Par Dave
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Il s’agit d’une traduction libre en français d’un article en anglais du Toronto Star « It’s still English for Quebec immigrants » de Sean Gordon paru le 27 mai 2006. C’est un article que j’ai trouvé interessant sur l’apprentissage du français chez les immigrants arrivant au Québec, je l’ai donc traduit en français.
En dépit de la loi 101, étudier le français est souvent une option évitée. Le gouvernement espère augmenter les locuteurs du français grâce à de nouveaux arrivants.
Le phénomène a été confronté parmis des démographes pendant des décennies, et maintenant le gouvernement du Québec décide d’envoyer des gens sur le terrain pour résoudre finalement l’énigme qui implique pourquoi de plus en plus d’immigrants n’apprennent pas le français.
Pour la première fois, le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) fait le tour des communautés immigrantes de la province pour mieux encadrer la politique gouvernementale de l’enseignement du français aux nouveaux arrivants.
Le Conseil supérieur est le bras droit de la bureaucratie de la langue française au Québec et conseille le gouvernement sur les mesures qui doivent être prises pour protéger le français. Les Office de la langue française et Commission de la protection de la langue française imposent la loi linguistique provinciale.
En dépit du progrès significatif depuis l’établissement des lois linguistiques dans les années 70, les statistiques montrent qu’environ deux fois plus d’immigrants ont migré vers l’anglais plutôt que vers le Français - un processus qui est lié à ce qu’on nomme transfert linguistique. Et en dépit des efforts intensifs qui visent la francisation, approximativement 4 immigrants sur 10 décident de ne pas suivre les cours de français commandités par le gouvernement.
Il existe des théories innombrables quant à savoir pourquoi cela en est ainsi, mais elles se fondent la plupart du temps sur l’évidence anecdotique, quelque chose que le CSLF voudrait changer.
“Nous voulons analyser la manière dont nous offrons les cours pour voir dans quelle mesure ces derniers sont satisfaisants. Nous voulons regarder la situation et voir où les problèmes sont…. Il serait utile et important de savoir ce qui se passe” , dit Pierre Georgeault, directeur de l’agence de recherche.
“Pour certains immigrants, l’intégration a été assez bien, mais pour d’autres, il y a eu davantage de difficulté.”
Et ainsi, l’organisation a engagé des chercheurs pour rencontrer les chefs des communautés pour les sonder sur une variété de questions. Leur rapport sera disponible à l’automne.
Les statistiques provinciales montrent que le Québec ouvre ses porte à environ 45 000 immigrants annuellement, comparé à 260 000 pour le Canada au complet.
Des représentants de certaines minorités qui furent contactées par le Toronto Star accueillent la nouvelle avec beaucoup d’étonnement, et dans d’autres cas avec beaucoup de scepticisme.
Dans les décénies suivants l’application de la loi 101, la loi linguistique de la province, quelques groupes se sentaient injustement visés par les inspecteurs qui visitent les employeurs pour être certain que le travail se passe en français.
Malgré tout, plusieurs immigrants divent qu’ils peuvent vivre sans avoir à parler la langue de la majorité, c’est-à-dire le français, principalement parce qu’ils interagissent davantage et avant tout avec les membres de leur propre communauté.
“Nous nous adaptons, on s’en sort. Les gens s’épanouissent dans leur travail. Je peux vous parler d’un photographe, ou quelqu’un qui travaille pour un canal de télévision asiatique… on s’en sort assez bien sans jamais parler le français” dit Naeem Bhatty, le directeur exécutif de la Pakistani Association du Québec, laquelle représente environ 20 000 pakistanais. Les expériences de Bhatty illustrent quelques unes des facettes que le gouvernement du Québec considère persistantes et comme étant un problème vexant.
Il a immigré à Montréal il y a 30 ans et encore aujourd’hui, il parle un français limité, et ce même si sa femme et ses enfants ont appris à le parler couramment. Le grand frère de Bhatty, qui s’est marié à une francophone, parle le français à la maison, meme si les frères communiquent entre eux en urdu ou en anglais.
Et le fils de Bhatty, qui étudie le commerce à l’université McGill, où la langue d’enseignement est l’anglais, ne ferme pas la porte au Canada anglais après son l’obtention de son diplôme.
“Il a un ami, un compagnon de classe qui a été à l’école en français avec lui et qui lui dit Je n’utilise pas mon français, je déménage en Alberta“, dit Bhatty.
