Le vendredi 1 décembre 2006

PolitiqueQuébec

Le premier gouvernement souverainiste du Québec

L'indépendance du Québec ]

Par Julien Gaudreau

Le gouvernement Lévesque a suscité de très grands espoirs chez les nationalistes. Le gouvernement décide de relever le Québec des mesures fédéralistes de Robert Bourassa avant de faire le référendum. La révolution tranquille est de retour, les réformes d’importances se succèdent à un rythme effréné. La plus importante est la charte de la langue française […]

Le gouvernement Lévesque a suscité de très grands espoirs chez les nationalistes. Le gouvernement décide de relever le Québec des mesures fédéralistes de Robert Bourassa avant de faire le référendum. La révolution tranquille est de retour, les réformes d’importances se succèdent à un rythme effréné. La plus importante est la charte de la langue française parrainé en 1977 par Camille Laurin. Cette loi se veut un complément à loi 22 de Bourassa.

Elle se base sur un état de fait : le français est en danger, le Québec s’anglicise. La majorité des immigrants et de plus en plus de francophones envoient leurs enfants à l’école anglaise. De plus, plusieurs grandes chaînes de magasins font tout leur affichage en anglais. Laurin et le gouvernement péquiste décident alors d’agir. La loi 101 oblige les enfants d’immigrants à aller à l’école française et précise que seuls les enfants dont l’un des parents est allé à l’école anglaise pourront aller dans les écoles de cette langue. L’affichage sera dorénavant exclusivement en français.

Cette loi contribuera à sauver les francophones québécois à moyen terme de l’assimilation. En 1976, on estimait qu’en l’an 2000, il n’y aurait plus que 72% de francophones au Québec. Grâce, notamment, à la loi 101, les francophones forment aujourd’hui 82% de la population par apport à 83% en 1976.

« Si j’ai bien compris, vous êtes en train de me dire : à la prochaine fois. » -René Lévesque après la défaite référendaire de 1980.

En 1980, le gouvernement péquiste est à la fin de son mandat. Il est temps pour lui de faire ce pourquoi il a été élu, un référendum sur la souveraineté du Québec. Le référendum est un échec pour le gouvernement, il n’obtient que 41% des votes. Le taux de participation à été de 85%. Les causes de l’échec sont nombreuses. La question complexe a permis aux fédéralistes de railler les souverainistes.

Question du référendum de 1980:

«Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples; cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada?

Malgré la stratégie étapiste, les Québécois ont voté selon leur cœur. Ils ont voté sur le fond de la question. De plus, la campagne de peur mise en place par les libéraux fédéraux fait beaucoup d’effet surtout grâce aux multiples transgressions à la loi électorale du Québec. Le terme « association » et « négociation » donnent aussi le beau jeu à Trudeau, le Premier ministre du Canada, de refuser toutes futures associations ou négociations avec le Québec.

L’épisode des « Yvettes » qui mobilisent les femmes contre le comité du « Oui » rend la tâche encore plus difficile aux souverainistes. La proposition de Claude Ryan a ravivé les fédéralistes qui parlent d’une entente « historique ». Pour couronner le tout, les souverainiste eux-même sont pessimistes. Avec toutes ces conditions réunis le « Oui » ne pouvait que connaître la défaite.

«Je pouvais prouver au public canadien que les huit premiers ministres étaient tout à fait déraisonnables et partir seul…ou je pouvais briser leur solidarité et obtenir l’appui d’un nombre important d’entre eux, c’est-à-dire entre cinq et huit.» – Pierre Elliot Trudeau après la nuit des longs couteaux.

En 1981, le Parti Québécois est réélu à la stupéfaction générale. Le Premier ministre du Canada, Pierre Elliot Trudeau veut à ce moment négocier le rapatriement de la constitution du Royaume-Uni vers Ottawa. Il convie donc les dix Premiers ministres provinciaux dont René Lévesque. Les conditions exagérées de Trudeau provoquent la colère de huit provinces qui forment un front commun, parmi elles, le Québec. Après des négociations officielles ardues le gouvernement fédéral décide de tricher, il négocie pendant la nuit avec les provinces anglophones pour isoler le Québec. Le lendemain, Trudeau annonce le rapatriement unilatéral de la constitution sans l’accord du Québec qui refusera toujours de signer cet accord. Cet événement connu sous le nom de nuit des longs couteaux fouettera le nationalisme et aura un grand impact sur la suite des choses.

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Cet article de 759 a été rédigé par Julien Gaudreau il y a 10 ans et 5 mois, le vendredi 1 décembre 2006.

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