pauvres » qui refusent de contribuer de manière « active » à la société.
Mais qui sont ces personnes qui sont visées par de telles mesures ? Parce que selon le Ministère de l’emploi et de la solidarité sociale, en 2006, seulement 8,5 % des prestataires d’aide sociale considéré(e)s sans contrainte à l’emploi auraient pu être réemployé(e)s dès le lendemain (environ 12 500 personnes). Comment peut-on calculer que l’on sortira 50 000 personnes sur 3 ans ? Paiera-t-on vraiment des formations qualifiantes et reconnues pour toutes les autres personnes ou continuera-t-on à prétendre que les mesures d’aide à l’emploi actuelles sont suffisantes pour y arriver ?
Parce que des mesures il y en a présentement et elles continuent, pour la plupart d’entre elles, de permettre aux chefs d’entreprises de voir les personnes assistées sociales comme du « cheap labor ». Par exemple, pour le programme « Devenir », on demande à une personne de s’impliquer 20 heures par semaine ou 80 heures par mois pour obtenir une allocation de 130$ de plus sur son chèque d’aide sociale. Donc, on demande à cette personne de travailler pour 1,63$ de l’heure. Maintenant, avec le Pacte à l’emploi, cette allocation passera à 200$ pour 80 heures de travail par mois, ce qui donnera un taux horaire de 2,50$. Ces mesures contribuent donc à une « incroyable » amélioration de leurs conditions de vie !
Et si on regarde de plus près les conditions dans lesquelles se vivent ces mesures, rien ne nous présage des améliorations sur cet aspect. Les personnes assistées sociales n’ont toujours aucun droit ou aucun recours si elles perdent leurs mesures en cours de route, si les normes du Ministère changent, etc. De plus, quelle est la garantie à la suite des ces formations et ces mesures d’aide à l’emploi de se trouver une « job » ? Travailleront-elles au salaire minimum ? À temps partiel ? Sur appel ? Sortir de l’aide sociale ne veut absolument pas dire sortir de la pauvreté. Aucun engagement non plus lors de cette annonce par le Ministre du Travail qui viendrait ajouter certains avantages sociaux pour les personnes qui suivront ces programmes comme une couverture financière par la CSST en cas d’accidents par exemple.
À qui profitera donc ce Pacte pour l’emploi ? Aux personnes les plus pauvres qui continueront de subir le regard de la société comme si elles n’avaient pas la volonté de « s’en sortir » ou aux chefs d’entreprises qui recevront pour presque rien de la main-d’œuvre à bon marché ? Les réponses viendront avec le temps. En attendant, on peut effectivement se questionner sur la réelle « bonté » de ce gouvernement qui, d’un côté nous annonce ses intentions d’aider les gens à retourner sur le marché du travail, et de l’autre modifient les normes d’un de ces programmes déjà existant (appelé Interagir) sous prétexte que trop de personnes y étaient admissibles et que les coûts étaient trop élevés.

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Articles rédigés: 3 articles
Cet article a été rédigé par Marie-Ève Duchesne il y a 4 mois et 15 jours, le Lundi 14 avril 2008. La dernière modification a été effectuée le Lundi 14 avril 2008.
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Les libéraux ont essayé bien pour accomplir leur but, mais comme vous avez dit, s’ils ne reconnaissent pas la nature du marché de travaille, qui exclut une trop grande partie de la population québécois, spécialement les jeunes, immigrantes, et minorités, ils pourront jamais résoudre le problème.