Parlez au chefs des communautés chinoise, indienne et philippine - qui sont parmis les groupe minoritaires les plus importants de la province - et l’histoire est sensiblement la même: même si la seconde génération d’immigrants, à qui la loi 101 obligent les enfants d’aller à l’école francophone, apprennent le français, souvent leurs parents ne le parlent pas.
Mais le gouvernement du Québec se concentrait davantage ces dernières années à attirer des immigrants des pays francophones d’Europe, d’Afrique et des caraïbes.
Les fonctionnaires du gouvernement déclarent que ces actions permettent de contrecarrer le “transfert linguistique” vers l’anglais des immigrants dont la langue maternelle n’est ni l’anglais ni le français.
Cependant, les données compilées par le mathématicien et démographe Charles Castonguay de l’université d’Ottawa - qui a fait des recherches étendues à la demande du gouvernement provincial - montrent qu’en dépit du progrès, plus d’immigrants apprennent l’anglais que le français.
Les statistiques montrent tout de même un gain pour le français depuis 1991, mais Castonguay affirme que cette répartition est plutôt due aux changements de méthodes et qu’elle est « en grande partie artificielle ».
Malgré la présence de la loi 101 et d’autres mesure, l’anglais reste la langue seconde la plus populaire parmi les immigrants, que ce soit en pourcentage ou en réalité.
“La substitution de l’anglais au lieu du français et la substitution du français en faveur de l’anglais finissent le plus souvent par favoriser l’anglais” indique Castonguay dans un rapport préparé pour le gouvernement.
Georgeault est d’accord avec l’analyse de Castonguay, sauf pour un point.
Il dit qu’il y a une composante générationelle à l’immigration, et que les immigrants venant d’endroits tels que l’Italie, la Grèce et du sud de l’Asie dans les années 50, 60 et 70 ont diminués en faveur de nouvaux arrivants venant de pays tels que le Vietnam et d’autres membres de la Francophonie.
Dans le premier cas, plus de 80% des immigrants ont choisis l’anglais en tant que leur deuxième langue; dans le dernier cas, 75% ont choisis le français. « Tandis que la proportion de locuteurs du français et d’anglais parmi les immigrants avait l’habitude d’être de 20/80 pour cents, maintenant cette proportion est de 46/54 pourcents. Et il s’agit d’une question qui n’est pas liée à la langue du travail, qui est primordialement le français au Québec, » dit Georgeault.
La question du transfert linguistique et de la francisation sont des sujets épineux au Québec, et ils le sont particulièrement parmi les politiciens nationalistes.
Des membres du Parti Québécois ont tenté de pousser l’ancien gouvernement péquiste à interdire les enfants d’immigrants de fréquenter les écoles anglaises, et ce même au collège, une proposition qui a finalement été abandonnée.
La langue n’est jamais bien loin des débats péquistes et des membres du parti préparent en privé des plans pour resserer les critères linguistiques. C’est quelque chose qui pourrait surgir lors des prochaines élections provinciales, attendues dans la prochaine année.
La loi québécoise stipule que les compagnies qui ont plus de 50 employés doivent obtenir un certificat de francisation et aider leur employés à apprendre le français, mais la majorité des entreprises dans la province - et la majorité des entreprises gérée par des immigrants tels que des restaurants ou des dépanneurs - n’ont que peu d’employés et sont donc exemptés.
Pour répondre aux exigences légales, le gouvernement offre des enseignements linguistiques compliqués.
Quelques cours sont enseignés dans des écoles publiques et des collèges par le département provincial de l’immigration, d’autres cours sont fournis par le Conseil, et d’autres sont donnés dans des écoles privées.
Pour compliquer la chose, la grande majorité des immigrants du Québec s’installent à Montréal - environ 80% des immigrants - et il y a un certain pourcentage de ceux-ci qui redéménagent au Canada anglais moins de 5 ans après leur arrivée.
Les libéraux provinciaux, qui jouissent d’un large appui au sein des communautés allophones de la provinces, sont particulièrement sensibles aux particularités qui affectent les immigrants.
Pour terminer, le gouvernement a récemment annoncé une série de politiques visant la facilitation du transfer des compétences professionnelles pour les immigrants, un plan qui a même été applaudit par l’ancien chef péquiste, Bernard Landry.
Bernard Landry affirme que les immigrants joueront un rôle important en atténuant les effets du vieillissement rapide de la population du Québec, et que « c’était le temps » qu’on reconnaisse davantage les qualifications professionnelles étrangères.
Cet article a été rédigé par Dave il y a 2 ans et 1 mois, le lundi 5 juin 2006. La dernière modification a été effectuée le jeudi 20 mars 2008.
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